‹ Cours de chimieChapitre 59 sur 61 · ATEN · texte numérisé non relu

ATEN

régale, et l’on précipite par l’hydrocblorate d'am- 4 moniaque. Comme la mine de platine est impure, « qu'elle contient d'autres métaux, tels que l'iri-

dium, le palladium, le rhodium , on dissout la

mine dans l’eau régale, on précipite par le sel

ammoniac, on lave le précipité, on le chauffe :

pour obtenir l’éponge de platine, que l’on dissout |

une seconde fois dans l’eau régale; dissolution que l’on précipite de nouveau, comme précédemment. Pour agglomérer le platine, on met le précipité dans un four à porcelame : l'ammoniaque se dégage très vite; la chaleur ramollit le platine sans le fondre, et avec le marteau on resserre les particules en une masse moins volumineuse que celle de léponge de platine. On forge alors le métal comme on ferait du fer.

La baryte, la chaux, la strontiane, forment

des sels doubles avec le chlorure de platine;

mais l'analyse n’en a pas été faite. Enfin, le chlo- Ë

rure de platine et le chlorure d'argent peuvent se

combiner et se précipiter mutuellement.

ui SR SE

LA

L'or forme de même deux combinaisons avec le chlore,

On obtient le perchlorure par l'eau régale et en évaporant jusqu'a siccité.

On obtient le protochlorure, ou plutôt le souschlorure, en exposant le perchlorure à l'action de la chaleur à 200° ou 230°, à la chaleur de l’étain fondant. Ce sous-chlorure se présente sous forme d’une masse grise : l’eau le décompose. Quand l’action de l'eau est aidée par celle de la chaleur, 1l se fait partage ; elle dissout le perchlorure et sépare le métal. Deux atomes d’or métallique se précipitent, et il reste en dissolution un atome de perchlorure d’or.

Le perchlorure contient 3 atomes de chlore contre 1 atome de métal; le protochlorure est + sous-chlorure d’or, et tout-à-fait analogue au sous-chlorure de platine.

Le perchlorure d’or se présente avec une couleur jaune; on le désigne par le nom de disso- Jution d’or. Vous le voyez ici dissous dans l’eau ,

et il est d’un jaune pale; quand il est avec plus

ia COURS

d'acide, la couleur pälit davantage. Lorsqu'il est le plus neutre possible il est d’un rouge foncé: Par la couleur de ce sel, on peut juger de sa neutralité.

Le perchlorure d’or à l’état neutre ne cristallise pas : pour qu'il cristallise, il faut qu'il y ait excès d'acide ; alors il donne des aiguilles très fines.

Si l'on veut l'avoir parfaitement neutre, il faut évaporer jusqu’à siccité. On en décompose bien une partie par la dessiccation ; mais on ne risque rien, parce qu’en le dissolvant dans l’eau on sépare le métal. |

Le perchlorure est extrèmement soluble dans l’eau, dans l'alcool; 1l est même soluble dans l'éther. Si l’on traite une dissolution aqueuse de perchlorure par léther, tout l'or passera dans l'éther et l’eau restera sans couleur; ainsi 1] a plus d’affinité pour l'éther que pour l’eau.

Le chlorure d’or est certainement l’un des sels les plus faciles à réduire , car il se réduit tout seul par l’action de la lumière. Pour le conserver pur,

il faut le garder dans l'obscurité. Exposé au so—

DE CHIMIE. 4 leil., on voit bientôt les parois du vase se couvrir d’or métallique.

La plupart des corps décomposent ce chlorure ; presque tous les métaux précipitent l'or. On produit le chlorure afin de précipiter l’or ou l'oxide qui est employé dans les arts. Un grand nombre de sels qui peuvent encore absorber de l'oxigène décomposent le chlorure. Les acides sulfureux , nitreux, précipitent l'or; mais il faut remarquer que, dans ces précipitations, l’eau est décomposée. Si je prends du chlorure d’or, si j'y mets du sulfate de fer au minimum d’oxidation ; le fer absorbera de l’oxigène : c'est que l’eau se décompose, que son oxigène se porte sur le fer, et que son hydrogène se porte sur le chlore et forme de l'acide hydrochlorique qui se sépare. Le précipité est brun; mais si on le frotte, il a l'éclat de l'or.

