‹ Cours de littérature (volume 4)Chapitre 100 sur 178 · C. de Litt. — M^^ DE Maintenon et St-Simgn · texte numérisé non relu

C. de Litt. — M^^ DE Maintenon et St-Simgn

38 COUUS DE LITTÉUATURE

(le TiHouffer dans le cœur de la jeunesse, et, quoiqu'il ne faille pas le proposer tout seul pour motif de leur conduite, il ne faut aussi l'attaquer ni le d«Hruiro quand on le trouve en elles; il est seulement bon d(î leur imposer des motifs • do j)iété quand on les en voit susceptibles ; mais, si elles ont le malheur do ne pas s<î rendre j)ar la crainte d'olTenser Dieu, il est bon, du moins, qu'elles crnif,Mi(?nt la perle de leur réputation, et qu'elles soi(înt jalouses de la conserver comme je Triais de la mienne. La piété rectifie ensuite ce qu'il y a de défectueux dans ce motif, et c'est toujours avoir fçagné que d'avoir par Ik évité de faire parler de soi.

Ainsi, accord de la piélù et de rainour de la répulation, s'il se peul; sinon, amour de la répulaliun en altcndanl la piété. Cela est fort bien combiné: mais que devient dans tout cela ridée du devoir? Le sentiment de l'honneur, si élevé qu'il puisse être, en liendra-l-il la place? et l'amour de la réputation n'a-t-il pas quelque chose d'un peu bien sec et raide quand il ne s y joint pas l'amour du bien? Telle vie, telle morale; la vie de M*"® de Maintenon n'a pas été assez hautement désintéressée pour que sa morale soit la pure morale du devoir.

De même, c'est dans une intention excellente qu'elle rappelle dans quelle sujétion continuelle elle-même a vécu et vit encore, puisque à la cour elle ne peut ni manf,'er ni se coucher quand il lui plaît. Kilo veut iiue les demoiselles de Saint-Cyr excellent « dans l'art merveilleux de savoir se vaincre soi-même, et de plior à toutes mains ^ ». Savoir se contraindre, c'est pour elle le ^nand mérite, elle le dit et le répète; mais elle s'attire cette question, plus ingénue que malicieuse, d'une demoisehe : « Vous n'agissez donc jamais naturellement? x> Voilà, faite par une enfant, la critique de cette pédagogie et de cette morale : la Raison y préside en souveraine absolue; mais, quand elle a dicté SCS arrêts, la iSature revendi(iue ses droits méconnus. (jiic (hîvieiit la volonté? 11 s(;mblc ([u'elh; n'ait plus à s'exercfT, puisquci toutes ses démarches sont réglées h l'avance. Que d(3vient surtout la sensibilité? Il est exagéré, sans doute, de soulenir (\uauruw: part n'est faite, dans ce système, aux sentiments du cdMir. Kiilre la raison et le cœur il ny a pas nécessairement opposition, il y a [)lutût alliance naturelle et facile. On peut i)i'ouv(T que dans l'cnseignenKînt de M"»° de Maintenon celte alli.inco est parfois réalisée»; mais elle no l'est pas assez souvent. Tel pédagogue sans parti pris, qui commence par juslili(M' M""-" de Maiiilcuion d'avoir (Mtièrement sacrifié le cœur à la raison, achève son plaidoyer en vive ciitifiue :

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