III, ch. icr
Lavalm'i: . — Histoire de la maison royale de Sainl-Cyr; 1833.
— C/ie Suucrcherie littéraire dévoilée : Revue des Deux Mondes, 15 janv.
— La Famille dWubigné et l'Enfance de M»^'^ de Maîntenon; Ploii,
1863, in-8o.
LiTTiiK. — Littérature et Histoire; Didier, 1850, in-S», p. 1-50. Mahion. — Hecue pédagogique, 15 déc. 1884, t. 11, p. 481 et suiv. Mautin IIenmi). — Histoire de France; Fume, in^8o; l^ partie, t. XIII
Ot XIV, ch. LXXXV, LXXXVI.
MiciiELET. — Histoire de France; Chamerot, in-8o,* t. XIII. NiSARi». — Mélanges et Portraits y t. II, 97.
— Histoire de la littérature française; Didot, t. III.
NoAiLLEs (De). — Histoire de M"^^ de Maintenon; Comon, 18i8-1853,
4 iii-8o.
RoussKLOT. — Histoire de Véducation des femmes; Perrin, iii-12, 1885,
t. II.
Satnte-Reuve. — Premiers Lundis; 3 iii-12, Michel Lévy, 1874; t. ]er,
— Causerips du lundi; fiarnier, iii-12; 111, 56 k 63 et 72 à 77 ; IV, 369
à 388; V, 416 à 440; VIII, 473 à 493; XI, 105 à 120.
— Vort-Rnyal; Hachette, iu-12, passim. Cf. la table du t. VII. Saim-Mahc GiiuRDiN. — J.-J. Rousseau, sa Vie et ses Œuvres; Calmann-
Lévy, iu-12 ; t. II, p. 209 à 226.
SAi.vr-Si.MON. — Mémoires, cdit. Chéruel; Hachette. Voir la table du t. XIII.
— Parallrlc des trois premiers Bourbons.
ScHÉi'.EM. — Etudes de littérature contemporaine ; Calmann-Lévy, in-
12; t. IX, p. 107 à 175.
Sée (Camille). — L'Université et M^ne dç Maintenon; Cerf, 1894, in-8'>.
Cf. Enseignement secondaire des jeunes filles; Cerf, mai, juin,
juillet 1893.
SÉvifiNK. — Lettres des 13 janvier, 26 février 1672, 4 déc. 1673, etc.
Cf. l.i table de l'éditiou Monmerqué, Hachette. , Taf'ha.nel. — La Heaumelle et Saint-Cyr; Pion, in-8o, 1898. Tholliet. — La Littérature épistolaire au dix-septième siècle, t. VI,
ch. Ti, de VHistoire de la littérature française dirigée par Petit
do Julleville; Colin, in-S».
VoLTAiHE. — Siècle de Louis XIV, ch. xxvii, et supplément au Siècle
(II- Louis XIV, 3e partie.
— Corrcspomhnice, lettres à d'Argental, 22 nov. et 18 déc. 1752; 15,
:>:; juin, 9 juillet 1750; à Formey, 17 janv. 1753, etc. Cf, la taljle (le l'édit. Beuguot.
JUGEMENTS
Celait une femme d'esprit et de beaucoup d'agréments, que le beau monde, la galanterie, les intrigues, tant pour soi que pour autrui, avaient fort polie; toujours cherchant à plaire, avec beaucoup de grâces en tout ce qu'elle disait et faisait, en un langage doux, juste, en bons termes, nalurellemont élo- ([ucnt et court, d'un air d'aisance et toujours de retenue et de respect, que sa longue bassesse lui avait rendu naturel. Son beau temps avait été celui des belles conversations et ce qu'on appelait le temps des ruelles et de la belle galanterie. Cette sorte d'esprit lui demeura toujours, avec une forte teinte de précieux et de guindé qu'elle avait prise de son étal de gouvernante. Le vernis de son importance l'augmenta, et celui de la dévotion qui la servit si bien fit semblant d'absorber tout le reste. Ce dernier lui était capital pour la maintenir où il l'avait portée et pour gouverner. Ce fut aussi à cet être de dévotion qu'elle immola tout le reste. La droiture et la franchise étaient trop difficiles à accorder avec sa situation et ses vues pour en retenir plus que la parure; elle n'était pas aussi tellement fausse que ce fût son caractère ni son goût, mais la nécessité de ses anciennes intrigues et sa légèreté naturelle l'y avaient formée : légèreté si grande qu'elle la faisait paraître fausse au double de ce qu'elle l'était, et souvent en bien des occasions et des choses où elle ne l'était pas : elle n'avait de suite en rien (jue par cotitrainle ou par force ; son goût était de voltiger en connaissances, en amis, en amusements; et comme il n'y eut plus d'amusements depuis qu'elle fut reine, son inégalité tomba toute sur les gens et sur les affaires. Ce qu'elle approuvait, môme ce qu'elle conseillait hier, souvent elle le trouvait mauvais aujourd'hui, et il se fallait bien garder de lui faire sentir sa variation : elle s'engouait aisém nt des personnes dès la première fois qu'elle les voyait en particulier, et se répanJail avec une ouverture surprenante et qui ouvrait les plus grandes espérances. Dès la seconde audience, elle s'importunait do cette même personne, fort ordinairement devenait sèche, cou-
o8 COURS DE LITTEHATURE
