L-u. Conn-u
Moul-u.
Croi-^re.
Li-re.
Infinitif.
Connai-^-re.
Futur.
Mou-d-re.
Je croirai.
lirai.
Je connaîtrai.
Je
moudrai.
• Conditionnel.
Je croirais.
Je
lirais.
Je connaîtrais.
Je
moudrais.
A. Verbes réguliers en re.
1 . Les verbes réguliers en re se divisent en deux classes, selon qu'ils forment leur participe passé régulièrement en u (ou i) ou irrégulièrement en f.
Ce t n'est irrégulier qu'en apparence; il dérive d'une manière normale du participe fort latin : écrit de scriptus, duit de dnctiis, ceint de cinctus (§ 120).
a) Participe régulier en u.
2. Les verbes suivants ont un radical qui reste toujours intact.
Rompre. La finale du radical p subsiste partout (V. le modèle, § 120.)
Battre. La finale tt se simplifie en t au S. du présent : je bats, il haf.
Tendre, pendre, rendre, vendre, fondre, pondre, tondre, perdre, mordre, tordre, sourdre, et épandre, défendre, descendre, répondre. La finale du radical est un d qui rejette le t de la 3. S. : // rend et non pas rendt.
Le verbe sourdre, autrefois irrégulier ou fort, est devenu régulier ou faible, et fait au prétérit il sourd it ; il n'a pas de participe passé : L'eau sourd de terre. On voit Veau sourdre de tous côtés. Là sourdait une eau qui avait la propriété de rajeunir (La F.) De cette yrâce sourdit une dispute de préférence et de préséance (St-Sim.).
Presque tous ces verbes dérivent de verbes latins en ère, comme rompre de rumpere; battre vient de batere, forme populaire de batuere (§ 105); pondre, de ponére, avec intorcalation d"un d, qui est devenu la finale du radical (pon're, pond-rej ; sourdre, de surgërê, qui a aussi donné surgir, avec faute contre l'accent; les verbes suivants étaient en cre dans le latin classique, mais avaient déjà dans le latin vulgaire abrégé leur voyelle infniitive : mordre, tondre, tordre, répondre, de mordrre, tondi're, torquëre, respondëre, devenus mordëre, tondëre, torquëre (torq're, tor're, tordre, avec intercalation d"un d qui fait partie intégrante du radical) et respondëre. Les verbes tordre, sourdre, pondre, mordre, étaient forts dans lancienne langue et faisaient au prétéiit tors=torsi, sors=sursi ', mors = tnorsi *. Tordre avait un participe fort lors,torse (aussi tortej, qui s'est conservé comme adjectif: du fil tors, retors; de la laine torse, de la soie torse; il a la jambe torse ou torte ; c'est du fil tors , mais il est mal tordu. De tortucus, dérivé du participe latin tortus, nous avons fait tortu: il est tout tortu. Plusieurs participes foi'ts de l'ancien français, qui ont pris la forme faible dans le français moderne, ont persisté dans la dérivation comme substantifs : route de rupta, tente de tenta, pente de péndita *, rente de réddita, vente de véndita, perte de pérdita, source de sursa', défense de defensa, réponse de responsa, etc. (v. § 142).
3. Les verbes suivants ont leur radical entier, mais variable ; vaincre garde le c final partout, suivre élide le v final seulement au S. du présent, les autres perdent leur consonne radicale devant toute consonne, c'est-à-dire au S. du présent et aux futurs, et de plus ils intercalent d ou t à l'infinitif.
Vaincre. Le c final rejette le # à la 3. S. du présent et il se change en qu devant toute voyelle autre c[ue u : Vain-quant. Je vaincs, il vainc, nous vainquons, etc. Vaincs, vainquons, vainquez. Que je vaijique. Je vaitiquais, nous vainquions, etc. Je vainquis. Que je vainquisse. Vaincu. Je vaincrai. Je vaincrais. Le S. du présent et l'imparfait de l'indicatifsout peu usités: Il chasse Vennenii, il vainc sur mer, il vainc sur terre (La Br,). Il les convaitic par ses expériences (Fléch.).
Vaincre dérive du latin vincëre.
Suivre. Le participe prend / au lieu de u : Suivant. Je suis, il suit, nous suivons, etc. Suis, suivons, suivez. Que je suive. Je suivais. Je suivis. Que je suivisse. Suivi. Je suivrai. Je suivrais.
Suivre dérive de sequëre, forme vulgaire du déponent sequi, moyennant la consonnification de u en v et la mutation de ë en i et en ui fseqvere, severe, sev're, sivre, suivre). Ce verbe fait son participe en i, comme s'il appartenait à la conjugaison en ir, à laquelle on le rapportait souvent dans l'ancienne langue, ainsi que le prouvent les formes suivir, sievir.
