‹ Cours de langue française [microforme]Chapitre 164 sur 203 · Grandeur d’âme d'un soldat · texte numérisé non relu

Grandeur d’âme d'un soldat

Lorsque lo grand Condé commandait en Flandre, un soldat AYant été maltraité Par un officier général, et ayant reçu plusieurs Coups de canno Pour quelques paroles peu respectueuses qui Jui étaient échappées, répondit avec un grand sang-froid qu'il saurait bien l’en faire repentir. Quinze jours après, ce même officier général charge le colonel de tranchèe de lui trouver dans son régiment un homme ferme ct intrépide pour un Coup de main dont il avait besoin, avec P'omesse de cent pistoles de récompense, Le soldat en Question, qui passait pour le plus brave du régiment, se présenta, eb ayant mené avec lui trente de ses camarades dont on ui avait laissé Je choix, il s’acquitta de sa Commission, qui était des plus hasardeuses, avec un Courage et un bonheur incroyables,

son retour, l'officier général, après l'avoir beaucoup loué, lui fit compter les cent pistoles qu'il lui avait promises, Le soldat surle-champ les distribua à ses camarades, disant qu'il ne servait point pour l'argent, et demanda seulemunt que si l’action qu'il venait de faire paraissait mériter quelque récompense, on le fit officier, 4 Au reste, ajouta-t-il en s'adressant à l'officier général, qui ne le reconnaissait point, je suis ce soldat que Vous maltraitâtes gi

fort il y a quinze jours: et Je vous avais bien dit que je vous en

ferais repentir, » ‘ L'o cier général, plein d’admiration et attendri

jusqu'aux larmes, l'embrassa, lui fit des excuses et le nomma off-

cier le même jour. Le pans Condé prenait plaisir à rapporter

ce fait, comme la plus belle action de soldat dont il cût Jamais oui parler,

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