PRÉAMBULE AU § 13, HIMILCON
332, les Phéniciens furent sujets des Perses et par conséquent la domination phénicienne dans la péninsule ibérique, vers l'année 500, à la fin du sixièrae siècle et au commencement du cinquième, a été la domination des Perses. Varron est dans le vrai, quand, après les Ibères, dans sa liste des maîtres de la jténinsule, il met : et Persas et Phoenices.
Strabon parlant aussi des maîtres successifs de la [)éninsule ibérique, ne dit mot des Perses, mais de ce silence, rien à conclure contre la thèse de Varron, puisqu'il l'époque dont il s'agit les termes Perses et Phéniciens sont politiquement synonymes. Strabon expose que si les Ibères n'avaient pas été divisés, et s'ils avaient réuni leurs forces, ils n'auraient })as laissé conquérir tout leur pays [»ar les Carthaginois, et avant cela par les Tyriens, auxquels avaient succédé les Celtes, Ainsi, la domination ceUi(|ue dans la péninsule ibérique s'intercale entre celle des Phéniciens et celle des Carthaginois : ouxe Kotp/'r|5ovîotç &7r9jp;£V àv xaTa(7Tp£'|acOai sirsX-
OoÛTt tV Tt)v£l(ITY)V aÙTCOV £/. TTEpiOUffiaÇ, >C«l £Tl 7rpOT£pOV TupiOtÇ, thoL K£XtOÏÇ (1).
(I) Strabon, 1. III, c. 4, g 5; édition donnée chez Didot par Charles Mûller et F. Dûbncr, p. 131, 1. 23-26; Cougny, t. I, p. 58-59.
34 § 13. HIMIJ.CON.
La conquête de la péninsule ibérique par les Carthaginois au troisième siècle avant J.-C, antérieurement à la seconde guerre punique qui commence en 218, est un fait historique bien connu. Mais avons-nous un texte contemporain de l'époque où les Celtes n'avaient pas encore envahi la péninsule ibérique et attestant qu'alors ils n'y avaient pas pénétré?
Non, un tel texte a existé, il n'existe plus; toutefois nous avons assez d'indications pour pouvoir affirmer: l^que ce texte était d'origine carthaginoise, antérieur à Hérodote et écrit vers l'année 500 avant J.-C, probablement par Himilcon ; 2" que c'était un périple, littéralement un voyage circulaire par mer ; 3° que l'objet de ce périple était la description des côtes occidentales de l'Europe; 4° que les' Celtes de la péninsule ibérique n'y étaient pas mentionnés; 5° que dans cette péninsule les Cempses, Kea^j^oi', et leurs voisins les Saefes occupaient alors la plus grande partie de la région, plus tard conquise par les Celtes.
L'ordre chronologique aurait dû nous faire placer ce périple au § 8, avant Damastes de Sigée. Mais il a semblé que la clarté de l'exposition exigeait qu'il vint après Hérodote, S H-
Au troisième siècle avant notre ère, ce périple, probablement traduit en grec, était entre les mains d'Eratosthène, qui vécut de 275 à 195 environ
avant J.-C. et fut bibliothécaire du roi d'Egypte, Ptolémée III, 247-222 (1). Straboii copiant Polybe reproche à Eratosthène : 1° de dire que les Galates occupaient les côtes occidentales de la péninsule ibérique jusques à Cadix ; [AÉ/ot Faoetpiov ô™ ra>.aTwv
TTÊp'.oixE^cïOat cpyjaaç rà eçwôsv aÙTÎi? ; 2° d'oublier leS GakltOS
dans sa description des côtes de la même péninsule :
TouTOJv lxÀaôd[/.evoi; , xaxà t/jV tyjç 'lêvjpi'aç irepioSov twv FaXaxcav
où8a{ji.où [xc'tJLv/iTat (2). Eralosthène, dans un endroit de son livre, avait constaté que de son temps les Celtes, Galates ou Gaulois occupaient la plus grande partie do la [)éninsulc, ne hiissant guère aux Carthaginois que Cadix et les environs; mais ailleurs il avait malgré cela copié le périple d'IIimilcon écrit vers l'an 500 avant J.-C. on la plus grande jiartiu (le la place occupée i)ar les Celtes dès le temps d'Hérodote au^milieu du cinquième siècle avant J.-C, environ un demi siècle après le voyage d'IIimilcon , était mentionnée avec l'indication de maîtres différents, les Cempses et les Saefes, comme nous l'expliquerons plus loin.
