PRÉFACE
Une expérience assez longue de renseignement du Droit international public nous a montré que les débutants dans l'étude de cett« science manquent d'un ouvrage qui leur permette d'acquérir par eux-mêmes les notions essentielles ou, tout au moins, de préciser et de compléter les notes recueillies en suivant un cours. La plupart des traités consacrés au Droit des gens, si nombreux et souvent si remarquables, publiés en France et surtout à l'étranger, ou bien sont inabordables par leur développement même pour ceux qui ne sont pas déjà familiarisés avec la science, ou bien se réduisent à un exposé d'idées générales insuffisantes pour qui a besoin d'être mis au courant du développement historique et des règles actuelles du Droit international positif. Présenter les principe^ de notre science et les dispositions positives les plus'iihpot'tantes qui régissent de nos jours les rapports internationaux, tel est le but de ce Précis ainsi particulièrement destiné aux étudiants de nos Facultés de Droit et aux aspirants à la carrière diplomatique ou consulaire.
Le but général de cet ouvrage en a inspiré la méthode. Nous avons tenu, en traitant d'une science qui est fondée sur Tobservation historique, à confirmer les idées générales par des exemples empruntés surtout à l'époque contemporaine qui nous présente le dernier état de l'évolution des esprits et des relations internationales.
D'autre part, dans une étude juridique où la doctrine tient une si large place faute de législateur et, par conséquent, de textes, nous avons du nous référer souvent aux écrits des publicistes; pour ne pas surchargerje livre de notes, nous nous sommes borné à citer les principaux traités d'ensemble anciens et modernes, étrangers et français (V. n"* 29 à 35),
Droit international public, 3« éd. •
sans y revenir pour chaque question particulière dont la place est facile à trouver dans ces ouvrages ; puis, sur cha~ que sujet spécial, nous donnons une bibliographie sommaire qui, sans avoir la prétention d'être complète, comprend les écrits les plus importants, surtout ceux qui sont plus facilement accessibles pour le public français.
Nous ne dirions pas toute notre pensée si nous n'ajoutions pas que nous nous sommes aussi préoccupé de défendre les droits de notre pays et de justifier sa conduite, les premiers trop souvent méconnus, la seconde fréquemment dénaturée par des écrivains étrangers. Comme nous récrivions en 1889 {Ret\ int, de renseignement, 1889, p. 145), nous pensons que, derniers venus d«^ns renseignement officiel du Droit international déjà si développé en Allemagne, ep Angleterre, en Italie, aux Etats-Unis, où Ton a fondé une véritable école nationale qui éclaire et soutient les actes de la diplomatie en même temps qu'elle prépare des auxiliaires précieux pour la politique extérieure, nous devons également créer une école française du Droit des gens : l'intérêt de notre Patrie peut y gagner beaucoup sans que l'impartialité scientifique y perde rien, l'esprit de raison et de justice qui caractérise notre race nous permettant d'affirmer, avec le témoignage de plusieurs faits historiques, que la défense, de nos intérêts légitimes nous laisse, plus qu'à tous autres peut-être, la notion nette du Droit avec la volonté ferme de le respecter et de le servir.
Aux lignes qui précèdent, écrites pour la première édition de cet ouvrage, nous n'ajouterons que quelques mots, puisque le but et le caractère de notre travail sont restés les mêmes. Disons seulement que, par une revision approfondie,* nous nous sommes efforcé de corriger nombre de points de détail, de mettre nos explications au courant du dernier état des faits et de la doctrine, enfin de combler certaines lacunes.
Nous avons retranché de cette troisième édition les explications relatives aux rapports des Etats quant aux conflits des lois privées; ces explications qui, par la force même des choses, ne pouvaient être que de simples indications
dans un traité de droit international public, ne dispensaient pas de recourir aux ouvrages spécialement consacrés au I Droit international privé ; nous avons préféré renvoyer à ces
derniers. Cette modification a entraîné la suppression des numéros 259 à 274 de la seconde édition, et, par suite, un changement complet dans la série des numéros suivants. Malgré cette suppression, cette nouvelle édition comprend I 754 numéros au lieu de 713 que contenait la précédente. Cette
{ constatation matérielle, sans parler des développements
I considérables qui ont été donnés à de nombreux points déjà
î traités, nous permet d affirmer le soin avec lequel nous nous
sommes eflTorcé de mettre notre travail au courant des derniers progrès de la science et de le rendre un peu plus digne de la faveur avec laquelle le public a bien voulu Taccueillir.
Frantz Despagnet.