V-oir
Dev-oir.
Val-oir.
Futur.
Voul-oir.
Je verrai.
Je
devrai.
Je vaudrai.
Je
voudrai.
Conditionnel.
Je verrais.
Je
devrais.
Je vaudrais.
Je
voudrais.
La conjugaison en oir vient de la II" conjugaison latine en ère, par le changement régulier de t* en oi (comme dans soie de seta) ; elle comprend en outre quelques verbes de la III« en ëre. « Les veibes en oir sont, de tous les verbes français, ceux qui ont la physionomie la plus archaïque. Ce sont ceux qui ont conservé le plus fidèlement la forme sous laquelle ils se dégagèrent, et à la constitution desquels l'analogie a le moins travaillé. A peine s'il en est trois dans le nombre qu'on puisse ranger sous une même loi. Aussi leur conjugaison répond-elle moins encore que celle des verbes en re à l'idée que nous nous faisons aujourd'hui d'une conjugaison régulière. C'est, pour ce motif peut-être, celle qui a fait les pertes les plus nombreuses ; elle ne compte plus que dix-sept verbes simples dont la moitié au moins sont défectifs ou surannés en partie. »
F» CL.\SSE. — Prétérit en s.
Cette première classe ne com\)Yeiiià que les deux verbes seoir et voir.
Ces verbes ont la même voyelle radicale e, qui devient i au prétérit, mais ils diifèrent au participe, le premier le formant en s et le second eu h.
Seoir, usité surtout dans ses composés asseoir, surseoir. Dans asseoir, la voyelle radicale e se diphtongue en ie au S. du présent et aux deux futurs et partout ailleurs en ey. Le S. du présent a conservé sans nécessité un d étjnnologique : Asseyant. J'assieds, il assied, xoxs asseyons, ils asseyent. Assieds, asseyons, asseyez. Que j'asseye, que nous asseyions, etc. J'asseyais, nous asseyions, etc. Jkissis. Que j'assisse. Assis. J'assiérai ou j\isseyerai. J assiérais ou fasseyerais. On peut aussi remplacer y par / devant un e muet, conformément à la règle générale : quej'asseie, j'asseierai, etc.
Seoir, être assis, n'est plus guère en usage qu'à l'infinitif, au présent de l'indicatif : je sieds, tu sieds, il sied, nous seyons, vous seyez, ils seient, et aux deux participes sea/^f et s/s (en style de pratique) : la cour d'appel séant à..., une maison sise à... Il s'employait aussi autrefois comme verbe réfléchi, se seoir; mais il a également vieilli : on dit s^asseoir. Quelquefois on dit encore, en poésie et dans le langage familier, sieds-toi. Salut, vois, l'on f apporte et la table et le pain : Sieds-toi. (A. Chén.)
Seoir se dit encore dans le sens d'être convenable, mais ne s'emploie que dans quelques temps et toujoiu^s à la 3" personne ; la voyelle radicale e se diplitongue en ie dans toutes les formes accentuées ainsi qu'aux deux futurs : Seyant et séant (cette seconde forme est adjectif: Cette parure n'est p)as séante à son âge). Il sied, ils siéent. Qu'il siée, qu'ils siéent. Il seyait, ils seyaient. Il siéra, ils siéront. Il siérait, ils siéraient. — Messeoir s'emploie aux mêmes temps que seoir : Cette couleur messied à votre âge. (Ac.) Posture messéante. (Id.)
278 PRÉTÉRIÏ EN US § 126
Dans surseoir, le e devient oi dans les temps du présent :
Sursoyant. Je sursois, nous sursoyons, ils sursoient. Sursois, sursoyons, sursoyez. Que je sursoie, nous sursoyions, etc. Je sursoyais, nous sursoyions. Je sursis. Que je sursisse. Sursis. Je surseoirai. Je surseoirais. Les autres temps ne sont point en usage.
Asseoir se conjugue quelquefois de cette même manière : J'assois. Assois, assoyons, assoyez. Que f assoie, nous assoyions, etc. J'assoyais, etc; mais aux futurs, f assoirai, j'assoirais, sans e. Il s'assoit à l'écart, les yeux sur l'horizon (Muss.)
Seoir est formé régulièrement de sedêre; les trois formes que prend la voyelle radicale e sont des différences dialectales de la langue d'oïl.
Voir (autrefois veoir). La voyelle radicale est un e qui est élidé à l'infinitif, mais reparaît aux futurs et devient oi ou oy dans tous les temps du présent. (V. le tableau, § 124.) — Les composés de voir gardent aux deux futurs le oi de l'infinitif : Je pourvoirai, je prévoirai. Pourvoir fait en outre us au prétérit: Je pourvus. Dépourvoir n'est guère usité qu'à l'infinitif, au participe et aux temps composés : Il ne faut pas dépourvoir de munitions unejjlace de guerre. Il s'est dépourvu de tord pour élever ses enfants.
