‹ Cours de droit naturel :Chapitre 38 sur 229 · DE L^OEDJSE DES BIENS · texte numérisé non relu

DE L^OEDJSE DES BIENS

douce satisfaction. Les beaux-arts, quand ils restent fidèles à leur véritable but. sont un noble élément de culture, parce qu'ils entretiennent les tendances idéales de la vie. qu'ils élèvent l'homme au-dessus de la réalité donnée dans une sphère de formes, produites par la libre force créatrice, et qu'ils lui rappellent dans l'harmonie de la forme Tordre harmonique réel établi par Dieu dans la Xature comme dans le monde spirituel. Au contraire, si les beaux-arts prennent une fausse direction en se mettant au service des tendances matériahstes. ils contribuent, dans une forte mesure, par le raffinement des sens, à accélérer la corruption des mceurs. — Les arts titiles produisent des œuvres qui, sans avoir le but principal en eux-mêmes, sont destinés à d'autres buts; ils peuvent se rapporter au domaine spirituel, p. ex. à l'instruction, et au domaine physique, ou ils trouvent l'apphcation la plus étendue dans la production première andustrie agricole, forestière, métallurgique), comme dans la production technique et manufacturière. Les arts utiles ont principalement pour but. de soimiettre les divers règnes de la nature au pouvoir de l'homme et de satisfaire non seulement ses besoins physiques, mais aussi à lui faire gagner, par l'emploi croissant et toujours mieux combiné des forces physiques, un plus grand loisir potir sa culture spirituelle. Les arts utiles, en tant qu'ils produisent des biens fixés, de l'ime ou de l'autre manière, dans ime matière sensible, sont des arts économiques qui avec le commerce constituent l'ensemble des biens économiques. Il y a enfin un troisième genre d'arts qui réunit le beau et l'utile, comme par exemple un poème didactique ou, dans Tordre physique, l'architecture, et qu'il importe de cultiver dans tous les domaines qui Tadmettent. Quant à la notion d'utihté. il est à remarquer qu'elle s'étend au-delà du domaine de Tart. à tout ce qui pour la vie pratique est encore sous l'un ou Tautre rapport relatif; car ce qui est avant tout but en soi-même peut encore, sous Tun ou Tautre côté, seiTO d'aide à d'autres biens; c'est ainsi aue la rehgion. la

morale, les sciences, les beaux-arts et tout ce qui entre dans la vie pratique, a encore un côté utile. Dans l'organisme de la culture humaine tout doit donc se servir réciproquement, et nous verrons que le droit est principalement appelé à régler l'ordre de service de tous les biens dans toutes les relations de la vie humaine.

5^ La science et l'art sont destinés à s'unir dans tous les domaines. 11 se forme une science (théorie) de tous les arts et toute science est aussi à développer comme une œuvre d'art qui reflète la beauté formelle de l'ordre harmonique des vérités. L'union la plus intime de la science et de Fart s'accomplit dans V éducation dont la mission consiste, dans une première période, à développer l'idée de l'humanité, ce qui est essentiellement humain, à former le caractère dans chaque homme, et à cultiver en lui toutes les facultés pour tous les biens à tel degré que dans la seconde période de la vie il puisse principalement par ses propres forces se perfectionner de plus en plus dans tout ce qui est divin et humain.

6° Enfin pour tous les biens se forme le commerce, dans son sens le plus étendu, qui est d'une part un commerce de biens tout personnels des hommes ou ce genre de sociabilité hbre dans laquelle chacun communique de sa vie personnelle dans des rapports d'amour, d'amitié ou d'entretien plus ou moins général; d'autre part un commerce de biens objectifs, spirituels ou physiques qui forment, quand ils sont représentés dans un objet matériel pour un but d'utihté, l'ensemble des objets du commerce économique.

Chacun de ces buts, tout en étant constitué par un mode spécial de l'activité humaine, ne se rapporte pas exclusivement à une partie, mais saisit toujours sous une face particuhère la vie entière. C'est ainsi que la religion doit élever la vie entière à Dieu, que la morale doit la purifier à sa source dans les motifs de la volonté, que tout doit être scruté par la science, formé par l'art, devenir un objet du commerce

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