VERTU DE RELIGION : SUPERSTITIONS
dans lesquelles on met un grande confiance, quoiqu'elles ne soient ni autorisées par l'Église, ni appuyées sur les principes de la foi. Nous devons considérer aussi comme des superstitions certaines vaines observances qui inspirent des craintes sans nul fondement, comme si nous étions menacés de quelque calamité parce que tel signe apparaît, ou que tel accident survient»
Observer les rites du culte judaïque pour honorer Dieu ; attendre avec certitude l'effet des prières faites tel jour, ou à telle heure, ou devant telle statue; se confier dans la vertu d'une plante cueillie le jour de la fête d'un saint, pour écarter pendant le cours de Tannée les maladies et autres malheurs... : voilà quelques exemples, choisis entre mille, de pratiques superstitieuses.
Nous savons qu'il y a des prières plus agréables h £ Dieu ou aux saints. 11 y a des jours de fêtes où Dieu se plaît plus particulièrement à nous accorder des grâces, soit qu'il les accorde à l'unanimité des prières qui se font pendant ces pieuses solennités, soit qu'il veuille honorer par ces grâces les mystères que l'on célèbre. Il y a des lieux de pèlerinage, des chapelles, des statues, qui inspirent plus de dévotion. Il ne faut pas blâmer comme une superstition le respect et la confiance que l'on a pour ces sanctuaires et pour ces statues, car la pratique des fidèles éclairés, la conduite de l'Église qui autorise ces dévotions, des preuves souvent sensibles de la protection de Dieu, les justifient. Mais, ce serait une superstition de croire que les prières faites dans ces lieux, ou devant ces objets, seront certainement exaucées, quelque dis-
position qu'on y apporte ; de croire que Ton ne peut pas, pour obtenir les grâces que Ton sollicite, prier utilement en des jours différents, ou en d'autres lieux, avec des formules différentes.
Ces superstitions supposent beaucoup d'ignorance, si elles ne sont pas l'effet d'une singularité d'esprit ; elles 6tent.au culte divin sa noble et touchante simplicité ; elles jettent du ridicule sur les pratiques religieuses.
Les vaines observances blessent le respect que nous devons avoir pour la providence de Dieu, quand nous nous déterminons d'après ces signes dans la conduite de la vie, et surtout dans les circonstances graves.
Les païens auguraient les résultats d'une affaire, le succès heureux ou malheureux d'une guerre, d'après le vol des oiseaux, d'après l'état des entrailles d'un animal que l'on avait égorgé, d'après je ne sais quel- ^ les rencontres fortuites. C'étaient des folies dont les * plus sages se moquaient, mais que beaucoup prenaient au sérieux. On a vu dans tous les temps des hommes disposés à concevoir de frivoles espérances ou des craintes excessives à l'occasion des accidents les plus indifférents. Il y a là beaucoup de faiblesse, une source d'erreurs funestes, et l'oubli de Dieu. « Il n'y a rien « de plus faible et de plus timide, dit Bossuet, que « ceux qui se fient aux pronostics : trompés dans « leurs vains présages, ils perdent cœur... Ne crai- « gnez donc ni les éclipses, ni les comètes, ni les « planètes, ni les constellations, ni les conjonction* « estimées fatales, ni les lignes formées sur la main « ou le visage, et les images nommées talismans, im~