P ROTA M I N E
Cette base oxygénée fut découverte dans la laitance mûre de saumon, par Miescher; elle n’existe ni dans celle de la carpe, ni dans le sperme de taureau. Sa composition et ses propriétés sont encore mal connues. La protamine paraît être unie à la nucléine dans la laitance comme le sont la sarcine et la guanine.
Pour l’obtenir, la laitance de saumon recueillie en décembre est épuisée d’abord à l’alcool bouillant pour enlever la lécithine et la cholestérine, puis mise en digestion durant six heures avec de l’eau contenant 1 pour 100 de IICl. On répète une seconde fois seulement ce traitement : en insistant on enlèverait la sarcine, la guanine, etc. Les liqueurs acides, neutralisées en partie par la soude et concentrées à basse température, sont versées goutte à goutte dans une solution de chlorure de platine qui précipite un chloroplatinate sous forme de grains cristallins. En décomposant ce sel à chaud par H2S, on obtient le chlorhydrate de la base qu’on met en liberté par de l’hydrate calcique tant que celui-ci se dissout. En reprenant par l’alcool, la base reste insoluble.
C’est une substance gommeuse, très alcaline, soluble dans l’eau, mais non dans l’alcool ou l’éther. Elle répond, d’après Miescher, à la formule C9H21Az5Or> et, d’après Picard, à la formule C,6lPAz<J0‘(01I)2.
Elle donne avec l’oxyde d’argent une combinaison insoluble. Son chlorhydrate très soluble cristallise difficilement. Les sels de potassium produisent dans les solutions ammoniacales de nucléine un précipite lourd, pulvérulent, formé de sphéroïdes. Cette combinaison (ou des combinaisons analogues) paraît préexister dans tous les organes riches en nucléines.