PÉRIODE DE LA CHANSON POLYPHONIQUE
Gilles Binchois .
Antoine Busnois .
Jan de Okeghem .
JOSQUIN DepRÈS .
Pierre de Larue .
Clément Janequin Heinkich Finck .
Claude Goudimel
vers 1400 f 1460 14.. t 1481 1480 f 1495 14B0 f l52I 14 . . f i5 . .
Gilles Binchois, né à Binche, en Hainaut, mourut à Lille, après avoii été maître de chapelle à la cour de Philippe le Bon, duc de Bourgogne.
Antoine Busnois (de Busne), fut chantre de la chapelle de Charles le Téméraire,
JandeOkeghem (i), dont on connaît dix-neuf chansons, parmi lesquelles Se postre cœur, qui fut célèbre et souvent réimprimée.
JosQuiN Deprès (2). Outre la Déploration d'Okeghem, déjà citée, un grand nombre de chansons françaises de Josquin ont été conservées dans les recueils de Pierre Attaignant (3), de l'année 1 549, et de Du Chemin, i553.
Pierre de Larue, néerlandais, élève d'Okeghem, fut, de 1402 à i5io, chantre de la cour de Bourgogne, et écrivit des chansons ainsi que des madrigaux.
Clément Janequin, sur la vie duquel on ne possède encore aucun renseignement précis, étudia la musique sous la direction de Josquin Deprès, et fut maître de chapelle à la cour de François P^ On ne connaît de Janequin qu'un petit nombre de compositions religieuses, parmi lesquelles les Proverbes de Salomon mis en cantique et ryme françois (i558); mais il écrivit une grande quantité (dix-sept livres) de chansons profanes du plus haut intérêt : la plupart sont de véritables pièces descriptives de l'ordre que nous avons qualifié chansons pittoresques.
Les plus connues sont :
à) le Chant des oiseaux (4), dont nous avons déjà parlé ;
b) l'Alouette^ chanson à quatre voix, auxquelles Claudin le Jeune ajouta une cinquième (6), comme cela se pratiquait couramment à cette époque, mais sans que Y arrayigeur se permît jamais de changer quoi que ce fût à l'écriture de la pièce originale ;
c) le Rossignol ;
d) la Chasse au lièvre et la Chasse au cerf;
e) la Jalousie ;
(i) Voir chapitre X, page 154.
{2) Voir chapitre X, page i55.
(3) Le premier des imprimeurs de musique parisiens qui se soit servi de caractèrci mobiles. II publia, de i526 à i55o, vingt livres de motets et de chansons, la plupart d'auteurs français.
(4) Voir l'édition de la Schola cantorum, et ci-dessus p. 191.
(5) Voir Les Maîtres musiciens de la Renaissance française, édition H. Expert ; Le Printempi de Claude Le Jeune, 1*' fascicule, p. 5o.
iQÔ LA CHANSON ET LE MADRIGAL
f) le Caquet des femmes ;
g) la Prise de Boiilongne ;
h) la Bataille [de Marignan^ i5i5), à quatre voix, auxquelles Verdelet (i) ajouta une cinquième.
Cette célèbre chanson est des plus curieuses : sa structure harmonique, perpétuellement identique, repose du commencement à la fin sur les deux fonctions, tonique et dominante, du ton de^ci majeur. Mais la variété de ses rythmes sans cesse renouvelés en fait la pièce la plus vivante qu'il soit donné d'entendre. De plus, elle est comme une sorte d'anthologie des thèmes populaires en usage dans l'armée française au XVI® siècle. Voici le plan de cette belle chanson, qui peut se diviser en deux parties : les préparatifs et la bataille.
i' partie : i" (rythme binaire). Prélude.
Ecoutez tous, gentils Gallois, La victoire du noble roy François.
2° (rythme binaire). Partie plus agogique.
Et ores si bien écoutez
Des coups rués de tous costés.
3° (rythme ternaire).
fep.:j^J-JM-J J^j JUq=^-=^^^F^
A- ven-tu- riers, gais compai-gnons, Ensemble croisez vos trom-blons
4*> (rythme binaire).
Cha- cun s'assai- sonne,
La fleur de lys, fleur de hault prix, Y est en personne.
5° (rythme ternaire).
Sonnez, trompettes et clairons.
Pour réjouir les compaignons.
2^ pa?'tîe, où commence la bataille proprement dite.
1° (rythme binaire). Longue série d'onomatopées décrivant le bruit des instruments guerriers.
0 ) L'un des plus anciens compositeurs de l'école franco-belge; vécut en Italie et mourat avant iSô?.
2° (rythme ternaire et binaire). Autre série d'onomatopées destinée à peindre le fracas des canons et le crépitement de la fusillade.
3° (rythme binaire). Troisième suite d'onomatopées du milieu de laquelle surgit la chanson française :
')^-==^^d^=^=^J^^^^f'^ ] J g-^:^.Ë=^rz^=3Ë=rp=g
Fa ri ra ri ra ri ra ri ra, fa ri ra ri ra ri ra la la !
4" (rythme ternaire). La victoire se dessine.
Ils sont confus, Ils sont perdus, Ils sont rompus.
5° (rythme binaire). Le ténoj^ entonne à pleine voix : Victoire ! victoire au noble roy François.
et la haute-contre, personnifiant les Suisses vaincus, termine la pièce sur ces mots mi-allemands mi-patois, qui résonnent graves comme un glas :
Descampir, descampir !
Tout é ferlore, by Gott !
Heinrich Finck (i), composa une série de chansons allemandes publiées en i536 sous le titre : Schone auset^îesene Lieder des hochbeinihnten Heinrichs Finckens[i). Il est surtout connu par le panégyrique que son petit-neveu Hermann Finck (1627 7 i538), célèbre musicographe, lui consacre dans son ouvage : Practica musica (i556).
Claude Goudimel (3). La plupart de ses œuvres profanes ont été conservées dans le recueil de 1574: La Jleuf^ des chansons des deux plus excellents musiciens du temps, à savoir de Orlande de Lassus et de D. Claude Goudimel.