‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrine catholiqueChapitre 82 sur 90 · PROPAGATION DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

PROPAGATION DU CHRISTIANISME

« nom: J^avaù iotjtjaurs le Seigneur présent, parce qu'il « est à ma droite, afin que je ne sois pas ébranlé. C'est <( pour cela que mon ccBur s'est réjoui^ et que ma chair « reposera dans l'espérance, parce que vous ne laisserez « pas mon âme dans F enfer, et vous ne permettrez pas que « votre saint éprouve la corruption. Mes frères, qu'il « me soit permis de vous dire hardiment du patriarche « David qu'il est mort, qu'il a été enseveli, et que son a sépulcre est encore parmi nous. Comme il était « prophète et qu'il savait que Dieu lui avait promis <c avec serment qu'il ferait naître de sont sang un Fils « qui serait assis sur son trdne, dans cette prévoyance « il a parlé de la résurrection duChrisl,en disant qu'il H n'a pas été laissé dans le tombeau, et que sa chair « n'a point éprouvé la corruption. C'est ce Jésus que « Dieu a ressuscité, et nous en sommes tous témoins. ^i Après qu'il a été élevé par la main de Dieu, et qu'il (c a reçu l'accomplissement de la promesse que le « Père lui avait faite d'envojer le Saint-Esprit, il a H répandu cet Esprit que vous voyez^ et que vous n entendez maintenant ^» A ces paroles, les Juifs, touchés de componction, demandèrent ce qu'il fallait faire, et, sur la réponse de Pierre, trois mille d'entre eux se firent baptiser au nom de Jésus-Christ ; d'autres en grand nombre suivirent bientôt cet exemple. Rien d'ainsi intéressant que ce que l'histoire nous rapporte de ces Juifs convertis. Ils ne formaient tous qu'un coeur et qu'une âme, tant la grflce avait uni les pensées et les affections de tous dans une même foi, dans un même amour. L'intérêt personnel ne ventait

* Actes des Apôtres» ii, 22-37.

418 BWiuXIO^ CHBfiTIBNH£

pas répaiidre fitm ataertume sur les àoxmmts de cetteiamUte;, car eliama considéirajLi sa Airtuiie sooins coiBQBid ua biw cfoi liât a lui que csûmma k bien de toafi« Plutfiauxs a'^ioprieitsaieiit môara dâ veodre leurs terres , doiU ils .dé|i«saîent le prix aux pieds des Apôtres» a^ ifUb ceux«â pourvussent aux besoins des irnavrea.

IL I>e Jérusatem, premier berceau du GbnatianîsiDe, les A4pétres se rép^klireat dana les diverses easlréea de la Judée, où ils Ipouvèorat beaucoup d'oppositieSy Qaais oiii ils tTOurèraat aussi biao. das cœurs disp<»és à FfeevcdtT l'Bvai^ple. Cesodpcfiitiûifi, que Jésufi^brist leur av^t amioseées» bô le» sorprenaient pas ; ils ae f lu ejat poiot efflrayés des loauvais traitement. Des hasQmes qui aspiraieiiLaiab<»)heur déverser leur aaag et qui se glaidfiaîeQl des iojures qa'attiraitEur^ttz le jkw aderaJsde^deleui* Matire, u'étaieîf pas tentés de feculer deia&t les di£g£ultés.

Ce mÔEoe iMb l^ir fit remplir avec ooaraf^e la mission que Diau^laur avait doiméty.noQ-aeideKientpour 1& Judée, mais pour rumvers eatier» Saint Jacques k Minmr consacra ses ^mm à 1^ ville de Jérusalem, dont il fut. le premier évâqua. Saiat Jacques le Meneur j fUs deZébédée^ prôcsba TÈvangile dans les régions voisjnes de la Judée,.il sa timaspoiEta en Sspagne^ saJon une tradition fort aotciannei pour y porter le flambeau de la foi etrevint.ensuite à Jérusalem, oà il eut, le premier parmi les Apôtres, la gloire de mourir pour la cause de Jéaus-Cbcisl Saint Jean passa dans TAsie Mineure, o^ il fonda suocessivement le& églises de Smyrne, de Pergame, de Laodicée, etc., et on pense qu'il prêcha TÉvangile dan&^des régions plus éloignées.

