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LES TABLATURES

Il eût été superflu de nous arrêter sur ces variétés particulières de notation vocale, dont la vie fut relativement éphémère et l'application localisée, si leurs principes divers n'avaient donné naissance à tout le système de notation instrumentale qui resta seul en usage depuis la fin du XV* siècle jusqu'au xvii' siècle, et ne disparut totalement que dans les premières années du xviii®.

LA NOTATION by

Cette notation est connue sous le nom de tablature.

Tandis que les instruments essentiellement mélodiques, tels que les violes ou leurs succédanés, et aussi les Jlùtes^ les hautbois^ les cornets^ \estrombones, adoptaient la notation employée pourles voix, il n'en était pas de même des instruments polyphones, ayant pour propriété particulière de faire entendre simultanément plusieurs sons, comme Vorgve, le clavecin et la si nombreuse famille des luths (i).

Chacun de ces instruments fut doté, suivant sa nature et son lieu d'origine, d'une tablature spéciale, ayant pour point de départ, non plus la figuration de l'accent, comme la. notation neumatique, mais la représentation du doigté nécessaire pour obtenir chaque son.

La tablature allemande d'orgue et de clavecin était alphabétique, de A {la) à G (sol) ; chacune des parties effectives était notée sur un même alignement ; quelquefois, la partie supérieure était figurée en notation traditionnelle ordinaire.

Pour l'écriture du luth, on employait en Allemagne des séries de lettres et de chiffres, disposés de telle façon que chacun d'eux corresponde à un son déterminé ; ces séries recommençaient de quarte en quarte sur la même corde.

La tablature française du luth consiste en cinq lignes parallèles représentant les cinq cordes supérieures de l'instrument, disposées de bas en haut, suivant leur ordre logique d'acuité. Les dix positions chromatiques des doigts étaient figurées par des lettres, de a à /, placées sur les lignes.

La tablature italienne procédait en sens inverse : elle figurait les six cordes de l'instrument par six lignes horizontales parallèles, dont la plus basse était attribuée à la corde la plus aiguë et la plus haute à la corde la plus grave. Sur ces six lignes, des chiffres, de o (corde à vide) àX(io) indiquaient, par leur doigté, les degrés chromatiques ascendants.

Dans toutes ces notations, les valeurs rythmiques sont représentées par des signes usuels de durée (blanche, noire, croche, etc.) placés audessus des lettres et chiffres, ou au-dessous dans la tablature italienne.

On voit par ce rapide exposé comment la notation en tablature procède des systèmes d'Hucbald et de Romanus par la figuration conventionnelle de l'acuité relative des sons, et de celui d'Hcrmann Contract par l'emploi des lettres significatives.

(i) Le luth joua pendant tout le xvi» siècle le rôle qui échut ensuite au clavecin, pu'i à notre piano moderne.

Voici, par exemple, une série chromatique traduite en tablature de luth.

Tablature allemande.

0 rCordc ^ ^-~

2? .. -^ d.jL..a..t..è:..

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Accord 1 du < luth 1

-.J?Corde ...2? ..

Tablature

cJ # —

fl /* /7 A /

Tablature italienne.

Accord

du

luth

.(^Cordi

(Les lettres et les chiffres superposés désignent les différents doigtés susceptibles d'être employés pour produire le même son.)

Nous donnons ci-après les premières mesures de la chanson populaire allemande : Innsbriick^ ich muss dicli lassen, notées dans les diverses tablatures en usage au xvi* siècle.

Tablature allemande d'orgue :

(La partie supérieure est notée sur une portée, et les pédales désignées par des lettres majuscules.)

Tablature allemande de luth

Tablature française de luth

Tablature italienne de luth

Traduction en

notation moderne:

fa

1 g TT)

xl X

ca c

J J ; ; n nrn i }

TRANSFORMATION DES SIGNES TRADITIONNELS SILENCES. — MESURES. CLES. — ACCIDENTS

Un coup d'œil récapitulatif sur les transformations successives des notations, aboutissante nos signes musicaux actuels, montre nettement que leurs formes proviennent, pour la plus grande partie, de la notation traditionnelle.

NOTATION NBUMATIQUE

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