RÉEXP. : contrepartie assez équivalente à l'Exp
Le deuxième et dernier mouvement est un mouvement de structure toute particulière. Il débute par un thème d'essence haydnienne dont on ne peut deviner tout d'abord la destinée finale.
^) premier thème @ premier élément
@ deuxième cltment
Le morceau continue en forme Rondeau; mais, après le second conplel, la tonalité s'assombrit et l'insistance du deuxième élément (a") donne naissance à la fugue suivante :
Moderato
^Èànir^:,, J- ^^
— cette Fugue, presque régulière, se rapproche, comme écriture, des fugues de la troisième manière de Beethoven (voir chap. iv);
Puis, réexposition du rondeau, en UT, concluant par des développements de a ".
La II' Sonate, en/a^, nous apparaît comme le chef-d'œuvre de la série, en raison de la beiiuté musicale qui en émane; certains thèmes
LES PRÉDÉCESSEURS DE BEETHOVEN
et certaines modulations ne se trouveraient pas déplacés dans les œuvres de la grande époque beethovénienne.
Cette sonate, composée en 1794, consiste en deux pièces principales reliées entre elles par un Larghetto dt transition, assez court, qui conduit de la sous- dominante à la dominante.
En voici la construction :
I, Ekp. : 1" thème (^, qui semble comme une prévision du finale de la 5onate de Beethoven en ut j;, op. ï/, n» 2, dédiée à Giulietia Guicciardi.
Passage de transition fourni par un rythme spécial et aboutissant au :
Second thème (5b) , d'un charme tout beethovénien :
Cours de composition t. ii, i
ib
L^ SON'ATF PRÉ BFKTIinVÉNIENNE
Ce ihème se complète au moyen d'éléments empruntés au passage de transition, ce qui donne une grande cohésion à cette première partie du morceau.
2. Partie MÉDIANE : inflexion, par le passage de transition, vers:
(^ en ut S, puis :
3. Réexp. : régulière, sauf que le thème (@) se présente tout d'abord,
comme dans l'exposition, au ton relatif, LA, pour s'infléchir ensuite vers le ton principal.
L'admirable Larghetto qui sert de trait d'union entre les deux pièces constitutives de l'œuvre n'est autre chose qu'un génial développement des éléments déjà exposés dans le i" mouvement. La première mesure est la reproduction dans le sens exposant de la mesure concluante du morceau précédent :
jer
Mouvî
Larghetto
La phrase, expressive comme un thème de Bach, s'élève toujours jusqu'à un premier repos en ré, qui donne naissance à un dessin de cinq notes, paraphrase du thème v du i" mouvement. Peu à peu, ce dessin s'établit de façon même à imposer silence à la phrase mélodique initiale, et module à la dominante du ton principal, préparant ainsi l'avènement de Vallegrelto final.
Celui-ci est un véritable menuet, quoiqu'affectant la forme rondeau, à la façon de certains menuets d'Haydn, mais il dépasse de beaucoup ceux-ci comme intensité expressive.
LES PRÉDÉCESSEURS DE BEETHOVEN
Après l'exposition du re/>-<3ni, en /a îf, le premier couplet sïn'àécWn lusqu'à la dominante de «£, et le retour au refrain s'opère au moyen d'une modulation exquise et certainement incui'e à cette époque ; nous la citerons ici en entier:
calando
Cette hésitation du fa B qui consent enfin à se changer en w/s n'esi-elle point vraiment délicieuse? — Le troisième refrain s'impose alors, cette fois en fa n, et l'on est assez surpris de reconnaître dans le thème, ainsi présenté en majeur, celui de YAndante favori en FA, pour piano, que Beethoven détacha, en 1806, de la Sonate op. 53 pour le publier à part :
te
Andante (Beethoven^
LA SONATE PRÉ-BEFTHOVÉMIENNE
La 1 2' et dernière sonate, en KÉ, est, comme la précédente, de l'année 1794. Elle passe pour avoir été dédiée à Goethe, qui, pendant son séjour à Dessau, en 1776, avait fréquenté et fort apprécié Rust. Lorsque le poète fut de retour à Weimar, à la suite de son voyage en Italie, il écrivit à son ami Behrisch, qui habitait Dessau, de saluer de sa part « le grand maître Rust » (i). Celui-ci, transporté de reconnaissance et ne sachant comment s'acquitter, pensa que le plus digne remerciement serait la dédicace d'une belle Sonate.
L'œuvre est constituée en deux parties et peut se placer au même rang que les meilleures œuvres de son époqne ; l'heureux choix des thèmes, toujours très musicaux, la fantaisie du développement et l'écriture beaucoup plus pleine et soignée que dans les pièces du commencement de la carrière de Rust, en font une œuvre de premier ordre, et peut-être la plus beethovénienne de ses sonates.
L'alternance entre le thème mélancolique qui ouvre le deuxième morceau et le chant éminemment « symphonie pastorale » qui fait la contrepartie, donne l'impression d'une esquisse de quelque quatuor du maître de Bonn, tandis que la péroraison nous mène encore plus près de nous, jusqu'à Schumann. Enfin, la coupe en deux morceaux, forme favorite des derniers temps beethovénien5, éloigne davantage cette belle composition des ornières formelles et conventionnelles dans lesquelles se traînait l'art de presque tous les musiciens de cette époque.
Voici la construction de cette sonate :