PROPA^biiTIÛN DU CHtt?grràNISME 419

ce x^ fut quA vers la âK da ga vid qu'il écrivit son Évalue, à la priera des iidàlea qui le lui avaiaot 4^maïaydà instemmeojL âai«t Tbomaa fwroourul laa paj^ sounQîs à Ueoapire de» PaïAas; il alla «a Pensa at danSvla Maàie;. Oa a éo grairea nuacms iki croif a qpu'il fiéûalra jwqiie daos laa IJada% aùT^M. a trouvé das cbréliao» qui asauraient aroir reçu de Im TÉvangUa. Saiul. André fiït ecLvojé dan&la S^ytlùa» d^où il revint ensuite dans^ la Orèee, et llswffrit le BMir;^e dans TAcb^. Sain^ Philippe prêcia^ daaa la Haula*«àsie, 0i A mourut à Hiénq^la, tilk de Pbrjgîa./ Saint Bavthéleoay. pa&eaf dftas^rArinéaîa^ il parcc^urut rÉthiapia et una partie de l'Arabie. Xi'Etbi&pie fut Mîsitéa aussi par saint Maitbieo^qiUL, deplus^eÛa dans lep aj^ des Perses; mais, avant de parcoufir . cas vég^oœ et tandis qu'il se trûavait e^oee dans la. Judée, il éestvit 4|b;k Évangile dans la langue vulgake des Juifii, p&w laisser aux. fidèles un souvenir de ses pcédicatioiia. Saint Sim4i^n prêcha dans la Mésopatanûe, avee sai^t Jude^ qui évangiélisa de plus l'Arabie, l'Iduméeetla Libye : nous a^vons de cet apôtre use épltrei^ qu'il écrivit pour {frâvenîr les nouveaux ehcétiens contre une fausse philosophie qui tendait à corrompre les mcBurs^

Nous na oonnaisaons pas les travaax de la plupart de ces hovines vésritablemettL grands, peu soigneux d'écrire,, (m de faire éprire ce (^ï\a fai^ai^t, parœ que nuU^* pensée de gloire bun^aiDe ne préoceupait leur e^rit.: Us. n'aspiraient à. d'autre boôheur qu'à celui de rendra gloire à Dieu et de sauver les âmes. Cependant les Acteuyé^ JLpAitiss no^ donnent plus de détaila suit saint Pierre et saint Paul*

Nous avons vu Simon Pierre, le chef du collège apostolique, consacrer les prémices de son apostolat aux enfants d'Abraham, qui furent naturellement le premier objet de sa sollicitude; mais, comme il se devait à tous les hommes, sans distinction de pays et de langue, lui à qui Notre-Seigneur avait conQé le monde entier, il prêcha l'Évangile aux Gentils. Il en convertit un si grand nombre à Antioche, qu'il s'y forma une Église floiissante; c'est là que les fidèles prirent pour la première fois le nom de chrétiens. Pierre fit un assez long séjour dans cette ville, ce qui ne l'empêcha cependant pas de parcourir un grand nombre de provinces, d'aller fréquemment à Jérusalem, de se porter, en un mot, partout où le demandait le devoir de sa charge pastorale.

Que dirons-nous du zèle et des travaux de Paul, appelé extraordinairement à l'apostolat, au momt^ même où il persécutait avec fureur les disciples de Jésus-Christ? Il allait à Damas, muni des pouvoirs nécessaires pour sévir contre ceux qui confessaient le nom adorable du Sauveur, ne respirant que la haine et le meurtre, quand une lumière céleste le renverse de cheval : il tombe, ses yeux ne peuvent rien discerner; mais ses oreilles entendent une voix qui l'appelie, et son cœur touché d'une grâce miraculeuse, et subitement changé, il se dévoue à la défense de la cause qu'il avait combattue jusqu'alors. De persécuteur de rÈglîse naissante, Paul devient un vase d'éieetûm destiné à porter au milieu des peuples le nom de Jésus- Christ. A peine a-t-il reçu le Saint-Esprit, et s'est-il mis en. rapport avec les autres Apôtres, que, ne pouvant contenir au dedans de lui-même le feu qui le dévore,