pait courL On se tourmentait à chercher la cause de ce chanfzement sans la pouvoir trouver. C'était uniquement sa légèreté et son inégalité naturelle. C'était ce qui rendait sa petite cour si pénible et si difficile au très petit nombre de personnes qui l'approchaient et aux ministres, dans l'exacte clôture où son goiU et celui du roi la tenait sans cesse enfermée et inaccessible; qui rendait ses audiences à obtenir si rares et si difficiles, outre le temps infini qu'elle perdait en écritures à faire et à lire des délations et des directions de couvents, même de diocèses; c'était son goût favori. Elle se croyait une mère de l'Eglise et la directrice de la cour. L'abjection et la détresse de sa première vie lui avait rétréci l'esprit et avili les sentiments tellement qu'elle pensa toute sa vie si fort en petit qu'elle fut toujours au-dessous même de la Scarron. Rien n'était si rebutant que cette bassesse jointe à un état si radieux, et rien aussi n'était si destructif de tout bien, comme rien de plus embarrassant et de plus dangereux que cette vacillité perpétuelle d'esprit en gens et en affaires. Elle eut encore la faiblesse d'être gouvernée par la confiance, mieux encore par les confessions qu'elle s'attirait, mais que sa mutabilité ne laissait pas durer longtemps. Sa clôture la tint dans une ignorance profonde, croyant être informée de tout par les délations qu'elle entretenait et qui la conduisirent sans cesse et très grossièrement de duperies en duperies. 11 y aurait bien des choses à ajouter à ce singulier caractère, mais ce qui vient d'en être dit suffira pour entendre les artifices de son gouvernement actif et passif.
Saint-Simon, Farallèle des trois premiers Bourbons;
Hachette.
Il y a des lettres d'elle où l'art embellit le naturel et dont le style est très élégant... Elle est auteur comme M™° de Sévigné, parce qu'on a imprimé ses lettres après sa mort. Les unes et les autres sont écrites avec beaucoup d'esprit, mais avec un esprit dilférent. Le cœur et l'imagination ont dicté celles de U^° de Sévigtié; elles ont plus de gaieté, plus de liberté : celles de M'"'' de Maintenon sont plus contraintes; il semble qu'elle ait toujours prévu qu'elles seraient un jour publiques. M™® de Sévigné, en écrivant à sa fille, n'écrivait que pour sa fille.
Voltaire, Siècle de Louis XIV, ch. xxvi, et Catalogue des écrivains.
Je persiste h trouver que cette femme n'était point fausse; mais elle était sèche, austère, insensible, sans passion ; elle raconte tous les événements de ce temps-là, qui étaient affreux pour la France et pour l'Espagne, comme si elle n'y avait pas un intérêt particulier; elle a plus l'air de l'ennui que de l'intérôt; ses lettres sont réfléchies; il y a beaucoup d'esprit, d'un style fort simple; mais elles ne sont point animées, et il s'en faut qu'elles soient aussi agréables que celles de M™° de Sévigné. Tout est passion, tout est en action dans celles de celte dernière; elle prend part à tout, tout l'affecte, tout l'intéresse. M™° de Maintenon, tout au contraire, raconte les plus grands événements, où elle jouait un rôle, avec le plus parfait sangfroid : on voit qu'elle n'aimait ni le roi, ni ses amis, ni ses parents, ni mémo sa place. Sans sentiment, sans imagination, elle ne se fait point d'illusions ; elle connaît la valeur intrinsèque de toutes choses, el}e s'ennuie de la vie, et elle dit : « Il n'y a (|ue la mort qui termine nettement les chagrins et les malheurs. » Un autre trait d'elle qui m'a fait plaisir : « Il y a dans la droiture autant d'habileté que de vertu. » Il me reste de cette lecture beaucoup d'opinion de son esprit, peu d'estime de son cœur, et nul goût pour sa personne; mais, je le dis, je persiste à ne la pas croire fausse... Elle n'était point aimable, parce qu'elle était triste et indifférente; sa dévotion avait nui à son esprit et gâté son discernement; elle s'était laissé conduire par les circonstances. Elle n'était point hypocrite ; sa dévotion était petite et minutieuse. Elle avait le malheur d'être sujette à l'ennui; mais, à tout prendre, c'était une femme qui avait naturellement l'esprit très philosophique et très éloigné, à ce qu'il me semble, de fausseté et de manège.
M°^o DU Dei'Fand, Lettres à Walpole, 21 mars 17G8
et 17 février 1773.