FIN
Note i , page 8.
La célébrité de cette république fut si étendue, que les Orientaux appelaient tous les Grecs du nom de Yonnojiy Ioniens. Cette dénomination s'est conservée jusqu'à nos jours. Quand ils parlent des anciens Grecs, ils leur donnent le nom de Yonnan, Quant à nous, Grecs modernes , ils nous appellent Roum , Romains , parce que les Grecs furent appelés PeàfjLouoi depuis Justinien jusqu'à là chute du Bas-Empire. Aussi , lorsqu'à Forigine de notre insurrection , les patriotes affectèrent , dans les proclamations et autres actes publics, -de rendre à la Nation son ancien nom d'Hellènes, les Turcs, qui entendaient cette dénomination pour la première fois, ne comprenaient pas d'abord de quel peuple il s'agissait. « Mais qu'est-ce donc que ces Hellènes, demandaient ces Barbares; et quelle contrée habitent-ils? Il faut qu'ils viennent de bien loin, puisque jamais nous n'avons entendu prononcer leur nom. »
Note 2, page i3.
Essai historique sur l'école d'Alexandrie, et coup d'œil comparatif sur la littérature grecque, depuis le temps d'Alcxandre-Ie*Grand jusqu^à celui d'Alexandre-Sévère; par Jacques Matter. Paris 1820, a vol. in-8.
Note 3, page 2.2.
A répoque de la renaissance des lettres en Europe , on sentit rimportance des ouvrages classiques dé la Grèce, et Ton se résolut à étudier la langue dans laquelle ils étaient écrits : la première chaire de littérature grecque fut fondée à Florence , vers le milieu du quatorzième siècle^ et confiée originairement à des Grecs natifs; par conséquent leur propre prononciation dut élre la seule qu'ils enseignèrent. Elle fut suivie jusqu'au commencement du seizième siècle, époque à laquelle le savant Érasme, trompé (à ce que rapporte son disciple Yossius) par de fausses ' relations sur la véritable prononciation grecque , se hâta de publier un dialogue sur ce sujet. Il y exposait le système de prononciation dont on se sert encore généralement en Europe, et qu'il réussit à faire adopter.
On a beaucoup écrit pour et contre ce système ; la question paraît décidée aujourd'hui : les hommes instruits et sans préjugés de collège, ont reconnu l'ancienneté de notre prononciation ; en effet cette méthode nous a été transmise de père en fils , par une suite non interrompue d'instituteurs et de maîtres d'école, par l'usage liturgique des livres saints dans nos églises, qui n'ont jamais été fermées, même au plus fort de la tyrannie des Musulmansi Malgré cela on conserve le système d'Érasme par prévention, par habitude, et parce qu'il simplifie un peu les élémens d'une étude difficile. Cette opiniâtreté avec laquelle l'Europe, quaique à moitié convaincue, tient en-
core à la prononciation d*ane langue qui lui est indifférente, prouve seule avec quelle force, avec quelle ténacité , la Grèce a dû être de tout temps attachée à cette partie intégrante de son caractère national. Puisque lés préjugés de jeunesse ont tant d'énergie en Europe, ils doivent avoir eu la même action en Grèce, et avoir prévenu des modifications tendant à altérer une chose aussi chère à chaque nation , que sa langue. Que de légères nuances aient disparu par ta longueur des siècles; que les aspirations des esprits , le son redoublé des lettres géminées, et l'emploi musical des brèves et des longues, se soient perdus peu à peu, comme étant des nuances qu'une grande délicatesse d'organes peut seule apercevoir, cela n'est point extraordinaire , puisque le matériel de la langue a été notablement altéré; mab que des sons supposés originairement tout différens se soient confondus dans un seul et même son , voila ce qu'il me semble difficile de comprendre et impossible de prouver.
Note 4? page 22.