Le chlorure d’or est précipité par le protochlorure d’étain ; le précipité est d’une belle couleur pourpre : on l’appelle pourpre de Cassius. Je

reviendrai tout-à-l’heure sur ce précipite.

Le sulfate de protoxide de fer et le protochlorure d’étain sont les deux réactifs que l’on emploie pour décomposer le chlorure d’or.

Ce sel est décomposé aussi par les végétaux.

C'est par l’action du chlorure d’or sur l'acide oxalique, que M. Berzelius s'est convaincu que ce dernier acide ne contenait pas d'hydrogène.

On traite le chlorure d’or par les alcalis pour obtenir l’oxide d’or, Cette précipitation est. toujours incomplète; on n'obtient pas tout l’oxide qui était dans la dissolution : quelquefois on n'en a point du tout, ou bien le précipité se sépare avec des nuances différentes. Il peut y avoir deux cas dans cette opération : ou l’on a employé l’alcali en quantité suffisante, ou on l’a employe avec excès. Quand c’est l’or qui domine, le précipité est jaunätre et devient plus abondant par la chaleur. En le lavant, on voit que c'est un chlorure hydraté; car en traitant ce précipité par la potasse, il se dégage de l’acide hydrochlorique. |

S1 l'on met un excès d’alcali, le précipité

Lyc

DE CHIMIE, 15 sera gris ; si on le fait chauffer, il aura une couleur gris foncé. Mais 1l reste toujours une quantité de chlorure d’or en dissolution, si bien que si l'on prend un chlorure de potassium, de s0dium, ou de l’hydrochlorate d'ammoniaque, et que l’on en mette en quantité convenable, il n'y aura plus de précipité, parce qu'il se fera des chlorures doubles:

Si vous prenez du chlorure d’or aussi neutre que possible et que vous le traitiez par la potasse, il y aura ur précipité; mais il se formera aussi un sous-chlorure double. La même chose arrivera par l'ammoniaque. Voici l'analyse du chlorure double d’or et de potassium : il contient 2 atomes de chlorure d'or, 1 atome de chlorure de potassium et 2 atomes d’eau. On peut obtenir ce double chlorure bien cristallisé en prismes quadrangulaires.

On obtient des sels doubles à peu près semblables avec la soude , la chaux, la magnésie. C'est une classe de sels nombreux qui n’a pas été

étudiée.

La baryte donne un précipité considérable

dans le chlorure d’or. Quand on y verse de l'ammoniaque, on a un précipité qui, lavé et chauffé, détone avec force. Le précipité ne falmine pas, tant qu'il est dans le liquide. Gette poudre fulminante n’est cependant pas aussi dangereuse qué celle qui est faite avec l’argent et l’'ammoniaque , et à laquelle on ne peut pas toucher.

Si, au lieu d'ammoniaque, on metdans le chlorure neutre de l’hydrochlorate d’ammoniaque, il n’y a pas formation de poudre fulminante.

Nous avons déja parlé de ces poudres fulminantes; je ne m'y arrêterai pas. L'explosion de celle que donne l'or est causée par la décomposi-

tion instantanée de l’ammoniaque dont l’hydro-

gène s’unit à l’oxigène du metal et forme de l’eau |

en vapeur, et dent l'azote reprend l'état de fluide élastique. L’ébranlement qu'éprouve l'air par la dilatation subite des élémens de la poudre, produit la détonation.

J'ai déja cité le précipité connu sous le nom

DE+ CHIMIE. 15 de précipité pourpre de Cassius. C'est une couleur employée dans la peinture sur porcelaine ; il y orme les roses ou les violets. Il résiste à un feu considérable. En versant dans du chlorure d’or du protochlorure d’étain, il se forme un précipité de nature extrêmement variable. Si l’on prend les deux dissolutions, celle d’or et celle d’étain, très concentrées , dans quelques proportions que vous les mêliez, vous aurez constamment de l’or métallique avec sa couleur ou avec une couleur noirätre : c'est ce qu'a reconnu M. Oberkampf.

