LES PRÉDÉCESSEURS DE BEETHOVEN J
et certaines modulations ne se trouveraient pas déplacés dans les œuvres de la grande époque beethovénienne.
Cette sonate, composée en 1794, consiste en deux pièces principales reliées entre elles par un Larghetto de transition, assez court, qui conduit de la sùHS-domiuante à la dominante.
En voici la construction :
I. Exp. : 1" thème (^, qui semble comme une prévision du finale de la Sonate de Beethoven en mJ jj, op. 27, n» ï, dédiée à Giulietia Guicciardi.
Passage de transition fourni par un rythme spécial et aboutissant au ;
Second thiiuit^ . d'un charme tout beeihovenien ;
Cours de compositiûn t. ii, i
L^ SnXATF PPÉ RFFTIinVKNlENNE
Ce thème se complète au moyen d'éléments empruntés au passage de transition, ce qui donne une grande cohésion à cette première partie du morceau.
2. Partik médiane : inflexion, par le passage de transition, vers :
@ en ui S, puis :
3. Réexp. : régulière, sauf que le thème ^ se présente tout d'abord,
comme dans l'exposition, au ton relatif, LA, pour s'infléchir ensuite vers le ton principal.
L'admirable Lflr^/;t'//o qui sert de trait d'union entre les deux pièces constitutives de l'œuvre n'est autre chose qu'un génial développement des éléments déjà exposés dans le i*' mouvement. La première mesure est la reproduction dans le sens exposant de la mesure concluante du morceau précédent :
Larghetto
La phrase, expressive comme un thème de Bach, s'élève touiours jusqu'à un premier repos en ré, qui donne naissance à un dessin de cinq notes, paraphrase du thème s du i" mouvement. Peu à peu, ce dessin s'établit de façon même à imposer silence à la phrase mélodique initiale, et module à la dominante du ton principal, préparant ainsi l'avènement de Vallegretio final.
Celui-ci est un véritable menuet, quoiqu'allcctant la forme rondeau, à la laçon de certains menuets d'Haydn, mais il dépasse de beaucoup ceux-ci comme intensité expressive.
LES PRÉDÉCESSEURS DE FîEETIIOVEN
Après l'exposition du refrain, tnfa 5, le profiter couplet s'infléchit lusqu'à la dominante de RÉ, et le retour au refrain s'opère au moyen d'une modukition exquise et certainement in uïe à cette époque ; nous lu citerons ici en entier :
Cette hésitation du fa b qui consent enfin à se changer en mis n'esi-elle point vraiment délicieuse? — Le troisième refrain s'impose alors, cette fois en fa jt, et l'on est assez surpris de reconnaître dans le thème, ainsi présenté en majeur, celui de VAndante favori en fa, pour piano, que B.'cthoven détacha, en 1 806, de la Sonate op. 53 pour le publier à part :
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3a8 LA SONVTK PRÉ-REETHOVÉNIENNE
La I 2' et dernière sonate, en RÉ, est, comme la précédente, de l'année 1794. Elle passe pour avoir été dédiée à Gœthe, qui, pendant son séjour à Dessau, en 1776, avait fréquenté et fort apprécié Rust. Lorsque le poète fut de retour à Weimar, à la suite de son voyage en Italie, il écrivit à son ami Behrisch, qui habitait Dessau, de saluer de sa part « le grand maître Rust » (i). Celui-ci, transporté de reconnaissance et ne sachant comment s'acquitter, pensa que le plus digne remerciement serait la dédicace d'une belle Sonate.
L'œuvre est constituée en deux parties et peut se placer au même rang que les meilleures œuvres de son époqne ; l'heureux choix des thèmes, toujours très musicaux, la fantaisie du développement et l'écriture beaucoup plus pleine et soignée que dans les pièces du commencement de la carrière de Rust, en font une œuvre de premier ordre, et peut-être la plus beethovénienne de ses sonates.
L'alternance entre le thème mélancolique qui ouvre le deuxième morceau et le chant éminemment « symphonie pastorale » qui fait la contrepartie, donne l'impression d'une esquisse de quelque quatuor du maître de Bonn, tandis que la péroraison nous mène encore plus près de nous, jusqu'à Schumann. Enfin, la coupe en deux morceaux, forme favorite des derniers temps beethovéniens, éloigne davantage cette belle composition des ornières formelles et conventionnelles dans lesquelles se traînait l'art de presque tous les musiciens de cette époque.
Voici la construction de cette sonate :