‹ Cours de chimieChapitre 22 sur 166 · L. Chlorure de Carbone · texte numérisé non relu

L. Chlorure de Carbone

■ 4o. Le carbone et le chlore sc combinent en deux proportions différentes que nous désignerons sons les noms de Prolo - Chlorure et de Dcuto-Chlorure Je carbone. Ces deux corps ont été découverts, en i8ai , par M. Faraday.

Deuto - Chlorure de Carbone.

i4>- Solide , transparent , incolore ; son odeur est aromatique et analogue à celle du camphre ; sa saveur est faible ; il se laisse facilement réduire en poudre , et ressemble alors au sucre blanc , dont il possède & peu près la dureté. Sa pesanteur

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spécifique est à peu près » ; il se volatilise lentement & la température ordinaire ; il fond à iGo“ , et bout à ifta» ; sa vapeur, en traversant un tube chauffé au rouge, se décompose en chlore et en proto-chlorure. On l’obtient en soumettant à l'action des rayons solaires un mélange de chlore et d'hydro-carbure de chlore ( pag. 95 ). Il se forme de l’acide hydro-chloriquc que l’on chasse à mesure par l'introduction de nouvelles quantités de chlore , et du deuto-chlorure qui se précipite. Cette substance est insoluble dans l'eau , mais elle se dissout facilement dans les huiles fixes et les huiles volatiles ; l’oxigène la décompose à la chaleur rouge ; sa vapeur , mêlée avec le gaz oxigène , n’est point combustible par l’étincelle électrique , même à aoo* -, l’hydrogène la décompose à une température très-élcvce ; elle parait être formée de 89,8a de chlore et de 10,18 de carbone.

Proto - Chlorure de Carbone.

i4a. Liquide jusqu’à 18° au-dessous de Jhro , incolore; sa pesanteur spécifique est de i,55a6 ; se réduit en vapeurs sous l’eau à 75°. Lorsqu’on fait passer sa vapeur à travers un tube de verre rempli de fragmens de cristal de roche , elle se décompose en partie. On l'obtient en chauffant le deuto-chlorure ; une partie se volatilise d'abord ; mais à la chaleur rouge obscure , une autre se décompose en produisant du chlore et des vapeurs de proto-chlorure. Le proto-chlorure n’est combustible que dans'la flamme de l'alcool ; il est insoluble dans l’eau , et très-soluble dans l’alcool , l’éther , les huiles. Il parait être formé de 85, So de chlore et de i4,5o de carbone.

M, Phosphure de Soufre.

143. Le phopbore et le soufre paraissent se combiner en un grand nombre de proportions différentes ; il serait possible , cependant , que toutes ces combinaisons ne fussent que des mélanges de deux ou un plus grand nombre de phosphurcs à proportions définies.

144. Le phosphure de soufre est toujours jaune , plus fusible que le phosphore ; mais l’état qu'il affecte dépend de la proportion de soufre et de phosphore qu’il renferme; celui qui est formé de 5 parties de soufre et de 7 parties de phosphore , est encore liquide à 6, *7 au-dessous de xéro. Le phosphure de soufre se réduit en vapeurs à une température plus basse que le phosphore ; on le distille facilement dans une petite cornue de verre ; mais il parait que celui qui se volatilise d’abord renferme une plus grande portion de phosphore que celui qui se vaporise à la fin de l’opération.

145. On prépare le phosphure de soufre, t.“ en projettant le soufre en trèspetites portions dans un tube de verre étroit dans lequel on maintient du phosphore en fusion ; a.» en mettant dans un vase plein d’eau le soufre et le phosphore

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que l'on veut combiner , et élevant la température de Go11 à 70* ; dans le premier ras , on ajoute le soufre successivement , parce que la combinaison du soufre et du phosphore à une température un peu élevée a lieu avec explosion ; phénomène dù à la décomposition de l'eau que le phosphore renferme toujours , et d’où résulte du gaz hydrogène sulfuré ; dans le second , la température de l’eau ne doit pas dépasser 70°, car une chaleur plus forte déterminerait la décomposition subite de l'eau et une violente détonation qui briserait infailliblement l'appareil. Lorsque la température ne dépassr pas 70*, il y a toujours uuc portion d'eau décomposée; mais cette décomposition a lieu lentement.