La caisse du patriarchat (qu'on appelle caisse com^ mune) paie chaque année au fisc impérial a5,ooo piastres de Turquie, pour le patriarche et tout le corps des archevêques qui ont leur siège dans l'empire ottoman : le fisc donne le titre de présent à ce tribut annuel. Moyennant cette redevance générale, le haut clergé est exempt du droit de capitation qu'est tenu de payer à la Porte tout raïas ou serf mâle, de quelque religion qu'il soit (nonmahométan ). Cependant les évéques n'en sont exemptés
que lorsqu'ils résident dans leurs diocèses; ils la paient tant qu'ils séjournent à Constantînople. Dans cette caisse commune du patriarchat on peut placer des somme» d'argent à intérêt; le Gouvernement y fait quelquefois des emprunts, et les^ Turcs eux-mêmes y placent leurs fonds pour qu'ils soient en sûreté.
Une certaine classe d'affaires civiles sont du ressort
du patriarche; par exemple, les contrats de mariage et
« les divorces^ les legs et les testamens, les petits vols et
les délits de peu d'importance. En général on recourait à la médiation du patriarclie, pour éviter les procès soumis aux tribunaux , et les sentences arbitraires des vizirs. Le patriarche connaissait ainsi des différends des Grecs entre eux, de ceux entre Grecs et Arméniens, et même entre Grecs et Turcs.
Le patriarche tient dans sa maison une cour de justice composée de son clergé séculier; la sentence prononcée est reconnue valable , même quand le procès a Ueu entre un Turc et un Grec.
Quand le patriarche veut bannir des chrétiens, il adresse par son agent une pétition à la Porte, pour demander le firman ou ordre d'exii. La Porte y acquiesce immédiatement ; aucune des requêtes du patriarche ne demeure sans effet: si le contraire arrive, c'est le signe de sa prochaine déposition.
Le patriarche a une prison à laquelle il condamne les chrétiens coupables , soit ecclésiastiques, soit laïques. II a le droit d'envoyer aux galères sans même en informer la Porte, qui jamais n'élargit de son chef le détenu que le patriarche a condamné.
Lorsqu'un chrétien coupable d'un léger délit, était conduit à ia prison publique par des officiers de police, s'il déclarait publiquement vouloir embrasser l'islamisme , il élait aussitôt délivré et amené devant quelque tribunal, ou à la Porte même, pour y recevoir le turban. Mais les chrétiens que les janissaires du patriarche conduisaient à l'exil ou aux galères, avaient beau manifester chemin faisant leur vœu pour l'apostasie, personne n'osait les arracher des mains des janissaires.
Enfin le patriarche a le droit de se promener à cheval dans Constantiuople, précédé de deux janissaires et entouré de douze curés , du porte-bâton et des diacres.
Note 5 , page 89.
Les ouvrages de Samuel n'ont pas été imprimés. Nous avions, mon frère et moi, dans notre maison paternelle, à Constantinople , le portrait de Samuel , notre grandoncle. Jérémie, patriarche de Constantinople^ l'aperçut un jour, et nous le demanda, parce qu'ayant été l'archidiacre et le protégé de Samuel, il désirait placer son portrait dans le palais patriarcal. Mon frère le lui re« fusa, comme un héritage inaliénable. Peu après, j'allai chez le patriarche, pour le féliciter sur son jour de fête. Sa chambre était remplie de monde. Le patriarche alors me fit la même demande, en l'appuyant sur son attachement et sa reconnaissance pour Samuel, n Monseigneur, luirépondis-je, votre Sainteté doit non-seulement conserver un grand attachement pour Samuel, mais aussi s'acquitter envers lui de tout ce qu'exige une reconnaissance
Ij6 NOTES.
réelle. Qu'elle fasse donc une chose digne du beau sentiment dont elle est }>énétrée : elle nous demande le portrait de Samuel; mais un portrait^ une statue, sont aussi précaires qtt*insignifians ; de tels monumens ne sont pas dignes de Samuel. Au contraire, ses ouvrages seraient les garans étemels de ses talens, de ses vertus et de ses travaux pour rÉglise et pour la Nation; c'est à votre Sainteté de préserver ces ouvrages de Toubli. Au lieu du portrait, nous offrons ses Oeuvres manuscrites et les Mémoires sur sa vie, écrits de sa main. » Jérémie accepta ma proposition , et nous lui donnâmes une copie de notre manuscrit. Mais ce patriarche ayant été déposé deux mois après, l'entreprise fut abandonnée.
