DU NOM DE NOMBRE
i. Du NOM DE NOMBRE EN GÉNÉRAL »
Le nom de nombre^ impropreiiieut appelé mijcdif numéral^ sert à clétermiuer les personnes on les choses qnant an nombre ou à la quantité.
Cette détermination peut se faire d'une manière précise ou d'une manière générale. Dans le premier cas, les noms de nombre sont définis, et, dans le second, indéfinis.
Les noms de nombre n'expriment pas, comme les adjectifs, une qualité inhérente à l'objet, mais seulement une détermination extérieure et formelle, la quantité.
IL Noms de nombre définis
1. Les noms de nombre définis expriment un nombre déterminé. Ils se divisent en noms de nombre cardinaux et noms de nombre ordinaux.
2. Les noms de nombre cardinaux sont les nombres fondamentaux qui forment la base de toute numération. Ils servent à compter et indiquent d'une manière précise le nombre des personnes ou des choses dont on parle. Ce sont :
0 zéro
l un, (thn, une
11 onze
12 douze
20 vingt
;5 trois
13 treize
30 trente
i quatre
14 quatorze
M) quarante
.") cinq
15 quinze
50 ('inquante
G six
It) seize
tiO soixante
7 sept
17 dix-sept
70 septante
8 huit
18 dix-liuit
80 Imitante
'J neuf
19 dix-neuf
UO nouante
10 dix
100 cent
1,0(H) mille.
Le trait d'union ne sert qu'entre les dizaines et les unités. Entre les dizaines et le nombre m?, l'Académie met toujours et sans trait d'union : vin^jt et un, trente et un, soixante et un, etc.; cependant l'usag'e permet de supprimer et et de le remplacer par un trait d'union: vingt-un, trente-un, soixante-un, etc. Avec
§ 8;-J .VOMS DE X0.M15RE DEFIXIS 10;î
les autres nombres ft est toujours supi»riiiié : rhuif-deux^ freiitetrok^ etc. Après cent on n'emploie i)lus le trait d'union : cent mi, cent (kt(x, mille un, etc. 5 mais ou dit : lex mille et une nttlts, mille et un embarras. On trouve aussi jiarfois cent et un : Les (Y>////('s promirent d'observer pour cent et un ans les douze articles. (Miehelet).
Les mots septante, huilante ou octante et nouante sont français et formés régulièrement d'après l'analo^fie des autres noms de nombre marquant les dizaines. L'Académie dit que ces mots ont vielli, mais ils sont encore usités dans quelques provinces de la France, en Belgique et dans la Suisse française. La langue moderne les remplace ordinairement par les expressions numériques soixante et dix ou soixante-dix, quatre-vimjts et quatre-vingt-dix, qui pèchent autant contre le bon sens que contre l'analogie. On dit soixante et onze, comme vingt et un; mais : quatre-ri)i(/t-un, quatre- ci mjt-onze.
Les noms de nombre cardinaux sont toujours invariables : Cent onze s'écrit avec trois un. Le général parut avec ses huit mille hommes.
Il faut excepter un^ ([ui a le féminin une, puis rim/f et cent, qui prennent un .s lorsqu'ils sont précédés d'un nombre qui les multiplie : Une compagnie comprend quatre-vingts soldats. Le bataillon se compose de sept à huit cents hommes, sauf lorsque rinç/t ou ce)it sont eux-mêmes suivis d'un autre nombi'e : deux cent vingt moutons, qutdrc-'vingt-dix hommes (').
Mille ne prend jamais la marque du pluriel lorsqu'il est nom de nombre : trois mille hommes. On ne doit pas le confondre avec le substantif mille, mesure itinéraire, ({ui i)rend un .s au pluriel : Les milles rotnains étaient de mille pas.
Jusqu'à vingt, les ikhus «lo nombre sont îles mots simples, tirés directement du latin, sauf les trois deiniers, qui sont composés avec dix. — Unus et duo, déclinables en latin, suivirent dans notre ancienne langue les mêmes vicissitudes que les substantifs et les adjectifs. Ils euient, comme eux, deux cas jusqu'à la On du XIII" siècle.
Sujet uns (unus) dut (duo)
Régime un (unum) deux (duos).
On disait donc : L'»i.s chevals et dui bœufs périrent /'uhus caballus et duo boves), et : 11 tua un cbeval et deux bœufs (unum caballum et duos boves). Le sujet disparut au XIV" siècle, et là comme partout, ce fut le cas-régime qui persista. — Les nombres trois (1res), quatre (quatuor), cini/ (quinque), six (sex), sept (septem), huit (octo, vieux fr. oit), neuf inovem), dix (decem), n'offrent rien à remarquer. Dans les mots suivants dérivés de composés latins : onze (l'indecim), datize (duodecim), treize (tie'decim), quatorze (qnalucirdecim), quinze
(1) Dans Ifis ancieniips éditions de nos classiques. qunire-vin<it, que l'on trouve quelquefois écrit eu un seul mol, est en Rénéral invariable, sauf devant une voyelle. V. G.-H. Aubertin, GroDnnuiri' moderne des écrivains fronçais, 12G et s.
Aveu, Grtutimaire comparée 13