DES MODES PERSONNELS
Article IL — Des modes personnels.
A. Indicatif.
1. Ij' indicatifs mode de la réalité, s'emploie non seulement dans la proposition principale, mais encore dans la proposition subordonnée, pour exprimer un fait réel, c'est-à-dire soit un jugement positif ou négatif, soit une question (§ 161).
Une traîtresse voix bien souvent vous appelle; Ne vous pressez donc nullement (La F. VIII, 2\). Y a-l-il rien de plus respectable que d'anciens abus? Oui, oui, la raison .est encore plus ancienne (Mont.).
Quand le jugement est supposé réel, quoiqu'il ne le soit pas (jugement imaginaire, § 161), il s'exprime également par l'indicatif : L'Jioninic serait heureux^ s'il n était pan domiïié par ses passions (L'iiomme n'est pas heureux, parce qu'il est dominé par ses passions).
Comment iaurais-je fait si je n'étais pas né? (La F. I, 10)
Pour donner plus de force à l'expression d'un jugement, on le rend souvent par le jugement contraire sous forme de question, et alors l'affirmation se marque par la négation : L'âme n'est- elle pas immortelle'^ (L'âme est immortelle), et réciproquement la négation se marque par l'affirmation: L^n livre vous déplaît: qui vous force à le lire? (Boil.) (= Personne ne vous force à le lire), il/o/, Je m'arrêterais à de vaines menaces! (Rac.) (= Je ne m'arrêterai pas à de vaines menaces).
N'êtes-vous pas souris ? Parlez sans fiction. Oui, vous l'êtes ; ou bien je ne suis pas belette (La F. II, 5). N'ont-ils pas sous nos toits de la mousse et des nids? (Lam.) Moi! le faire empereur? Ingrat! L'avez vous cru? (Rac.) Croirait-on qu'à près de dix-)ieuf ans on puisse fonder sur une fiole vide la subsistance du reste de ses jours? (J.-.I. R.)
2. Les temps de l'indicatif, qui, d'après l'état de raction exprimée, peuvent être imparfaits ou parfaits (§ 252), se divisent encore, à un autre point de vue, en présents et prétérits.
a) Les présents n'expriment le temps que par rapport à l'instant où l'on parle. Ce sont le présent, le futttr, le pai-fait et le futur parfait.
h) Les prétérits marquent le temps non seulement par rapport à l'instant de la parole, mais encore par rapport à un autre fait passé. Ce sont : V imparfait, qui exprime une action passée simultanée à un autre fait également passé; \e prâérit, qui exprime une action passée postérieure ou antérieure à une autre action passée; le plus-que-jjarfait et\e j^yétérit antérieur, qui expriment une action comme passée dans le moment où l'on parle, mais en même temps comme accomplie antérieurement à
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une autre action également passée ; les deux conditionnels^ qui expriment un futur par rapport à un passé et qui peuvent être considérés, l'un comme l'imparfait^ et l'autre comme le j)! us- queparfait du futur.