‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 2)Chapitre 147 sur 186 · C. de Litt. — FÉNELON [Édite, des filles · texte numérisé non relu

C. de Litt. — FÉNELON [Édite, des filles

personnes d'esprit peuvent tirer des gens même les moins éclairés.

(Examen pour la délégation dans les écoles normales, i880.)

Fénelon, traitant « des premiers fondements de l'éducation », résume ses conseils en un seul : « Il faut se contenter de suivre et d'aider la nature. » Expliquez et appréciez cette maxime et, si vous l'approuvez, montrez, par des exemples pratiques, comment vous essayeriez de l'appliquer,

(Examen pour la délégation dans les écoles normales, 1882.)

Fénelon a dit : « La curiosité des enfants est un penchant de la nature qui va comme au-devant de l'instruction ; ne manquez pas d'en profiter. )> Expliquer cette pensée, l'apprécier et l'appliquer particulièrement aux divers degrés de l'enseignement primaire.

(Certificat d'aptitude a l'inspection des écoles primaires

ET A LA direction DES ÉCOLES NORMALES, OCtobrC 1893.)

Que pensez-vous de ces lignes que M™" de Lambert écrivait, dans les premières années du xviii" siècle, à une personne chargée de l'éducation de sa petite-fille : « Il faut bien se garder de faire sentir aux enfants combien ils sont chers et l'intérêt qu'on prend à eux, autrement ils s'accoutument à croire qu'on doit toujours être occupé d'eux; par là vous fortifiez leur amour-propre. Laissez-les faire : quelque appliqué que vous soyez à le détruire, il soutiendra ses droits contre vous? » (Fontenay-aux-Roses. — Devoir de première annéj.)

Dans quelle mesure et par quels moyens le travail des enfants dans l'école peut-il ou doit-il être rendu attrayant? (Fontenay-aux-Roses. — Concours d'admission, 1885.)

Expliquer et apprécier ce conseil de M™^ Necker de Saussure concernant l'éducation des jeunes filles (11, 282) : « Cultivons d'abord chez les jeunes filles les grands et nobles attributs de rhumanité; les dispositions aimables de leur sexe se développeront d'elles-mêmes et n'y perdront rien. »

(Concours d'admission à Fontenay-aux-Roses. — Composition de pédagogie, 1892.)

Dire quels rapports peuvent exister entre les Précieuses et les Femmes savantes de Molière, et le Traité de l'Éducation des filles de Fénelon, publié quinze ans après.

(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de sfxoxde année.)

Expliquer celte pensée de Fénelon {Éducation des filles, chapitre V) : « De toutes les qualités qu'on voit chez les enfants, il n'y a en qu'une sur laquelle on puisse compter : c'est le bon raisonnement; il croît toujours en eux, pourvu qu'il soit bien cultivé. »

(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de litte'rature.)

« La plupart des femmes, dit Fénelon, sont passionnées sur presque tout ce qu'elles disent, et la passion fait parler beaucoup; cependant on ne peut espérer rien de bon d'une femme, si on ne la réduit à réfléchir de suite, à examiner ses pensées, à les expliquer d'une manière courte, et à savoir se taire ensuite. " Quelles sont les qualités que recommande ici Fénelon, et quel en est le prix? Vous semblent-elles définir exaclement le rôle qui convient à la femme en général? Leur suffiraientelles en tout cas dans l'enseignement?

(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de morale.)

Développez celle pensée de Fénelon : « Je voudrais qu'une jeune fille n'eût jamais besoin des mainsd'autrui pour lousles objets qui lui servent à se vêtir. )>

(Deux-Sèvres. Brevet élémentaire. Aspirantes, 1887. Manche. Brevet élémentaire. Aspirantes, 1888.)

Un grand ministre, M. Necker, disait volontiers : (( Voulezvous faire prévaloir une opinion, adressez-vous aux femmes : elles la reçoivent aisément, parce qu'elles sont ignorantes; elles la répandent promplenienl, parce qu'elles sont bavardes ; elles la soutiennent longtemps, parce qu'elles sont têtues. »

Béfiitez ce jugement peu aimable ; montrez qu'aujourd'hui surtout les femmes exercent leur influence par d'autres moyens, grâce à l'éducation et à l'instruction qui leur sont données.