Note 6, page 44»
Ce fut Théotoky qui suggéra à Grégoire Ghika , secrétaire-interprète de la Porte ottomane, l'idée de visiter les débris de la bibliothèque des derniers empereurs grecs, conservée dans l'intérieur du sérail. Cet interprète ayant de» relations d'amitié avec l'eunuque gardien des trésors de l'empire ottoman, obtint la permbsion d'entrer dans l'appartement de la bibliothèque; et, faute d'autres manuscrits précieux , il emporta la série des commentateurs de l'Ancien Testament; après en avoir pris une copie, il restitua le manuscrit.
Malgré le témoignage de Ghika , Ton croyait toujours qu'il existait , dans la bibliothèque du sérail , des ouvrages perdus des classiques grecs et latins. Mais le général Sébastiani confirma la déposition du prince Ghika, sur
r«tat de la bibliothèque. Ambassadeur de France à Constantinople, aimé du sultan Sélim , et jouissant d'une inflaence extraordinaire sur le ministère ottoman , cet insinuant diplomate demanda , comme une faveur des plus insignes, la permission de visiter la bibliothèque du sérail. Non-seulement Sélim lui accorda sa demande , mais il ordonna au gardien du trésor impérial de faire montrer à Tambassadenr toute la bibliothèque » de lui laisser le temps de Fexaminer , et de lui offrir, comme un présent de la part de Sélim , les livres qu'il y aurait choisis. Sébastiani examina scrupuleusement tous les livres que contenait la bibliothèque impériale; mais il n*y trouva que des parchemins sur des matières ecclésiastiques , et il choisit un magnifique manuscrit du Nouveau Testament.
Note 7, page 48»
Cette Physique parut en même temps que la belle traduction de la Pluralité des Mondes, de Fontenelle, traduction que la littérature grecque moderne doit au talent de Panajotaky Kodrikas d'Athènes, premier secrétaire de Michel Soutzo , hospodar de Valachie.
Note 8, page 5o.
Un de ceux qui partirent de Vienne, et préférèrent le séjour de Leîpsick, fut le négociant Théochary. Il devînt un point d'appui pour les jeunes étudians grecs , lorsque Vienne, qui, sous le règne tolérant de Joseph II, servait aux Grecs^ de rendez-vous facile, cessa d'être
Ij8 NOTES.
fréquentée par eux , tant à cause de la mort de Rîga , que de Toccupation de Trieste par les Français. Cependant , quand la guerre fut déclarée en 1806 entre la Porte et la Russie, une nouvelle route de commerce s'ouvrit par Belgrade et Semliu. Par cette route on importait dans les états d'Autriche une quantité immense de coton. Ce commerce devint si lucratif 1 que plusieurs maisons grecques y firent des bénéfices considérables; de manière que les négocians grecs affluèrent derechef à Vienne y et attirèrent ceux de leurs compatriotes qui désiraient étudier les ' sciences et la médecine.
Note 9, page 61 •
Néophyte Doukas et son ami Comita , jadis professeur de philosophie au lycée de Bucharest , habitent actuellement à Cronstadt en Transylvanie. On assure que Doukas s'occupe à traduire Homère en vers grecs modernes. Comita est auteur d'un ouvrage intitulé Encyclopédie faellé* nique; c'est une collection systématique de morceaux choisis dans les classiques grecs; elle forme ja vol. in-8r<' Il doit bientôt en donner une seconde édition.
Note 10, page 67.
