VERRES DF. BOUTEILLE
Saille. I or»
Soude de Varerk 3o à 4°
Cendre* lessivées. i6oà i;n
Cendres neuves... 3o à 4°
Terre à briques « 8o il ioo
Cassons de bouteilles ioo
VERRE DE CRISTAL OU FLlST-GLASS.
Sable blanc «... ioo
Minium . . Hoi 8Î
Potasse calcinée..,,,. ......... 35 5 4°
Mitre de première ruite s à 3
Oxide de manganèse 0,06
On a observé <|tic la soude ne pouvait pas remplacer la potasse dans la fabrication du cristal , parce qu'elle donne toujours au verre une teinte verte. Les verres à bouteille doivent leur couleur à de l’oxide de fer. Lorsque le verre blanc a une légère teinte jaunâtre qu'il doit au même métal ou b une matière charbonneuse qui n'a point été brûlée , on la fait disparaître en ajoutant à la fonte une petite quantité d'oxide de manganèse. On a reconnu drpuis quelques années que le sulfate de soude pouvait, dans la fabrication du verre , remplacer les sous-carbonates de soude et de potasse qu’on emploie ordinairement ; aussi , plusieurs grands établisscmens ont adopté celte nouvelle méthude. ( Voyex Annales de Physique et de Chimie, lom. xx , pag. a ). Le flint-glass présente dans sa fabrication de grandes difficultés , surtout lorsqu’il est destiné à la confection des inslrumcns d’optique, parce qu’il doit être parfaitement incolore, diaphane, homogène, sans stries et d’un grand volume. Les Anglais ont été pendant long-temps en possession de fournir tuute l'Europe de Oint glass; mais depuis plusieurs années M. Dartigucs est parvenu à vaincre toutes les diflicultés de cette fabrication et b faire du flint-glass qui rivalise avec les plus beaux qui soient sortis des ateliers anglais, et plus récemment M. Guinaud, des environs de Neuchâtel, a fabrique du beau flint-glass pour des objectifs de 7 , 8 et même 1 1 pouces de diamètres. A mesure que la proportion de soude ou de potasse augmente , on obtient des verres qui sont de plus en plus fusibles ; mais alors ils deviennent hygrométriques et altérables à l’air , tels sont les verres de Bohème , les verres de montre qui se couvrent de gouttes d’eau dans un air qui n’est pas saturé d'humidité , et qui , par de faibles changcmcns de température , se gercent dans tous les sens. Lorsque la quantité de potasse se trouve en 'grand excès, le verre devient soluble dans l’eau et facilement décomposable par tous les acides qui en précipitent la silice (1).
Les verres colorés ne sont autre chose que des verres blancs , colorés par des oxides métalliques. Les verres rouges sont colorés par le précipité pourpre de Cassius et l’oxide de manganèse ; les bleus , par le cobalt ; les verts , par l’oxide de chrome , ou par l’oxide de cobalt , le chlorure d’argent et le verre d’antimoine , ou par les oxides de fer et de cuivre , seuls ou mêlés avec ceux de cobalt et d’antimoine ; les violets , par l’oxide de manganèse ; les jaunes , par le verre d’antimoine et le précipité pourpre de Cassius.
Les verres dont on se sert pour imiter les pierres précieuses sont composés d’un verre blanc , qu’un désigne sous le nom de Strass , qui n’est autre chose qu’un flint-glass
(1) Réauniur «vait remarqué que le verre , chauffé pendant Ions-temps , *r transformait en une masse opaque et /prouvait onc aorte de dévitrîGcalion. IL Dartîgun , qui a observé de nouveau ce phénomène , a reconnu que cette opacité s’obtenait en laissant refroidir le verre très -lentement ; que le verre de bouteille éprouvait celle transformation plus facilement que les autres; que crue qui renferment peu de rivaux et peu d’alumine , présentaient difficilement ce phénomène ; que le verre dévitrifié est plus difficile à fondre, et ( en lu» , que cette opacité lie ni k une cristallisation d’un des silicates du verre.
DE CHI M 1 E. Soi
fondu avec du borax. Le strass pur sert à imilcr les pierres incolores ; fondu avec différens oxides métalliques , il produit des masses colorées qui imitent trèsbien la plupart des pierres précieuses employées dans la bijouterie. ( Voyez , pour plus de détails , le Mémoire de M. Douault- Yielaml , Annales de Physique cl de Chimie , tom. xiv , pag. 57 ).
L’azur dont on se sert pour donner une teinte azurée au linge , aux étoffes de lin, de soie , de coton et au papier , est un verre coloré par l’oxide de cobalt. On le prépare en grand en Saxe, en Bohême et en France au milieu des Pyrénées, dans la vallée de Luchon. O11 commence par bocardcr et laver le minérai de cobalt pour en séparer las substances étrangères , et on le grille pour en volatiliser l’arsenic et oxider le cobalt. Le résidu du gTÜIagc est mêlé , dans une proportion déterminée par la richesse de la mine , avec du quartz ou du sable ; ce mélange porte le nom de Sa/re. Le safre fondu avec de la potasse ou de la soude forme un verre bleu que l’on projette incandescent dans de l'eau froide et que l’on pulvérise ensuite avec des bocards et entre deux meules horizontales ; la poudre que l’on obtient ainsi est séparée en divers degrés de finesse au moyen de la décantation.
