PARENTÉ DES TONALITÉS TONALITES VOISINES
On a vu au chapitre précédent (p. 1 13) que les douze sons de notre système musical sont susceptibles d'appartenir à la même tonalité, et, en même temps, de servir de point de départ (de tonique) à autant de tonalités différentes, dans chaque mode.
Il s'établit ainsi entre les tonalités des relations de parefité, plus ou moins immédiate, basée, comme la parenté des sons, sur la résoiinance harmonique et sur l'ordre cyclique des quintes.
Un son quelconque et sa résonnance harmonique étant pris comme accord en fonction de Tonique (l'accord à'TJT majeur par exemple), tous les accords de tonique contenant un ou plusieurs sons communs avec ceux de cet accord, seront reliés à lui par une parenté directe ou de
premier ordre.
On appelle tonalités voisines celles dont les accords de tonique sont reliés entre eux par cette parenté directe.
Si l'on considère l'accord UT-mi-sol comme déterminatif de la tonalité à' UT majeur, par exemple, cette tonalité sera voisine de celles de :
FA majeur, par la note ut, à cause de l'accord : FA-la-M^
LAb - - ut. - - LAb-MNmit>.
U\ - - rni, - - Ml-solîî-si.
LA - - rni, - - LA-utS-mi.
SOL — — sol,
Mit) — — so/.
SOL-si-ré.
MI t)-5oi-sib,
Mais il s'agit ici d'accords et non de sons isolés ; or, par le phénomène double de la résonnance harmonique, tout accord peut se présenter sous deux aspects, deux modes différents.
Il existe donc, outre les six accords majeurs, ci-dessus énumeres, un nombre égal d'accords mineurs directement parents, par leurs notes communes, avec l'accord f/T-mz-5o/.
La tonalité d'C/T majeur est donc aussi voisine des tons appelés .
la mineur, par les notes ut et mi, à cause de l'accord : l-.^M/.
., par les notes «. et .0/. - - --^^^ÛL.
^i par les notes m. et 50/. - ut fl-m«-SOL«.
ut 5 par la note mi,
L'EXPRESSION
et devait être enfin pareillement voisine du ton de
sol mineur, par la r.ote sol, à cause de l'accord : sol-.i .-RÉ.
Mais en ce qui concerne cette dernière tonalité, une restriction sera^
'InveÏement si nous considérons un accord mineur comme tomque : Inversement SI -^^^-f ^e la tonalité dite « la mineur >.
par exemple, la-ut-MI, determi ^^^^ ^^.^.^^^
— dont la note prime est le MI aigu, cetxe loua d'une part, de celles de :
1 ^t^ «,,- à cause de l'accord mt-sol-SI. mi mineur, par la note mi. à cause ^ ^, jj.^.sOLît.
ut S - - '^^^ „ fa-la b-. t/r.
fa ~ ' __ uf-mib-SOL.
ut - ~ "a - - ré-fa-LA.
"■^ - ,!' - faS-Za-UTff.
. fafl - - ^^'
d'autre part, de celles de :
UT majeur, par les notes mi et „.. . cause de l'accord U^rni^^
LA - par les notes mz et /a, - __ ^j^^^ ^^-^^
MI - par la note mt, __ p^.;^.„,.
FA - par le^ notes ut et la, ^ __ ^^^ ^^^^.^^
LA b par la note wf,
et devrait être enfin pareillement voisine du ton de
RÉ n>aieur, par ,a „o<e ,a, à cause de l'accord RÉ-fa *-^.
Mais cette dernière tonalité se trouvant, par rapport à celle de la mineur actem nt darts la même situation que la tonalité ée sol m.neur, par exactement a -^^ -^ la mime restriction,
rapport a celle d[/T>mvei(r, est présent, à
Notre éducation musicale, en effet, se retuse, luscj v '
adme te la parenté directe entre une tonalité quelconque et celle de sa
:"te de mode opposé, malgré l'existence d'une note commune
aux deux accords de tonique, savoir : ^.^^^
so/ note commune à l'accord majew . V 1 -mi soi,
'^^i: r co— tfl^f ri .,ineur : ,a-u.M,.. . l'accord majeur de
^^Cet"::lmauf fe:;ite difficilement : elle tient probablement à ,.infl"ence caractéristique que nous attribuons dans notre sy.emeto 1 à la médiante (tierce de la tonique), d'une part, et de 1 autre, a la
sii/c (tierce delà dominante). „„aiité de
Lorsqu-en UT «majeur, par exemple, le s, . apparaît en qualité
L'EXPRESSION
médiante, caractéristique du ton de sol mineur, c'est forcément au détriment de l'effet caractéristique du si naturel en qualité ae sensible du ton
Inversement, dans le ton dit la mineur, ayant pour prime ML 1 apparition du fa 5 en tant que médiante, caractéristique du ton de RE majeur, détruit l'effet du fa naturel, qui, en qualité de sensible descendante, caractérisait le ton de la mineur.
On pourrait donc dire que deux tonalités, dans l une desquelles la médiante ne peut apparaître qu'en détruisant la sensible de l autre, ne sauraient être parentes ou voisines; mais cette explication est tout a lait
insuffisante. . .
Quoi qu'il en soit, nous devons tenir compte de cette restriction relative aux dominâmes de mode opposé : dès lors, le nombre des tonalités voisines d'une tonalité quelconque, majeure ou mineure, doit être limité à on^e ; le tableau suivant permet d'apprécier leur plus ou moins grande proximité ainsi que leur parfaite symétrie dans les deux modes.