CHAPITRE III
Résumé général de la Structure des f^égétaux.
I . Un végétal est ud être organisé et vivart, dépourvu de mouvement volontaire, dans lequel on n'a encore aperçu ni nerfs, ni muscles, ni cavité centrale représentant un estomac , et qui est toujours ou presque toujours adhérent au sol d'où il tire. sa nourriture. (Tbeor< elem. introd.)
7i. Les végétaux sont composés en totalité ou en grande partie de cellules membraneuses, closes de toutes parts, plus on moins soudées les unçs avec les autres, et enfermées, au'moins dans leur jeunesse, dans une cuticule membraneuse. Ceux qui en sont entièrement formés portent le nom de végétaux cellulaires, (Org,, Liv. I, Cb. if etxvi.)
3. Ceux qui n'en sont formés qu*en partie ^ et qu'on nomme végétaux vasculaires, offrent, outre les cellules, des tubes cylindriques ou plus ou moins étranglés de place en place, qu'on nbmm^ vaisseaux : ceux-ci ne sont jamais à nu , mais toujours entourés de cellules. (Liy^ I, Ch. lu et XVI. )
4. Dans les végétaux vasculaires, on observe de plus, I .^qu^es cellules et les vaisseaux sont soudés à des degrés très-divers, de manière à laisser souvent entr'elles des espaces rides, qu'on nomme méats intercellulaires ou intervasculaires; 2.^ qu'outre les vaisseaux purement membra-
24& GélliRALITés.
neux, il est des corps roulés en hélice, et doués d'une grande élasticité , qu'on nomme trachées^ 3.' que leur cuticule est percée ( au-moins dans presque toute la partie exposée à l'air), de pores ou stomates qui paraissent être des organes évaporatoires. (Liv. I, Chap. ii, m, vetvi.)
'5. Les cellules sont douées de la faculté de se souder les unes ayec les autres, d'absorber l'humidité atmbiante, et probablement de se contracter et de se dilater. Elles sont ou arrondies , ou plus ou moins alongées ; celles qui sont arrondies renferment des matières féculentes, mucilagîneuses ou résineuses qu'elles ont élaborées ; celles qui sont très-alongées en contiennent peu ou point. Les premières forment le parenchyme; les secondes ( seules dans les végétaux cellulaires , réunies aux vaisseaux dans les vasculaires) composent les fibres et les nervures. (Liv. I, Chap. II et IV ).
6* Les méats, situés entre les cellules très-alongées ou les vaisseaux , paraissent éminemment servir au transport de la lymphe, c'est-à-dire, des sucs aqueux non encore élaborés. Ceux qui se trouvent entre les cellules arrondies ou peu alongées contiennent des sucs plus stagnans , et desquels les cellules paraissent pomper ceux qu'elles élaborent. (Liv. I , Chap. 11. )
y. Les vaisseaux, quelle que soit leur forme , paraissent éminemment consacrés à contenir de l'air ou des gaz, et sont de vrais canaut aériens, au-moins dans le cours ordinaire de la végétation. (Liv. I, Chap. iir.)
8. Certains points particuliers de la surface des végétaux, et surtout des végétaux vasculaires, sont phis éminemment doués de la faculté d'absorber l'eau ambiante.
Oo leur a donné le nom de spongioles} elles sont situées à rextrémité des racines, ou au sommet du ^style, ou à la surface des graines. (Liv. I, Cbap. vu.)
9. Les dilatations des méats interceilulaîres , eu , dans certains cas, les ruptures des cellules, déterminent des cavités irrégulières dans l'intérieur du tissu. Ces cavités reçoivent le nom de cavités aériennes , lorsqu'on n'y trouve que de l'air, ou de réservoirs du suc propre, lorsqu'elles contiennent un suc élaboré. (Liv. I , Cbap. xi et XII.)
10. hes glandes ou surfaces glandulaires sont les unes composées de tissu cellulaire seul, les autres de tissu cellulaire et de vaisseaux; les unes et les autres sécrètent des sucs spéciaux; mais les premières paraissent (au-moins dans certains organes floraux) excrémentitielles, et les secondes recrémentitielles.( Liv. I, Cbap. ix.)
11. La surface des végétaux exposée à Tair est souvent revêtue de poils, qui sont des prolongeraens formés par des cellules saillantes. Ces poils sont les uns des organes protecteurs pour ces surfaces; les autres, des supports ou des conduits de glandes excrémentitielles. Ils sont toujours situés sur les nervures , tandis que les stomates le sont toujours sur le parenchyme. (Liv. 1, Cbap. x et VI ).