^ PIlOPAGATIOÎf DU CHRISTIANISME 421

il estreprend ses courses évangéliques. Il éclaire par ses lumières, il sanctifie par son zèle les villes et les provinces; il donne partout des preuves de son ardent araoUr pour les souffrances et pour la croix du Sauveur. Sans repos durant trente années, il passe d'un travail à un autre, et trouve partout de nouveaux périls, des naufrafi^es dans ses voyages de mer, des embûches dans ceux de terre; de la haine parmi les Gentils, de la rage parmi les Juifs; tantôt lapidé et laissé pour mort, tantôt battu outrageusement et presque déchiré par le peuple, il marque, dit Bossuet, Tordre de ses voyages par les traces de son sang, et par les peuples qu'il convertit. Son discours est simple, mais ses pensées sont toutes divines. « Il ira, cet « ignorant dans l'art de bien dire, avec cette locution A rude, avec cette phrase qui sent l'étranger, il ira en 'T cette Grèce polie, la mère des philosophes et des « orateurs; et, malgré la résistance du monde, il y <( établira plus d'Églises que Platon n'y a gagné de « disciples par cette éloquence qu'on a crue divine. Il H prêchera Jésus dans Athènes, et le plus savant de <( ses sénateurs passera en l'école de ce barbare. Il (( poussera encore plus loin ses conquêtes, il abattra « aux pieds du Sauveur la majesté des faisceaux ro- « mains dans la personne d'un proconsul, et il fera u trembler dans leurs tribunaux les juges devant les- <( quels on le cite'. »

m. Après avoir évangélisé la Judée, l'Asie Mineure et ritalie , les Apôtres aUeignirent les limites de l'empire romain, et pénétrèrent bien au delà, prêchant à

I Panégyrique de taint Faut, V* point.

COURS d'instr. ï. ^ 24 j

42^ iUfVEIATION CSRSTIBEiHB .,

louleé les Bâtions et dans tûutes les las^iies le salot que iémë-QhriBiéUùX yma porter au aïoode par sa ewix. Borne, qui domiliaît ua ai grand nombre de peuples et quiétaiAdefvenuele eentre du. monde alors connu, Rome reçut dus .son seia Pierre et Baul, qui ii'héeitèrent.pas àarUaquerridolâtrie et la /corruption des inœura, dans la ¥iUe la plus eorrompua qui fût alors, et où toutes les supers^ons des nations yaificues se troufaient réunies : ils ne craignirent pas d'annoncer dans cette viUe superbe TÈvangile d'an Dieu mo^ sur une crokr.

C'était une entreprise bien, extraordinaire, et que l'on ne peut attribuer qu'à l'action surnaturelle de TEsprit 'de Gidu qui ammaitles Apôtres : sans cette Yue, tout sertût inexplicable àax^ l'origine du Christianisme. On n'expliquerait pas comment quelq«i| Juifs obscurs, s^ms fortune, sans puissance, sans éle quence, sans siul secours buQ»ain,< auraient ^nçu l'idée de faire triooipb^ la croix de Jésus-Cbrist de la 1 sagesse des.philosopbes, des passions de l'idolâtrie, de la force des princes <fui allaient se Uguereontre 'OUe. On s'expliquerait bien moins encore qu'ils aient pu réussir, et que par eux les idoles aient été brisées, ila philosophie grecque confondue, les empereurs domptés, que l'univera $oit devenu chréti^[i, et que h croix enûn ait été arborée sur te Capitule, comme signe de salut pour les peuples.

