LA NOTATION NEUMATIQUE. — LA NOTATION PONCTUÉE
Dès le vin® siècle, les mouvements ascendants et descendants de la voix servent de base à un système véritable, dont la psalmodie fournit les éléments primordiaux. Le changement du chœur, au milieu de chaque verset, est caractérise par une élévation des voix, i'ndiquant la suspension du sens littéraire, et le verset se termine par un abaissement des voix, indiquant la conclusion.
A ce premier mouvement ascendant correspond Vaccent aigu^ ou virga^ tracé de bas en haut (/) ; à la chute finale correspond Vaccent grave ou. punctum, tracé de haut en bas ( \ ) et plus court que la virga.
Ces deux signes élémentaires sont, à vrai dire, d'ordre grammatical, et c'est seulement à l'aide de leur groupement qu'on peut noter les inflexions véritablement musicales de la voix.
Les accents aigu et grave, simplement juxtaposés, s'appelèrent suivant leur ordre : podatus (^), note grave précédant une note plus aiguë, et c/m5 (/*), note aiguë précédant une note plus grave. Notre accent circonflexe moderne [^) n'est pas autre chose que la clivis du système neumatique.
Groupés par trois, les accents donnèrent les quatres neumes suivants '.
y^, torculus, note aiguë entre deux notes graves.
/y, porrectus, note grave entre deux notes aiguës.
./, scajidicus, trois notes ascendantes.
y^, climacus, trois notes descendantes.
(i)M. Pierre Aubry, à qui nous devons l'intéressant rapprochement qui précède, entre l'Ecriture et la Notation, cite cependant à ce propos un Psautier lamaïque thibétain (de Lhassa), dans lequel le chant est effectivement représenté à l'aide de longs traits sinueux, figurant grossièrement les inflexions de la voix. Cet ouvrage, qui date seulement de trois ou quatre siècles, paraît être une copie relativement récente de textes contemporains des premières notations neumatiques, et même antérieurs à elles. (V. Tribune de Saint-Gervais, avril tgoo, no 4, p. 120 )
50 LA NOTATION
Outre ces formes simples, on rencontre encore à cette époque une infinité de signes plus compliqués (vv^,^./^,..^^/^. etc.), dans lesquels on peut aisément reconnaître les vestiges des lignes sinueuses constituant récriture primitive.
Petit à petit, ces signes se simplifient et disparaissent, à mesure que la préoccupation de déterminer les différences d'intonation apparaît clairement.
Déjà certains scribes, notamment en Aquitaine, remplaçaient dans leurs manuscrits les lignes neumatiques par leurs points essentiels, dont la position respective figurait approximativement les intervalles entre les sons (^- „, aulieu de^^/^"^).
Certains copistes plus soigneux prenaient même la précaution de tracer, à la pointe sèche d'abord, plus tard à l'encre, une ligne horizontale pour séparer les fragments mélodiques plus élevés, notés au-dessus, des plus graves, écrits au-dessous ; une lettre indicatrice au commencement de la ligne faisait connaître la note moyenne servant à établir cette grossière division (généralement la lettre F ou fa).
Mais cette ligne unique fut bientôt jugée insuffisante pour la fixation exacte des intervalles, et l'emploi simultané de deux ou de plusieurs lignes directrices devint de plus en plus fréquent, tandis que la notation en points, plus précise, se mélangeait avec la notation traditionnelle, en petites lignes sinueuses, indéterminées.
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