1 2. Un végétal vasculaire considéré dans sa longueur est composé de deux corps opposés par leur base (tige et racine), et qui croissent en sens inverse l'un de l'autre. On nomme collet \e\xr point de jonction. (Liv. II, Cbapitres 1 et II.)
1 3. Le corps qui descend , ou la rabine, s'alonge indéfijiimeut par son extrémité seule, ne verdit, par Faction du
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soljeil) qu'à peine vers son extrémité^ ne 'porte m feuilles ni fleurs I, sert k fixer la plante au sol ^ à pomper la nourriture. (Liv. II ç Ch . II.)
i4« le corps qui s'élève, ou la tîge, s'alooge dans toute sa Icoigueur, jusqu'à un moment où il cesse de croître ^ sinon par le développement d'an corps semblable à lui (branche), et qui naît greffé sur lui. Il verdit à la lumière dans toute son étendue, au-moins dans sa jeunesse y, porte les feuilles et les fleurs, et leur transmet l'aliment pompé par les racines. (Liv. I , Chap. i.)
1 5. La tige des végétaux vasculaires est taptôt cylindrique, composée d'un seul système {corps ligneux) qui" croît à Fintérieur par le développement de nouvelles fibres; tantôt conique et composé de deux systèmes(^07p^ ligneux et écorce) qui croissent l'un et l'autre en diamètre, au moyen de couches, lesquelles se développent sur celle des surfaces de chacun de ces systèoies qui est en contact avec l'autre système. On donne aux premières le nom de tiges endogènes, aux secondes celui d* exogènes, La structure de la racine de chacune de ces classes est eu rapport avec celle de k tige. (Liv. II, Chap. i et ii.)
i6. La tige des végétaux vasculaires est munie iatérafement d'Organes appendiculaires , qui semblent formés par l'épanouissement d'une on de plusieurs fibres déjetées à l'extérieur. (Liv. II , Chap. m,) ,
17. Ces organes appendiculaires, quoique très-diffèrens outre eux par leurs apparences et leurs usages , paraissent cependant tous identiques dans leur nature originelle. ( Liv. III , Chap. 11 , art. 18.)
C^x qui sont déjà formés dans l'embryon, portent le nom de cotylédons ou à^ feuilles séminales. Ceux qui
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naissent knmédiâiemeflt après, de feuilles primordiales. Les suivaas, qui sont les plus nombreux, portent simplement le nom de feuilles. Ceux qui entourent immédiate* ment la fleur reçoivent le nom de bractées, et la fleur elle> même est composée de plusieurs verticilles d'organes appendiculaires très modifiés. (Liv. Il, Chap. m; Liv.III, Chap. I et II.)
^ 1 8. Les organes appendiculaires jouent, selon leur position et leur mode de développeoxeot, plusieurs rôles différens, dcHit les principaux sont : '
i/* Celui d'organes^ nourriciers^ tels sont les cotylédons et les feuilles;
1/^ Celui d'organes protecteurs, tels sont les écailles des I^urgeons, les bractées, les sépales, les pétales, les carpelles dans leur dernière période;
3.* Cekii dWgaaes fructificateurs, tels sont les étamînes, les carpelles dans la première période de leur existence. Plusieurs participent à deux de ces fonctions» (Liv. Il, Chap. ni , Liv. III; Chap. i, ii, m.)
.19. Les organes appendiculaires nourriciers sont, à leur origine, alternes dans les plantes endogènes appelées aussi pour ce motif monocotylédones; opposés ou veriiciWés dans les exogènes appelées aussi dicotylédones. Bans la suite de leur développement,, ceux des endogènes restent toujours alternes ou en spirale; ceux des eocogènes, peuvent, ou rester dans leur état primitif, ou prendre la dis^ position spirale. (Liv. II, Chap. m.)
20. Les organes appendiculaines qui composent les fleurs sont, dans Tune et l'autre cbsses; disposés en verticilles concentriques : ks plus intérieurs sont quelcpièfois en spirale. (Liv. III, Cht^. 11.)
35o GànànJLhirûs»
2T. Les organes appeodicttlairjes protecteurs tiennent le milieu pour la forme , la grandeur, la couleur, et même souvent pour la position, entre les deux autres classes, et on voit fréquemment leur métamorphose , soit en organes décidément nourriciers, soit plus rarement en organes fructificateurs. (Liv ^ III ^ Cha]p. i.)
