VOYELLES
cipalement en Italie. C'estvers cette époque justement que ces mots empruntés apparaissent dans le bas latin, ou, ce qui prouve encore mieux leur extension, sont désig-nés par les écrivains comme des expressions de la vie commune. Pour la France, il faut noter une troisième classe de mots. Au X" siècle, une nouvelle population germanique, les Normands, vint s'établir au nord-ouest de ce pays. Ils oublièrent, il est vrai, leur langue, appelée par les écrivains de cette époque dacisca (danoise), avec tant de facilité, que déjà sous le second duc, Guillaume P"", on ne la parlait plus que sur les côtes ; cependant elle a laissé en français des traces qui ne sont pas tout à fait insignifiantes, et parmi lesquelles on doit compter beaucoup de termes de marine.
(( D'après ce qui vient d'être dit, nous devons nous adresser, pour l'appréciation de l'élément allemand ou germanique, à la plus pure et à la plus ancienne forme linguistique, le gothique. Nous sommes obligés, il est vrai, de puiser nos matériaux surtout dans l'ancien haut allemand, qui est une source infiniment plus abondante, et parfois aussi dans l'anglo-saxon, le frison, le néerlandais, le norois, mais il faut alors se reporter toujours en esprit à la forme gothique (^) ».
Voyelles.
1 . A persiste ordinairement et ne devient pas e, comme le (/ latin : kahn cane (dans l'ancien français bateau, c'est le sens qu'il a conservé dans le diminutif canot., puis canard, animal flottant sur l'eau comme un bateau), elako élan, ha^io liase, sal sala* salle.
2. E persiste eu général : hrehha brèche, halsherc halshercja* haubert, Jecchon lécher, u-erra guerre.
3. 0 se maintient également : bloc bloc, orgd orgueil, roxfjan rôtir, vieux norois skot écot, iraso gazon. — On ne peut citer qu'un petit nombre de diphtongaisons, qui s'appuient aussi bien sur le 0 gothique (v. h. ail. o, no) que sur le ô v. h. ail. : mord (goth. mcu'irthr) meurtre, valt-stuol fauteuil, vuotar (goth. fôdr) feurre.
(1) Diez, auquel nous empi-untons ces lignes, a consacré tout un chapitre à l'histoire des lettres allemandes dont nous reproduisons ici les traits essentiels, v. Gr., I, 283 et s. Les exemples cités sans qu'il soit fait mention de la langue appartiennent à l'ancien haut allemand. Pour beaucoup de ces mots qui ont été latinisés par les Gallo-Romains, nous avons donné la transcription latine (indiquée par l'astérisque), qui a été l'intermédiaire naturel de leur passage au français.
4-. L Sous î, il faut ranger aussi bien le gotli, et le v. h. ail. ï que le gotli. «/et le v. h. alLÉ-'. Ce son est ordinairement représenté en français par (?, comme le rlatin: s//u'sw^/t sénéchal, gotli. Iisfei(/s leste. Mais il y a aussi des cas, qui sont loin d'être rares, où ce / conserve sa forme, alors même qu'en v. li. ail. il s'est déjà en partie affaibli en e : Imicchan nique et niclie, skif esquif, speJion épier, skerran escliirer* déchirer.
Le i allemand (qu'Ulfilas exprime par le groupe eï) s'est maintenu partout, comme le i latin : (juje gigue, grts gris, îwa if, IMa liste, rMn riche, icisa guise.