‹ Cours de culture et de naturalisation des végétauxChapitre 58 sur 135 · EL. BILLONS SIMPLES · texte numérisé non relu

EL. BILLONS SIMPLES

On les pratique avec la charrue à oreille, et on les compose de trois raies au moins, quel quefois de neuf et souvent de vingt-cinq; ce qui leur donne d’un mètre jusqu’à 6” ,497 (trois à vingt pieds) de large. La partie du milieu, qui ‘est bombée régulièrement, s'élève de o",162 à om,677 (six à vingt-cinq pouces ) au-dessus du fond des deux sillons. On donne parfois à ces

TRAVAUX DE TERRASSE, ETC. 12i billorfs une forme parfaitement régulière, en les retravaillant au moyen de la houe et de la béche, afin que les eaux tombantes puissent s’écouler plus promptement dans les sillons latéraux. (Por. PI. 45, fig. 1 et 2.)

Cette pratique est nécessaire pour les terres argileuses, tenaces, dans les climats froids et tempérés et sous les zones humides. Elle a pour but la culture des céréales, celle des plantes à semences farineuses et autres, employées dans l'économie rurale et domestique.

$ IT. BIzLoNS DOUBLES.

Ils se composent de grands billons divisés danis leur largeur par des billons plus petits. ( or. PI. 45, fig. 3.) Ils ont pour objet, en présentant à l’air atmosphérique une plus grande surface de terrain, de favoriser l’évaporation de l'humidité surabondante qu’il contient, et de faciliter l'introduction de la chaleur nécessaire à la végétation.

C’est presque uniquement sur les terres fortes, tenaces, visqueuses , qui reposent sur des lits de glaise, en des climats froids et humides, qu’on emploie cette espèce de billon. On en fait usage en Flandre, en Irlande et en Angleterre, où il produit de bons effets dans la grande culture.

Trois labours consécutifs avec la charrue à

versoir sont à peine suffisans pour cette disposition de terrain. Les deux premiers servent à former les grands billons qui doivent supporter les autres. On leur donne jusqu’à 10%,305 (trentedeux pieds ) de large. Leur hauteur, à la partie la plus élevée de leur courbure, est de o",8r2 ( deux pieds et demi). Cette élévation, formée aux dépens de la terre des bas-côtés, donne naissance aux sillons tirés en droite ligne sur la pente la plus rapide du sol, et produit un enfoncement d'environ 0,406 ( quinze pouces ) au-dessous de son niveau naturel. Les billons supérieurs s'établissent par un troisième labour de la même charrue, ou, pour plus de régularité, avec la houe et la bêche : on en fait ordinairement trois, quelquefois quatre sur chaque grand billon. Ils sont divisés entre eux par des sillons plus petits que les précédens; du reste, leur pente est dans la même direction, de sorte que toutes les eaux tombantes viennentse rendre au bas des pièces de terre , où elles sont reçues dans un fossé qui les conduit à leurs dépôts naturels. La coupe des terrains sur lesquels sont établis ces doubles billons présente une espèce de broderie à festons, comme on peut le voir sur le dessin que j'en présente.

Cettefpratique a bien quelques inconvéniens.

Pour peu que la couche végétale n’ait pas de

TRAVAUX DE TERRASSE, ETC. 123 profondeur, comme il faut accumuler dans le centre une grande quantité de terre, on court risque d'attaquer sur les côtés l'argile pure, et de mettre par conséquent à nu un sol improductif. Mais si l’on éprouve de ce côté quelque perte, on en est dédommagé par l'abondance des produits que donne le reste du sol; et d’ailleurs, après quelques années d'exposition à l'air et aux météores atmosphériques, la partie glaiseuse devient fertile. Un autre inconvénient, inhérent à la disposition d’un terrain par billons, est de ne pouvoir lui donner les labours croisés, ordinairement employés dans les terres fortes, pour remédier à l’imperfection des labours longitudinaux : il faut donc nécessairement augmenter le nombre de ceux-ci.

Beaucoup de sols glaiseux, regardés comme incultivables dans la plus grande partie de l'Europe, peuvent être mis à profit au moyen de semblables billons. On peut en tirer des récoltes de grains et de fourrage; et si on les amende avec des sables et des substances calcaires, ils deviennent propres à presque toutes les cultures économiques.

DOUZIÈME SECTION

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