Coudre. La finale est s faible. On intercale entre 8 et r un cl (cous-d-re) qu'un usage capricieux a conservé au S. du présent : Cous-ant. Je couds, il coud, nous cousons, etc. Couds, cousons, cousez. Que je couse. Je cousais. Je cousis. Que je cousisse. Cousu. Je coudrai. Je coudrais.
Coudre, anciennement cousdre, est venu du latin consnëre. qui est déjà côsere au VIII'^ siècle, d'où cos're et, par l'intercalation d'un d euphonique, cos-dre, et enfin coii-d-re. Le participe passé, bien qu'il soit en u, est régulièrement dérivé du latin classique consûtmn.
Naître. Le radical est naiss- ou nais- dont la finale est un s fort; on intercale t entre s et r : naître pour nais-t-re, d'où, je naîtrai, je naîtrais; devant t, fa finale s est remplacée par un accent circonflexe sur le / qui précède. Naître a au prétérit un second radical naqu- : Xaiss-anf. Je nais, il naît, nous naissons, etc. Nais, naissons, naissez. Que je .naisse. Je naissais. Je naquis (autrefois nasquis). Que je naquisse. Le participe est tié. — Le composé renaître n'est pas défectif et il est usité même aux temps composés : Il est rené à Vespérance. Les mélodieuses colombes renées dans le chant de l'homme (Mich.).
Naître, anciennement naistre, vient de wascëre, forme du latin vulgaire pour nasci; la finale s représente se latin (nasc're, nas're, d'où, par l'intercalation d'un t euphonique et la mutation de a en ai, nais-t-re et naitrej. La forme barbare nascïvi donna l'ancien français nasqui, aujourd'hui naquis. Né est formé régulièrement de la forme forte natum.
Titre, c'est-à-dire tis-t-re. Ce verbe subsiste à côté de la forme moderne tisser, mais seulement au participe tissu et aux temps composés. Pour les autres temps, on emploie le veii)e tisser, dont on ne se sert qu'au sens propre. Ainsi on peut dire également il a tissu ou tissé cette étoffe, mais on dira // a tissu (et
non tissé) cette intrigue. Mol seule j'ai tissu le lien malheureux (Eac). Nos années sont tissues de peines et de j^laisirs. Voltaire a donné un prétérit fort en w au verbe titre : L'Inde à grands frais tissut ses vêtements.
Titre est formé régulièrement de texëre (tex're, tes're et tis-t-re, titre). Tisser vient de texëre.
b) Participe irrégulier en t.
4. Les verbes suivants élident; comme les précédents, leur finale radicale devant une consonne, mais sans intercalation à l'infinitif:
Ecrire. La finale du radical est v : Ecriv-ant. J'écris, il écrit, nous écrivons, etc. Ecris^ écrivons., écrivez. Que j'écrive. J'écrivais. J'écrivis. Que j'écrivisse. Ecrit. J'écrirai. J'écrirais.
Ecrire,A\\tre{ois escrivre, puis escrire, est formé régulièrement de scribëre; la finale v du radical représente le b latin. L'ancien prétérit était fort : escris, escrist.
Cuire, luire, nuire, duire et -struire, dans les composés : construire., etc. Ces verbes ont un double radical, uis- devant une voyelle et w?'-devant une consonne : Cttis-ant. Je cuis, tu cuis, il cuit, nous cuiso)is, etc. Cuis, cuisons, cuisez. Que je cuise. Je cuisais. Je cuisis. Que je cuisisse. Cuit. Je cuirai. Je cuirais. — Luire et 7iuire ont perdu le t du participe : lui, nui. Luire a le participe sans avoir de prétérit ; il lui manque aussi l'impératif. — Duire est vieilli et ne s'emploie qu'aux formes suivantes : il (luit, ils duisent, il duisait, il duira, il duirait. Le participe duit n'est usité que dans l'expression : Vous êtes mal duit (mal instruit).
Cuire, duire, sont formés régulièrement de coquëre (qui est déjà cocere dans une inscription du III« siècle), duccre ; les composés de struëre en se francisant par struire renvoient à un type strucere, qui, par struc're, fait struire, comme ducere, ducre, a fait duire; nocêre et lucëre, d'où dérivent nuire et luire, étaient déjà devenus nocëre et lucëre dans le latin vulgaire. Le c latin est devenu s devant une voyelle et i devant une consonne (§§ 35 et 38 cj. Tous ces verbes, sauf nuire, ont eu un prétérit fort en s, dérivation régulière du parfait latin: luxi (luc-si) , lui-s; diixit, dui-st. etc. Le prétérit de nuire était nui =;noc!n.
a) Les verbes suivants en indre gardent leur radical intact et intercalent un d à l'infinitif.