(Lot-et-Garonne. — Brevet élémentaire.

Aspirantes, 1887.)

Discuter et apprécier celte opinion de RoUin : « Une femme peut n'être pas fort instruite de tout le reste et être néanmoins une excellente mère de famille, mais elle ne peut ignorer ou négliger les soins domestiques sans manquer à l'une de ses plus essentielles obligations. Le bel esprit et la science ne couvrent point un tel défaut, et, loin de relever le sexe, ne servent qu'à le déshonorer. » [Traité des études.)

(Tarn. — Brevet élémentaire. — Aspirantes, 1887.)

Expliquer et commenter cette phrase de Uollin : « L'étude la plus propre à orner l'esprit des jeunes demoiselles, et même à leur former le cœur, est celle de l'histoire : elle leur ouvre un vaste champ, qui peut les occuper utilement et agréablement pendant plusieurs années. »

(Pas-de-Calais. — Brevet élémentaire.

Aspirantes, 1887.)

Expliquez ce conseil donné par Fénelon : « Il ne faut avoir recours à la crainte qu'après avoir éprouvé patiemment les autres remèdes. » Montrez surtout quels sont les autres remèdes dont parle Fénelon.

(Oise. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1887.)

Apprécier cette pensée de Fénelon : « La crainte est comme les remèdes violents qu'on emploie dans les maladies extrêmes ; ils purgent, mais ils altèrent le tempérament et usent les organes : une ùme menée par la crainte en est toujours plus faible. ;>

(Vendée. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1891.)

Dans son traité de l'Éducation des filles, F'énelon demande qu'on leur apprenne les quatre règles de l'arithmétique, et qu'on leur fasse faire souvent des comptes. « On sait assez, dit-il, que l'exactitude de compter souvent fait le bon ordre dans les maisons. » Montrez, par des raisons et par des exemples, la vérité de cette maxime, que vous pourrez rapprocher de celle de M™° de Maintenon : « Les femmes font et défont les maisons. »

(Hautes-Pyrénées. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1887.)

Apprécier et commenter ce mot de Lamennais : << La femme est une fleur qui ne donne son parfum qu'à l'ombre. »

(Gorrèze. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1890.)

Dans les conseils sur le ménage où il n'a pas dédaigné d'entrer, Fénelon a dit : « Le même esprit d'exactitude qui fait

ranger fait aussi nettoyer. » [De l'Éducation des filles, chap. XI.) De l'ordre et de la propreté, deux sortes de devoirs inséparables dans la tenue d'une maison ; avantages de l'un et de l'autre,

(Seine. — Brevet élémentaibe. — Aspirantes, 1888.)

Dans son traité de Y Èducallon des filles, Fénelon a dit que l'étude de l'histoire « sert à agrandir l'esprit et à élever l'âme à de grands sentiments ». Démontrerlajustesse de cette pensée.

(Ille-et- Vilaine. — Brevet supérieur. — Aspirantes, juillet 1888.)

Dire d'un côté ce qu'ajouterait un moderne au traité de VÊ~ ducation des filles de Fénelon; de l'autre, ce qu'il y a de nouveau dans ce livre au point de vue du xvu^ siècle.

Comparer Bossuet et Fénelon, considérés uniquement comme pédagogues.

En jugeant le traité de VÉdiicalion des filles, tracer le portrait moral de Fénelon.

Exposer et discuter les principales opinions émises au xvu« siècle sur l'instruction des femmes.

Dégager le livre de V Éducation des filles de tout ce qui porte trop la marque du temps, de l'homme, de la religion, et en mettre seulement en lumière ce que les psychologues et pédagogues modernes en ont accepté.

Dans quelle mesure les idées de Fénelon sur l'éducalion des femmes ont-elles influé sur les idées de M™° de Maintenon ? Dans quelle mesure en sont-elles distinctes ?