Voir vient normalement de vidêre. La forme ancienne et complète est veoir, qui explique le futur verrai, dont le r s'est redoublé pour rendre sonore le e du ladical, comme dans enverrai. La voyelle radicale de voir, comme celle de choir, se change en oi à toutes les formes des temps du présent, même devant les terminaisons accentuées [voyous pour veons, etc.) Le prétérit, i-égulièrement dérivé de vidi, dont le d tomba, fut vi, ve-is, vit, ve-i)ties, ve-istes, virent, d'où, par contraction, les formes actuelles. A côté du participe véu ou vu, l'ancienne langue en avait un autre vis, régulièrement dérivé de visas, et fort usité dans la locution ce m'est vis.
IV CLASSE. — Prétérit en us.
1. Les verbes irréguliers en o/rdela seconde classe forment, comme ceux en re, deux catégories, selon que leur radical est réduit ou reste intact.
) . Verbes à radical réduit.
2. Les verbes à radical réduit sont les plus nombreux; sauf choir, ils ont tous pour finale un v, qui s'élide devant une consonne au S. du présent, par ex. // ^i^^»^; mais, aux deux futurs, le V subsiste, et pleuvoir fait d jileuvra, comme suivre, je suim-ai, ou il se change en u àsius j'aurai, je saurai, ou bien il s'assimile au r dans je pourrai.
La plupart de ces verbes subissent une transformation de la voyelle radicale quand elle a l'accent tonique.
Avoir. La voyelle radicale devient ai à la 1. S. du présent, au participe présent et au présent du subjonctif et e muet aux temps du passé. L'impératif est tiré du subjonctif : Ayant. J'ai, tu as, il «, nous avons, imis avez, ils ont. Aie, ayons, ayez. Que f aie, il ait, nous ayons, ils aient. .Tarais. J'eus. Que feusse. Eu. J'aurai. J'aurais. (V. le § 127.) — Ravoir n'est usité qu'aux temps du futur : Je veux ravoir mon livre. Ramentevoir (formé de re (r), à, ment, esprit, et avoir) a toutes ses formes, mais il est \'ieilli : Ne ramentevons rien. (Mol.) Je vous rameuterai qu'un jour... (Volt.)
Avoir vient de habëre. Le e (= i) de habeo fut attiré par le a radical et le diphtongua en ai. Le b, conservé sous forme de v, à l'impaifait et à la 1. et '2. P. du présent, comme à l'infinitif, est tombé partout ailleurs. Un i consonne [y] a pris sa place au participe présent {ayant}. Le subjonctif présent (aie, ayonsj reproduit exactement habeam, sauf le b disparu ; la 3. S. perdit de très bonne heure le e llexionnel (= a] que les deux autres personnes ont conservé. Ont est le latin ha bent, où le o = au = ab. Toute trace du radical de ce verbe a disparu dans les temps du passé, du moins dans la prononciation, car l'orthographe représente encore aux yeux le e (= a latin, eus de habui), qui n'existe pas ailleurs (par ex. sei'i. su). Le participe eu est le latin habutus pour habitus.
Savoir. Ce verbe a, outre sav-, un radical particulier saclipour le participe présent, le présent du subjonctif et Timpératif. La voyelle radicale a se diphtongue en ai au S. du présent : 5ach-ant (savant est devenu adjectif). Je sais, tu sais, il sait, nous sav-ons, vous savez, ils savent. Sache, sachons, sachez. Que je sache, que nous sachions,, que vous sachiez, etc. Je savais. Je sus. Su. Que je susse. Je saurai. Je sau)ms. — Assavoir est un ancien verbe usité dans la locution : faire assavoir, que Ton écrit maintenant faire à savoir.
Savoir est dérivé de sapere par le changement de sapére en sapëre (sapire, sayire, savoir). Le i de sapio s'unit, comme le e de habeo, au a radical pour le diphtonguer en ai, forme qui s'est étendue par analogie aux deux autres personnes du singulier. Le subjonctif sapiam a donné sache par le changement régulier de pia en ch [sapiam, sapjem, sache). L'impératif est tiré du présent du subjonctif, mais sans le i de la I. et 2. P. Le prétérit, formé de .sapui, était ^eu, ie-ïis, seut, se-ihnes, se-ïistes. seurent. d'où, par contraction, les formes actuelles.
Choir (autrefois cheoir). usité surtout dans les composés décJioir, échoir, etc. La voyelle radicale est e, qui est supprimée à riniînitif, mais reparaît aux futurs et se change en oi dans les temps du présent, même devant les flexions accentuées.
Le simple choir s'emploie encore à l'infinitif : Prenez garde de choir, au S. du présent : je chois, tu chois, il choit, au participe chu, cJtue, il se conjugue avec être : ils sont chus; les autres temps et les autres personnes ne sont pas usités ; cependant Bossuet a dit: // chut, et on pourrait se servir de ce temps; on pourrait aussi employer le futur : yV cherrai ou je choirai : La chevillette cherra. (Perrault.)