Maintenant , si vous mêlez les mémes dissolutions étendues d'eau, vous n’aurez plus d’or métallique, vous aurez le précipité pourpre de Cassius ; mais vous n’aurez pas constamment la même nuance. Si l’on veut chercher à obtenir la plus belle nuance, il n’y a pas d’autre moyen que de préparer plusieurs verres, d'étendre la même quantité de chlorure de diverses quantités déterminées d’eau; on voit quelles sont les

dissolutions dont le mélange donne la plus belle

16 COURS couleur, et l'on sait alors dans quelles proportions il faut opérer en grand.

Voilà une dissolution d’or ; nous y mélons du chlorure d’étain ; nous avons un précipité noir. Il y a bien un peu de pourpre par transmission ; mais ce n’est pas là ce que nous cherchons. Nous étendons la dissolution d’or, et maintenant voilà le pourpre qui se manifeste. C'est ce précipité que Cassius a fait connaitre depuis long-temps et qui est différent selon les proportions employées.

M. Oberkampf a fait des essais sur les dissolutions d’or et d’étain. Lorsque, dans le mélange, la dissolution d’or dominait, il obtenait des roses très beaux ; quand il faisait dominer l'étain , tous étaient violets, et d'autant plus violets que la quantité d’étain était plus considérable. Ë

Les chimistes se sont occupés de ces couleurs.

Proust a trouvé qu’un beau précipité pourpre de Cassius était composé de 76 parties de peroxide d'étain et 24 parties d’or métallique. Il regarde

l'or comme étant à l’état métallique dans ce com-

7 DE CMIMIES 17 posé; cependant on n’en a pas la preuve complète.

M. Oberkampf a trouvé qu'un beau rose était composé de 20 + parties de peroxide d’étain et de 79 + parties d’or. :

M. Berzelius a donné des nombres différens.

Ainsi les précipités de Cassius ne se ressemblent pas. |

Le temps ne nous permet pas de parler des chlorures doubles, combinaisons dont nous avons déjà signalé quelques-unes. Nous dirons généralement que les chlorures formés avec des métaux qui ont de la tendance à faire des acides plutôt que des bases, se combinent avec les chlorures formés avec des métaux qui sont au contraire disposés à faire des bases. Ainsi, le chlorure d'or jouant le rôle d’acide, peut se combiner avec divers chlorures et donner des composés dont les parties ou les chlorures sont en rapport simple. Ces chlorures doubles n’ont pas été analysés.

{1 y a beaucoup d’autres métaux qui peuvent

donner des chiorures doubles : l’étain est dans ce G.-L. Chim. 18e LEGOK. 2

cas. Le protochlorure d’étain peut se combiner comme acide avec les chlorures de potassium, de sodium, de barium, de calcium , remplissant les fonctions de bases. Les oxides de l’étain se rapprochent de la nature des acides, avec lesquels ils ont en général peu d’affinité. Le bismuth est un métal analogue, et forme des chlorures doubles. Le mercure a aussi des propriétés qui lui donnent l'apparence des acides. L'or, le platine, l'étam, le bismuth , le mercure peuvent former des chlorures doubles.

Nous passons aux combinaisons de l'acide hÿdriodique avec les bases. Nous ne nous occuperons pas de ce qui se passe dans ces combinaisons. Sont-elles des iodures ou des hydriodates ? Nous n’en savons rien. La théorie exposée pour les chlorures s’applique ici avec une parfaite exactitude, et de même il n’y a d'exception que pour lammoniaque ; sa combinaison avec lacide hydriodique forme évidemment un hydriodate d’'ammoniaque.

Voici les caractères de ces composés.

Toutes les fois que l'iode se sépare d’une dissolution, 1l paraît sous la forme de vapeurs vio- .lettes, avec une odeur analogue à celle du chlore.

Si la température est élevée, la vapeur est très bien caractérisée. En versant sur un iodure pris à l’état sec ou liquide, de l'acide sulfurique ou nitrique , il se produit aussitôt une coloration tres marquée , et des vapeurs blanchess’exhalent, semblables à celles de l'acide hyÿdrochlorique, Quand on opère sur un iodure en dissolution , il n’y a pas dégagement de vapeurs, mais il y a coloration. Les vapeurs blanches qui se dégagent dans les autres cas sont de l'acide hydriodique.

