‹ Cours de législation gouvernementaleChapitre 9 sur 39 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Del ils qui amenèrent la ru me île ta monarchie constitutionnelle en France,

LaœonarcMeabsoIuen’égsistait plti®'., La révolution était accomplie. L’Assemblée constituante, en déclarant l’égalité des droits entre tous les individus et entre toutes les parties du territoire, venait de soulager la France et de donner au gouvernement nou-

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veau une base capable de lui promettre un long avenir. Il ne fallait donc plus que continuer à gouverner sagement pour ramener peu à peu le calme et assurer la prospérité du pays.

Mais LouisXVI, ne comprenant pas qu’il avait gagné en solidité ce qu’il avait perdu en étendue, regrettait la portion du pouvoir qu’on lui avait arrachée, et 11e pouvait s’unir franchement à l’Assemblée qui lui avait enlevé ce pouvoir.

L’Assemblée voyant de son côté l’éloignement avoué du roi, ne pouvait avoir une conliauce pleine et entière dans le pouvoir exécutif.

Ainsi ces deux athlètes, au lieu de réunir leurs bras pour en couvrir et protéger la France, se disposaient à s’en servir pour se porter les coups les plus terribles, sans penser que leur

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chute devait écraser la nation, que leur devoir était de défendre.

La cour faisait venir des troupes de tous cotés» formait les projets les plus sinistres, et menaçait dans l’Assemblée le pouvoir législatif.

Le peuple, pour défendre l’Assemblée, se préparait au combat et menaçait dans le roi le pouvoir exécutif.

Par cela même, à côté du pouvoir légal, s’élevait un pouvoir plus terrible et qui devait bieutùt tout détruire, le pouvoir de l’an arc nie.

Sans doute, l’Assembléeconsti tuante commettait une faute immense eu laissant naître l’anarchie; mais s’il faut juger sévèrement les actes du pouvoir, il faut aussi les juger avec justice, impartialité, et pour cela , il faut examiner les circonstances où se trouve ce pouvoir. Des gouvernans peuvent faire

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de grande# choses sans avoir aucun mérite , d’autres peuvent ne faire que des choses médiocres, et cependant avoir un mérite extraordinaire. Cela dépend des circonstances où ils se trouvent, des difficultés qui les entourent et des obstacles plus ou moins grands qu’ils ont à vaincre.

Ici le peuple repoussait par la force brutale la violence des courtisans.

Si le roi eût éloigné les troupes, comprimé les conspirations de la cour et fait taire tout soupçon, l’assemblée eût réprimé à son tour les désordres du peuple qui se seraient alors trouvés sa us excuse.

Mais le toi laissait conspirer contre 1 Assemblée, et 1 Asaeinblée ne pouvait punir l’anarchie du peuple, qui la protégeait contre f anarchie de la eoür.

Le nouveau gouvernement marchait

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rapidement y ers sa ruine., quand une faute, et celle fois une faute gratuite de l’Assemblée, vint encore précipiter cette marche,

L’Assemblée se hâta de terminer sa constitution, et se sépara en décidant qu’aucun de ses membres ne pourrait faire partie de l’Assemblée suivante.

Par cette décision elle privait le pays d’une expérience que le pays avait déjà payéesî cher; elle jetait la France entre les mains d’hommes nouveaux, passionnés, ardens, qui n’allaient trouver personne dans leur sein pour guider leur iougue, éclairer leur raison, et dont l’edi portement aveugle allait, en ne suivant aucune loi,, entraîner la nation dans de nouveaux malheurs.

Ces malheurs, l’Assemblée consti-

6$ COURS DE UEGIBI.. GOUVERW.

tuante doit en être responsable, carde longs débats parlementaires lui avaient déjà donné quelques idées justes sur le gouvernement, la législation; et c’est quand elle eut acquis avec tant de peine ces premières et précieuses connaissances, qu elle céda sa place à des hommes nourris de métaphysique, de (aux systèmes, de théories inapplicables, n’ayant aucune pratique des affaires, aucune idée du monde réel , et de ses lois positives, ne rêvant qu’utopies, que gouvernemens imaginaires et plutôt capables défaire, des romans politiques que de gouverner un royaume,, et de créer de l’histoire.

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deur le bien de leur patrie ; mais où la science est nécessaire, la volonté ne suffit pas. Qu’une personne ait la volonté la plus forte de sauver un ami souffrant, elle fera de vains efforts, et poussera des cris impuissans, si elle ne possède pas la science qui apprend à discerner les maux ainsi qu’à, les détruire. Ses efforts ne feront au contraire qu’aggraver l’état alarmant du malade, et par d’intempestifs secours elle donnera peut-être la mort à celui quelle voulait soulager et guérir.

L’Assemblée legislative eut celle im-** prudente amitié pour la France. Elle possédait de grands talens oratoires, mais ce n’est pas avec des discours que l’on administre et que Ton sauve un pays; et comme elle n avait aucun des talens administratifs nécessaires pour conduire un gouvernement, elle mar-

eha au hasard, avec cette assurance d un demi-savant que rien ne peut ébranler ; aussi se jeta-t-elle avec tant de force contre les écueils qui l’entouraient, que la monarchie constitutionnelle vola en éclats, et vit ainsi sa mort suivre de près sa naissance; mais les violations des lois gouvernementales que commit cette assemblée furent si nombreuses, que je dois, pour être clair, en parler en détail, et faire un examen particulier des plus importantes-

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