FEU
fusion, un peu de fonte manganésifôre ou chromée, souvent aussi un peu d'aluminium qui prévient les soufflures. Au sortir du four, le métal est immédiatement coulé dans ses moules.
Pour l'obtenir au moyen du fer, on chauffe du fer en barres avec du charbon de bois, pendant une dizaine de jours, à la température du rouge sombre. Dans ces conditions, le fer se cémente^ c'est-cà-dire se combine superficiellement au charbon avec lequel il se trouve en contact ; on le fond alors dans des creusets de graphite, pour le rendre homogène.
L'acier de cémentation fondu est le plus estimé de tous, c'est en effet le plus fin et le seul qui se prête à la fabrication des objets délicats.
État naturel. — Le fer se trouve dans la nature sous forme de blocs isolés, qui sont vraisemblablement tous d'origine météorique.
295. Oxydes de fer. — On en connaît trois : le protoxyde ou oxtjde ferreux FeO, le sesquioxyde ou oxtjde ferrique Fe^O-'' et l'oxyde salin ou magnétique Fe^O^.
L'oxyde ferreux est un corps verdàtre extrêmement altérable, qui se transforme à l'air, d'abord en oxyde salin noir, puis en oxyde ferrique rouge. Il n'a d'autre intérêt que de servir de base à tous les sels ferreux; ceux-ci sont tous verts.
L'oxyde ferrique anhydre est une matière rouge foncé, complètement insoluble dans l'eau et très répandue dans la nature, où on la recherche comme minerai de fer.
Le colcothar (1) ou rouge d'Angleterre du commerce
(1) La plupart des chimistes, à l'exemple de Lavoisier, écrivent Golcot/iar ; Littré préfère colcotar.
MÉTAUX
est de i'oxyde ferrique artificiel, résidu de la fabrication de l'acide pyrosulfurique par le sulfate de fer; on remploie au polissage des métaux et des glaces.
L'hydrate ferrique Fe-(0H)6 est un corps gélatineux, de couleur rouge brun, que l'on obtient en précipitant un sel ferrique quelconque par une base alcaline ; on s'en sert en médecine comme médicament ferrugineux et comme contre-poison de l'arsenic.
La rouille est un hydrate ferrique qui contient moins d'eau que l'hydrate normal.
L'oxyde ferrique est une base faible, dont les sels sont blancs ou rouges.
Enfin l'oxyde salin ou magnétique . de fer est un corps noir, attirable à l'aimant, complètement insoluble dans l'eau, mais soluble dans les acides, qui donnent avec lui un mélange de sels ferreux et de sels ferriques.
Fe30'^ + 4SO'^H2 z=r SO^Fe + Fe2(S04)3 -f 4H20.
On le trouve abondamment dans la nature, c'est lui qui forme la pierre d'aimant ou aimant naturel.
Il se produit dans la combustion du fer, en particulier quand on bat le fer rouge sur l'enclume; c'est ce qui le faisait appeler autrefois oxyde des batiitures.
296. Sulfures de fer. — Le fer et le soufre donnent deux combinaisons principales : le protosulfure FeS et le bisulfure ou pyrite FeS^.
Le protosulfure de fer est un corps noir, cristallin, que l'on prépare artificiellement en chauffant du fer avec du soufre, dans un creuset; il sert dans les laboratoires pour préparer l'acide sulfhydrique.
La pyrite existe dans la nature sous deux variétés différentes : la pyrite martiale^ qui forme de beaux
FER
cristaux cubiques, jaunes, à éclat métallique, inaltérables à l'air, et la pfjrite blanche ou marcasslte, qui cristallise pn prismes orlliorliom biques, d'une couleur jaune verdâtre très paie, et absorbe spontanément l'oxygène, à froid, pour donner du sulfate de fer. La pyrite martiale sert à préparer l'acide sulfureux ; la pyrite blanche est employée à la fabrication du sulfate de fer et, par suite, à celle de l'acide pyrosulfurique.