■ iti. Le phosphurc île soufre brûle dans l’arr avec une très-grande facilite , à une température très-peu élevée ; les produits de sa combustion sont de l'acide sulfureux et de l'acide phosphorique. C'est sur la chaleur qui se dégage dans la combinaison du soufre et du phosphore , et sur la facilité avec laquelle le phosphurc de soufre s’enflamme * qu’est fondé l'usage des briquets phnsplioriqucs ; ces briquets sout composés d’un petit flacon de verre ou d%tain , dans lequel le phosphore a été fondu et maintenu en fusion jusqu’à ce qu’il ait acquis une teinte rougeâtre : lorsqu’on plonge (1) une allumette soufrée dans ce flacon , le frottement du soufre contre le phosphore détermine la formation d’une certaine quantité de phosphurc de soufre qui s’enflamme lorsque l'allumette est mise en contact avec l'air.

N. Phosphures d'iode.

147. Le phosphore et l'ioilc se combinent en un grand nombre de proportions différentes ; mais il serait possible que ces combinaisons ne fussent que des mélanges d'un certain nombre de phosphures à proportions fixes. L’iode et le phosphore se combinent à la température ordinaire ou k une température peu élevée ; la combinaison est toujours accompagnée de chaleur et quelquefois de lumière. La couleur et la fusibilité du phosphurc dépendent des quantités de phosphore et d’iode qu’il renferme. Tous les phosphures d'iode décomposent l’eau k une température peu élevée ; les produits de la décomposition varient suivant les quantités relatives de phosphore et d'iode ; le phosphore composé avec t partie de phosphore et 8 d’iode, donne de l’acide phosphoreux , de l’hydrogène phosphore , des flocons de phosphore qui se précipitent , et de l’acide hydrlodiquc qui reste eu dissolution ; le phosphurc composé avec ■ partie de phosphore et ifi parties d'iode, donne de l’acide phosphoreux cl <lc l’acide hydriodique ; enfin , celui qui est composé de 1 partie de phosphore

(t) Pour fairr cette euprrience d'une manière commode , ou commence par druétlirr le phosphore *vrt du papier h filtre* ; on l'introduit nwuitf dan* le flacon que l’on ferme avec un bouchon de papier poW tur le voulut , et on le chauffe au bain de table : lorsque le phosphore pbcl entre l’œil et U lumière a prît une teinte rougeâtre, l'operation est terminée; on le iai**e refroidir lentement.

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et de *4 partie.» d'iode , donne naissance à de l’acide phosphoreux et à de l'acide hydriodique induré. On n’emploie le phosphure d'iode que pour obtenir l'acide hydriodique.

O. Phosphure de Sélénium.

ilfi. Le phosphore et le sélénium se combinent en toutes proportions. Le phosphure de sélénium est toujours solide ; sa couleur varie entre le jaune et le brun ; il est cassant , fusible et volatil ; on le forme directement en faisant fondre dans un tube de verre le sélénium et le phosphore. Mis en contact avec l’eau , il la décompose peu à peu, en produisant un acide de phosphore et de l'acide bvdro-sélénique.

P. Sulfure de Sélénium.

i4q- Le soufre et le sélénium se combinent directement en toutes proportions ; on peut aussi obtenir un sulfure de sélénium en faisant passer un courant d'acide hydro-sulfurique à travers une dissolution d'acide sélénique ; il se forme en même temps une certaine quantité d'eau : ce sulfure reste eu suspension et se précipite en ajoutant à la liqueur une certaine quantité d’eau et en faisant chauffer. 11 est d’un jaune foncé , élastique , très-fusible et volatil ; distillé , il devient , en se refroidissant , rouge et transparent Par la chaleur , il s'enOammc dans l'air , mais le soufre brûle le premier -, il est soluble dans les dissolutions alcalines , d’où il est précipité par les acides. L’acide nitrique est sans action sur le sulfure de sélénium ; mais l’eau, régale (mélange d'acide nitrique et d’acide bydro - chlorique ) l'attaque avec une grande énergie.

Q. Sulfure d Iode.

150. Le soufre et l'iode s'unissent à une douce chaleur. Ce sulfure est gris métallique , rayonné •, soumis i une température un peu plus élevée que celte à laquelle il s’est formé , l’iode se sépare du soufre et se volatilise.