Les acides sulfureux et hydrochlorique n’ont pas d'action sur les iodures ; maïs si l’on verse du chloresur les iodures, 1ly a aussitôt un précipité

abondant d'iode. |

Les iodures ont la propriété de dissoudre une grande quantité d'iode et de se colorer par cette combinaison.

| Quand on veut précipiter l’iode par le chlore, il ne faut pas verser de celui-ci en trop grande

E6 COURS quantité, parce qu'il dissout l’iode et forme un chlorure d’iode; le précipité disparaîtrait:

Lorsqu'on verse du chlore dans un iodure, la dissolution se colore en rouge de plus en plus foncé ; en continuant à en verser, on finit par décomposer tout l'iodure : l’iode se précipite, et si l'on ajoute une plus grande quantité de chlore , il se combine avec l’iode, et la liqueur redevient transparente.

On peut constater la présence de l'iode de plusieurs autres manières.

On peut se servir de la dissolution d'argent ; on a un précipité blanc, insoluble dans l'eau et dans les acides , mais qui se distingue facilement du chlorure d'argent qui se dissout dans lammoniaque , tandis que ce précipité ne s'y dissout pas. Il est inutile de dire que ce précipité est de l'iodure d'argent.

Les iodures, avec le protonitrate de mercure, donnent un précipité d’un jaune vert, et par la dissolution de pernitrate de mercure nous

avons un précipité d'un rouge orange ; avec la

LR

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dissolution de plomb nous avons un précipité

d'un très beau jaune.

Voilà sans doute des caractères suffisans pour

distinguer l'iode. Cependant en voici encore un

autre : c'est l’action que lamidon exerce sur

l'iode; elle forme avec l’iode un composé bleu très beau, qui quelquefois est noir. Voici un iodure, j'y mets de l’amidon en pâte, et je verse un acide qui dégage l'iode; vous voyez que l’amidon se colore en très beau bleu.

Il y a dans le commerce des sels qui contiennent de l’iode : tels sont ceux qui proviennent des soudes de varecs, que l’on retire de la combustion des plantes marines. Ces soudes contiennent beaucoup de sel marin, et pourraient même servir d’assaisonnement , malgré la présence de l’iode qui est un poison; car il y est en si petite quantité, qu'il ne peutcauseraueun mal.

Il y a peut-être 0,001 d'iodure de sodium ou de potassium dans ces soudes ; on peut cependant en reconnaître facilement la présence : 1l

suffit de verser de l'acide sulfurique concentré

es 1 RÉ ARTE

sur ce sel, la masse devient violette, et même on peut apercevoir des vapeurs d'iode. On réussit encore mieux en lavant ce sel avec une petite : quantité d’eau ; l’eau enlève l'iodure de potassiumi ou de sodium. On ajoute à l'eau une'goutte ! seulement de chlore ou de chlorure de chaux ; si l'on en mettait trop, l’iode serait dissous aussitôt qu'il deviendrait libre. Les iodures se decomposent, et si l'on a mis de la colle-de farme avant la décomposition, la colle deviendra bleue.

Tous les iodures que nous avons à considérer sont formés d’un atome d'iode, dont le poids atomistique est de 15,3756. À ce poids, ajoutez le poids atomistique des corps simples que l'on combinera avec l’iode, et vous aurez celui de Fatome du composé.

Pour l'iodure de potassium, par exemple,

vous aurez

Atomeñd'ode, rares sui 0 670 Atome de potassium..:...... 4,8092

odure de potassium.......... 20,2748.

À vant que de passer aux iodures, nous avons

un mot à dire sur l’hydriodate d’ammoniaque ; il résulte de la combinaison de volumes égaux de gaz ammoniac et de gaz acide hydriodique. On peut le distiller sans l’altérer ; mails dès qu’il a le contact de l'air il se décompose : il se forme de l'eau, et liode se sépare.

L'iodure de potassium se fait en combinant directement l'iode avec le potassium. On peut combiner l’iode avec la potasse ; il se fait de l'iodure de potassium et de l’iodate de potasse ; il faudrait ensuite séparer ces deux sels. Ce procédé ne vaut rien pour-obtenir l’iodure de potassium.

Il y en a un autre ; il consiste à traiter par l'iode du fer ou du zinc. Ces deux métaux se combinent très bien avec l’iode, qui disparait en un clin d'œil, et l’on a des iodures de fer ou de zinc que Von décompose par le carbonate de potasse, ce qui produit de l’iodure de potassium très pur. Cet iodure cristallise bien en cubes comme le sel

marin.

