‹ Cours de composition musicale (volume 3)Chapitre 200 sur 265 · mi · texte numérisé non relu

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La première période {a') est en forme dialoguée entre les deux mains;

la seconde période [a") est disposée de la même manière ; mais, au lieu de

ramener immédiatement la première (a'), elle se développe sur elle-même ;

ce développement terminal de la période a", pourrait presque être considéré

comme un quatrième couplet ; \& première période {a') reparaît une dernière fois en forme plus conclusive,

comme si elle résumait une cinquième fois le refrain.

Le plan de la construction de cette forme que nous qualifierons de Rondeau-Sonate (RS) peut être résumé ainsi :

3i8 LA SONATE DE BEETHOVEN

I. — Refrain exposé au ton principal comme une première idée (A) du type S ;

Premier Couplet, dans un ton voisin, relié généralement au Refrain par une transition ayant le caractère du pont ; ce couplet tient lieu de seconde idée (B) et se décompose parfois en plusieurs éléments.

II. — Refrain au ton principal, succédant immédiatement au couplet qui sert de seconde idée ;

Deuxième Couplet, contenant un élément nouveau exposé dans une tonalité nouvelle (mais toujours parente du ton principal), et ayant un caractère de translation tonale, comme le développement dans la forme S. Ce couplet est souvent un véritable développement des éléments thématiques précédemment exposés.

III. — Refrain réexposé au ton principal, comme une prtmière idée (A) ; Troisième Couplet, au ton principal, relié au Refrain par la transition servant

de pont mélodique et contenant des modulations différentes de celles du premier couplet ; ce couplet contient tous les éléments ayant servi de seconde idée (B), réexposés au ton principal.

IV. — Refrain final, au ton principal, et réduit souvent à l'exposition de sa période initiale en forme conclusive ; quelquefois, ce Refrain est subdivisé et contient une sorte de quatrième Couplet, qm sert de développement terminal, et ramène une cinquième et dernière fois les éléments essentiels du Refrain, avec une formule de conclusion.

Ce plan est une harmonieuse combinaison du principe de l'alternance entre les Refrains et les Couplets avec le principe des expositions et des développements. Le nombre des Refrains n'est pas absolument constant dans les Rondeaux des Sonates de Beethoven : sur vi^igt pièces de cette espèce, quatre seulement contiennent cette subdivision du Refrain final donnant naissance à un quatrième Couplet et à un cinquième Refrain : l'op. 2 n° 2, Top. 14 n" 2, l'op. 53 et l'op. 90 qui nous a servi de modèle ; cinq., au contraire, n'ont que trois refrains (op. 49 n* i et n" 2, op. 26, op. 27 n" I, et, par une simple assimilation, l'op. 54, dont le Rondeau a une forme assez spéciale) ; un seul Rondeau enfin, celui de l'op. 2 n° I, ne contient que deux redites du Refrain., par suite de la juxtaposition de ses deux Couplets qui se succèdent sans interruption.

Les dix autres Rondeaux sont conformes au plan que nous avons donné ; ils contiennent quatre Refrains alternant avec trois Couplets, et produisant une division en sept tout à fait bien équilibrée (op. 2 n° 3, op. 7, op. 10 n" 3, op. i3, op. 14 n* i, op. 22, op. 28, op. 3i n* i, op. 78 et op. 79).

La pièce du type RS, ainsi agrandie par Beethoven, ne peut avoir d'autre tonalité que celle de la Sonate elle-même, où elle occupe invariablement la place de finale : près des deux tiers des Sonates de piano sont terminées par des Rondeaux, dont la mesure normale est à deux temps. Les seules pièces qui fassent exception à cette règle appartiennent àdesSonates incomplètes (op. 49 n° 2 et op. i4n° 2), où elles servent

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