Trois siècles après Eratosthène , Pline savait qu'au temps de la puissance de Carthage, Hannon ayant fait un voyage de circumnavigation autour de l'Afrique, de Cadix à l'Arabie, le publia comme son contemporain Ilimilcon, envoyé pour
(1) Christ, g 429, p. 595. Croiset, t. V, p. 120-124.
(2) Livre II, chap, iv, § 4, édition Mûller et Diibner, p. 88, 1. 25- 29; Cougny, t. I. p. 44-4fi.
prendre connaissance des côtes occidentales de l'Europe: Hanno, Carihaginis potentia florenle., circumvectus a Gadibus ad finem Arahiae navigationein prodidit scriptam, sicut ad exlera Europae noscenda missus eodem tempore Himilco (1). Pline mourut en 79 dans l'éruption du Vésuve. Hannon, le premier des deux Carthaginois dont il parle, a dû écrire vers l'année 500 avant J.-C. (2). Nous avons encore un fragment d'une traduction grecque de son récit (3). Peu de temps après Pline, sous Trajan (97 à 117), Deny s le Périégète(4), dans sa description du monde, Oixoujjiévviç ireptviY/iffic, donne d'après Himilcon le nom du principal peuple qui, avant les Celtes, occupa le nord-ouest de la péninsule ibérique : il y a, dit-il, dans l'Europe méridionale, trois péninsules, littéralement trois bottes, xorp:m<; : 1° celle des Ibères; 2° celle des Hellènes, la Grèce; 3° celle des Ausones, l'Italie. Celle des Ibères touche à l'ouest l'Océan. Là se trouve le promontoire Algba, lisez Calpe, aujourd'hui Gibraltar, qui est une des colonnes d'Hercule ; au delà sont la gaie Tartesse, sol possédé par des hommes riches, puis les Cempses, qui habitent au pied des Pyrénées :
£v ôè ol dxpr) cTYi/âwv 'A).06y) xeîxat [lîa • tîï; 6 uîtevépôev
(1) Pline, 1. Il, g 169, édition de Charles Jan, t. I , p. 102, 1. 14-17.
(2) Christ, g 40G, p. 570.
(3) Mùller, Geographi graeci minores, t. I, p. 1-14. ['i) Christ, g 499, p. 691. Croisct, t. V, p. 020.
TapTTiTO; y(xç>iz<j(j(x, puYicivewv tteoov àvôpwv, Ke(i4'0' 9', ol vatou^i Oirat ixoSa Ilyprivatou (1).
Tartesse est le nom le plus ancien du Guadalquivir et du bassin de ce fleuve, à peu près la Baetica des Romains. Le nom de Tartesse nous reporte à l'époque archaïque, sixième siècle et commencement du cinquième avant J.-C, oh les Cempses, K£u.|oi, et les Saefes, dont nous allons parler, ont précédé les Celtes en Espagne.
Enfin les noms des Cempses, des Saefes et celui d'IIimilcon se trouvent réunis dans VOra maritima de Kudus Festus Avienus, proconsul d'Afrique en 366 après J.-C, d'Achaïe en 372 (2), et qui, par un jeu d'érudition, s'est amusé à mettre en vers une description archaïque des cùies de l'Europe. Un fragment de ce poème, 713 vers, sauf lacunes, a été [lublié à Venise, en 1488, d'après un maïuiscrit [)er(hi aujourd'hui, et la meilleure édition moderne est celle qu'a donné M. Alfred Holder, en 1887, dans ses Bufî Festi Avieni Carmina, p. 144- 171. On y trouve la description des côtes de l'Océan, à partir du détroit de Gibraltar, colonnes d'Hercule, jusqu'aux îles Britanniques et môme
(1) Vors 335-338 (Mûller, Geographi graeci minores, t. II, p. 122-123) (cf. ci-dessous, p. 44).
(2) Sur Rufius Festus Avienus, voirTeuffel, g 420, p. 1059-10G2. Pétrie et Thomas Duffus Hardy, Monumenla hislorica britannica or Materials for the History of Britain from the earliest Period, t. I, p. xix-XX.
jusqu'un peu ;ï l'orient de ces îles qui, dans ce document, sont appelées insulae Oestrymnides ; ces îles sont séparées du continent par la Manche, sinus Oestrymnicus , et l'on arrive dans ces îles en partant de la Bretagne continentale, Oestrymnis.