Les émaux sont des verres colorés , transparens ou opaques, qu'on applique sur l’or, l’argent ou le cuivre ; les émaux transparens sont de même nature que ceux qui servent à imiter les pierres précieuses ; ceux qui sont opaques , sont formés d’un émail blanc coloré par les mêmes oxides métalliques que le strass. Cet email blanc est formé de 100 parties de sable , de i5 de talc , de 3o parties de sel marin et de 100 parties d’un mélange d’oxides d’étain et de plomb -, on obtient ce dernier mélange d’oxide en calcinant ensemble 100 parties de plomb avec i5 , 3o ou 40 parties d’étain; nous avons vu (5g3) que ce mélange s’oxidait avec une grande rapidité.
On ne trouve dans la nature aucun silicate simple à base de potasse ou de soude.
1073. Silicate d' Alumine. La silice se combine facilement avec l'alumine, car si l’on mêle ensemble une dissolution de sous silicate de potasse et une dissolution d’alumine dans la potasse , il se forme immédiatement un dépôt de silicate d’alumine. Dans la nature on trouve un grand nombre de silicates d’alumine ; un seul est cristallisé , c'est la substance connue sous le nom de Néphiline ; tous les autres sont composés d’une manière très-irrégulière , ce sont les substances connues sous le nom A' Argile : ces substances , qui sont extrêmement répandues , sont plus ou moins onctueuses au toucher et renferment souvent du fer et du carbonate de chaux.
Les silicates d'alumine constituent toutes les poteries depuis la brique la plus grossière jusqu'à la porcelaine. Le silicate d'alumine, par l'action de la chaleur, acquiert une grande dureté et devient tout-à-fail inattaquable par les acides. L'argile que l'on emploie dans la fabrication de la porcelaine est parfaitement pure ; cette argile , qui porte le nom de Kaolin , provient de la décomposition lente d’une roche de feld-
5oa COURS
spath et Je quart*. Par une cause jusqu'ici inconnue, les élémens qui constituent le feld-spatb et qui sont l’aluininc , la silice et la potasse , se sont séparés ; la potasse a été entraînée par les eaux , et le silicate d'alumine est resté mêlé en masses friables à de petits grains de quartz (i). Le kaolin, soumis à une température très-élevée, n'éprouve qu'un commencement de vitrification et une simple agglomération. La porcelaine , après la première cuisson , reçoit un vernis composé de feld-spalh pulvérisé, qui n'est fusible qu'à une température très-élevée ; la peinture des porcelaines ne s'applique qu’après la couverte ; les couleurs sont des émaux pulvérisés et mêlés avec du borax ou du fiint-glass pour en faciliter la fusion. La dorure s'obtient en précipitant la dissolution d'Iiydro- chlorate d’or par le proto-sulfate de fer et mêlant ce précipité avec un fondant. Les autres poteries se préparent avec des argiles beaucoup moins pures -, la plupart sont colorées en rouge par de l'oxide de fer , et un grand nombre sont fusibles à une température plus ou moins élevée: cette fusibilité provient d'une certaine quantité de chaux que renferment la plupart des argiles. Les poteries les plus grossières sont recouvertes d'un vernis de plomb que l’on obtient en plongeant ces poteries desséchées dans de l'eau tenant en suspension du sulfure de plomb ; ce vernis est attaqué par la plupart des acides ; d’autres sont recouvertes d’un vernis blanc , composé de verre , d’oxide de plomb et d'oxide d’éiain. Enfin , celles qu’on désigne sous le nom de Terre de Pipe sont ordinairement recouvertes d'un vernis de sel marin ; ce vernis s'obtient d'une manière assez singulière : lorsque les pièces d argile sont dans le fourneau et que celui-ci est à une température très-élevée , on y introduit du sel ; la chaleur le volatilise , sa vapeur pénètre dans toutes 1rs parties du fourneau et vernit les pièces qui y sont renfermées.
