CONCLUSIONS
La structure et le fonctionnement de l’être vivant résultent de la structure et des fonctions de ses organes, et ceux-ci sont modifiés dès qu’on lait varier la nature des principes doni ils sont composés.
C’est ainsi que la vie générale est en relations certaines et étroites avec le fonctionnement chimique des molécules dernières qui composent l’être vivant; proposition fondamentale que nous avons essayé d’établir par nos recherches personnelles.
Nous avons aussi montré au cours de ces Leçons qu’il faut distinguer dans l’être doué de vie deux ordres de phénomènes. Les uns sont des modes de l’énergie qui se manifestent à nous et se mesurent sous forme de chaleur, d’affinité chimique, de travail extérieur, d’accroissement de potentiel, etc. Quels que soient leurs modes, ces variantes de l’énergie peuvent se succéder, se transformer l’une dans l’autre, suivant les lois de l’équivalence des forces mécaniques toujours résolubles en mesures de masses et de vitesses. Mais il est d’autres phénomènes sensibles qui n’ont avec ceux-ci aucune commune mesure. Ils se révèlent seulement par les variations de la forme ou par X ordre dans la succession des faits. Ils consistent dans les figures, positions, modes d’agrégation que prend la matière. Ils ne touchent qu’au mode d’organisation, à l’arrangement des parties et, par lui indirectement, à la succession des phénomènes matériels. La structure d’une molécule, pas plus que la structure d’un organe, n’ont d’équivalent mécanique : l’une et l’autre déterminent cependant dans le premier cas le mode de réagir de la molécule, dans l’autre le mode de fonctionner de l’organe, et d’une façon plus générale chez les êtres vivants, l’harmonie et la succession des actes fonctionnels.
La vie c’est l’éfat de fonctionnement, matériellement transmissible d’être en être, de ces agrégats organisés qui empruntent toute leur énergie au monde extérieur. Les organes de la molécule, comme ceux de l’être tout entier, sont, à la façon de nos instruments de mécanique, de nos piles, de nos aimants, de nos prismes, des machines directrices qui, modifiant l’énergie et la transformant suivant leur structure propre, l’emploient à une succession régulière d’actes physico-chimiques de nutrition, d’accroissement, de conservation, de reproduction que nous nommons l’état de vie. Mais à ces manifestations viennent s’ajouter, chez les animaux supérieurs, ce que Spinosa appelait la vue intérieure, c’est-à-dire ce sens intime qui nous donne la connaissance des impressions reçues et l’aptitude à en déduire les causes et les lois, phénomènes mystérieux d,e la conscience et de la pensée qui échappent à la fois à l’expérimentation et à l’observation pure et qui sont du domaine de la métaphysique que nous ne devons pas aborder ici.
TABLE ALPHABETIQUE