Sinus hic dehiscit incolis Oestrymnicus in quo insulae sese exerunt Oestrymnides laxe jacentes et métallo divites stanni atquo plumbi (1).
Ces îles, riches en étain et en plomb, ne peuvent être que les îles Britanniques.
De la Bretagne continentale, Oestrymnis {vers 91), on atteint en deux jours l'Irlande qu'Avienus appelle sacra insula (vers 108) et qu'il dit habitée par les Hierni (vers 1 11) ; à côté est la Grande-Bretagne qu'Avienus nomme île des Albiones (vers 112). Ce sont les îles Oestrymnides. Les habitants de Tartesse allaient faire le commerce aux îles Oestrymnides ; les Carthaginois s'y rendaient aussi en passant entre les colonnes d'Hercule. Himilcon dit que, pour faire le voyage, y aller, — de Cadix ou de Carthage, — et en revenir, il fallait quatre mois à peine de navigation; il en avait fait Texpérience.
Tartesiis in termines Oestrumnidum negotiandi mos erat : Carthaginis
(1) Ora marilima, vers 95-98. Edition d'Alfred Holder, p. 147; cf. Pétrie et Thomas Duffus Hardy, Monumenta liislorica britannica, p. XIX (cf. ci-dessous, p. G9).
etiam colonis, et uulgus, inter Herculis agitans columnas, haec adibant aequora : quae Hiinilco Paenus mensibus vix quatuor, ut ipse semet rem probasse retulit, enavigantem posse transmitti adscrit (I).
Pour IroMver les Celtes, au temps d'Himilcon, vers l'an 500, il faut, partant des côtes méridionales des îles Britanniques, se diriger vers le Nord, c'est-à-dire atteindre les ctMes méridionales de la mer du Nord ; là se trouve une Liguric septentrionale dont les Ligures ont été chassés par les Celtes :
Ab insulis Ocstrymnicis Icmbum audeat urgerc in umlas, axe (jua Lycaonis rigescit aetlira, caespiteai Ligurum subit cassum incolaruni : namque Ccltarum manu crebris dudum praeliis vacuata sunt Liguresque pulsi (2).
C'est sur ces côtes méridionales île la mer du Nord, à l'est de l'embouchure du Rhin, que, dès l'aube de l'histoire européenne, antérieurement au neuvième siècle av. J.-C, antérieurement à l'époque homérique, a commencé la récolte de l'ambre , porté par les Phéniciens dans le bassin de la Méditerranée. Ces côtes de la mer du Nord
(1) Ora marilima, vers 113-119; édition Holder, p. 148; Pétrie et Thomas Duffus Hardj', Monnmenla hislorica britannica, p. xix.
(2) Ora marilima, vers 130-135; édition Holder, p. 149; Pétrie 8t Thomas Duffus Hardy, Monumenla hislorica britannica, p. xx.
40 § 13. IlIMILCON.
étaient alors occupées par les Ligures que les Celtes en chassèrent probablement avant d'aller s'établir dans les îles Britanniques. La mythologie gréco-romaine conserve un souvenir de cette géographie primitive quand, dans la légende de Phaeton, elle associe les Ligures et l'Eridan à l'ambre (1). Ces Ligures sont ceux du Nord, voisins de l'embouchure du Rhin, et non ceux du Sud, établis dans la vallée du Pô, quoique en aient dit les mythographes classiques. On n'a jamais récolté d'ambre dans la vallée du Pô. Quand les doctrines connues sous le nom d'Evéhmérisme ont fait un fleuve de l'Eridan, qui a d'abord été le bel ensemble des rayons du soleil levant, ce fleuve a été d'abord le Rhin, et, lorsqu'on Fa confondu avec le Pô, cela a été une décadence nouvelle du thème primitif (2). Retournons à l'embouchure du Rhin et aux îles Britanniques.
Avant Pythéas, au quatrième siècle avant J.-C, aucun Grec n'avait atteint ces régions éloignées. Colaios de Samos, aux environs de l'année 630 av. .J.-C, avait par hasard atteint la mystérieuse ville phénicienne de Cadix TaSsipa (3). Mais il n'était
(1) Ovide, Métamorphoses, 1. II, vers 3'24-380. L'Eridan apparaît au vers 324, l'ambre au vers 3G5, les Ligures au vers 370.