Approuvez-vous pleinement le jugement de Michelet, qui voit dans VÈducation des filles un livre « calculé, hors de toute théorie, manuel judicieux, pratique et terre à terre? »

Le traité de l'Éducation des filles comparé à Xlnslilulion des enfants de Montaigne. Marquer surtout ce qu'il y a de trop personnel ou de contestable dans ces deux écrits.

Villefranche-ilo-ftouergue. ^ J. Banloux, impr.

La date et l'authenticité des « Dialogues ». — Les personnages : A et Fénelon.

Rien n'est moins certain que la date de la composition des Dialogues. On dit qu'ils sont un souvenir du carême de 1684, pendant lequel, réunis à Meaux près de Bossuet, les abbés de Fénelon et Fleury prêchaient tour à tour, sans autre préparation que la prière. Fénelon n'avait alors que trente-trois ans. Certains passages des Dialogues ne décèlent-ils pas un âge plus ferme? N'a-t-il pas pu et dû les revoir plus tard? Il n'y a pas apparence qu'à ces questions soit jamais faite une réponse précise.

Cette incertitude a fait 'naître, dans la première partie du xvni° siècle, un assez curieux débat. Rollin, dans son Traité des études, avait appelé les Dialogues un livre « très propre à former le goût par les sages et judicieuses réflexions dont il est rempli ». Un professeur de rhétorique du temps, Gibert, s'avisa, non seulement de critiquer ces éloges, mais de contester l'authenticité du livre '. « Il estvrai, accordait Gibert, que l'auteur y dit beaucoup de belles et bonnes choses, et qu'il les dit d'une légèreté de style qui fait plaisir. » Mais il remarquait que les Dialogues n'avaient pas été publiés du vivant de Fénelon, que les erreurs de fait, les jugements inexacts, par exemple sur Isocrate, s'y mêlaient aux erreurs de doctrine, aux contradictions : l'opinion de l'auteur sur les Pères de l'Église avait varié, selon lui. Il concluait pourtant : « Après tout, c'est le fruit d'une imagination brillante, et

1. Voyez Rollin, t, M, 1. IV. cb. i", firt. 1, § 3 ; ch. ii, art. 2, § I ; et Gibert, Observutions adressées à M. Rullin, in-12, 1727; t. 111 des Jugements des savants sur les auteurs qui ont écrit clans la rhétorique, 17l'.t; Martin, p. 477 à o04.

C, de Litt. — lÉNiiLON [Uiulog. sur Vdoq.) 1

2 COUUS DK LriTÉUATLJIU-:

MOU (l'uno mùi'c it'tloxion. » NVilait-co pas dire en qtKrliiiic sorlo : « Apr(''s loiiL, lo \i\iv, pont 6tro de Féiielon, mais de Kôno- ]on jeune ))?Oii ne doit donc pas s'étonner qu'a|)iV'S la réplique de Rollin, Gihert se suit déclaré convaincu de i'autlicnticité, tout on mainlonant ses principales critiques.

Tout, en el'l'et, dans ce livre, porto la marque âc. [''éneiou, qui, peu après, dans VEducniion (A's filles, devait écrire : n Donnez-leur le soTit, non des sermons pleins d'oi'nemeuts vains et afl'ectés, mais des discours sensés et édiliants, comme des bons ])rAnes et des homélies qui leur fassent entendre clairement la lettre de l'Évangile. » L'idéal d'éloquence que Fénelon y propose ù. l'orateur sacré est grec plus que latin, plus que fr'ançais surtout : Cicéron y est sacrifié à Démostliénes, et l'idée maîtresse est empruntée au Gorijias d(; IMaton. 11 est chrétien pourtant, mais d'(m christianisme tout paiticulier, tout lenelonien, pour ainsi din; : IJourdaloue est sacriiié aux l'éros, le discours écrit et l'orlemonl composé à l'Iiomélie improvisée. D'autre pari, il est tro[) visible qu'un des interlocuteurs, le princi|)al. A, n'est que l'interprète des idées de ]''énelon, ou plutôt n'est (|ue Fénelon lui-même. S'il met Longin au-dessus d'Aristote, c'est que Longin « joint aux préce[)tes beaucoup d'exem|tles (jui, les rcwknl sensibles ». Ce j)Crsonnage, qui veut toujours remonter aux premiers principes, estime fort ÏArl poéliquc de M. iJoileau : « C'est un homme qui connaît ])ien, non seulement le fond de la poésie, mais encore le but solide auquel la phi- ]oso|ihie, supérieure h tous les arts, doit conduire le poète. » Il a|)prouve donc sa théorie de la terreur, de la |)itié tragiques, (!t il condamne toutes les œuvres di'amatiipuîs qui ]ilaisent sans instruire. De même, il jugera qu'un |»anégyii(pie, ime oraison funèbre, ne vaut rien si elle n'est pleine de morale, car « il ne faut parler (pie pour instruire. » (Juand A s'ell'orce de monti'er (|u'un « dessein de morale » (>st marqiu; visibhiuient dans l(!S poèmes d'Homère, on croirait entendre l'autcui' du Ti'léimu/ue :

