LE MOUVEMENT RAPIDE FINAL. — LE RONDEAU-SONATE. TYPE RS
Depuis Mozart, la forme Rondeau, avec alternance régulière des Couplets modulants et du Refrain x.ou.3.\, avait remplacé à peu près définitivement dans la Sonate l'ancienne Gigue finale de la Suite. Toujours respectueux des traditions établies, Beethoven commença donc par garder au Rondeau sa fonction, et n'essaya de le remplacer ou de le supprimer que dans ses dernières œuvres.
Mais, tout en conservant au Rondeau son rôle traditionnel de finale, il introduisit bientôt dans sa construction un élément nouveau, sorte de seconde idée exposée dans un ton voisin, en qualité d-e premier couplet, après le Refrain initial, et réexposée dans le dernier couplet au ton principal, avec ou sans pojit intermédiaire.
Ainsi modifié, le Rondeau prend dans sa première et sa dernière partie toutes les caractéristiques du type Sonate, avec lequel il pourrait même être confondu, si le thème initial [Refrain) n'y reparaissait toujours dans sa tonalité immuable après le second thème {Couplet) terminant V exposition, à la place exacte où la forme S contient normalement un développement modulant. Cette première idée-Refrain continue donc à demeurer un personnage unique, toujours présent dans le même état, puisqu'il garde toujours sa tonalité d'origine, tandis que la seconde idée-Couplet n'est souvent qu'une émanation de la première, une sorte de compagnon, de second rôle, destiné à dialoguer avec le personnage principal, sans jamais l'absorber, ni même entrer sérieusement en conflit avec lui : dans la forme Sonate, les deux idées se combattent ; dans la forme Rondeau, elles se complètent.
Le finale de la Sonate, op. 90, nous montrera un bel exemple de cette intéressante modification, portée à son plus haut degré de perfection. Ce Rondeau est le dernier qu'écrivit Beethoven dans ses œuvres pour piano (2) ; il est aussi le plus amplifié et le plus complet, en même temps que l'un des plus expressifs, tout en gardant le caractère de légèreté et de grâce naïve inhérent à cette forme de composition.
(i) Il est clair que la seitle pièce lente établie à \aL sons-dominante dans uneSonate dont la tonalité générale est affirmée par tous les autres mouvements n'a pas le même inconvénient qu'un trio dans un Scherzo.
va) Les Quatuors à cordes, op. g^ et i32, contiennent encore des pièces de forme Rondeau, postérieures en date à celle-ci.
LeTlefrain, tout à fait charmant, est en forme de phrase de lied avec redite de la période initiale {a') après la seconde période {a") :
(Â) REFRAIN(ouPi-eniière ul.-e) ) pv'riode.i
Mode
(S) pi-'riodeinitiâle
Modéré et très chantant