C'est Benjamin qui inventa, ou tout au moins développa le premier, l'hypothèse d'une substance étbérée qui pénètre tous les corps, remplit tons les vides ^ se meut perpétnellemeiut en tous sens et dans toutes les directions; qui est la cause unique des principaux phéoo-
KOTES. lyq
mènes de la nature, comme de la lumière ^ du feu, de l'électricité y du magnétisme , du galvanisme , des sensations, de la végétation, et de la rotation des corps du sys-^ terne planétaire. Cette substance éthérée est appelée par Benjamin d'un nom qu'il a créé lui-même, ?rfltt'Tflt;^ftxiVif> TOVf ou se mourant partout.
Note ii, page 69.
On peut consulter sur Tétat du collège de Cydonie, une intéressante notice, publiée en grec par le docteur George Typaldos, qui lui-même y a fait ses premières études.
Note la, page 70.
Le mot grec hétérie signifie société. Riga en fut le pre* mier fondateur. C'était une association secrète , dont la base était la religion, et dont le but était Taffrancbissement de la Grèce. Un des articles principaux de l'Hétérie était son isolation de toutes les autres sociétés secrètes de l'Europe. Les adeptes étaient indispensablement obligés de jurer qu'ils n'avalent pas la moindre relation avec aucune société étrangère. L'Hétérie, fondée par Riga, reçut dans la suite plusieurs modifications. Elle avait ses grades, auxquels les hommes de mérite pouvaient seuls parvenir; les hommes du peuple n'étaient initiés qu'au premier degré ; on leur recommandait l'amour de la religion et de la patrie> la haine implacable contre les Turcs, et k désir de s'affranchir de leur joug. La majeure partie des hommes éclairés de la Nation étaient membres de l'Hété-
'l8o NOTES.
rie. Elle fut agrandie , et plus régulièrement combinée en 1814 y quand les souverains alliés eurent abattu le colosse de la puissance française. Depuis cette époque , THétérie allait toujours croissant, par l'encouragement tacite que lui donnaient la Société de la Bible » l'abolition de la traite des nègres, et les principes philanthropiques propagés dans toute l'étendue de l'Europe , prêches par tous les sages f et même par les cabinets.
Note i3, page 79.
Aux familles constantinopolitaines , il faut joindre quelques familles marquantes de Trébisonde , qui se réfumèrent à Constantinople après la destruction de l'empire de Trébisonde. Parmi elles, étaient les familles des Ypsilanty et celle des Monrouzy. La première de ces deux familles est assez connue ; la seconde a donné à la Grèce d'excellens citoyens , entre autres Alexandre Stourdza , dont le moindre mérite est un talent distingué dans l'art d'écrire.
Note i4, page 80.
Le clergé laïque ou séculier, ce cortège du trône patriarcal de Constantinople , fut formé dès l'époque où les successeurs de Constantin-le-Grand , empruntant des Orientaux une foule d'étiquettes somptueuses, multiplièrent les titres et les charges dont ils remplirent leurs palais. A l'exemple de la cour impériale, le haut clergé s'entoura peu à peu d'un nombre considérable de dignitaires.
NOTES. l8l
auxquels il donna des titres analogues à ceux des fonc" tionnaîres civils. Ces officiers ecclésiastiques recevaient une espèce de consécration par une légère tonsure et par rimposition des mains. Ils se divisaient en deux classes, sous le nom de première et de seconde pentas. La première était composée du Grand-Logothète ou archichancelier du trône patriarcal, du Scévophyîax ou gardemeubles^ du Chartophyhix on archiviste, du Grand- Ecclésiarque et du Grand- Orateur, Dans la seconde étaient rangés le Grand- Économe, le Protonotaire, le Référendaire, le Primicier, V Jrchichantre et le premier Secrétaire, Cette classe comprenait encore une foule d'officiers subalternes qui portaient aussi le nom de clercs. Depuis la chute de Tempire, les revenus du clergé laïque consistaient en une pension modique, assignée sur la caisse commune de l'église patriarcale ^ et en rétributions déterminées que quelques iles, quelques villes^ et quelques Gouvens, annexés au siège patriarcal, payaient annuellement au clergé séculier, sous le titre de droit d'exarchat ou de préfecture. Les membres du clergé laïque géraient les affaires civiles et ecclésiastiques des chrétiens de la capitale. Ils s'occupaient des monastères, de la disposition .des biens ecclésiastiques, des donations faites au clergé. Ils composaient le conseil du patriarche, quand il jugeait les procès civils et religieux. Chacun de ces dignitaires avait pour apanage quelques îles de l'Archipel, ou quelques monastères^ dont il était pour ainsi ^.ire l'agent auprès du trône patriarcal. Les provinces et les iles grecques sous la domination des Francs n'en étaient pas exclues. Ainsi les fonctions du clergé laïque étaient bornées aux
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affoires civiles qui appartenaient à la juridiction du trône patriarcal de Constantinople.
