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I. SILLONS MOMENTANÉS

En établissafit ceux-ci on n’a pour objet que de se procurer de la place pour remuer les terres et les retourner sens dessus dessous, afin de les diviser, et de faire revenir vers la surface les amendemens et les engrais, qui, sans cette précaution, se trouveraient hors de la portée des racines des végétaux.

Ils s'effectuent avec les différentes sortes de charrue, et disparaissent presque aussitôt qu'ils sont terminés. Le second, en effet, remplit le premier et en efface entièrement la trace. La même chose arrive alternativement à tous les autres, Jusqu'à ce que la planche, la pièce ou le billon soient entièrement labourés.

$ IL SiLLONS PERMANENS.

Quelquefois, à différentes intentions, 6n forme des sillons qui doivent durer autant de temps que les cultures auxquelles ils sont destinés. Ceux-ci s'effectuent avec laraire, la charrue à oreille, la bêche, la houe, la binette ou la pioche.

Ils servent à la campagne ou dans les jardins, soit à marquer les limites des pièces de terre,

soit à l'égout des eaux pluviales surabondantes ;

soit enfin à la culture des végétaux qu'il faut butter pendant le cours de leur existence ; ce qui arrive fréquemment, surtout depuis que les bons assolemens commencent à se répandre.

Pour que ce travail soit bien fait, il faut que les sillons, tracés dans lexacte direction donnée par la localité, soient d'égale profondeur dans toute leur étendue, et que les terres de leurs côtés ou glacis forment à-peu-près un angle de quarante-cinq degrés, afin qu'elles se soutiennent plus long-temps, et ne descendent au fond des sillons que peu-à-peu, de manière à chausser convenablement les plantes qui s'y trouvent, à mesure qu'elles grandissent et que les racines ont besoin d’être enterrées.

Les sillons permanens sont plus particulièrement.en usage, dans les climats chauds, sur des terrains secs et à des expositions brülantes. Coupant à angle droit la pente du sol, ils arrêtent Thumidité au profit de la végétation : s'ils sont, au contraire, dans le sens de cette même pente, ils facilitent l'écoulement deseaux surabondantes; et, dans ce cas, ils conviennent aux terres argileuses, trop humides, des pays froids.

L DIXIÈME SECTION

JAUGES.

On nomme Jauges, en jardinage, des espèces

TRAVAUX DE TERRASSE, ETC. 117 de petites tranchées longitudinales dont trois des parois sont presque perpendiculaires, tandis que les terres de la quatrième sont inclinées à l'angle d'environ quarante degrés. ( Voy. PL 45, figures 4 et 5.) Les jauges sont aux labours à la bêche et aux défoncages ce que les sillons momentanés sont aux labours faits à la charrue : c’est le petit espace qui se trouve entre la terre qui n’a pas encore été remuée et celle qui vient d’être retournée ; ainsi les jauges changent de place à mesure que le terrain se trouve préparé pour les cultures.

En formant une jauge, on commence par ouvrir une tranchée longitudinale à l’un des bouts du terrain que l’on veut labourer ou défoncer; on en porte les terres à l’autre extrémité de la planche ou de la pièce, afin de s’en servir pour remplir la dernière jauge. Cette tranchée doit être d’une profondeur et d’une largeur déterminées par la nature du remuement des terres : celles qui lui succéderont seront des mêmes dimensions pendant tout le travail.

Il est trois sortes de jauges , 1°. celles de labours ; 2°. celles de défonçage ; 3°. celles de plantation.

$ [ JAUGES DE LAaBours.

Les jauges de labour (PL 45, fig. 5) s'établissent avec la bêche, la houe et la fourche :

on leur donne de 0,162 à 0,487 (six à dixhuit pouces) de profondeur, et de o",217 à 0%,650 (huit à vingt-quatre pouces ) de largeur par leur partie supérieure. En les formant, on doit avoir soin de réparer les légères inégalités qui pourraient se trouver dans le sol, d’enterrer les herbes à mesure qu’elles se présentent, et de supprimer les racines traçantes, telles que celles de chiendents, de liserons, etc., etc.

$ II. JAUGES DFE DÉFONCAGE.

Les jauges de défoncage (PL. 45, fig. 4)se pratiquent le plus ordinairement avec le hoyau, la pioche, le pic, et surtout la tournée ; les terrés remuées, épurées et ameublies se ramassent et se jettent, avec la pelle, sur le talus de la partie défoncée. Celles-ci, comme les premières, varient de dimensions; elles ont de 0,325 à 1,299 (d’un à quatre pieds) de profondeur, de 0",650 à 1”,949 (deux à six pieds) de largeur par le bas, et d’un mètre à 2°,924 (trois à neuf pieds) par le baut, suivant les localités, la nature des terrains et celle des cultures auxquelles ils sont destinés.

Pour bien faire une jauge, il faut couper perpendiculairement et sur une ligne longitudinale droite, autant que possible, les terres non remuées, émneétter celles du fond, et les relever sur le talus défoncé avant d'en faire tomber

TRAVAUX DE TERRASSE, ETC. 119 de nouvelles, et enfin rendre uni le glacis de ce talus, pour que les pierres qui pourraient se trouver dans la terre s’en séparent et tombent au fond de la jauge.

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