297. Chlorures de fer. — Il en existe deux : le chlorure ferreux FeCP et le chlorure ferrique ou perehlorure de fer Fe^Cl^.
Le chlorure ferreux est un sel verdâtre, très soluble dans l'eau et très oxydable, que l'on prépare en attaquant directement le fer par l'acide chlorhydrique.
Fe + 2HC1=2H+ FeCP.
L'hydrogène le réduit au rouge, en donnant de beaux cristaux de fer métallique.
Le perchlorure de fer anhydre est un corps cristallin noirâtre, à reflets irisés, volatil et très soluble dans l'eau, qui le décompose à haute température. On le prépare en faisant passer un courant de chlore sec sur du fer métallique, chauffé au rouge dans un tube de porcelaine.
Le perchlorure de fer liquide des pharmaciens est une simple dissolution aqueuse de chlorure ferrique, que l'on obtient en faisant agir le chlore en excès sur le chlorure ferreux ou en dissolvant du fer dans l'eau régale. On l'emploie à l'extérieur comme hémostatique et à l'intérieur comme ferrugineux.
29S. Sulfates de fer. — Le sulfate ferreux cristallisé FeSO^ + "^fi^C) est un sel vert, que l'on appelait autrefois vitriol vert on couperose verte; il est bien cristal-
MÉTAUX
lise, soliible dans l'eau et décomposable par la chaleur en peroxyde de fer, anhydride sulfureux et anhydride sulfurique.
2FeS04 Fe203 -f- S02 -f S03.
Il s'altère lentement au contact de l'air humide et se recouvre peu à peu d'une couche ocreuse de sulfate ferrique basique.
On le prépare en attaquant de la ferraille par l'acide sulfurique étendu ou en lessivant la pyrite blanche, oxydée à l'air. Il sert comme désinfectant, pour détruire le sulfhydrate d'ammoniaque qui se forme dans la putréfaction, et, dans l'industrie, pour fabriquer l'encre, pour teindre les étoffes en noir et enfin pour préparer l'acide pyrosulfurique, par la vieille méthode de Xordhausen.
Le sulfate ferrique Fe-iSO^)^ est un sel blanc, soluble dans l'eau et décomposable par la chaleur en peroxyde de fer et anhydride sulfurique. On le prépare en attaquant l'oxyde ferrique par l'acide sulfurique, à chaud, et on l'emploie pour clarifier les eaux bourbeuses, dont il précipite les impuretés comme le sulfate d'aluminium.
299. Ferrocyanure de potassium FeCy^K^. — Ce composé, que l'on nomme vulgairement, dans le commerce, prusslate jaune de potasse, est un beau sel jaune, qui cristallise habituellement avec trois molécules d'eau.
Il se décompose par la calcination en fer pulvérulent, cyanogène et cyanure de potassium.
FeCy6K4 = Fe + 2Cy + 4 KCy.
On le prépare en calcinant des matières organiques azotées d'origine animale, telles que les déchets de
FER
cuir, de coi^ne, de laine ou de colle forte, avec du carbonate de potassium et du fer métallique; il sert à la fabrication du cyanure do potassium et à celle du hlea de Prusse, que l'on obtient en précipitant une dissolution de prussiate jaune par le chlorure ferrique.
3FeCyC>K^^ + 2Fe2CK' = 12KCl-f Fe^Cyi^.
Bleu de Prusse.
300. Ferricyanure de potassium Fe^Cy^ 'K^\ — C'est un beau sel rouge, à reflets verdâtres, qui est connu sous le nom de prussiate rouge de potasse; on le prépare en traitant le ferrocyanure de potassium par le clilore, en présence de l'eau.
2FeCy6K4 + 2C1 = Fe2Cyi2K6 -f- 2KC1 .
Il sert dans les laboratoires pour reconnaitre les sels ferreux, avec lesquels il donne un précipité de bleu de France ou bleu de Turnbull Fe^Cy^^.
Fe2Cyi2K6 + SFeCP = P)KC1 +- Fe^Cyi^.