Tout cela a eu lieu, le rnond^ en est lénioin. Ces; un fait que l'on ue sera pas teoté de révoquer ei: dou^v^ne, depuis la mort de Notte-S^gneur condamné sous l'empire de Tibère jusqu'au règne d^ Constantin, la religion dirétienne a fait de rapides

^ PROPA^ATtOir Ve CBBISTIAllIiMfi 423^

progrès, et qu'elle s'est étendtife dhins presque toutes les parties dtt monde alors conon. Vers le milieu du second sîèele, saint JMtin se servait de ceitte diffusion pour prouver aux Juilb que estait au saerifioe des ehrétiefts que deTSit s^appliqueria^pronesse &ite par le prophète Malaehie, que de l^orient à rœeidenè^ai offi-irait à Dieu unetiMatiiin pune. a II n';pru»pa8, diti-il, de nation, il n'j a pomt'de^eiiples greosouharbaress ou de toute autre retoe d^homtne?, qmls que soiont leurs noms et leurs mosurs; qi^Ae que^ poisse ôtre leur ignorance des arts et de l'&gricuUure , soH qu'ilshabitent sous les tentes, soit qu'errant au milieu des déserts ils transffortent leurs dènreuresdans des fclmriots couverts; il n'existe pas de provinces où t)n n'offhe des prières et des actions de grâces, au nom de Jésus iciflé, au Père et au Créateur de toutes choses K » ^eu de temps après Justin, Tertuliien, prêtre de Carthage, présentait aux magistrats et au peuple ro- , main un écrit apologétique du Christianisme, dans lè'quel il ne craignait pas d'assurer que les chrétiens remplissaient les villes et les bourgades, le forum et les armées, qu'ils étaient partout, excepté dans les temples des idoles et au.tbéâire, de sorte, que l'empire serait comme une solitude, s'ils en sortaient ^. Dans le siède suivant^ grand AJlhanase, évoque d'Alexandrie, dans uo discours, sur l'Incamationdu Verbe, faisait remarquer que l'idolàifie avait cessé de s'étendre, dès le momeiU. que JésusrChri^ avait fait annoncer son Évangile, et que depuis lors elle déclinait sensiblement : « Pour lejBminar en: piau de mots, disaitril,

» Dialogue avec le Juif Tryphon, n. 117. * Apologétique, chap. xtïni,

« Toyez comme la doctriDe du Sauveur est répandue <( dans Tunivers entier, tandis que l'idolâtrie décroit « chaque jour, s'affaiblit et succombe '. » Quand Ck>nstantin se convertit^ une très-grande partie de l'empire était donc soumise à Jésus-Christ; la foi chrétienne avait pénétré partout, et au milieu des peuples barbares, comme chez les nations civilisées, on se faisait gloire* de la professer. Un des successeurs de ce prince, Julien l'Apostat, fit de vains efforts pour relever le paganisme de ses raines; il vit de ses propres yeux, dans les plus grandes villes de l'Asie, les tem* pies des idoles abandonnés, et le peuple se moquer des vieilles superstitions : il put bien, avec de l'argent et par les ressorts de sa puissance souveraine, leur rendre pour quelques moments une apparence de vie; mais il fut impuissant à les rétablir; depuis la fin de ce prince jusqu'à nos jours, l'idolâtrie a disparut sans retour, de toutes les régions qui composaient l'empire romain.

§ 2. — hk PROPAGATION DU CHRISTIANISME EST UNE NOUVELLE PREUVE DE SA DIVINITE.

La propagation du Christianisme est un fait trop remarquable dans les annales du monde pour que nous ne nous arrêtions pas à le considérer plus attentivement; nous y trouverons une des preuves les plus sensibles de la divinité du Christianisme.

I. Nous l'avons dit : les Apôtres annonçaient la chose du monde la plus incroyable. Us annonçaient comme le Dieu de l'univers celui que les Juifs avaient tout ré-

* Discours sur Tincarnation du Verbe, n. 55.