Déchoir n'a pas de participe présent : Je déchois^ nous déchoi/ons, etc. DécJiois^ déclioyons^ déchoijez. Que je déchoie^ que nous déchoifions^ etc. Je déchoijals^ nous déchoi/ious^ etc. Je déchus. Que je déchusse. DécJiu. Je décherrai. Je décherrais. Ce verbe est d'un usage plus fréquent dans les temps composés.
Echoir se conjugue de même ; il a le participe présent échéant, mais il n'est guère usité qu'à la 3® personne : Il échoit, que quelquefois on prononce et ou écrit // échet, ils échoient. Qu'il échoie. Il échoyait. Il échut. Quil échût. Echu. Echerra. Echerrait. Le participe présent est surtout employé dans cette locution : le caséchéant, et le participe passé dans celles-ci: Le ter)ne est échu,, payer le terme échu.
Choir est formé de cadère, moyennant la chute complète du d et le déplacement de Faccent. La forme complète de linfinitif est cheoir (cf. seoir, veoirj, d"où le e = a aux futurs ; cherrai, cherrais (cf. verrai]. — Ces verbes ont deux prétérits, renvoyant l'un à càdui*. l'autre à cadivi, formes que le latin vulgaireavait dû substituer à cecidi. Le second fut, dans le principe, le plus usité : chaï et c/ieï, chelreni. etc. Le premier, qui seul a survécu, ne devint guère prépondérant qu'au XV« siècle : cheu, chei'ts, cheut, etc. Le participe passé chu, anciennement cheà, conserve au féminin le t étymologique dans chape-chute.
Devoir. La voyelle radicale e se change en oi quand l'accent est sur le radical : je dois. Le participe passé dû prend un accent circonflexe pour le distinguer de du = de le ; mais le féminin est due. (V. le tableau, § 124, et le § 112.)
Ce verbe est formé régulièrement de debére.
— Cevoir, forme supposée qu'on trouve dans les composésconcevoir, décevoir, percevoir, apercevoir, recevoir. Ces verbes ont la même voyelle radicale que devoir et se conjuguent absolument de même ; la consonne c devient r devant o et u : je reçois^, je reçus, etc.
Les verbes recevoir, etc., ont été formés directement du latin par le changement de recipëre en recipére (§ 105). Le simple capere nous reste peut-être dans chérir, cf. le prov. cabir.
Mouvoir. La voyelle radicale ou devient eu quand elle est
accentuée : Mouvant. Je meus, nous mouvons, ils meuvent. Meus, mouvons, mouvez. Que je meuve, que nous mouvions, etc. Je mouvais. Je mus. Que je musse. Mû, mue. Je mouvrai. Je mouvrais. — Promouvoir n'est usité qu'à l'infinitif, au prétérit, à l'imparfait du subjonctif et au participe p-ow?( dans les temps composés: On l'a promu à V épiscopcd . Cet ecclésiastique méritait que le pap)e le promût à la dignité de cardinal. (Ac.) — Bémouvoir, terme de pratique, ne s'emploie plus qu'à l'infinitif .• liien n'a pu le démouvoir de cette 'prétention.
Mouvoir vient de movére. Le prétérit fut d'aboi-d tnui, )nous, mut, moùmeSy. moustes, murent; le o des formes faibles se changea de bonne heure en e, d'où les formes actuelles. Pareillement au participe: moït, meïi, meu, rnû.
Pouvoir. La voyelle ou devient aussi eu quand elle est accentuée. Ce verbe a. outre pouv-^ un second radical puis-, qui sert à la 1. S. du présent de l'indicatif, au présent du subjonctif et au participe présent : Pouvant et puissant, qui est devenu adjectif : Je peux et Je jn/is (cette dernière forme est la seule usitée à l'interrogatif; puis-je''^)^ tu peux, il peut, nous pouvons, vous pouvez, ils peuvent. Que je puisse. Je pouvais. Je pus. Que je pusse. Pu. Je pourrai. Je pourrais. L'impératif est inusité.
Pouvoir, à l'origine podir, puis povir, povoir, est formé de potère pour passe, forme vulgaire faite sur potui, comme volére sur volui. Le prétérit était : poi, poïfs, peut, poi'imes, poi'istes, porent. Le e prit ensuite la place de o, peu, peiïs, etc., d'où les formes actuelles.
Pleuvoir. Comme mouvoir, devoir et .cevoir, ce verbe garde sa finale v aux deux futurs: // pleut. Qu'il pleuve. Il pleuvait. Il plut. Qu'il plût. Plu, usité seulement dans les temps composés. Il pleuvra. Il pleuvrait.
Pleuxmr est dérivé de pluere par le changement de pliiëre en pluêre et Tintercalation d'un v euphonique, qui est devenu partie intégrante du radical (plovére). La diphtongaison, régulière à l'indicatif et au suhjonctif (pleut, pleuve),. a été étendue abusivement à l'infinitif et à toutes les formes faibles des temps du présent, qui d"abord ne la souffraient pas [pleuvait, pleuvant).