LOIS DES ÉCHANGES GAZEUX DANS LE POUMON
La respiration pulmonaire, ou l’échange des gaz dans les poumons, i est un phénomène physico-chimique essentiellement réglé par la tension de dissociation des combinaisons et dissolutions gazeuses existant 1 dans le sang qui traverse ces organes, par la pression sous laquelle i chacun des gaz inspirés se trouve dans l’atmosphère et dans les vésicules pulmonaires, enfin parleur coefficient de solubilité ou d’osmose à travers le parenchyme du poumon. Pour chacun de ces gaz l’équilibre î tend à s’établir entre sa tension dans les vésicules pulmonaires et sa tension dans la membrane humide où rampent les capillaires sanguins. D’une façon générale, l’on peut dire que la tension du gaz acide carbonique, considérable dans les tissus en activité, moindre dans le sang, moindre encore dans les vésicules pulmonaires, et presque nulle dans l’air, fait circuler cet acide des tissus vers l’air extérieur; i qu’au contraire la pression de l’oxygène forte dans l’air atmosphérique (1/5'' d’atmosphère), moindre dans le sang, nulle ou presque nulle dans 'es tissus, tend à faire circuler ce gaz en sens inverse, c’est-à-dire de l’air extérieur vers les tissus, en passant par le parenchyme pulmonaire.
Pendant l’inspiration calme ou profonde, l’air pénètre en quantités .'elatives différentes dans les vésicules pulmonaires. 11 en résulte que es proportions d’oxygène et d’acide carbonique, par conséquent leurs tensions, sont différentes dans les deux cas. C’est ce que montre le petit obi eau suivant :
LA RESPIRATION
Inspiration calme . .
Inspiration profonde .
Proportion île O
Pression
Proportion
en 100 vol. de gaz
du gaz oxygène
de CO* en 100 vol.
des vésicules
dans
de gaz
pulmonaires (').
les vésicules.
des vésicules.
17 vol.
129 millim.
5 vol.
Pression de CO* dans
les vésicules.
57 millim.
L’on peut remarquer, d’autre part, que la tension de l’oxygène dans le sang est très faible. Ce gaz est, en effet, presque entièrement uni à l’hémoglobine, et l’on sait que la tension de dissociation de cette substance est très petite à 58°. Hüfner admet que la tension de l’oxygène dans l’oxyhémoglobine à la température de 55 à 56°, est de 25 millimètres de mercure; au contraire la tension de l’acide carbonique dissous ou combiné aux carbonates et phosphates du sang serait de 41 millimètres d’après les uns, de 80 suivant d’autres. L’oxygène tend donc à passer du poumon au sang avec une pression de 104 millimètres de mercure, soit l/7e d’atmosphère environ, tandis que l’acide carbonique s’échappe par l’expiration avec une tension qui serait, suivant quelques auteurs de 4 millimètres de mercure, suivant d’autres de 50 millimètres. Ajoutons que l’absorption simultanée de l’oxygène par le sang veineux triple et même quadruple cette tension de dissociation de l’acide carbonique.
Telles sont les conditions physiques qui régissent les phénomènes respiratoires. Voyons maintenant comment l’expérience nous apprend à les préciser en chaque cas.
Absorption «le l’oxygène. — L’oxygène tend à passer, avons-nous dit, du poumon au sang veineux qui le traverse, avec une pression de 104 mm. de mercure environ. Arrivé au sang il se divise en deux parts : Tune, la principale, s’unit à l'hémoglobine réduite : grâce à ce phénomène, la tension de 1 oxygène dans le sang tombe à 25 millimètres. L’autre portion de l’oxygène absorbé se dissout dans le plasma en proportion presque égale à celle que dissoudrait 1 eau dans les mêmes conditions, soit environ 0ct,7 à 0CC,9 pour 100 de sang. Comme l’avait montré Fernet, cette seconde partie seule varie avec la pression extérieure; elle augmente avec la richesse du plasma en carbonates et phosphates, et diminue si les chlorures alcalins sont plus abondants.
C’est dans l’intérieur des vaisseaux capillaires, et au contact des tissus
(') Durant l 'expiration, la composition de l’air des vésicules pulmonaires s enrichit en acide carbonique et s’appauvrit en oxygène. P. Bcrt, recueillant l’air résiduaire des alvéolés en mettant rapidement la trachée d'un chien en communication avec un grand flacon vide, trouva que cet air est, composé de Az = 80; Oxygène =12; COa = 8 pour 100 vo Gréhant par une autre méthode (la respiration de 500 c. c. d hydrogéné et lanajse saz expirés) a trouvé : Azote 78,0 ; oxygène 13,9; CO- 7,5 pour 100 volumes Ces derniers chiffres paraissent exacts. On peut admettre qu 'après l expiration l’air alvéolaire contien 0 à 7 pour 100 d’acide carbonique, et 14 à 15 pour 100 d oxygène. Les données de i nss et de Wolffberg (4 pour 100 de CO2) sont entachées d’erreur.