Note i5, page g3.
Lliospodar de Valacbie, Charles Caliimachy, avait été chargé par le gouvernement turc , six mois avant l'insurrection grecque, de traiter » en qualité de négociateur plénipotentiaire , avec le baron de Strogonoff , ambassadeur de Russie, des différends qui existaient à cette époque entre la Porte et le cabinet de Saint-Pétersbourg.
Note i6, page ioa.
De ces deux journaux, l'un, le Télégraphe ^ était politique et littéraire; l'autre purement littéraire et scientifique. Les rédacteurs demeuraient à Vienne : c'étaient d'excellens patriotes et de profonds littérateurs. Le style de ces journaux était clair, élégant et correct. On y trouvait les événemens politiques , des analyses de différens ouvrages grecs , des mémoires sur la littérature grecque ancienne et moderne, les annonces des découvertes scientifiques faites en Europe, des poésies fugitives, et des dissertations polémit^ues sur le meilleur système à adopter pour donner des règles fixes à la langue grecque moderne, etc.
Note 17, page io6.
Par exemple File de Chypre ne contenait, peu avant rinsurreclion, que quatre-vingt mille âmes; tandis qu'à
NOTES. l83
répoque de sa conquête par les Turcs, elle était peuplée d'un million d'habitans. D'après les archives dans lesquelles était enregistrée la capltation annuelle de cette lie, le nombre de ses contribuables montait, immédiatement après son asservissement, à plus de cent vingt mille hommes» entre vingt et quarante ans. La population des autres provinces avait diminué dans la même proportion.
Note i8, page 107.
Chaque orta^ ou régiment de janissaires, pouvait im> punément attacher son emblème sur ces bàliiAens grecs, et s'approprier ainsi la moitié des bénéfices. Les Turcs , qui n'ont pas l'usage du duel, se battaient pour ces bâtimens, objets de leur avidité. Un janissaire incrustait l'emblème de son or ta sur la proue d'un navire grec , et, par cette seule opération , il en devenait un formidable actionnaire. Un autre janissaire , d'un régiment différent, survenait, et supplantait l'emblème. Alors on se défiait, et les deux champions allaient vider leur querelle dans un lieu appelé handak ou fossé , à quelque distance des murs de Galata, vis-à*vis de Gonstantinople; en sorte que le bénéfice des navigateurs grecs devenait la proie du plus, fort, et le partage du lion de la fable. .
Note 19, page io8.
L'une de ces compagnies portait le nom de marchands lie farine , l'autre celui de marchands de beurre* La première faisait le commerce des céréales , des grains et des
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légumes secs ; elle avait un intendant qui résidait à Cons^ tantinople , où il passait pour un des premiers fonctionnaires publics. La seconde compagnie exerçait le commerce du beurre y du fromage , du suif , des viandes salées , etc. Ces compagnies avaient leurs vaisseaux, dont Téquipage était composé de matelots musulmans, la plupart tirés du littoral asiatique de la mer Noire; c'était presque la seule marine marchande du Gouvernement. Les compagnies avaient leurs correspondans turcs, établis dans les places fortes le long du Danube. Ceux-ci entraient, pendant l'hiver, dans les deux provinces, en parcouraient tous les districts, et distribuaient des arrhes aux paysans. Dès les premiers jours du printemps, les vaisseaux des deux compagnies arrivaient à Galalz et à Ibraîl, échelles de Moldavie et de Yalachie sur le Danube, et se chargeaient pendant six mois de toutes les productions que les compagnies exploitaient. Ces accapareurs exerçaient sur les paysans des vexations inouïes, sans que les hospodars eussent la force de s'y opposer; car ces compagnies, presque toutes composées de janissaires, avaient un crédit immense auprès du Gouvernement.
