D) EXTRACTION ET DOSAGE DES GAZ DU SANG
Le gaz du sang s’extrayent, soit par le yide, soit par déplacement au moyen d’un autre gaz. La première méthode seule est générale et précise.
(ci) Extraction par le xi<ic. — L’analyse des gaz du sang se fait par les méthodes habituelles : la seule difficulté consiste à extraire ces maz
aussi rapidement que possible sans pertes ni modifications. On se sert généralement dans ce but de la pompe à mercure, appareil imaginé et perfectionné par Magnus, Iloppe-Seyler, Ludwig, Pfliigcr, etc. Il consiste essentiellement en un large tube T de verre rempli de mercure, terminé en haut par une grande chambre ovoïde où l’on peut faire le vide grâce à l’abaissement d’un récipient qui communique par le bas avec le tube T, de telle sorte que le mercure s’écoulant dans ce récipient qu’on abaisse, le vide barométrique se produit dans la chambre supérieure. La figure (fig. 71) p. 452, et sa légende permettront de comprendre le principe de l’appareil et quelques-uns de ses plus importants détails.
Pour extraire le sang de la veine ou de l’artère et le soumettre aussitôt à l’action du vide sans absorber les gaz de l’air, ni perdre surtout l’oxygène de l’oxyhémoglobine qui tend à disparaître rapidement, on a essayé beaucoup de moyens. Le plus simple et le plus sûr nous paraît être celui que nous avons imaginé en 1875, et décrit au Dictionnaire de Wurtz, Sang, p. 1429. Depuis nous n’avons que très légèrement modifié le manuel opératoire que nous allons décrire ici.
Le récipient destiné à recevoir le sang se compose d’une large pipette de verre EE (fig. 71) de 500ec de capacité environ, terminée par deux tubulures dont l’une, l’inférieure, est effilée; cette pipclte a deux robinets V ct ce dernier doit avoir une lumière assez large. On introduit dans cet (*) Voir à ce sujet Compt. rend. LXXXII. 1556 cl 1406, cl ibid. LXXXV11I. 754 cl 755.
MÉTHODES D’ANALYSE DU SANG
appareil environ le 40° de son volume d’une solution d’oxalate neutre de potasse à \ pour 100, en ayant soin de mesurer exactement ce volume,
puis au moyen d’un bon caoutchouc à vide, l’on adapte le récipient à sang à un gros tube de verre vertical T, de 50 centim.
de long environ, placé dans un mélange À de glace et de sel et relié d’avance à la pompe à mercure P, par l’intermédiaire d’un tube L en U, rempli de boules de verre mouillées d’acide sulfurique concentré. On fait d'abord le vide complet dans tout l’appareil, tous les robinets étant ouverts sauf p qui est fermé. L’on s’assure que l’appareil ne perd pas, et l’on adapte alors à l’extrémité de la pipette à sang V une longue canule de caoutchouc ou de gomme flexible, exactement remplie de la solution ci-dessus d'oxalate à 1 pour 100. Cette canule élastique est alors placée directement avec les précautions et la double ligature d’usage sur le vaisseau dont on veut extraire le sang. Tout étant prêt, on ouvre lentement le robinetp et le sang se précipite dans la pipette vide V.
Quand elle est au tiers ou à moitié pleine, on ferme le robinet p, on détache la canule et l’on introduit rapidement la pipette suspendue d’avance par son extrémité supérieure au tube T dans une large éprouvette à pied EE, remplie d’eau à 40°. Au moyen de la pompe à mercure P, on donne à ce moment quelques coups de piston qui enlèvent tous les gaz du sang. Ceux-ci tendent, en. se dégageant, à faire mousser la liqueur; mais on a eu le soin, avant d’adapter la pipette au tube refroidisseur T, de placer
Fig. 71.
Appareil de A. Gautier pour extraire et doser les gaz du sang.
P, pompe à vide de Pfliiger et Ludwig. Le mercure en s’écoulant dans la boule inférieure fait le vide barométrique dans la boule supérieure; AM pompe-réceptrice de sang de l’auteur pour recevoir le sang, terminée inférieurement par une pointe effilée et un robinet p, et portant à la partie supérieure deux boules b et b' et un robinet r. Le récepteur de sang V est dans cette figure suspendu par le caoutchouc c dans l’éprouvette pleine d’eau tiède EE, au-dessous de la chambre à refroidir T entourée de glace A. Le tube U en t , à boules de verre imprégnées d’acide sulfurique, arrête la vapeur d’eau — E’, tube où passent et sont mesurés les gaz extraits du sang et refoulés par la pompe.