PROPAGATION DU CHKISTIAMI£afE 425

cemœent condamné au supplice ignooiinieux de la croix : ils présentaient comme une loi fondamentale de . ce Dieu crucifié, que ses adorateurs devraient le suivre par la voie des souffrances^ et mourir pour sa cauise,. quand le sacrifiée de la vie leur serait demandé. Ils condamnaient hautement toutes les passions du coBur humain, ror^cueil et la sensualité; ils voulaient que tous ceux qui s'inscriraient (^rmi les disciples de Je* sus^Christ, travaillassent sans cesse à combattre ces passions que les moeurs générales avaient justifiées, et que la religion populaire consacrait. Voilà les dogmes, voilà la morale du nouvel Évangile: dans les dogmes, mystères profonds qui déconcertent la raison humarne; dans la morale, sévérité inflexible contre les penchants déréglés du cœur.

Si, pour accréditer une pareille doctrine, les Apôtres avaient eu une réputation acquise de sagesse, le soutien d'une grande fortune ou celui de la puissance, ils auraient pu espérer, je ne dis pas de régénérer des peuples entiers, mais du moins d'attirer quelques provinces à leur religion. Cet élément de succès leur manquait« Quelle réputation pouvaient avoir,dansle monde, des hommes sortis des rangs les plus humbles de la société ? Ilsn*avaient point appris l'art de l'éloquence, ni les secrets d'une philosophie curieuse. Leur langage était à demi barbare; eux-mêmes se glorifiaient de n'avoir pas recours à la sagesse humaine pour persuader les dogmes de leur religion. Quant à la fortune, ils n'avaient ni or ni argent, ne possédant dans le monde que le souvenir des paroles de leur divin Maître et l'espérance des biens éternels. Odieux à leur nation qui les condamna, en butte à la haine des peuples

païens aoacqiiA^iiM'adMttBieiit, ilsMtmuraidnt ûqê^

sut te* twf^ san» util appui butnain.

Cfest peu dire, sans nul appiri humain : les ApMi>es afaientàluttercoDlteles'piiisisancdfii du monde, ie/nVBB liguées contre lacause'deJésrus-Christ. Préjugésf rsligimx, philosopha astuciecÉsè, puissance du gteit^ ; qu6b ressorts le moiide ii'a4-if pa» mia en vmnn^ ment pour détruire te Ohriitiafiiisme^'à se natesanae^î Las Juiftle détestaiont eoanne te bonté de leuriMK tiavv, et 'ta seul 'nom de Jésus atscftaM leor oojtàns. Lea G««cs, les Romains et les autnespeuptesanfrisagèreni las mjé(tlr«s 6» eette* reKgion eomme une-folie. liea prêtres du paganisme, menacée dana leura intérBIsv ameutèrent contre elle les paasmnade la multttiida; les philosophes la méprisàrmt'd'bbettf, efHs la ootn* battirent ensuite par le raisonnement. If une part, fis . s'efforcèrent d^spliquaripsilpr'd^ingétiiouseaaUégorvaS''^ ce que le po^fthéismepréBantsîf daplus«hoquant aux esprits éclairés; d'autre patt, ila attaquèrent par dlnsidieux sapbismes le dogave*, la morale; iacuile'des Chrétiens.

IL dépendants commeni les préjugés roiigietfX'do& peuples païens, rà les attai)^s de te pMlosopbiet ne» pouTaient arrêter la marche du Christianisme, on arma contre lui la puissance des Césare, et pendant prèa de* trois siècles cette puissance redoutable, s^us laquelle runiTers était asserTi, ne cessa de combatcre te neligion de Jésus'^Ghrist. Néron donna le premier signai de la lutte, à l'occasion d'un incendia ée BJdme. Tfteite* nous a conservé quelques détaBs sur cette preoDiièrei persécution. «Jetaient, dil^il en parlant des ebrétl^ffli, « c'étaient des gens haïs pour lem^lnfltmiè, que lepeu-