122. Les organes appendiculaires sont en général composés d'un pétiole et d'un limbe, mais l'une de ces parties peut manquer. Le pétiole, qui est le faisceau des^ fibres non encore désunies , a par sa nature même ses fibres longitudinales ; le limbe, qui est la partie formée par Tépanouîssement des fibres , les a , par cette définition eUemême, plus ou moins divergentes. Ces fibres du limbe, ou nervures des feuilles , sont «n général courbées dans les endogènes, et s'écartent d'après des angles plus ou moins aigus dans les exogènes. (Lîv. II, Chap. m.)
Î23. Les nervures des feuilles curvinerves sont courbées en convergeant vers le sommet, ou en divergeant du faisceau moyen. Celles àes angulinerves sont pennées, palmées, ou pédalées; mais les portions du limbe des trois dernières classes sont penninerves, de sorte que cette forme semble essentielle aux feuilles des dicotylédones. (Liv. II, Chap. m.)
24. Les feuilles de dicotylédones sont les seules jusqu'ici qu'on ait vues, soit composées d'articles ou de folioles, soit munies de stipules latérales.
25. Les germes (ou les rudimens non^développés de nouveaux individus) paraissent pouvoir naître dans tous les points de la surface, mais il est certains points où ils «e développent de préférence; tels sont les aisselles des
organes appendiculaires, et les extrémités des fibres de leur limbe. (Liv. III , Chap. i et v.)
26. Les germes qui sont placés à Tais^elle des organes appendîculaîres , ou le long de la tige, ou du pétiole, peuvent se développer par Faction des seules forces nutritives. Ceux ^ui sont situés k Texlrémîté des fibres latérales du limbe , ont presque toujours (excepté dans le hryophyllurn) besoin pour se développer d*une opération particulière qu'on nommt fécondation. (Liv. III, Chap. V.)
27. Les germes qui se développent sans fécondation, naissent le plus souvent soudés sur la plante-mère, sans être munis d'enveloppes propres, et sans pousser de racines : ils forment alors les branches. Quelques-uns se séparent lorsqu'ils sont munis d'un tubercule, ou magasin de nourriture; ils forment alors des individus séparés et poussent des racines (Liv.IlI, Chap. v.)
28. Toute tige oi\ branche peut pousser des racines adventives- Dans les arbres dicotylédones , celles-ci naissent des lenticelles. Toute branche munie de racines adventives ou susceptible d'en pousser facilement, peut être séparée de la plante-mère, et former un être distinct- (Liv. J, Chap. viii, et Liv. III, Chap. i et v.)
29. Les germes qui se développent par la fécondation sont toujours enfermés dans une enveloppe close, mi^iis de rudimens de racine et d'organes appendiculaires. Ils reçoivent le nom particulier à! embryons, ( Liv. III , Chap. ly. )
3o- Les germes non«fécondés conservent jusqu'aux variétés de la plante-mère; les embryî»s ne conservent que
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les Garactèpes de races ou d'espèces. (Théor. élém.,
Liv.IIIjChap. II.)
3i. Les organes appendiculaires qui entourent immédiatement les fleurs ou les bractées , n'ont presque jamais de bourgeon à feuilles qui se développe à leur aisselle. Ce fait est encore plus rare dans les organes appendiculaires qui comppsent le^s fleurs, (Liv. III, Chap. iiii.)
.Sa. Les bourgeons ou gprmes qui se développent ea branches $oQt souv^pt protégés dans leur jeunesse par des écailles qui ne sont autre chose que les organes ap* pendiculaires extérieurs de la jeune branche , modifiés dans leur dévelpppement par leur position. ( Liv. IV, Chap. VI.)
33. La^fleur, où est Fappareil destiné à la fécondation, est une sorte de bourgeon terminal qui est formé d'organes appendiculaires verticillés , dont les extérieurs jouent le rôle d organes protecteurs ; les intérieurs , d'organes sexuels , mai^ qui sont susceptibles de changer de rôle en se transformant ou en feuilles , ou les uns dans les autres. (Liv. III, Chap. ii.)
34* Dans les modifications ou transformations des organes appendiculaires , chacun d'eux ne se convertit ordinairement que dans la nature du verticille qui le suit, ou qui le précède dans l'ordre de développement ou de position. Le premier phénomène, qui est le plus fréquent ^a reçu le nom de métamorphose ascendante ou directe, et le second, de métamorphose descendante ou rétrograde. (Lîv.lII,Chap. u.)
