II. Classification des Genres Symphoniques
III. La Composition Musicale et la Construction Architkcturalb,
La Musique Symphonique et la Musique Dramatique.
Les manifestations musicales, quelles qu'en soient la forme et l'époque, se répartissent assez naturellement en deux grandes catégories, soumises, l'une aux lois rythmiques du geste, l'autre à celles de la pat^ole.
Ces deux catégories, différentes en principe, quoique parfois difficiles à délimiter, ont été souvent opposées l'une à l'autre, dans le Premier Livre de cet ouvrage. Elles ont notamment servi de base à la distinction d'origine, établie entre les chants profanes et les chants sacrés des deux premières époques (i).
Avec les divers genres musicaux de la troisième époque (2), cette distinction profonde reparaît, et s'accentue même, au point d'être érigée
(i) Voir Premier Livre, p. 27 et 28.
(2) La division de l'i-I sioire de lu Musique en trois grandes époques a été établis dans l'Avani-Propos du Premier Livie du Cours de Composition.
6 INTRODUCTION
dorénavant en division fondamentale: en effet, tandis que l'élément métrique introduit par les doctrines de la Renaissance va devenir prépondérant dans la musique, nous verrons éclore, après une longue période d'élaboration confuse, une foule de formes nouvelles, issues, soit du Motet, soit surtout du Madrigal; et, à mesure que ces formes iront se multipliant et se différenciant, l'influence originelle du Rythme du Geste et du Rythme de la Parole s'y accusera plus nettement.
Ainsi s'établiront bientôt deux ordres distincts, on pourrait presque dire deux arts particuliers, auxquels nous donnerons les noms de Musique Symphonique et de Musique Dramatique, parce que la Symphonie et le Drame peuvent être considérés comme les formes les plus caractéristiques respectivement issues du Geste et de la Parole rythmés, comme les types synthétiques de ces deux grandes catégories.
Le nom de Symphonie (ij-Jv. arec \ 90JVÀ,ro/.v, son : « consonnance ») est très ancien et a passé successivement par plusieurs acceptions diverses.
Chez les Grecs, vraisemblablement étrangers au concept harmonique de la simultanéité des sons différents, le mot (7ua.®(i)yia désignait l'état consonnant de deux notes consécutives, Tune par rapport à l'autre.
Les auteurs du xvi« siècle, et notamment Giovanni Gabrieli (i), ressuscitèrent ce mot, en l'appliquant à des pièces polyphoniques analogues au Motet {Symphoniœ sacrœ).
Au xvn* siècle, on qualifiait de Symphonie l'introduction instrumentale de chaque acte, dans VOpéra. Cette sorte de ritournelle ou de prélude devint bientôt VOuverture, tout en conservant sa dénomination primitive, jusqu'au milieu du siècle suivant. C'est à peu près vers ce moment que le nom de Symphonie apparaît avec sa signification contemporaine, et devient peu à peu l'apanage Qj.z\\is\i àts pièces instrumentales, consistant uniquement dans le groupement esthétique des sons^ sans aucune intention d'application à des paroles.
Jiy Voir {"' livre, p. 177 ei 209.