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RÉGULIERS

VERBES IRRÉGUUERS.

Ire

classe

classe

Prétérit.

Imp.dusulij.

Prétérit.

Imp.dusul

j. Prêt. Imp. dusubj.

-is

-isse

-sse

-us

-usse

-is

-isses

-sses

-us

-usses

-it

-ît

-ut

-ût

-îmes

-issions

-"mes

-ssions

-ûmes

-ussions

-îtes

-issiez

-'tes

-ssez

-ûtes

-ussiez

-irent

-issent

-rent

-ssent

-urent

-ussent

PARTICIPE

PARTICIPI

PARTICIPE

Voici l'origine des formes du prétérit des verbes forts ou irréguliers :

Première classe. Seconde classe,

latin V. fr. fr. mod. latin. v. fr. fr. mod.

dix-i di-s di-s déb-ui d-ui d-us

dix-isti de-sis, de-is d-is deb-uisti de-us d-us

dix-it di-st di-t déb-uit d-ut d-ut

dix-imus de-simes, de-imes d-irnes deb-uitnus de-usmes tl-ùmes

dix-istis de-sistes, de-isLes d-îtes deb-uistis de-ustes d-ûtes

dix-erunt di-srent, di-strent di-rent | déb-uerunt d-urent d-urent

Le premier point à observer concerne la place 'de l'accent tonique. Nous avons donné les prétérits latins des verbes forts d'après l'accentuation vulgaire; les formes classiques étaient diximuset dixérunt, debidinus et debuérunt, mais le latin vulgaire recula l'accent de la 3. P. sur l'antépénultième (dixerunl, debuérunt], e\ par un déplacement inverse il avança sur la pénultième voyelle l'accent de la i. P. {diximus, debuimus) {% 105). Comment le français a-t-il traité ces formes accentuées tantôt sur le radical, tantôt sur la terminaison'? Dans les verbes faibles, l'accent tonique, au prétérit, porta toujours dés le principe sur la même syllabe et la même voyelle llcxionnelle. La mobilité de cet accent au prétérit des verbes forts était donc en opposition formelle avec le génie de la langue, et il était inévitable qu'on efï'açàt tôt ou tard les anomalies qui en résultaient. Le mode le plus ordinaire d'y remédier fut la substitution de la forme forte à la faible; c'est ce qui a eu lieu, même au participe, pour les verbes tels que; mordre, pondre, répondre, tordre, tandis que beaucoup d'autres, savoir les verbes en -indre. en -uire et le verbe écrire, piirent au prétérit la terminaison is des verbes faibles ou réguliers tout en conservant leur participe foit en t. D'autres verbes, comme ardre, maindre. ont tout à fait disparu de l'usage, ou, comme clore, traire, chaloir, gésir, ont perdu précisément la caractéristique de la flexion forte, le prétérit, et sont devenus défectifs ailleurs encore. Quant à ceux qui ont survécu sans changer de flexion, la langue les traita dilféremmont suivant qu'ils forment originairement leur piotérit en i, en si ou en ui (§ 105).

aj Dans un certain nombre de verbes des deux premières classes, en i ou en si, les trois personnes à flexion tonique, au lieu de provoquer, par leur exemple, l'atiaiblissement des personnes restées fortes, se mirent à l'unisson de ces dernières. Mais cela ne se fit, sauf deux exceptions [tin, vin, où le i est nasal), que dans des verbes où les trois personnes sans flexion sensible se terminaient comme si elles en eussent été munies, comme vi, fis, dis. On prit alors cette voyelle i pour une flexion véritable attachée à un radical réduit, et l'on fit subir par analogie la même réduction aux trois autres personnes, afin que l'accent restât toujours à la même place. Dans venir et tenir, cette réduction se fit d'un seul ■coup, par l'élision de la voyelle de la flexion et le déplaciement simultané de l'accent, venis, venimes, venistes sont devenus vins, vînmes, vîntes. Dans tous les autres, elle n'eut lieu que par degrés : la consonne qui précédait le i flexionnel tomba d'abord et les deux voyelles ainsi rapprochées se contractèrent ensuite, au bout d'un temps plus ou moins long; ainsi desis, desimes, désistes avec s doivent être regardées comme les formes primitives qui, par la syncope, sont devenues deis, deimes, déistes, d'où, par contraction, les formes modernes dis, dîmes, dîtes. Mais les prétérits fi-ançais en s auxquels ce traitement pouvait s'appliquer n'étaient pas nombreux. Quant à ceux qui ne remplissaient pas les conditions requises, c'est-à-dire dont le radical ne se terminait pas par i (dans les formes fortes) ou par u, ils ne pouvaient qu'être complètement abandonnés, comme le furent OTor-s,join-.s', écris, que remplacèrent, ainsi qu'on l'a vu, les formes faibles mord-is, joign-is, écriv-is, et beaucoup d'autres dont la place est restée vide, tels que ar-s de ard-re, semon-s de semond-re, clo-s de clo-re (clo-oisj , Irais de trai-re [tray-0}isJ.Kn effet, le sentiment delà valeur flexionnelle de s dans les formes en si s" étant effacé à la longiie, la lan-

gue ne pouvait plus considérer la présence de cette lettre devant ce qui était devenu poui' elle toute la flexion que comme une anomalie. Elle avait bien pu, d'après tu dui-sis fduxistij, par ex., développer dui-sit de dui-st, parce que le s de ces llexions lui apparaissait comme radicale,, au mémo titre que celle de diiis-ois. Mais elle devait répugner à tirer de la même. manière arsU de ar-st, traisit de trai-st, closit de clo-st, et à plus forte raison ne pouvait-elle accepter des formes conti'actées comme tu clos^ nous clomes, vous clostes, qui n'auraient présenté à Tesprit aucune idée de prétérit. C'est donc bien grâce à la ressemblance fortuite de leurs formes fortes avec les formes correspondantes de la jlexion faible en i (') que 'les quelques prétérits forts dont nous nous occupons doivent d'avoir survécu au naufrage des autres. Mais ils n'ont pu le faire qu'eu se dénaturant presque complètement, c'est-à-dire en perdant, parla contraction qu'ils ont du subir aux anciennes formes faibles, le caractère le plus essentiel de la flexion forte, qui est la mobilité de l'accent tonique.