35. La fleur étant formée d'organes verticiUés, est nécessairement terminale relativement au pédicelle, àmoins que ce pédicelle oe se prolonge au-delà , ce qui
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arrive par accident dans certaines fleurs prolifères. (Lîv.III, Châp.i.)
36. Les pédicelles, voisins les uns des autres, et qui composent une mêoie inflorescence, sont disposés d'après trois systèmes : tantôt les extérieurs ou latéraux se développent les premiers , et la fleuraison suit indéfiniment un ordre centripète; tantôt le plus central /qui est nécessairement terminal, fleurit le premier, et la fleuraison suit un ordre centrifuge ; tantôt ces deux lois se combinent, r&né pour l'axe général, l'autre pour les branches latérales. (Liv. III, Chap. I.) .
37. Le nombre des vertidlles des fleurs.phanérogames (c'est-i-dire, dont la symétrie est visible), est ordinairement de quatre; mais II peut varier, soit en moins, lorsque l'un d'eux manque ou se soude a son voisin, soit en plus, lorsque Fun d'eux est lui««)éme composé de plusieurs verticilles, ou rangées semblables. (Liv. III, Chap. i|.)
38. La disposition presqu'universelle des piéoes de chaque verticille ou de chaque rangée , est d'être alternes avec celles du vertidlle ou de la rangée qui les précède. (Liv.in,Cbap.n.>
39. Xe nombre des pièces de chaque verticille floral, est en général de trois chez les monecotylédones ou endo<^ gènes, et de cinq chez les dicotylédones ou exogènes. (Liv. m, Chap. II.)
4o. Toutes les parties caulinaires, et surtout appendicu^ lâires des végétaux, sont susceptibles d'être soudées eni* semble y surtout dans leur jeunesse; la soudure est un phénomène distinct de la greffe : elle est d'autant plus facile (pie la natore des organes est plus anriogue ; elle prend. le nom de cohérence qu^nd «lie a lieu entre dea
Digiti
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organes semblables et à^ adhérence s'ils sont différens. Les degrés divers d'adhéreuce des organes semblables, ou de» parties d*un même organe, déterminent soit l'intégrité, soit les découpures apparentes de la plupart des organes.
4i. Toutes les parties caulinaires ou appendiculaires sont susceptibles, lorsqu'elles sont filiformes, de s'épanouir en limbes, et lorsqu'elles sont naturellement en limbe, de se présenter sous forme cylindracée. Elles peuvent aussi revêtir entre certaines Imiites des formes, des grandeurs, des consistances, des couleurs , et même ^és fonctions et des positions différentes sur différeos points du même individu et d'individus analogues : c'est ce qui constitue les dégénérescences ou métamorphoses des organes.
4a. Tous les organes appendiculaires, verticillaires on spiraux, sont susceptibles de présenter des multiplications de nombre, soit par l'accroissement du nombre des verticilles ou des spires, soit par l'accroissement des pièces de chacun des systèmes.
43- Tous les organes des plantes sont susceptibles d'avorter en tout ou partie dans leur développement, et de présenter par-conséquent de simples rudimens, ou de laisser des places vacantes.
44- Toutes les irrégularités observées dans la symétrie des organes verticillaires, et notamment dans celle des fleurs et des fruits, paraissent tenir à Tune des causes indiquées dans les quatre paragraphes précédens, ou à la combinaison de plusieurs d'entre elles.
45. En particulier, l'unité de l'un des organes appendi* culaires ne peut exister que par l'avortement de ceux qui
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: GÉNÉRALITÉS. sâ&
devaient compléter le verticille ou la spire , ou par la soudure de plusieurs.
46. Le fruit est formé par les carpelles qui peuvent être libres, ou cohérens ensemble, ou adbérens aux autres parties voisines. (Liv. III, Cbap. iv.)
47. Comme les deux bords de chaque feuille carpellaire ont ou peuvent avoir des ovules, l'unité de graine dans un carpelle libre ou soudé à d'autres, ne peut tenir qu'à un avortemeut. (Liv. III, Chap. m.)
48. L'embryon doit être considéré , comme le développement par la fécondation d'un germe situé à l'extrémité de l'une des fibres latérales de la feuille <:arpellaire. (Liv. III, Chap. IV.)
5a. Les plantes cryptogames n'offrent dans leur organisation que des indices partiels de syipétrie qui, dans l'état actuel de la science, ne sufGsent pas pour en reconnaître les lois. On ne peut en particulier affirmer si dans toutes les cryptogames il y a fécondation, ou si glusieurs ne se reproduisent pas par des germes nonfécondés.