Ceindre, étreindre avec les autres composés de stringere : contraindre, astreindre, restreindre, feindre, peindre, teindre, oindre, poindre, plaindre, craindre, geindre, et les composés aveindre, atteindre, empreindre, épreindre, enfreindre et éteindre, formés de verbes simples qui n'existent pas en français. Le radical a pour finale gn devant une voyelle et n devant une consonne. Il y a intercalation d'un d devant le r de l'infinitif et des temps qui en dérivent : Plaign-
mit. Je pla'ws^ etc., nous plaignons., etc. Plains., plaignons, plaignez. Que je plaigne. Je plaignais. Je plaignis. Que je plaignisse. Plaint. Je plaindrai. Je plaindrais. — Le Yerhe j^oindre a toutes ses formes; mais quelques-unes sont peu usitées. Il est actif : Quel taon votis point? (La F.) Oignez vilain., il vous poindra; poignez vilain, il vous oindra, et neutre : Le poil commence à lui poindre au menton. Le jour poindra biodôf. Laissez former le corps jusqu'à ce que la raison commence àpjoindre (J.-J. R.). Je glissai bien vite dans les impressions plus intimes delà mémoire et du cœur; elles me poignirent, et je ne pus les supporter. (Lam.)
Tous ces verbes, à l'exception de craindre, geindre, aveindre, empreindre et épreindre, dérivent de verbes latins en angëre, ingère, ungëre, qui, après la chute à l'infinitif de la pénultième atone, ont pris un d euphonique (par ex. cingëre, cin're, cein-d-rej ; devant les voyelles, le g s'est adouci en un i consonne qui en s'unissant au n l'a transformé en n mouillé. Ainsi la finale gn fn devant une consonne) i^eprésente ng latin. Craindre et geindre ont également gn pour finale du radical dans les temps du présent ; ils sont formés, avec l'intercalation d'un d euphonique, de tremëre et gemëre, qui donna aussi gémir, avec faute contre l'accent. Aveindre, empreindre et épreindre dérivent de abemëre, imprimer eeiexprimëre. Le prétérit était en s, d'après le latin -.joints, join-sis, join-st, etc. =zjunxi, etc. La forme faible actuelle' est relativement récente.
5. Les verbes suivants, dont le radical a pour finale i ou g, ne rentrent dans aucune des catégories précédentes.
Braire. Ce verbe n'est usité, selon l'Académie, qu'au présent, à l'infinitif et aux deux futurs : Les hommes faibles hurlent avec les loups^ braient avec les ânes, et bêlent avec les moutons. Un âne chargé d'or ne laisse pas de braire. On pourrait l'employer sans inconvénient aux autres temps : il brayait, d a brait.
Raire. Il a les formes suivantes : Bayant. Je rais, tu rais, il rait, nous rayons, vous rayez, ils raient. Que je raie. Je rayais. Rciit. Je rairai. Mais il ne s'emploie guère, selon l'Académie, qu'au présent : Les cerfs raient quand ils sont en rut. Les cerfs ont rait toute la nuit. La biche a la voix plus faible et plus courte, elle ne rait pas d'' amour, ?nais de crainte (Buif.).
Raire, pour raïre, est dérivé, d'après Diez, d'un type latin ragire, formé sur le modèle de mugire, vagire.
Bruire. Bruire n'est guère usité qu'au présent, à l'imparfait et à l'infinitif: Le vent bruit. Les flots bruient, bruyaient horriblement. On entend bruire le tonnerre. Le participe présent bruyant est toujours adjectif.
Si ce verbe vient de rugire, comme on l'admet généralement, il faut le considérer comme fourvoyé dans la conjugaison enre. C'est, en effet, à la conjugaison en ir que, comme l'ancien muir (mugire), il devrait appartenir, et il tend d'ailleurs à y passer, ainsi qu'on peut le voir dans les exemples suivants : Tous, jusqu'aux insectes, bruissaient sous Vherbe (Bern.). Il n'y a pas une feuille qui frémisse, pas un insecte qui bruisse sous l'herbe immobile (Ch. Nodier).
Tout cela a roulé en bruissant (Lam.). Au milieu de toutes les idées contradictoires qui bruissent à la fois dans ce chaos (V. Hugo). Le Rhin bruissait dans l'ombre (Id.).
Frire. Outre riu&iitif, ce verbe, dont la véritable finale (f/) ne paraît jamais, n'est usité qu'aux formes suivantes : Je fris, tu fris, il frit. Fris (impératif). Frit. Je frirai. Je frirais. On supplée aux autres formes au moj^en de faire suivi de frire: Faites frire.
Frire est formé régulièrement de frigère.
B. Verbes irréguliers en re.
l'« CLASSE. — Prétérit en s.
1. Ces verbes se subdivisent en deux catégories, selon que le participe est en s ou en t.