(( pie &ppelattChii6(}6ii8, à^oafâMdoiOhfitft^leisir'anxievr; (cqtii Alt pUQÎ dct édrfiier<9tt()^Bèey ftous«leTà9li»46 (( Tibère, par PoneePIMe^ g^Mv^iiMr de la JuÉé». a MaiS'«ctlenweete,aprèswoirétéPépriméa pourquel- (( ifaer temps, pullulai de^ nodreaû, nofi^^aenleraent « da&S'le lieu déifia «BifisaMcey maia daas Home môme, (( (|ui iBdt cofflfm l^ifoot de toutes le9 otdures et de u tMtes les Mamies. Ovif ao soisit ^nc d'abord delous 0 ceux qai s'avofidreuf de eeill# ndigion, et, par leur « oeiifbdskm, on- efidéeoUf fit UBeiaAatté d'autres qn^ (( ne foreM'pas taiiteonvaîiieuB dii eriitiedé Hacendie « que de la haiaer ôsi genre husiain. Chi inaidla iBéme u à levrmort, en le» eourrant 4e peaux de bètes-aaa- « Yages et tes feisant •dévwer p«r les chiens, o« en tes> « attachant en cfoîx pour servir de fla*it)iftau«: peaikdant' la ntrit. Mais, quoiqrie ces crunuiés fussent (Texefcées sur des coupaWes qui aYsient mérité' les^ « derniers supplices, on ne laissait pas»(feti^woir pia tîé, pattBfe' que Néron les fétisait mourir^ noa pour u l'htilitri publique, mais po&r assouvir sa biioauM^ » On voit, daim ces parole» de^ IVterte, l'idée qae'l'an se ibrmait alors du GhristiaAisiBe; C'était^ selon Topinion vulgaire^ un athéistm, parée qmi lés AdMbs n'adoraient posées idoles; c^était unesiiperetllioiy èitmagère, parce quSïtenaitdela Jdéëe; c^était meiofaaiie, car on y supposait upe grande corruptiMi de meeurs caebée sous te mie des mystères. Au surfrios^ jatnaîs, dans le long cours des persécutions, on ne prouva ces crimes supposés, Jamais nème on ne fit une esMfilôte pour s*e^t9«imtiiiefe;NMs avons tnr monument re-

^ Annales, Uy. xv,

428 RBVBLATION CHRÉTIENNE

marquable en cette matière: c'est une lettre que Pline le Jeune, proconsul de Bythinie, écrivit à Trajen, et h réponse qu'il reçut de cet empereur.

Voici ee que Pline écrivait : « Je me fais une rdi- « gion, seigneur, de vous exposer tous mes scrupules; « car qui peut mieux ou me déterminer ou m'ins- « truire? Je n'ai jamais assisté à llnstructioa et au « procès d'aucun chrétien; ainsi je ne sais sur quoi (( tombe l'information que Ton fait contre eux, nijusr « qu'où l'on doit porter leur punition. J'hésite beauce coup sur la différence des âges. Faut-il les assujettir « tous à la peine, sans distinguer les plus jeunes des « plus âgés? Doit-on pardonnera celui qui se repeut? « Ou est-il inutile de renoncer au Christianisme, tt quand une fois on l'a embrassé? Est-ce le nom seul « que l'on punit en eux, ou sont-ce les crimes attachés « à ce nom? Cependant voici la règle que j'ai suiv^ a dans les accusations intentées devant moi contre les (( Chrétiens. Je les ai interrogés s'ils étaient Chrétiens. « Ceux qui ' l'ont avoué, je les ai interrogés une sea conde et une troisième fois, et je les ai menacés du « supplice ; quand ils ont persisté, je les y ai envoyés; « car, de quelque nature que fût ce qu'ils confes- « saientf j'ai cru que Ton ne pouvait manquer à punir « en eux leur désobéissance et leur invincible opiniâa treté. Il 7 en a eu d'autres, entêtés de la môme folie, a que j'ai réservés pour envoyer à Rome, parce qu'ils « sont citoyens romains.

« Dans la suite, ce crime venant à se répandre, « comme il arrive ordinairement, il s'en est présenté « de plusieurs espèces. On m'a mis entre les mains un « mémoire sans nom d'auteur, où l'on accuse d'êtra

Page 1