‹ Cours de composition musicale (volume 3)Chapitre 235 sur 265 · T. (VI · texte numérisé non relu

T. (VI

- Pont modulant, dont le dessin mélodique a pour origine le motif j' eL part du ton de fa pour aller vers celui de LA ï> :

etc.

Th. B, en LA b - SOL S, en trois phrases (b' , b" , b'",) dont la première (b') esi également issue du motif^- :

Dév. par A, modulant de RÉ à sol ;

— par P, en sol, amenant un repos en t/rS par la phrase b' combinée avec

des fragments de a.

— parP, partant du ton de faH et modulant pour amener un rappel du

thème général X (exposition simplifiée formant repos en m). RÉExp. Th. A, en MI.

— Pont en mi, modulant vers SOL ;

— Th. B {b' , b", b"'], réexposé en SOL, à cause du dév. term.

— Dév. term. par A, interrompu par le dessin x tendant à ramener peu

à peu le thème entier.

— par le thème général X, exposé dans toute sa force au ton principal, MI, et se superposant vers la fin au thème A du finale.

— — rappel de b' qui termine l'œuvre en s'effaçant progressivement.

Paul DUKAS, né à Paris, fut élève du Conservatoire et obtint, en 1 888, le second prix de Rome ; mais il se rendit compte qu'il avait jusqu'alors appris fort peu de choses et eut la conscience de recommencer toute son éducation musicale. Il fit donc une étude approfondie et passionnée de l'œuvre des maîtres musiciens de toutes les époques, et parvint ainsi par son travail personnel à se former une doctrine esthétique, attendant, pour produire des oeuvres, d'être parfaitement sûr de lui-même.

Il a écrit une Sonate pour piano seul, en mi ^ (1900), qui n'est point construite à proprement parler sur des thèmes cycliques, mais qui est néanmoins soumise d'une façon indéniable à cette sorte de conception, dans l'esprit sinon dans la forme ; c'est pourquoi il y a lieu d'analyser ici cette oeuvre, divisée en quah^e mouvements :

1° Modérément vite., en w/ 1>, de forme Sonate.

Exp. Th. A, en mi\>, puis en/<jt>, s'infléchissant vers ré\> ; ce procédé d'assombrissement progressif par les quintes graves se rencontre fréquemment dans les œuvres du même auteur ; mais il sait l'employer assez habilement et sobrement pour que le sens tona! général n'en soit point oblitéré : l'harmonie de mib, au contraire, reparaît ici toujours en fonction de tonique, sans la moindre équivoque.

— Pont, par le dessin de A, amenant une sorte d'e.vposition préparatoire

du th. B, toujours par sa quinte grave (SD.).

— Th. B, composé d'une phrase unique, en SOL

DÉv. par a en forme modulante, aboutissant à une marche vers la D. de mi, puis vers la D- de ré ;

— par B, exposé en état de repos, en S/ t>, puis en MI -FA \> . Rékxp. Th. A, en vxi\> et /at», suivi de P ;

— Th. B en Ml !? ;

— Dév. tertn. par le th. B qui conclut.

2° Calme, un peu lent, en L/i t>, de forme Sonate avec développement :

Exp. Th. A, en LA\> ;

— Th. B, en MI t> ;

Dév. par a, en SOL b et FA ;

— par b, en FA et SI ï> ;

— par a, en SOL ;

Réexp. Th. A et th. B au ton principal, LA)>.

3° Vivement^ en si-ut \), de forme Scherzo.

Scherzo : Thème nouveau, en si.

Trio par le Th. A du mouvement initial, prenant ici une fonction cyclique et se résolvant en une forme fuguee qui paraît être une transformation du même thème.

Scherzo réexposé en 51.

4° hîiroduction et finale Animé, en mi\>^ de forme Sonate :

Introd. contenant un thème générateur [x) destiné à jouer un grand rôle dans tout le finale :

Lent j.

— Ce motif module et sert de transition entre l'Introduction et le mouvement Animé :

Exp. Th. A, en mil? , que nous citerons en entier, car il constitue une des idées musicales les plus essentiellement « symphoniques » qu'on ait écrites en ces dernières années : on remarquera l'influence incontestablement génératrice de la cellule A'dans ce thème:

(^ Animé

gif r ?r rf-

piùf

^ÉîJi jjy.:à^^=g:M^r-t

Pont modulant ;

Th. B, en trois phrases, dont la première (b'), en Sl-UT? , est visiblement inspirée du thème liturgique Fange liugua... :

— — cette phrase, comme le th. A du mouvement initial, se reproduit

à la SD.

— — b" est une sorte de développement anticipé de la phrase b"'.

— — b"' est un thème conclusif, en forme de marche, mais peut-être

un peu inférieur aux précédents.

Dév. par b"' puis par a, amenant ensuite un long développement de la

cellule X, qui part de mi \> et module par demi-tons ascendants, pour

aboutir à la D. du ton principal.

Réexp. Th. A, en mi b, suivi de P.

— Th. B (b', b", b"'), en MI ï>.

— Dév. term. par b , préparant la rentrée définitive du dessin cyclique x,

qui revient dans toute sa force et qui forme conclusion, en J//i>, à l'aide de la phrase b'.

La forme Sonate était la seule dont nous ayons à nous occuper ici, ■en tant que prototype de toutes les autres formes symphoniques dont l'étude sera faite, après celle de l'Instrumentation, dans la Seconde Partie du présent Livre. Mais les quelques oeuvres citées dans ce chapitre suffisent déjà, croyons-nous, à montrer que la France, après s'être trop longtemps désintéressée de toute participation active au progrès de l'art symphonique pur, a le droit de se considérer dorénavant comme largement dédommagée. Peut-être l'histoire de notre art dramatique et des envahissements hétérogènes dont il subit plusieurs fois les désastreux effets nous fera-t-elle mieux comprendre, dans le Troisième Livre de cet ouvrage, les raisons profondes de ce recul momentané dans l'état de la musique de notre pays, au xix* siècle. Constatons seulement l'existence et la vitalité intense de cette École de musiciens français qui, seule en Europe et depuis César Franck, a su recueillir €t faire amplement fructifier le magnifique héritage de Beethoven.

CoVRi DE COMPOJITION, — T. Il, I »9

Technique.— i. Définitions et division». — 2. L'Ornement rythmo-monodique -- 3. L'Orrernent polyphonique ou contrapontique. — 4. L'Amplification thématique.

Historique. — 3. La Variation ornementale. — 6. La Variation décorative. — 7. La Varia tion amplificatrice.

TECHNIQUE

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