(2) Cf. Mûllenhofï, Deutsche AUertumsliunde , t. 1 , 2* édition par Max Roediger (1890), p. 211 et suivantes.
(3) Hérodote, 1. IV, c. 152, g 2, 3; édition donnée chez Didot par G. Dindorf, p. 225-226; cf. Dunckcr, Gescliichte des Alter- Ihums, t. V, 5' édition, p, 521.
pas iillc plus loin, ni aucun autre Grec avant Pythéas. Or, Pythéas appelait les îles Britanniques d'un nom moderne, IIpeTdvtxai, et non Oestrymnides. Il faut donc que le nom des îles Oeslrimnides remonte à Hiniilcon. C'est aussi à lui qu'est due la description de l'océan Atlantique sans limites, des difficultés qu'opposait à la navigation la végétation des plantes marines el des animaux dangereux qui y menaçaient la vie des marins.
Ab his columnis gurgitcm esse interniissum lato patero pelagus, extendi salum llimilco tradit : nullus haec adiit fréta.
Exuspcrat autem gurgitom fucus frcqucns, atque iinpcditur aestus fiiliginc, vis beluaruni pelagus omnc internatat, niultusquo terror ex feris habitat fréta (1).
Ces [)a.->Mi^t ^ ilu pciqili; iriliuiilcun étaient connus de Jérôme de Cardic (luand, au troisième siècle av. J.-C, il racontait l'invasion celtique en Grèce; les Celtes, disait-il, liabilaient à l'extrémité do l'Europe, sur les bords d'une vaste mer dont les limites étaient inaccessibles aux vaisseaux; on y trouvait une marée, des écueils, des animaux féroces, tels qu'aucune autre mer n'en offrait de semblables. C'est de Jérôme de Cardie, imitateur d'IIimilcon, que Pausanias, au deuxième siècle de
(1) 0)'a niarilima, vers 381-383, 408-411; édition Holder, p. 158-
notre ère, a pris ce qu'il dit, 1. I, c, 3, !^ 6 (1) :
Ot Se FaXarat o&xot veuovxai tyjc Eùpoj7r-/iç xà i(r/<x.Ta iià ôaXâdtrr, ■jtoXXyj xai eç xà TrépaTa où TtXot|ji.(j) ; Traps/ exai Se aaiTO)xiv xai poiyjoLW xat Ovipia oùSèv Èotxoxa xoTç Iv ôaXocffa'/) x^ XotTC^. « CeS Galates
» habitent l'extrémité de l'Europe, près d'une vaste » mer dont les navigateurs ne peuvent atteindre » les limites; elle offre un reflux, des écueils, des » monstres qui ne ressemblent en rien à ceux du )) reste des mers. »
Ces mots sont un arrangement d'un passage du périple d'Himilcon ; ce passage a été écrit pour ôter aux Grecs l'envie d'aller faire sur les côtes de l'océan Atlantique concurrence au commerce des Carthaginois.
11 est donc établi que le périple d'Himilcon, écrit vers l'année 500 av. J.-C, a été connu de Festus Avienus près de neuf siècles plus tard. Ce n'est pas le texte carthaginois que l'auteur latin a eu entre les mains, c'est un arrangement grec. Dans cet arrangement grec, le nom de l'Irlande, Iverio^ était probablement écrit %« ; de là vient le nom latin de Sacra insula donné par Festus Avienus à l'Irlande ; Sacra insula est la traduction latine de
l'epa v^coç.
Quelles populations cet auteur, copiant Himilcon, met-il sur les côtes occidentales de l'Espagne? D'abord, comme Hérodote, les Cynètes, voisins
(1) Pausanias , édition donnée chez Didot par Louis Dindorf, p. 6, 1. 2i-2i; D. Bouquet, t. I, p. 4G-2; Cougny, t. IV, p. 134,
occidentaux des Tartessiens, Tartessii. Les Tartessieiis habitent sur les bords du fleuve Tartesse, le Baetis des Romains, aujourd'hui le Guadalquivir. Le territoire des Cynètes est arrosé par VAnas^ le Guadiana de la géographie moderne :
Ana amnis hic per Cynetas effluit.
Genti et Cyneluni hic terminus. Tartesius ager his adhaeret, adluitque caospitem Tartesus amnis (1).
