CHAPITRE X
Sels dont t acide oxigénê est à base d Arsenic.
Des Arsè niâtes.
g5g. Soumis à l'action de la chaleur , quelques-uns éprouvent la fusion ignée, les autres sc décomposent; ces derniers sont ceux dont l'oxide peut céder une partie de son oxigène ou en absorber une nouvelle : tels sont les arséniates d’argent et de protoxide de fer. Le charbon décompose tous les arséniates en agissant sur l'acide ; il se forme toujours de I acide carbonique ou de l'oxide de carbone, de l’arsenic qui sc sublime, et l’on obtient pour résidu l’oxide ou le métal réduit , ou un alliage d’arsenic. II est probable que l’hydrogène , le bore , le phosphore et le soufre décomposent également les arséniates. L’acide sulfurique décompose à froid les arséniates , mais h une haute température l’acide sulfurique rst déplacé par l’acide arsénique. Les acides nitrique, phospliorique , hydro-chlorique et fluorique , en dissolution, ont la propriété de dissoudre tous les arséniates insolubles, lorsqu'ils peuvent former des sels solubles avec leurs bases ; en absorbant une portion des bases , ils font passer les arséniates neutres à l’étal acide. Il n'y a que trois arséniates neutres solubles, savoir : ceux de soude, de potasse et d’ammoniaque.
960. On trouve dans la nature quatre arséniates , celui de fer , de deutpxide de cuivre, de protoxide de cobalt et de protoxide de nickel. L’arséniatc de fer est cristallisé en cubes; il est très -rare : on ne l'a encore trouvé que dans les mines de Cornouailles. L’arséniatc de cobajt est toujours cristallisé en aiguilles ou en masses pulvérulentes couleur fleur de pécher; il se trouve dans toutes les mines de cobalt, de cuivre, d’argent, etc.; c’est la mine de cobalt la plus abondante. L’arséniate de cuivre est ordinairement fibreux , d’une couleur très-variable ; il est tantôt
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vert , tantôt noir , gris ou blanc j on le trouve principalement en Cornouailles. L'arséniate de nickel se trouve ordinairement à la surface du nickel arsenical; sa couleur varie du vert-pomme au blanc verdâtre.
961. Les arséniates insolubles s’obtiennent par la voie des doubles décompositions ; les autres peuvent se préparer directement en combinant l’acide avec l’oxide.
962. Il existe trois variétés d arséniates : les arséniates neutres, les arséniates acides et les sous-arsénialcs. Dans les arséniatres neutres, la quantité d’oxigène de l’oxide est à la quantité d'oxigène de l'acide comme 1 est à 5 , et à la quantité d’acide comme t est à 7,204. Les arséniates acides renferment deux fois plus d acide , et les sous-arséniates , pour la même quantité d’acide , renferment une fois et demie autant de base.
963. ArséniaU acide de Potasse. Ce sel est blanc, très-vénéneux, trèssoluble, cristallise en prismes. Soumis à une haute température, il passe à l’état neutre, l’acide en excès se décompose en oxigène et en* oxide d’arsenic, qui se dégagent. On pourrait le faire directement, mais il est plus économique de l’obtenir en faisant calciner 3u rouge un mélange de parties égales de deutoxide d’arsenic et de salpêtre Dans cette opération, l’arsenic s’acidifie par l’oxigènc qui provient de la décomposition de l'acide nitrique. L’arséniatc neutre de potasse est déliquescent, incristallisable ; il cède une partie de son alcali aux acides les plus faibles , et repasse à l’état acide.
964. Arstnùite neutre de soude : blanc , vénéneux , très-soluble , cristallise en prismes, s'obtient directement; l'arséniate acide, au contraire, est déliquescent et incristallisable : sous ce rapport , les arséniates de soude et de potasse ont des propriétés opposées.
965. Arséniate acide d Ammoniaque : sel blanc, vénéneux, trèsaolublc , cristallise en rhomboïdes ; il est décomposé par la chaleur. D'abord il ne se dégage qu'un peu d’ammoniaque ; mais à la chaleur rouge, une partie de l'ammoniaque et de l’acide se décompose , et il se forme de l'eau , de l'azote et du deutoxide d’arsenic. L’arséniate neutre d'ammoniaque est déliquescent et ne cristallise qu'en aiguilles.
§ Il '
Des Arsénites.
966. Le deutoxidc d arsenic , que nous avons désigné sous le nom d'acide arsénieux, se combine avec les oxides, et ce sont ces combinaisons qui portent le nom d arsénites. Les arsénites sont tous décomposés par le feu; souvent l’acide se volatilise et abandonne l'oxide, quelquefois il se forme un arséniate et de l'arsenic. Les corps combustibles agissent sur les arsénites comme sur les arséniates , mais avec plus d’énergie. On ne connaît que trois arsénites solubles dans l'eau, ceux de soude, de potasse et d’ammoniaque ; les autres arsénites neutres alcalins sont solubles dans un excès d’acide ou de base. Presque tous les acides décomposent les arsénites en précipitant l’acide arsénieux , qui est très-peu soluble. Un seul arsénitc existe dans la nature , c'est celui de plomb : on le trouve en petits cristaux d’un jaune verdâtre , en filamens soyeux ou en masses d’un aspect gras. On le trouve ainsi dans la mine de sulfure de plomb de Saint-Prix , département de Saône-et-Loire , en Andalousie et en Sibérie. Les arsénites solubles se préparent directement en faisant bouillir l’oxide en dissolution arec un excès d'acide etfdtrant; les autres s’obtiennent par la voie des doubles décompositions. Aucun arsénile ne cristallise. Dans les arsénites neutres la quantité d’oxigène de l’oxide est à celle de l’acide comme 1 est à 3 , et à la quantité d’acide comme 1 est à 12,407; dans Vs sous - arsénites la quantité de base est double. Un seul arsénite est employé dans les arts ; c’est celui de cuivre.
967. Arsénite de Cuiçre , Vert de Schéele. Cette substance , dont on fait un grand usage dans les fabriques de papier peint , est insoluble , d’un beau vert , et forme une couleur très-opaque. On la prépare en versant à chaud une dissolution de sulfate de cuivre dans une dissolution d'acide arsénieux dans la potasse , lavant le précipité et le faisant sécher. On emploie maintenant au même usage un vert infiniment plus brillaht qui, d’après l'analyse de M. Braconnot, est composé d'acide arsénieux,
de cuivre et d'acide acétique. Ce chimiste est parvenu à l'obtenir en versant du vinaigre dans le vert de Schéele, lorsqu’il se précipite. (Voyez, pour plus de détails , Annales de Chimie , tom. XXI , pag. 53. )