lloiiirro ii':i, houki'ï, (1;iiis l'iiii (^1, l'iiuli'i; poèiiio, ipi'à pi'imlre (iili''l(;iri(;iil lu ]i:ilni'r. Au n'sli!, VOiliissrc i'(;iif(!i'iii(! de Ions ci'ilr.s inilli; iiistnicrions iiior.'ili's pour Imil. le. ih'-lail d(! la vii!, cl il ut: f.iut qui; liie pour voir qiK! le \)ni'\v. ii'ii peiiil un liijuimo saKO, (|ai vient à boni di; loul pai' sa, sa^,'eMHi!, (|U(; pimr apjjrendro à la, postérité les fruits i\nr l'on doit altinidic de la piéti', de la |)iiidencc et des bonni;» inouu's.

Mais le futur autein- de la Lcllrc à l'Académie ne se révèle-t-il l)as déjà en maint autre passage où la simplicilé antique est gloriliéc et proposée comme modèle à l'imilalion des modeiiics?

niAl.cH.lIKS sril l.KlJKU KNC.R 3

.1i' CiMilimuM'iii h vous i)arlor selon li^s n'-i.'los que. les aiu'it'iis nous donnonl...

No li'onvo/.-vous pas mio Virj^ilo ol Hoini'ro sont dos aniours assez nsi't^a- Mos'.' oroyo/.-vons qu'il y on ail do plus dolicionx'Vons n'y Ironvoroz ponrlanl pas co qn"on aiipollo dos joux d'ospril : oo soni dos ohiisos simples, la naliitr. se, wontre iidi'toiil, partout, l'art so oaoho soii^nonsoiuont, ; vous n'y Ironvoz pas un so\>l mol qui paraisse mis pour faire honnour au bel esprit du poMo; il met, lonle sa ^loiro !\ no point paraître, pour vous ooouiier dos choses qu'il point, eoninie un peintre sousje ;V vous niellre devant les yeux les forêts, les nionta;:;nos, les rivii'Tos, les lointains, les b:\tinients, les honinies, leurs aventures, leurs aetions, leurs passions dilTorenles, sans que vinis puissiez, remarquer les coups du pinceau : l'tirl {"sl ifroggiâr et mi'prhdhif (l(\< qu'il paratl. Platon, qui avail. examiné tout cola beaucoup nneux que la plupart des orateurs, .assure qu'eu écrivant on doit toujciurs se cacher, se faire oublier, et ne produire que les choses et les persoimos qu'on veut mettre devant les yeux du lecteur. Voyo/ combien ces anciens-là avaient des idées plus hautes et plus solides que nous... 'l'ont l'art des bons orateurs no consiste qu'à observer CO que la nature fait quand elle n'est point retenue... On a tant de p(>ur ilans notre nation d'élro bas, qu'on est d'ordinaire sec et vat;uedans les expressions... Nous avoua là-dessus ui^e fausse politesse, semblable à celle de ci>rtains provinciaux qui so )iiquent de bel esprit : ils n'osent rien dire qui no leur paraisse exquis et relové; il> sont toujours ijuindés, et croiraient so trop abaisser en nonunant les choses par leurs noms. Tout entre dans les sujets q\w réloq»u>nce doit traiter. I,a poésie ménie, qui est le jîcnre le plus sublinu', ne réussit qn'kMi poiijuant les choses avec toutes leurs circonstances. Voyez. Viri^ile représentani les navires Iroyens qui quittent le rivairo d'Afrique, ou (jui arrivent sur la côte d'Italie; lovit le détail y est peint. Mais il fa\il avouer que les Orecs iHiussaient encore plus loin le détail, et suivaient plus siMisililement la