Le Le

24 EOURS

Cet iodure de potassium est très suluble dans l'eau : 100 parties à 18° en dissolvent 143 parties, Il est plus déliquescent que le sel marin. Il se fond très facilement à une chaleur bien au-dessous de celle du verre fondu , et peut étre volatilisé.

Ce sel existe dans les eaux de la mer ; du moins si ce n'est pas ce sel, c’est de l’iodure de sodium. Ce qu'il y a de certain, c'est que dans-les eaux de lamer existent l’iode, la soude etla potasse. L'iode est-1l combiné avec la potasse ou avec la soude? Cest ce que l’on ne saurait affirmer.

Cette incertitude règne pour toutes les disso= lutions complexes : avec du sulfate de chaux, par exemple , que l'on mette du chlorure de magnésium, du sulfate de potasse, du nitrate de potasse, quand ces sels sont en simple dissolution, vous ne pouvez pas dire que le sulfate de chaux est tout formé dedans, quoique vous l’y ayez mis; il ne faut voir dans la dissolution que des mélanges, parce que les sels peuvent être décomposés les uns par les autres. On ne doit pas con-

sidérer les sels comme ayant une existence isolée.

DE CHIMIE. 25 Si vous extrayez du nitrate de potasse, vous ne pouvez pas dire qu'il y avait du nitrate de potasse

dans la dissolution, ou dans le corps qui vous l’a

donné ; car l'acide et la base pouvaient exister

combinés d’une tout autre manière.

Il est cependant des circonstances où l’on ne peut pas se tromper. Si j'ai beaucoup de chlorure de sodium et une petite quantité de sulfate de chaux, je ne peux pas dire que tout le chlorure de sodium a été décomposé par le sulfate de chaux dans la dissolution. Ainsi elle contenait donc réellement du chlorure de sodium tout forme.

Mais quand ces sels sont mêlés dans des rapports atomiques, on ne peut pas dire que la dissolution contenait tels ou tels sels tout formés : on dit seulement que l’on sépare tels sels, quoiqu'on puisse supposer que d’autres sels existaient dans la dissolution.

Dans l’eau de la mer, il y a de l’iode, de la soude, de la potasse; on peut en extraire de

liodure de potassium, sans pouvoir affirmer que

ce sel y existe, plutôt que l’iodure de sodium. L'ioduré de sodium cristallise en très beaux prismes. Îl ne contient point d’eau de cristallisa= tion ; il est soluble et déliquescent. Quand on l’'expose à l’action de la chaleur, il se comporte comme l’iodure de potassium. 7 La baryte, la strontiane, la chaux forment aussi des 1odures analogues. Je ferai remarquer une propriété que ces iodures présentent. Les 1odures de potassium et de sodium sont inaltérables à la chaleur, même avec le contact de l'air; ce qui veut dire que l’iode a plus d’affinité pour la potasse et la soude que n'en a l’oxigène; mais si l’on chauffe l’iodure de barium à l'air , 1l donne des vapeurs, c'est-à-dire que l’iode se dégage et que la baryte se forme. | Les iodures de plomb et de bismuth se comp@nt comme ceux de potassium et de sodium.

L'iodure de barium cristallise très bien. Si on le laisse dans l'eau, au bout d’un certain temps il sera décomposé; le barium passera à l’état de!

carbonate de baryte, par sa combinaison avec

l'oxigène et l'acide carbonique. La méme chose a lieu pour les iodures de calcium, de strontium, bases qui forment des sels insolubles avec l'acide carbonique. |

L'iodure de magnésium, ou pour mieux dire la dissolution de la magnésie dans lacide hydriodique, exposé à la chaleur, donne de la magnésie pour résidu.

Parmi les iodures métalliques, je citerai celui de zinc. Il suffit de mettre de l’iode au fond d’un vase, de la limaille de zinc par-dessus, et un peu d’eau , pour former ce sel. Le liquide devient d'abord extrémement foncé; il y a production de chaleur : le liquide s’éclaircit ensuite assez promptement. Enfin, tout l’iode que l’on a mis en excès passe à l’état d’iodure de zinc.

On décompose cet iodure de zinc par le carbonate de potasse, et l'on a un précipité abondant de carbonate de zinc.

C’est par la combinaison de liode avec le

zinc que l’on détermine le poids atomique de liode.

