‹ Cours de droit criminel et de science pénitentiaireChapitre 123 sur 550 · Alimena, op. cit., III, p. 265 et S8. ; Proal, loc. cU · texte numérisé non relu

Alimena, op. cit., III, p. 265 et S8. ; Proal, loc. cU

5. Ferri, op. cit., p. 240 et ss., 917 : Bonanno, Il delinquetUe pev pcutiorte p. 97 et ss.

(i. Voir Emmanuel Lasserre, Les délinquants passionnels et le Criminalisle 'impallomeni (Paris, -Vlcau, iWS).

Les observations faites par Lombroso \ Ferri ^ et leurs disciples ' relèvent chez les criminels passionnels des caractères qui permettent de les distinguer à première vue des malfaiteurs ordinaires et que nous avons déjà fait connaître (supra, n° 37).

Cependant tous les individus agités par une passion violente ne se comportent pas de la même manière. M. Sighele, dans un intéressant travail, a étudié l'évolution du suicide à l'homicide dans les drames de l'amour*: les uns, les plus honnêtes, en proie aux douleurs et aux déceptions de l'amour, se suicident (ce sont les vaincus de la lutte pour l'existence) ; —les autres, moins généreux et plus égoïstes, éprouvent le désir de mourir avec la personne aimée, qu'ils décident à y consentir (c'est le cas du double suicide, par l'asphyxie, par exemple) ; — d'autres, avec le consentement de la victime, la tuent et se donnent ensuite la mort (c'est le cas de V/iomicide-stiicide, de l'homicide avec consentement de la victime, dont nous parlerons plus loin : l'homicide fait son apparition avec le caractère particulier que lui donne l'acceptation de la mort par la victime); d'autres, plus sauvages d'instinct et plus égoïstes encore, tuent la victime sans son consentement et se donnent ensuite ou tentent de se donner la mort (homicide juridique suivi de suicide ou de tentative de suicide) ; — enfin quelques-uns après le meurtre de leur victime, retenus par l'instinct de la conservation, n'essaient même pas de se frapper ; mais ils éprouvent un profond remords, se repentent du crime qu'ils ont commis, pleurent et se désespèrent. Il est évident que la responsabilité pénale ne saurait être la même dans ces divers cas , lorsque l'auteur de l'attentat a survécu : nous examinerons plus loin le caractère juridique de l'homicide avec le consentement de la victime.

Notre législation pénale ne contient que quelques dispositions particulières applicables aux crimes passionnels. D'une part Vexcuse de provocation résultant d'une Juste colère, d'une violente douleur ou d'une crainte sérieuse admise par les articles 321, 322, 323, 324, 325 du Code pénal et qualifiée d'excuse de provocation atténuant, dans une large mesure (art. 326), la peine du meutre et des coups et

1. Lombroso, UUomo delinguente, part. VI, chap. i (t. II, p. 204 et ss.).

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