bj La llexion ui ou vi (ni après une consonne: deb-ui, vi après une voyelle : dele-vij, fort répandue dans le latin classique, n'est plus représentée aujourd'hui que dans un petit nombre de verbes appartenant surtout à la conjugaison en oir. Si le u qui, dans la série des flexions latines, ne portait l'accent nulle part,- a pu être conservé en français, il faut admettre qu'il était devenu long dans le parler du peuple, et cette hypothèse est encore nécessaire pour expliquei- la modification du son de cette voyelle, car c'est seulement le u long latin qui doime naissance au u français. Les participes en ûtum, devenus si nombreux à l'époque du dégagement de notre langue, durent contribuer aussi à ce double changement, dont la conséquence fut la nouvelle accentuation debûi, debuisti^ debùit^ debuimus, debuistis, debùerunt. Des six formes du prétérit, trois se ti'ouvèrent alors accentuées sur le u et trois sur le i. Mais les deux voyelles du groupe ui s'étant étroitement unies dans la prononciation, l'accent fut altiié partout sur le u, voyelle plus lourde que le i, et cette dernière fut sacrifiée. Toutefois cette tendance de la langue qui la portait à prononcer et accentuer le n de debuit, par ex., comme celui de fuit et de viinulum, dut être et fut en effet comljattue par un instinct contraire, celui qui était de ne pas déplacer l'assise de l'accent latin. Quand le radical fut terminé par une liquide, ce fut la première tendance qui l'emporta : la consonne radicale fut conservée, et, la flexion prenant l'accent à toutes les personnes, le prétérit de fort devint faible fval-ui, val-us, etc.). Ce fut le contraire qui arriva lorsque le radical ne se terminait pas par une liquide. La flexion s'unit alors avec la voyelle radicale fsapui,sau-ui,iVoiisàu,SG-ùs,sâut elsot, so-iïines, so-àstss, sôurent, ou aussi: seu. se-ùs, etc.), ou s'y substitua/'d^feia", dui, de-ùs, etc.){^) Mais, dans la langue moderne, le u accentué subsiste seul, et c'est ainsi que les verbes en ui ne sont plus^ réellement des verbes forts, puisque, comme les verljes faibles, ils forment leur prétérit en accentuant la terminaison.

Au participe passé les verbes de la première classe ont en général conserva la consonne latine t on s : dit de dictum, mis de rnissum. La forme u accentué ( — Utum} qui caractéiise la seconde classe a passé de quelques verbes latins fexutum, dilutum, indututn, imbutum, minutum, sutum. tributum, etc.) à un grand nombre de verbes français : bibutum, bëu, bu; credulum, créu, cru; valutum, valu, etc. ; il y a même des verbes de la première classe qui prennent cette terminaison : vu de vidxUum, tenu de tenutum, venu de venutum.

(1) Dans conclure, exclure, le prétérit conclus, exclus a été sauvé par la ressemblance avec le prétérit des verbes forts en ui.

(2) Chabaneau, 96 et suiv., 112 et suiv. Le vei-be vivre est le seul verbe fort en us dont îe radical reste intact aux temps du passé, quoiqu'une soit pas terminé par une liquide (v. § 123).

§ 113 COXJUaAISON DES VERBES EN ER 249

Article V. — Conjugaison des verbes en ER.

A. Verbes en er à radical invariable.

§113 1 , Il 5^ a environ 4000 verbes simples en er. Tous ces verbes, à l'exception de (dler et envoijer, sont réguliers et se conjuguent sui' le modèle suivant :

Conjugaison du verbe CHANTER.

Indicatif.

Pféscut.

Je chant- s Tu cliant-es Il cliant-e Nous chant-ons Vous chant-ez Ils chant-ent IniiMrfatt.

Je cliant-ais Tu chant-ais Il cil an t- ait Nous chant-ions Vous chant-iez Ils chant- aient

Prétérit.

Je cliant-ai Tu chant-as Il chant-a Nous chant-âmes Vous chant-âtes Ils chant-èrent Futur.

Je chant-fy-ai Tu chant-f'r-as Il chant-(?r-a Nous chant-cr-ons Vous chant-(^r-ez Ils chant-^r-ont Conditionnel présent.

Je chant-^'r-ais Tu chant-(^r-ais Il chant-('/-ait Nous chant-f/'-ions Vous cliant-^'r-icz Ils c]iant-c/--aient

Impératif,

Présent.

Chant-e

Chant-ons Chant-ez

Subjonctif. Présent.

Je chant-e Tu cliant-es Il chant-e Nous chant-ions Vous chant-iez Ils chant-ent

Imparfait.

Je chant-asse Tu chant-asses Il chant-ât Nous chant-assions Vous chant-assiez Ils chant-assent Participe. Chant-ant Passé.

Chant-é

Infinitif Présent.

Chant-er

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