R. Sulfure de Carbone.

1 51. Le sulfure de carbone , ou carbure de soufre , est liquide à la température ordinaire , transparent et sans couleur , d’une odeur fétide ; sa densité est de 1,263. En se vaporisant à la température ordinaire, il absorbe une très-grande quantité de chaleur , et , par conséquent , produit un abaissement considérable de température dans les corps avec

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lesquels il est en contact ; si on environne la boule d’un thermomètre d’une petite éponge imbibée de carbure de soufre , l’évaporation spontanée de ce liquidefait descendre le thermomètre de i6* à — 3a*. Lorsqu'on place sous le récipient d’une machine pneumatique une capsule renfermant du carbure de soufre et du mercure , et qu’on absorbe continuellement les vapeurs , la température du liquide s’abaisse jusqu'au point de congeler le mercure. La vapeur de carbure de soufre n'est point décomposée par la plus haute température que nous puissions produire.

i52. Le carbure de soufre n’existe point dans la nature ; on l’obtient en mettant le soufre et le carbone en contact à une température trèsélevée. Pour cela , on place dans un fourneau à réverbère un tube de porcelaine , légèrement incline : l’extrémité inférieure s’engage dans une allonge, et celle-ci dans un ballon tubulé , de laquelle part un tube recourbé qui plonge dans un flacon plein d'eau ; enfin , la tubulure de ce flacon est garnie d’un tube recourbé qui s'engage sous des cloches pleines d’eau ou de mercure ; on place dans le tube de porcelaine des charbons fortement calcinés , et lorsque le tube est incandescent , on introduit , par l'extrémité libre du tube de porcelaine , des fragmens de soufre ; on ferme l'ouverture , le soufre fond , se réduit en vapeurs , et se trouvant en contact avec le charbon à une température très-élevée , se combine avec lui : les vapeurs de carbure de soufre se condensent dans l’allonge, le ballon et le flacon ; il se dégage en même temps de l’oxide de carbone , de l’hydrogène carbone et de l’acide hydro-sulfurique. Ces gaz , qui proviennent de l’air et du gaz hydrogène que le charbon renferme toujours , passent dans les cloches pleines d’eau ou de mercure. Le carbure de soufre condensé dans le flacon en occupe la partie inférieure ; on le sépare facilement de l’eau surnageante , en introduisant le tout dans un entonnoir à long bec , que l'on ferme avec le doigt : le carbure se rend à la partie inférieure , et en débouchant l’entonnoir et le fermant i propos , on sépare facilement ce liquide de l’eau avec laquelle il était mêlé. Le carbure ainsi obtenu n'est pas parfaitement pur, il tient du soufre en dissolution, aussi il a une teinte jaunâtre ; on le purifie en le distillant , et pour enlever les der-

nières portions d'eau qu'il pourrait encore retenir , on fait passer les vapeurs dans un tube de verre renfermant des fragmens de chlorure de chaux.

153. Le carbure de soufre s'enflamme par l’approche d'un corps incandescent. Les produits de la combustion sont de l’acide carbonique et de l’acide sulfureux. Du carbure de soufre en vapeur , mêlé avec de l’oxigène pur , détone avec la plus grande violence par une étincelle électrique. On doit employer un eudiomètre très-épais , opérer sur le mercure et mêler le gaz oxigène saturé de vapeurs avec un égal volume d'oxigène pur : une plus petite quantité d’oxigène ne serait pas suffisante pour brûler la totalité du soufre.

L’eau est sans action sur le carbure de soufre ; mais l’alcool , l’éther , les huiles fixes et volatiles le dissolvent facilement ; il se combine avec tous les alcalis , et forme des composés désignés par Berzéiius sous le nom de Carbo-Suljures. Le carbure de soufre n'est attaqué que par l’eau régale : l’action est très-lente ; il se forme au bout de trois semaines une substance blanche , cristalline , qui est un composé d'acide carbonique , d'acide sulfureux et d’acide hydro-chloriquc.

154. On parvient facilement à analyser le carbure de soufre , en le faisant passer à l’état de vapeurs à travers un tube de porcelaine renfermant du peroxide de fer ; il se forme du sulfure de fer et des acides sulfureux et carbonique ; le sulfure reste dans le tube , et les gaz passent dans des cloches pleines de mercure ; après avoir mesuré le volume des deux gaz , on absorbe l’acide sulfureux par le borax. Connaissant ainsi le volume de chacun d'eux , on calcule , d'après leur composition , les quantités de soufre et de carbone qu’ils renferment. Pour déterminer la quantité de soufre qui s'est combinée avec le fer, on dissout dans l’eau régale la matière restée dans le tube : le soufre se transforme en acide sulfurique ; on précipite le fer par l'ammoniaque , et ensuite l'acide sulfurique par un sel de barite : le précipité séché et pesé , conduit facilement , par la connaissance de sa composition , à la quantité de soufre qu'il renferme. Berzéiius a trouvé ainsi que le carbure du soufre était formé de 84,84 de soufre , et de i5,i6 de carbone.

155. Le carbure de soufre a été découvert , en 1796 , par M. Lampadius. Il est sans usage.

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