Quand, venant du Nord et suivant les côtes occidentales de la péninsule ibérique, on se dirige vers les colonnes d'Hercule, on longe le territoire des Cempses et celui de leurs voisins immédiats, les Cynètes :
inile Ccnipsis adjacent
l*oi)uli Cyiictuiu (2).
Ainsi, les Cempses atteignent, au Midi, l'Algarve, comme le faisaient plus tard les Celtes, au temps d'Hérodote ; ils habitent un pays montagneux, qu'Avienus appelle Ophiussa, où ils ont pour voisins les Saefes et, plus au Nord, les Ligures et les Draganes.
Cempsi atque Saefes arduos collis habent Ophiussae in agro : propter hos pernix Ligus
(1) Ora marilima, vers 205-'225, édition Holder, p. 162.
(2) Ora marilima, vers 200-201 ; édition Holder, p. 151.
Draganumque proles sub nivoso maxime Scptentrione conlocavenmt larem (1).
Qu'était-ce qu'Ophiussa? Nous n'en savons rien avec certitude (2). Mais il faut vraisemblablement chercher ce pays dans la région nord-ouest de la péninsule ibérique. La limite septentrionale des Cempses est précisée par Avienus dans son Orhis terrae où, traduisant Denys le Périégète (ci-dessus, p. 36-37), il place cette limite aux Pyrénées.
Hic Hispanus ager, tellus ibi clives Hiberum Tartesusque super attollitur : indeque Cemsi gens agit in rupis vestigia Pyrenaeae protendens populos (3).
Ainsi, les Cempses touchant au sud l'Algarve, province la plus méridionale du Portugal, s'étendaient de là jusqu'aux Pyrénées, leur frontière septentrionale.
Les Cempses ne venaient pas du Nord comme les Celtes ; leur plus ancien établissement avait été dans l'île Cartare , voisine des Cilbiceni, qui
(1) Ora mnritima, vers 195-198; édition Holder, p. 151.
(2) Le nom grec d'Ophiusa, en latin Colubraria, a été porté par l'île appelée aujourd'hui Fermentera, dans la Méditerranée, près dos côtes orientales de l'Espagne. Ce nom paraît attribué ici h une partie nord-ouest de la péninsule ibérique; cf. MùUenhoff, Deutsche Alterlumshunde, t. 1,1' édition, p. 86 (qui confond Formentera avec Columbretes) ; et ibid., p. 101-lOG.
(3) Orbis lerrae, vers 479-482; édition Holder, p. 103.
§ 13. HIMILCGN. 45
eux-mêmes touchaient les Tartessi, à l'est, c'est-à dire à l'opposite des Cynètes :
Pars vero coa continot Tartesios
et Cilbicenos. Oartare post insula est,
camquo pridein, — influxa ot est satis fides, —
tenuere CeiDpsi : proxiinoruni postea
puisi duello varia quaesitum loca
se protulere (1).
Oïl suppose ([ue l'Ile Carlare était l'inteivalle compris entre l'embouchure du Guadahjuivir et celle du Guad^lete, à peu de distance au nordouest de Cadix (2).
Le territoire des Cempses n'était peut-être pas complètement identique à celui des Celtes. Les Cempses touchaient l'Athintique au nord de Vk\garve, et peut-être aussi en Guipuzcoa, prés des Pyrénées, mais, entre ces deux [)oints, une [tartie de la côte était occupée par les Saefes :
raetaniuni aulcin est insula ad t^acl'um latus (3).
Nous avons donc chez llimilcon, reproduit par Avienns, l'indication des populations qui habitaient dans la péninsule ibérique, vers l'an 500 avant
(1) Ora marilima, vers 255-259; édition Holder, p. 153-154. Cf. Mùllcnhoff, Deutsche AUrrlumshunde, t. 1,2* édition, p. lOG-
(2) 'SliUlcnhofï, Deiilsche Allevlumshunde, t. 1,2" édition, p. 123 et suiv.
(3) Ora m.ivilimn, vers 10'.); l'ilition Holder, p. loi.
notre ère, la région occupée plus tard, dès le railieu du cinquième siècle av. J.-C, par les Celtes conquérants, et chez Himilcon, le nom des Celtes fait défaut; deux noms ethniques plus anciens, Cempses et Saefes, apparaissent; ce sont les prédécesseurs des Celtes en cette contrée.