‹ Cours de législation gouvernementaleChapitre 37 sur 39 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

I)u l'aveuir

France.

Nous avons vu Ta \!onandiie, la ï\éjralnique, le Consulât, l'Empire, M H est a u rat ion toridier successivement parce qu’ils sè sont céartés des priiici- ’ c j'ai indiqués. Ces principes sont fondamentales de tous Tes Ces lois sont les I

nature;

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créées; ce n’est donc pas moi, c’est Dieu en cet instant qui vous crie :« Suivez, »ccs lois, si vous ne voulez, perdre vos » biens, vos honneurs, vos richesses; si s vous ne voulez faire de vos eufaus des b orphelins sans fortune et sans gloire, b si vous ne voulez périr vous-même au s milieu de nouvelles révolutions!»

Comme nous possédons une admirable histoire de la révolution française, personne ne pensera que j’aie voulu faire une histoire ou un résumé de la révolution. Je n'ai pas plus fait une histoire de la révolution que Montesquieu, dans sa Grandeur et Décadence des Romains , n’a fait une histoire romaine. Je n’ai pas cherché à exposer des laits , j ai cherché à établir les causes qui ont amené ces faits. J'ai écrit Thistoire, non des peuples, mais des gouvernemens. J’ai posé des principes,

parce que la science des gouverne mens n’est pas une science conjecturale, mais une science positive, il fallait prouver queues principes étaient jus tes; et si j’avais essayé de le prouver au moyen de raisonnemens algébriques, je fusse devenu obscur. Pour être clair, je devais le prouver par des images.

Ces images, je les ai puisées dans l’hisloîre. A côté du précepte, j’ai mis la preuve, et cette preuve, c’est l’histoire, l’bisloirc d’hier, l’histoire que tout le monde connaît, l’histoire de la révolution française.

J’ai été peu prolixe. La raison en est simple encore.

J’exposais des causes, et toute source a toujours moins d’étendue que les fleuves auxquels elle a donné naissance. Ou doit être naturellement plus bref en traitant des causes qu’en Irai-

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tant des conséquences. Un pareil traité rçrd’crme en substance ce qu’un autre renferme en étendue, et lui reprocher sa brièveté, c’est reprocher à une pièce d’or de n’avoir pas la dimension d’une pièce d’argent ou de cuivre.

Jeu’ai pas indiqué comme ut s’exécutent les lois que j’ai établies : d’abord, parce que les moyens d’exéçulion varient scion les temps, selon les peuples, ensuite parce que la connaissance de ces moyens ne peut être utile qu’à des administrateurs, à dés gouvernants.

J’ai posé seulement les lois parçç que ces lois sont immuables et que leur connaissance seule est nécessaire à la nation. Il est peu important à la nation dç savoir comment ces lois s’exécutent:

ce qui lui importe c’est de les connaître et de savoir qu’elles s’exécutent.

Envoyant si le gouvernement suit ces

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lois ou ne Jes suit pas, la nation peut juger $i le gpuvernentent marche vers son affermissement ou vers sa ruine; et comme toute la France nomme des députés qui la représentent et que ces députés gouvernent, si le gouvernement marche yeps sa ruine, la France peut, par le choix qu’elle fera de ses représentans, rendre au gouvernement une direction pp^ypllp et Fcmpêçher ainsi dp périr. La France, si elle veut , peut donc empêcher toute révolution de venir, mais parce qu’elle le peut, il n’cn résulte pas que cela soit. Ce n’est rien que d’avoir le pouvoir, 11 faut s'en servir, ou sans cela c’est comme si on ne le possédait pas. Si la nation chargée des affaires du pays ne s’occupe pas de ces affaires ou s’en occupe mollement, si la nation se laisse rebuter par les efforts que fout les factions

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pour lui rendre son devoir pénible; ou si, mettant une confiance aveugle dans sa puissance, dans sa destinée, elle laisse les affaires publiques marcher, au hasard, la prospérité publique périra parce que la négligence qui ruine la fortune des particuliers ruine aussi la fortune des empires ; de nouvelles révolutions arriveront parce que celui qui se fie à la fortune èt non ii son travail est toujours certain d’arriver il sa perte, et la prospérité publique en s'écroulant anéantira la prospérité particulière.

