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LA MUSIQUE SYMPHONIQUE

Telle sera pour nous la caractéristique spéciale du genre symphonique, sous toutes ses formes.

Quant au mot Drame {àpàfxa), il a toujours été intimement lié à l'idée de spectacle ou de représentation scénique. Toutefois, le qualificatif de dramatique s'applique souvent de nos jours, par extension, à toute espèce de musique ayant pour but V expression d'un sentiment déterminé, par la juxtaposition, effective ou sous-entendue, d'un texte littéraire aux sons musicaux.

C'est dans ce sens que nous l'emploierons de préférence, par opposition au mot symphonique.

Pour étudier avec quelque méthode les formes musicales àeV Epoque métrique, il importe de discerner nettement, malgré les cas fréquents de compénétration accidentelle, la coexistence de ces deux genres distincts : \a Musique Symphonique (ou musique pure) d'une part; la Musique Dramatique (ou musique appliquée aux paroles) de l'autre.

Nous sommes ici en présence d'une véritable bifurcation, qui nous obligera à parcourir successivement et séparément chacune de ces deux grandes voies, suivies simultanément par l'art musical dans ses évolutions, depuis le xvn" siècle jusqu'à nos jours. Entre ces deux routes diversement orientées, on rencontrera sans doute un grand nombre de chemins de traverse, ramenant de l'une à l'autre : nous nous efforcerons de les signaler, en évitant de nous y engager, afin que le lecteur puisse, sans jamais perdre de vue la ligne principale, les reconnaître au passage, dans la suite du présent Cours de Composition, dont le Deuxième Livre est consacré aux Formes Symphoniques, et le Troisième aux Formes Dramatiques.

Dans l'ordre chronologique, l'art musical dramatique, — le seul, d'ailleurs, dont l'enseignement se soit quelque peu préoccupé jusqu'à ces dernières années, en France tout au moins, — est apparu très probablement avant l'art symphonique proprement dit. Mais au point de vue' didactique, il y a souvent d'excellentes raisons pour soumettre l'ordre historique lui-même à un ordre logique supérieur : la connaissance des formes de la musique pure est nécessaire assurément pour aborder utilement l'étude de la musique appliquée aux paroles.

C'est donc aux Formes Symphoniques que nous attribuerons, à la fois comme ordre et comme importance, la première place, la place

INTRODUCTION

d'honneur, que des motifs plus ou moins avouables lui firent si longtemps refuser, aussi bien dans les écoles que dans l'esprit d'une grande partie du public (i).

Classification des Formes Symphoniques.

La lecture et l'examen méthodique des œuvres musicales révèlent une parenté de forme et d'aspect reliant normalement les plus récentes à leurs devancières, dans un ordre logique, interrompu parfois par des anomalies rarement inexplicables.

Cette simple constatation, en parfaite concordance avec la hiérarchie primordiale et traditionnelle inhérente à toutes les manifestations de l'activité, permet de classer assez sûrement les membres de la vaste famille musicale qui nous occupe, en tenant compte des générations successives et des alliances nombreuses, qui transformèrent plus ou moins les types primitifs.

Pour établir cette sorte d'arbre généalogique dont nous donnerons ci-après (p. i3) une figuration schématique approximative, il sera nécessaire de définir chaque famille et chaque individu d'une façon précise, c'est-à-dire d'en déterminer clairenlent le « genre prochain » et la « différence spécifique ».

Un ouvrage technique ne saurait, en effet, se passer de définitions rigoureuses ; mais les impropriétés de termes, en musique plus encore

(i) Est-il besoin de citer, à l'appui de cette opinion injustifiée sur les formes symphoniques, en général, et la Sonate en particulier, quelques lignes empruntées à certains « pontifes ", redoutables par leur prestige encore imposant pour qutlques-uis, malgré leur complète impertinence en la matière i

Ecoutons, par exemple :

a) D'Alembcrt : « Toute cette musique instrumentale, sans dessem et sans objet, ne parle « ni à l'esprit ni à l'âme, et mérite qu'on lui demande avec Fontenelle : Sonate, que me • veux-tu ? »

b) Bouillet : « Ce genre de composition (la Sonate), qui a eu jadis une grande vogue, est « maintenant abandonné ; il y est trop souvent difficile d'y découvrir les intentions du com- « positeur ».

c) Larousse : n Ue nos jours, plusieurs compositeurs français se sont exercés avec succès « dans ce genre difficile de composition (la Sonate), et, parmi eux, il faut citer tout parti- 3 culièrement : M™« Farrcnc, MM. Théodore Gouvy, Georges Mathias, Marmontel, Jacques 1 n Henri Herz. t

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