Parlez-nous du bœuf Apis
De tous les animaux sacrés de l'Egypte le plus vénéré était le bœuf Apis, incarnation vivante d'Osiris. Tous les bœufs n'étaient pas propres à faire un Apis ; on reconnaissait cette aptitude à certains signes, et les prêtres publiaient que la vache qui l'avait enfanté n'avait point connu le taureau et avait été fécondée par un rayon de la lune. Le bœuf Apis ne devait vivre qu'un nombre déterminé d'années; ce temps expiré, les prêtres le jetaient dans un puits, ou bien, suivant l'opinion généralement répandue, il s'y jetait lui-même. Mais s'il mourait lui-même de mort naturelle avant le temps prescrit, toute l'Egypte prenait le deuil et demeurait plongée dans la tristesse, jusqu'à ce que les prêtres aient trouvé un nouvel Apis, portant les signes divins qui pouvaient le faire reconnaître. Dès que celui-ci était découvert, le deuil faisait place à une allégresse générale et on lui construisait, dans l'endroit où on l'avait trouvé, une étable tournée vers l'Orient, dans laquelle on le nourrissait de lait. Au bout de quatre mois, un grand cortège de prêtres le menait solennellement au bord du Nil où un vaisseau le prenait pour l'amener à Memphis. Là, il était placé
dans le sanctuaire, où il avait à sa disposition de vastes prairies; mais il ne pouvait pas boire l'eau du Nil, et il avait pour l'abreuver un puits dont l'eau servait également aux prêtres attachés à son service. Les funérailles du bœuf Apis étaient célébrées avec un luxe extraordinaire et on l'inhumait dans des sarcophages magnifiques. Le tombeau des Apis était appelé par les Grecs Serapeum ou temple de Sérapis; mais pour les Égyptiens, Sérapis n'était pas autre chose que l'Apis mort, car chaque mort était assimilé à Osiris. Apis mort prenait le nom d'Osiris- Apis, d'où les Grecs ont fait Sérapis par abréviation.