LE JEUNE BERGER
1. Il n’est pas bien jour encore dans le village. Je me lève. Mes habits sont aussi grossiers que ceux des petits paysans voisins ; ni bas, ni souliers, ni chapeau; un pantalon de grosse toile ; une veste de drap bleu à longs poils ; un bonnet de laine teint en brun, comme celui que les enfants des montagnes de l'Auvergne portent encore : voilà mon costume.
*. Ma poche contient, comme celle de mes camarades, un gros morceau de pain noir, un fromage de chèvre gros et dur comme un caillou, et un petit couteau d’un sou, dont le manche de bois mal dégrossi contient en outre une fourchette d= fer à deux longues branches, Ainsi équipé, je sors et je vais eur la place du village, rrès du portail de l’église, sous deux gros noycrs. C’est là que, tous es matins, se rassemblent autour de leurs moutons, de leurs chèvres et de quelques vaches maigres, les huit ou dix petits bergers de Milly avant de partir pour les montagnes,