Les nids d’hirondelles
Heureuse et mille fois heureuse la maison aux nids d’hirondelles : elle est placée, entre toutes les autres, sous les auspices de cette douce sécurité, dont les âmes pieuses croient avoir 1 o ligation à la Providence. Et, en effet, sans chercher dans l'hirondelle un instinct merveilleux de prophétieque les poètes lui accordent un peu trop libéralement, n'est-il pas permis de supposer du moins, qu'elle n'est pas privée de l'instinct commun à tant d'autres espèces, qui
leur fait deviner le séjour le plus assuré d’une famille qui s'établit ? Ne craignez pas qu’elle se loge sous lu paille ioflagmable d’un toit nomade ; elle à si grand peur des mutations qui bouleversent nos domiciles d’un jour, qu’on la voit se tixer de préférence dans les éditicesabandonnés dont nous sommes fatigués té
remucy les ruines,
103 Dictées de récapitulation.
et que n'inquiète plis le mouvement d'une population turbulent, “ Les hommes n’y sont plus, ” dit-elle, et elle Construit paisiblenent sa demeure‘au lieu qui a déjà vu Passer plus d'une généra. à anlements.
CHARLES Noter.
35, Les oranges,
Un riche Portugais avait un jeune enfant, Unique appui de sa vieillesse, Ce père avait Pour lui Ja plus vive tendresse ;
ais son amour sage et prudent,
avait rien de cette faiblesse
Qui rend plus d'un mentor souvent trop indulgent, Sur les mœurs de son fils, comme il Veillait sans cesse,
l s’aperçut qu’il hantait deg amis
Jont les discours et la licence Pouvaient nuire
À 8On innocence.
. TI lui Parle, et d'abord par de sages avis ; lui peint Je péril de cette Connaissance :
ais Comme l'écolier rempli de Confiance, Continuait toujours à braver le danger, 40 père, pour le corri cr Mit en œuvre cet artilice.
n jonr qué son Jeune novice S'était éloigné q
u logis, : 6 TI! remplit un Panier d'oranges bien choisies, lot En mêle tout au plus deux ou trois de Pourries, D con Et fait, à son retour, Ce présent à son fils, situ L'enfant tressaille d'allégresee : reg Mais, en Voyant les fruits Pourris : ea es Pensez-vous, Papa? dit-il avec tristesse E ientôt ces fruits âtés gâteront tous les bons, E dr —Point da tout, répondit Je père, DE a Je me flatte de voir arriver le Contraire, av Our nous en convaincre, Aîtendons, Ei tenons Quelques jours ce Panier dans l'armoire, Prés cela nous jugerons ui de nous deux ; fallait croire, »
Le fils consent à tout; on ferme le Panicr, Cinq ou six jours a »rès, On en fait l'ouverture ; Mais ce n’était, hélèa | qu'un tas de Poumture, “ Je l'avais bien Prévu, dit alors l'écolicr, Papa, Pourquoi ne pas vous rendre l'avis que je proposais ?
—Et vous, mon fils, reprit le père tendre, ourquoi si longtemps vous défendre Dos conscils qué je vous donnais, | Lorsque je m'attachais à v
ous faire comprendre
on,
>pulation turbulente.
© Construit paisiblsplus d'une généra.
RLES NoOprer.
lulgent, Sans cesse,
re,
Que ei vous fréquentiez des amis vicieux, Vous le seriez bientôt comme eux ?
De quelques fruits gâtés vous déplorez la perte ; On peut facilement réparer ee malheur, Mais, mon fi, si votre pudeur De la tache du vice était jamais couverte, Combien, hélas ! de justes pleurs Ne verserait pas votre père !
Et comment réparer la perte de vos mœurs ?
Le fils de la leçon comprit tout le mystère ; Et le souvenir salutaire De cet accident instructif Lui servit de préservatif Contre l'exemple impur d'une folle jeunesse.
C'est pour vous, imprudents, que j'ai fait ce “fcit, Que ce conseil plein de sagesse ; Toujours gravé dans votre esprit, Sur le choix des amis en tout temps vous dirige ! Le commerce des bons rarement norg corrige :
Mais celui des méchants toujours nous pervertit,
“Ab. REYRE.
837 Le Saint-Laurent aux environs de Québec.
Le Saint-Laurent et tonte la contrée déploient une scène dont la ‘magnificence na pas «on égale en Amérique, ni peut-être dans le monde entier, Les traits pr'inGipaux de ces majestueux paysages, sont des montagnes élevées, de larges vallées, de jolis villages situés parfois le long des coteaux: des îles fertiles. offrant aux regards des maisons blanches, de gras pâturages et de beaux tronpeaux : des îlots hérissés de rochers, des affluents dont plusieurs s’élancent de précipices escar és, tandis que sur le fleuve méme d’mposants navires, de grands brigantins, des goëletres, des ba-
teaux et des chaioupes sans nombre attirent l'attention et récréent la vue du voyageur,
88, La brebis.
Je passais récemment dans un obscur canton,
Où l'on m a conté pour notoire Ce petit foi touchant qui rappelle l'histoire
De la vache de Fénelon.
Un prélat, homme simple et bon, Respecté. mais surtout chéri dans son domaine, En 8e rendant un Jour à la ville prochaine, Rencontra sur sa route un benu petit garçon
Qui lui parut en grande peine,
Il allait tristement du cotean vers la plaine, Guidant ron modeste troupeau,
Dictées de récapitulation. 108
Po rer ne à mc pese
4 gr m2
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Et caressait en pleurant un agneau.
*{ Pauvre agneau, disait-i], tu n'auras plus de mère, Elle est perdue au fond du bois :
Hélas ! ma brebis la plus chère Aujourd’hui n’entend plus ma voix.
Oh! quand je vois rentrer, quel chagrin pour mon père! ” Le prélat s'était arrêté ; Et tandis qu'à sa plainte amère L'enfant s’abandonnait, il l'avait écouté, #* Pauvre petit, dit-il avec bonté, Tu retournes à ta chaumière :
Si tu n’y trouvais plus ta mère, D's-moi, que ferais-tu ? — Je pousserais des cris, — Et tex cris, mon enfant, pourraient-ils te ia rendre ? Si ma mère pouvait m'entendie, Fille accourrait près de son fils, — Tue crois: hé bien donc ! cela devrait t'apprendre ar que. moren tu peux ramener ta brebis, ” Sur le prélat, le petit pâtre D'abord jette un regard snrpris ;- Puis tout à coup il a Compris :
[! saisit son agneau folâtre, Contre son sein le presse doucement, Et le force à pousser un triste bêlement, Deux où trois fois il renouvelle Cette épreuve, quoique à regret, Et voilà que, dans la forét, Où entend la brebis qui bêle.
Le petit de nouveau appelle, Et ja panvre brebis, aux cris de son agnean, Conime une tendre mère inquiète et fidèle, Accourt rejoindre le troupeau, DE Jussieu,