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PÉRIODE PRIMITIVE

de Frescobaldi. Son principal ouvrage est la Tabulatura nova, recueil de pièces pour orgue en trois volumes in-folio. L'influence de Scheidt fut grande sur J.-S. Bach et sur la façon dont il comprit la variation de choral, dans les œuvres qui appartiennent à sa première manière (voir ci-après, p. 78 et suiv.).

Johann Jacob FROBERQER naquit à Halle ; il fut envoyé à Rome par l'empereur Ferdinand III, son protecteur, pour se perfectionner dans la science musicale auprès de Frescobaldi ; esprit inquiet et d'humeur nomade, il fut, de façon intermittente, organiste de la Cour de Vienne. Il mourut à Héricourt, près Montbéliard, après un voyage en Angleterre (i 562) plein de romanesques péripéties qu'il chercha, dit-on, à retracer dans l'une de ses œuvres (i).

Il parut, en lôgS et 1696, deux recueils de Froberger intitulés: Diverse iugeniosissime 0 rarissime partite di Toccate, Can\oni, Ricercari, Cappricci, etc.

Qeorg MUFFAT, organiste de la cathédrale de Strasbourg jusqu'en 1675, vint étudier à Paris le style français et écrivit de nombreux Ricercari pour orgue et instruments.

Dietrich BUXTEHUDE, le plus illustre des organistes allemands du xvii" siècle, né à Elseneur, en Danemark, devint en i668 titulaire de l'orgue de Sainte-Marie, à Lubeck, et organisa dans cette église, pour la première fois en Allemagne, des « Abendmusiken » (soirées musicales), qui se tenaient le soir de chaque dimanche de l'Avent et qui eurent une grande renommée.

Buxtehude fut sans contredit le précurseur et, plus encore, l'inspirateur des œuvres de la première manière de J.-S. Bach : celui-ci, en effet, trop pauvre pour payer la dépense du coche, fit à pied le voyage d'Arnstadt à Lubeck dans le seul but d'entendre le célèbre maître et de profiter de ses conseils. Buxtehude publia un grand nombre de Fugues et de pièces d'orgue en style fugué ; ses versets sur le Te Deum sont de petits chefs-d'œuvre ; voir aussi sa Fugue en mi

à trois sujets, comme la célèbre fugue en JW/t» de Bach. Il contribua puissamment au développement de la virtuosité sur son instrument, par des interludes ou des cadences finales brillamment figurées que Bach imita souvent dans ses premières pièces.

(1) Mattheson, Op. cit., U, 4, p. 1 3o.

LA FUGUE

Johann PACHELBEL naquit à Nuremberg, où, après, avoir occupé diverses charges auprès des princes de Saxe et de Wurtemberg, il revint vers sa quarantième année, pour y reprendre jusqu'à sa mort le poste d'organiste de Saint-Sebald. 11 fit faire également de grands progrès à l'écriture de l'orgue ; son influence sur les compositions de la première manière de J.-S. Bach est indiscutable, sinon comme esprit, au moins comme style. Comparer aux chorals de VOrgelbïtchlein l'exposition ci-dessous, variation fuguée de la mélodie Vaier miser in Hivimelreich (i):

Suj. (CaniHf f'irmu^)

Pachelbel publia, entre autres oeuvres, un Tabulatut-buch. contenant cent soixante Chorals variés avec préludes en style l'ugué, et un assez grand nombre de Fugues pour orgue.

Jean TiTELOUZE i563 f i633

Jean-Henri d'ÂNGLEBERT 1628 f 1691

François Couperin (de Crouilly). . i63i f 1698

Nicolas de Grigny 16. . •{• 16. .

Jean- Louis Marchand 1669 •}• 1732

Louis-Nicolas Clérembault . . . 1676 -f 1749

Jean TITELOUZE, l'ami du père Mersenne, né à Saint-Omer, fut élu en i588 organiste de la cathédrale de Rouen. On a de lui, outre diverses pièces, un recueil publié en i623 et intitulé : Hymnes de VÈglise pour toucher sur Vorgue avec les fugues et recherches sur leur plain-chant. Bien qu'il appartînt à une époque où l'art de la Fugue prenait à peine naissance en Italie et en Allemagne, on peut voir par l'exemple suivant (2) que son écriture ne se bornait point à la simple imitation canonique, comme dans la plupart des Ricercari de son temps, mais que ses versets contenaient de véritables expositions de

(i) Huit Chorals publiés chez J. Chr. Weigel, à Nuremberg, en 1693. (2) Verset Depasuit patentes. (Magnificat du 5« ton.J

PÉRIODE DE FLORAISON

Fugue. Nous devons donc le considérer comme Fémule français des Sweelinck et des Frescobaldi, tant pour le style que pour la valeur musicale.

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Jean-Henri d'ANQLEBERT, musicien de chambre du roi Louis XIV, écrivit des Fugues pour orgue.

François COUPERIN, sieur de Croiiilh-, organiste de l'église Saint- Gervais, à Paris (i), écrivit des pièces d'orgue dans lesquelles on trouve des essais de Fugue.

Nicolas de QRIONY, organiste de la cathédrale de Reims, fit imprimer chez Ballard (1701) un Lirre d'orgue où l'on rencontre des audaces harmoniques alors inusitées en France. Ses compositions étaient connues de Bach et offrent un réel intérêt musical. M. Al. Guilmant en a publié un certain nombre dans ses Maîtres de lorgne.

Jean-Louis MARCHAND, né à Lyon, organiste de l'église des Jésuites à Paris en 1697, puis de la Chapelle royale du château de Versailles, fut banni de France en 17 17; il voyagea en Allemagne et, pendant un séjour à Dresde, il tenta, sans succès, de se mesurer avec Bach comme improvisateur. On a de lui des Versets et des pièces d'orgue en style d'imitation.

Louis-Nicolas CLÉREMBAULT, né à Paris, fut organiste de l'église des Jacobins, puis directeur de la musique de M™= de Maintenon à Saint-Cyr. Il écrivit un certain nombre de pièces en style d'imitation.

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