Cet iodure de zinc n’est pas cristallisable ; il est déliquescent. Quand on le chauffe, je veux dire quand on le distille, il cristallise comme le protochlorure d’antimoine.

Je ne parlerai pas des autres iodures : celui de fer est vert dans ses dissolutions.

L'iodure de plomb est d’un jaune orangé;

L'iodure de cuivre est d’un blanc gris;

Le periodure de mercure est rouge orangé;

L'iodure d’argent est blanc, etc.

Relativement aux iodures, je ferai la même remarque que relativement aux chlorures : il y a beaucoup d’iodures qui peuvent former des sels doubles; mais ce sont toujours des iodurés de mclaux ayant une tendance acide qui s’unissent avec des iodures dont les métaux ont une tendance alcaline. Ainsi les iodures de mercure, de platine, d’or, métaux qui présentent une tendance acide, peuvent former des doubles sels avec les autres 1odures. M. Boulay fils a fait un travail sur cet objet.

Nous allons examiner une autre série de corps

que nous nommerons sulfures ; mais nous nous arrêterons assez long-temps sur ces corps, en raison de leur importance et du grand nombre de leurs variétes. Cependant nous ne parlerons que des genres, et nous n’entrerons pas dans le détail des espèces.

Le soufre peut se combiner avec les corps simples et donner des sulfures ; ces combinaisons se font facilement et directement. D’autres fois on prend de l'acide hydrosulfurique que l’on fait agir sur les bases. Il peut se former des hydrosulfates ou des sulfures, comme il peut se former des hydrochlorates ou des chlorures : la théorie est la même dans les deux cas. On n’est sûr de l'existence des sulfures que lorsqu'ils sont faits par la voie sèche.

Voici un tube qui contient de la baryte ; on le chauffe avec quelques charbons; par cette extrémité on fait passer une source de gaz hydrogène sulfuré desséché par du chlorure de calcium qui lui enlève son eau; l'hydrogène s'emparera de

Voxigène de la base, et quand l'opération sera ter-

minée, il ne restera que du sulfure de barium. è

Nous allons d’abord considérer 1c1 les sulfures | à |

ou hydrosulfates simples, autrement, les mono:

RTE

sulfures, c’est-à-dire, ceux qui sontcomposés d’un L l

atome de soufre et d’un atome de métal; et les :

hydrosulfates , formés aussi d’un atome d'acide i hydrosulfurique et d’un atome d’oxide. . e.|

Les sulfures s’obtiennent comme nous venons 4 de le dire. |

Les hydrosulfates sont obtenus d’une manière

L'on 7 DE: edge Can RER ES

facile, en combinant un atome de base avec un

Rial sobe Labhbt — -

atome d'acide hydrosulfurique. Les caractères des sulfures ne sont pas difficiles à constater. Quand ce sont des sulfures ou des hydrosulfates solubles , il suffira de verser dessus un acide très faible , de l’acide carbonique même: il y aura dégagement de gaz acide hydrosulfurique, re-m connaissable à son odeur particulière d'œufs a pourris, à son inflammabilité. En le brûlant, 1l à donne une belle flammme et l'odeur de l'acide 4 sulfureux. Le liquide où le sel était en dissolution M

ne se trouble pas.

Les hydrosulfates ont pour caractère essentiél de donner par les acides un dégagement d'acide hydrosulfurique sans précipitation de soufre.

Le On peut décomposer les hydrosulfates en faïsant passer dessus un courant d'acide carbonique, et réciproquement l'on peut décomposer les carbonates par un courant d'acide hydrosulfurique.

Les sulfures en dissolution donnent des précipités par les métaux : avec le plomb, nousaurons un précipité noir; avec l'argent, un précipité noir; avecl'arsenic, un précipité rouge orangé ; avec le zinc, un précipité blanc ; le manganèse donne un

précipité d’un blanc sale. En un mot, les hydrosulfates sont des réactifs importans pour reconnaître les métaux par la couleur de précipité que

l’on obtient.

Si les sulfures ne sont pas solubles, les acides ne peuvent pas servir pour donner des précipités ; dans ce cas-là, il faut traiter par les alcalis qui

nt

s'emparent d'une portion de soufre, On jette le

a 275 Q sulfure que l’on veut essayer dans un nitre fondu ;

il se change en sulfate de potasse, par exemple,

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