1074. Silicate (le Chaux. On peut reconnaître l'affinité de la silice pour la chaux en versant une dissolution de silicate dV potasse dans de feau de chaux , il sc forme un précipité composé de silice et de chaux. Les mortiers paraissent être des silicates * de chaux on des silicates doubles d'alumine et de chaux. L’importance de cet objet nous oblige à entrer dans quelques détails. On distingue dans 1rs arts deux espèces de chaux , l'une , que l'on nomme Chaux grasse , est presque pure on du moins ne renferme que peu de matières étrangères ; 1 autre , que l'on désigne sous le nom de , Chaux maigre , renferme de la silice et de l’alumine de o,iS à 0,30. Les chaux grasses solidifient une grande quantité d’eau , les chaux maigres une quantité muindre ; mais ce qui les distingue principalement , c’est la propriété que possèdent les chaux mai-
Cl > M. Bertliier a cependant trou»* que pr?»qrie ton* l*$ kaolin* renfrrmaîvi»l encore «le la pntavr , niai* U tîlice y e*t dans uti plu» ftr-vwl rapport rrla'Jvefneni & l'alumine1 , que dan* le frld-tpath. En admrttant que U point»* qn’on y rencontre anil due à une portion d* IV Id -spath non d/compos* , I* kaolin de 2»t-Yrieo* protiendrait d’un fVId-ipath qui aurait perdu par ta drcompojitiun un tiliculc de pou**c .t'jlcniuu! irt o,;â de la silice de celui qui u trouve duit le (eM-tpalK.
DE CHIMIE. * 5o3-
gros de se durcir sous l'eau , seules ou mêlées avec du sable , de la pouzzolane (i) ou de la brique pilée , tandis que les chaux grasses ne se durcissent sous l’eau que mêlées avec la pouzzolane ou la brique pilée. D'après M. Vicat , qui a lait des recherches extrêmement importantes sur cette matière, le durcissement des mortiers serait dû à une véritable combinaison de la chaux arec la silice des substances qui entrent dans la confection des mortiers ; par conséquent, les mortiers de chaux grasse seraient des silicates simples , et les mortiers de chaux maigre des silicates doubles d'alumine et de chaux. Mais comme la chaux caustique n’a point d’action sur le quartz ni sur l’alumine , MM. John et Bcrthicr pensent que les substances que l’on mêle avec les chaux ne sont point attaquées par elles ; qu’elles servent , lorsqu'elles sont poreuses , à absorber l’eau et à présenter des surfaces sur lesquelles la %haux adhère , sans qu'il y ait aucune action chimique développée. Cependant, dans cette nouvelle manière d'envisager les mortiers , il y a un grand nombre de faits qui sont toul-à-fail inexplicables. Il résulte de là que la manière d'agir des substances mêlées avec la chaux dans les mortiers n’est point encore connue. Mais ce qu’il y a de certain et de vraiment utile pour les arts, c’est que les cbaux hydrauliques ne diffèrent des chaux grasses que par une certaine quantité d’argile : que l’on peut, avec des chaux grasses, faire d' excellentes chaux maigres , en les calcinant après les avoir mêlées avec de l’argile ; et que la substance que l’on emploie depuis long-temps en Angleterre , sous le nom de Ciment Romain , et qui jouit de la propriété de se durcir instantanément dans l'eau , provient de la calcination d'un calcaire qui renferme o,aS à o,3o d’argile , et peut être faite artificiellement. Nous devons dire , en terminant , que la cuisson du calcaire a une très-grande influence sur la qualité de la chaux qui en résulte, ü’aprcs les expériences faites par M. Minard , on peut former du ciment romain arec des calcaires qui ne renferment que 0,01 d’argile ; il suffit que la calcination soit lente et peu avancée ; on obtient ainsi dit ciment romain qui prend en un quart d'heure ou en quatre ou cinq jours, ou de la chaux grasse qui ne se durcit pas ; pour cela la pierre doit perdre o,8 , o,ia ou o,3o de son poids par la calcination : il paraîtrait alors que le ciment romain et les chaux hydrauliques dans certaines circonstances devraient leurs propriétés à un sous-carbonatc de chaux avec un grand excès de hase.
1075. Silicates de liante cl de Slrontianc. Ces silicates peuvent s’obtenir par la voie humide en versant une dissolution de liante ou de slrontianc dans de la potasse silicée ; il se forme immédiatement un précipité composé de silice , de slrontiane ou de baritc ; on peut aussi préparer ces silicates en soumettant à l'action de la chaleur un mélange de harite et de silice. M. Kiruan , qui a fait beaucoup d’expériences à
(1) b pouuotanc «st une nuiicrt pul«rrulcnlrt poreuse , d'origine volcanique, dont la silice cl l'alumine forment un des principaux Siemens.
5o4 ' COURS
ce sujet , a trouvé qu’un mélange de 36 parties de silice et de 66 de baritc formait une matière analogue it la porcelaine sans couverture.
1076. O11 trouve dans la nature un grand nombre de silicates & a , 3 et même 4 bases, tels sont X Émeraude qui est <1 bases d’alumine et de glucine ; la Slilbile et la Loumonite , qui sont b bases de chaux et d’alumine ; l’ Armotome , à bases d’alumine et de barite ; la Mésotype , qui est à bases de soude et d’alumine; la Tourmaline , b bases d’alumine et de soude ; le Feldspath , la Meïonite et I ' Arnphygène , à bases d’alumine et de potasse ; le Grenat , à bases d’alumine , de fer et de manganèse, et le Mica de Sibérie , à bases d’alumine , de chaux , de magnésie et de fer.
RÉSUMÉ DES CHAPITRES XIX et XX.
propriétés
GÉNÉRALE,
PROPRIÉTÉS