CONCLUSION
aujourd'hui. Car les principes de cet enseignement sont les mêmes pour l'art musical dramatique : seules les applications sont différentes. Aussi sera-ce l'Histoire de ces applications qui fera presque toute la matière du Troisième Livre, de même que l'Histoire des Formes musicales orii^inelles, antérieures à l'organisation de notre art contemporain, formait le fond de notre Premier Livre (i).
.Mais, si le domaine technique peut être considéré désormais comme complètement exploré, le domaine presque exclusivement historique de la déclamation, de la représentation scénique, du Théâtre en un mot, reste encore à parcourir tout entier, et nous pouvons dire qu'il semble assez mal connu jusqu'ici, surtout dans son époque primitive, antérieure peut-être aux plus anciennes Formes instrumentales dont nous avons parlé.
Ainsi, du point de vue historique, on eut pu prétendre qu'il fallait commencer par la Musique Dramatique : mais nous avons maintes fois reconnu que l'ordre « logique » ne coïncidait pas toujours avec l'ordre « chronologique » ; et quand nous avons entrepris, vers 1892, cette mise en ordre des Formes musicales dont le présent Cours est le résultat, il faut se souvenir que la préoccupation exclusive de ce qui tenait lieu d'enseignement de la Composition était concentré sur l'art dramatique, représenté par la préparation à la « Cantate de Concours pour le Prix de Rome ». L'idée même d'une étude de la musique symphonique était agréablement raillée dans les cénacles les plus officiels. C'est pourquoi, ainsi que nous l'avons dit à nos plus anciens élfves lors de nos premières leçons, le bon sens et l'opportunité nous faisaient un double devoir de réagir contre cette conception, singulièrement amoindrie, de l'art d'un Bach ou d'un Beethoven, en donnant la priorité aux Formes Symphoniques, ainsi que nous l'avons fait dans cet Ouvrage.
Enfin, s'il ne nous a point paru utile d'ajouter ici un Appendice concernant le travail pratique de l'élève, c'est que ce travail est sensiblement le même que celui que nous avons indiqué à la fin de la Première Partie de ce Livre : analyse d'œuvres et composition dans la forme des ouvrages analysés. Seuls les modèles ont changé, puisqu'il s'agit ici de Concertos, de Symphonies, de Musique de Chambre accompagnée ou non, d'Ouvertures ou de Poèmes Symphoniques.
(i) Les chapitres techniques concernant le Rythme, la Mélodie, l'Harmonie, la Tonalité, etc., dans le Premier Livre, sont, en réalité, préalables a la véritable étude de la Composition : c'est pourquoi, ils devaient faire l'objet, quelque vin;;t ans plus tard, de notre Cours de Gram.m\ire musicale.
33a LE POÈME SYMPHONIOUE ET LA FANTAISIE
Cependant, la connaissance des moyens instrumentaux nécessaires à l'élaboration de pièces de ce genre implique quelques exercices préparatoires, parmi lesquels nous pouvons suggérer les deux suivants :
1° transcription pour orchestre de certaines oeuvres de musique classique pour piano (par exemple, le mouvement initial de la Sonate, op. 7, de Beethoven, particulièrement apte à cette opération) ;
2" même travail fait d'après la réduction au piano d'une œuvre symphonique connue ; puis, comparaison de l'orchestration de l'élève avec celle de l'auteur, après audition de l'œuvre, s'il se peut: il est rare que cette comparaison ne donne pas lieu ii quelques surprises instructives.
Analyser, comparer, réfléchir, essayer, faire appel en définitive à une expérience personnelle patiemment acquise, là est la seule voie par laquelle le compositeur, en possession de tous les moyens techniques susceptibles de faire l'objet d'un enseignement, puisse espérer parvenir ù cette « manière nouvelle d'exprinier des choses anciennes », qui constitue la véritable originalité.
Rappelons-nous toujours l'excellente formule que nous avons citée au début de ce Livre : Composer c'est ordonner des éléments inégaux.
Nous savons désormais en quoi consistent ces éléments, pour le musicien : des personnages thématiques déterminés, agissant selon leur caractère, dans la perspective des modulations.
La CoMi'osiTioN MUSICALE n'est pas autre chose : mais elle doit être