nature. A cause de ce i;rand détail. biiMi des !:rens, s'ils l'osaient, trouveraient Homère troj» simple. Par cette simpliciti' si orii;inale. et dont utnis avons tant perdu legoiM, ce poète a beaucoup de rapport avec l'IOcrilure; mais l'iscriture le surpasse autant qu\jl a surpassé tout le reste de l'antiquité pour poindre naïvement les choses, t-'n faisant un détail, il ne faut rien présentera l'esprit do l'auditi-ur qui ne mérile son all(Mili<ni. (>t qui no contribue à l'idée qu'on veut lui doimer. .\insi il faut être judicieux pour le choix des circonstances, mais il ne faut point craindre de dire tout ce qui sert; et c'est une politesse mal entendue (]ue do supprimer certains endroits utiles, p.arce qu'on no les Irtnive pas susceptibles d'ornement; outre qu'Homère n()us apprend assez, par son exemple, qu'on peut omb(>llir en leur manière» tous les sujets. It'ailleurs il faut rccoimaitre que tout iliscours doit avoir ses inégalités : il faut être i;raud dansles tjrandes choses ; il faut être simple sans être bas dans les petites : il faut tantôt de la naïveté et de rexacliludo, tantôt de la sublimité et de la véhémence. Un peintre qui ne représenterait jamais i\\\ù des palais d'un(> architecture somptueuse ne ferait rien de vrai, et lasserait bientôt. Il faut suivre la nature dans ses variétés.

N'esf,-oc lias Kôiidoii tMiooro (|iii luclV'ic l'usji^o à lotîtes les ivglos'? i\"osl,-oi> pas lui qui «liVl;Uij;ni> la « iiarbaiie m du nioyiM\ Tif^o Pi les coliliohols des ('"ijliscs {,'ollii(|ii(\s '? \.c p(M'somtaji;c par la boticho do qui il s'oxprimo joue, d'ailloms, ol Irop raoilonionl, It> hoati nMo. 11 doiuî^lo oo qiio los aiilros ombrouillonl, vont (pTon prooi'de par ordro ol qu'on (hilc Tospril do dispnlo, so iléroiid do fonniilof los proooptos d'utio fliélofiiiiio, osl loiil hou-

teux d'être contraint de « décider «, et décide pourtant. C'est un homme de bon goût et de bon ton, qui ne s'interdit pas l'ironie, mais l'ironie discrète : il avoue s'être endormi à un mauvais sermon : « Vous savez, ajoute-t-il, que le sommeil surprend aux sermons de l'après-midi'. » Près de lui, le pauvre B semble bien naïf et bien effacé. Il a des éloges compromettants pour ceux qu'il loue, et l'on sent qu'il est là surtout pour donner la main au triomphe de son adversaire. Son goût avoué pour les traits d'esprit, son dédain de l'éloquence trop simple des missionnaires, bonne pour le peuple, le classe parmi ces « honnêtes gens » dont il veut qu'on ménage les oreilles délicates. Médiocrement intelligent, semble-t-il, il s'impatiente des lenteurs nécessaires d'une argumentation, qui parfois, il est vrai, traîne un peu; mais qu'A poursuive sa démonstration, et B se déclarera vite persuadé. Fénelon lui prête parfois des réflexions judicieuses, laisse voir qu'il a beaucoup lu et un peu retenu, qu'il aime la musique; mais que penser d'un juge qui trouve à Isocrate plus iVesprit qu'à Homère?