Soutenons donc le toit qui nous abrite si nous désirons vivre.

Sans doute aucune révolution prochaine ne-nous menace, mais si elle nous menaçait il ne serait plus temps de nous y opposer. Ce n’est pas quand une maison est livrée aux llammes

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qu’il faut chercher à se précautionner contre l’incendie, et l’art de s’opposer aux révolutions est l’art de les prévenir.

Sans doute aucune révolution prochaine ne nous menace, mais l’eau eouîe pure et tranquille, et, quelques momens après, le débordement arrive, et ce débordement enlève tout, lorsqu’on n'a pas eu la précaution de construire des digues qui s’y opposent.

Ici bas il n’y a pas de paix éternelle, il ne faut compter sur la paix que quand on a entre les mains les moyens qui l’assurent; et pour le peuple qui a le pouvoir de gouverner et qui ne gouverne pas ou qui gouverne mal, quelle que soit d’ailleurs la boulé de la constitution sous laquelle il vit, pour ce peuple-là il y a toujours une révolution dans l’avenir.

courts

Ne regardez donc pas à vos pieds et ne vous réjouissez pas parce qu’à vos pieds le chemin est beau. Si vous voulez éviter la pierre qui vous fera tomber, portez vos regards au loin, levez la tête!

Si la nation laisse venir maintenant des révolutions nouvelles qui lui ravissent sa paix, son bonheur, ses richesses, tout ce qu’elle a de plus cher, c’est qu’elle le veut donc, puisqu’elle a entre les mains les moyens *de s’y opposer.

Ces moyens sont les règles d’après lesquelles tout gouvernement conserve son existence. Ces moyens sont les seuls qui puissent assurer la conservation de l’ordre et de la propriété. Ces moyens sont basés sur les calculs de la science et ne peuvent avoir de base plus certaine, J’ai cherché à rendre ces calculs

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clairs et frappa iis, car je n’ai pas écrit pour quelques hommes seulement, et, quelque profonde et abstraite que soit la matière que j'ai traitée, maintenant toute la France peut la comprendre»

Dire qu'elle peut comprendre ees lois, c’est dire qu’elle les appliquera à l'administration des affaires publiques; car, s’adresser à la France pour qu’elle prévienne les maux qui peuvent rui le pays, lui indiquer les moyens prévenir ces maux, et, pour queue emploie ces moyens, en appeler à ses sentimens généreux, à son honneur, c’e3t vouloir que toute la France réponde.

Ces moyens, je les ai indiqués; cet appel, je l’ai fait. J’ai donc, autant qu’il était en moi, tari la source des révolutions; j’ai donc rendu service à la France.

COURS

Dans un moment ou, pot pre intérêt, des hommes leurs talens à daller les p; croître les préjugés, à égan publique ;

Je n’ai écouté ni préjugi de parti, et, sans autre j celle de la vérité et de la jui

Dans ce livre,

J’ai dit que toute révolutioi

que le moyen d’éviter malheur est de gouverner sagement.

Et, pour gouverner sagement, j’ai dit ce qu’il faut faire.

Dans un moment où la passion et emportement font seuls réussir;

moment où, pour leur proemploient les partis, ù ac- ;î éuarer l’opinion

it

parti, et, sans autre passion que de la vérité cl de la justice, ' craint de lutter contre les erreur accréditées quand elles pou être préjudiciables au pays j’ai montré la lumière, j’ai

de législation gouvernementale.

de populariser la science. Je n’ai pas fait une œuvre d’un jour, je n’ai pas inventé des systèmes imaginaires. J’ai fait une œuvre éternelle et sainte; j’ai proclamé les lois qui, tant que la terre existera, régiront tous les gouvernemens du monde.

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