Pendant tout le premier dialogue, C n'est qu'un comparse obscur. Il sort de l'ombre au second. Il est accouru hors d'haleine, curieux et ravi, car il ne veut rien perdre du débat; puis, il y prend une part active, devient exigeant et pressant, approuve et critique, hasarde çà et là quelque discrète épigramme : « Je m'imagine entendre nos prédicateurs à antithèses et à jeux d'esprit. 11 y a bien des Isocrates ! » Enfin, dans le troisième dialogue, il passe presque au premier plan. A pourrait être un ecclésiastique; B déclare l'être; C, qui a « toujours pris l'éloquence pour un art entièrement profane », qui recommande si vivement l'étude de la poésie et de l'éloquence païennes pendant la jeunesse , semble plutôt un homme de bonne compagnie, un chrétien du monde. C'est lui pourtant que Fénelon charge d'exposer sa théorie de l'homélie, et A, dont il expose au fond les idées, loue son zèle. Mais A se tient dans le juste

1. 0 Fénelon était apparemment un pRu sujet ù s'endormir aux sermons de l'après-midi. II racontait au maréchal de i\laubourg, qui se trouvait à Cambrai pendant la guerre de la Succession, qu'il fut une fois apostrophé en chaire dans la chapelle de Versailles, en présence du roi et de toute sa cour, par le P. Séraphin, capucin, prédicateur célèbre à cette époque par la simplicité et l'onction évangélique qu'il mettait dans ses sermons. L'abbe de Fénelon dormait : le P. Séraphin s'interrompit, et dit à haute voix : RéceiUez cet abbé qui dort, et qui n'est peut-être au sermon que i)oar faire sa cour au roi. Louis XIV, toute la cour, et Fénelon luimême, ne purent que rire de l'apostrophe un peu brusque du bon religieux. » (De Beausseï, Hist. de Fénelon, liv. IV.)

milieu, entre la rhétorique et la dialectique pure dont B et C sont les défenseurs presque également outrés.

Malgré ces nuances, qui sont peut-être moins nettes dans les Dialogues que nous ne les faisons, qui ne sent qu'à ces personnages abstraits, ce qui fait le plus défaut, c'est la vie? Ne parlons pas ici de Platon : si les Dialogues sont platoniciens par le fond des idées, ils ne le sont ni par le cadre, ni par le caractère des interlocuteurs, ni par le mouvement de la discussion. Chez Platon, dans les cadres les plus variés et les plus pittoresques, se meuvent des hommes véritables, distincts par la physionomie, par le rôle, par le langage. Mais les dialogues un peu abstraits de Fénelon ne tombent-ils pas sous le coup de la critique que J. de Maistre adresse aux Tusculanes de Cicéron?

J'ai lu les Tusculanes de Cicéron. Voilà encore une œuvre de pure imagination, et qui ne donne pas seulement l'idée d'un entretien réel. Cicéron introduit un auditeur qu'il désigne tout simplement par la lettre A: il se faitfaire une question par cet auteur imaginaire, et lui répond tout d'une haleine par une dissertation régulière : ce genre ne peut être le nôtre. Nous ne sommes point des lettres majuscules; nous sommes des êtres très réels, très palpables; nous parlons pour nous instruire et pour nous consoler i.

Le premier Dialogue. — Le but de l'éloquence. — Part de la satire et de la théorie.

Les Dialogues sur l'éloquence sont à la fois satiriques et didactiques; Fénelon y critique la fausse éloquence des prédicateurs à la mode, à laquelle il oppose la véritable éloquence du prédicateur évangélique. Il est facile de suivre cette antithèse h travers les trois dialogues : le premier est spécialement destiné à établir les principes; le second traite de la méthode à suivre et des règles de la prédication; le troisième, de la doctrine évangélique, de l'Écriture et des Pères, dont l'orateur chrétien doit être sans cesse pénétré.

Premier Dialogue. — Partie satirique. — Trois personnages, A, B, C, s'entretiennent des mérites et des défauts des prédicateurs contemporains : l'un de ceux-ci a exprimé devant B, son admirateur naïf, « des pensées si délicates et qui dépendent tellement du tour et delà flnesse des expressions, qu'après avoir

Page 1