Le Cassab-Bachy ou chef des bouchers de Cons tantinople, disposait du nombre de moutons nécessaires à la capitale, d'après un mémoire qu'il présentait chaque année au Gouvernement. Le nombre de ceux que devaient annuellement fournir la Yalachie et la Moldavie , exèédait trois cent mille. L'amirauté ottomane tirait aussi de ces provinces tous les mâts et les futailles de la marine militaire, tous les bois de charpente pour les affûts et les caissons de rartilleric. Le sel fossile de Yalachie, article
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essentiel du commerce.de cette principauté, se vendait exclusivement aux négocians turcs. Tel était l'état du commerce dans ces riches provinces; et malheur à l'hospodar qui aurait permis ou négligé la plus légère contrebande : il la payait de ses biens et de sa tète. Les ordres du Sultan, à cet égard, étaient si précis, qu'en 1814, lorsque laHongi*ie souffrait d'une famine extrême, l'Autriche ne put obtenir la sortie des grains que par le moyen de l'hospodar Caradza, qui jouissait alors d'un crédit immense auprès du sultan actuel. — Je ne sais par quelle fatalité la Russie, dans ses traités avec la Porte ottomane, n'a jamais stipulé la liberté de commerce pour la Valachie et la Moldavie, ce qui serait le plus grand bienfait qu'on pût leur accorder. Je fus chargé en 1820, par l'hospodar de Moldavie, Michel Soutzo , de rédiger un mémoire sur l'appauvrissement des deux provinces , causé par le monopole qu'exerçait le gouvernement turCé L'hospodar expédia confidentiellement ce mémoire au baron de Strogonoff , alors en- -Toyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire près la Porte ottomane. Le baron , aussi humain qu'éclairé , était sur le point d'entamer cette négociation , quand tout à coup l'insurrection éclata, et rompit toute communication diplomatique entre les deux puissances.
Note 20, page 118.
Le médecin Ylastos travaillait depuis bien des années à la composition d'un dictionnaire grec; Charles Ghika s'occupait aussi de traduire le grand dictionnaire d'Henri Etienne, et d'ajouter un grand nombre de mots quiman-
l86 NOTES.
quent à ce chef-d'œuvre de Téradition du seizième siècle» MouroQzy ayant acquis les travaux de ces deux philo^ logues , Ghika et Ylastos , forma une société d*hommes instruits, leur procura tons les dictionnaires grecs déjà publiés , et fournit à tous les frais de ce grand travail. Dans 6e dictionnaire on expliquait en grec moderne tous les mots de la langue littérale; on citait des exemples tirés des auteurs classiques ; on marquait Tâge de chaque mot y et Ton faisait un continuel parallèle des variations de sens que chaque terme avait éprouvées dans les différentes périodes de la littérature grecque. L'impression de ce dictionnaire (intitulé KijSâiToçy Arche de la langue grecque) fut commencée en 1817 dans l'imprimerie patriarcale de Constantinople; il n'en parut que le premier volume, allant jusqu'à la lettre A% grand in-folio et en beau caractère. Outre le dictionnaire de Gazis, les Grecs possèdent aujourd'hui un dictionnaire de la langue ancienne^ composé d'après les travaux philologiques des Allemands : c'est celui de Constantin Blichel Coumas. Vienne i8a5.
Note 21, page 124.
Malgré ces progrès, malgré les rapports intimes qui existent entre le grec ancien et le grec moderne, j'estimtî fausse l'opinion de ceux qui prétendent ramener en Grèce l'usage de la langue ancienne, en abandonnant tout à fait le grec moderne, comme incapable de perfectionnement; par là ils attaquaient également les deux langues : ils profanaient l'une, et frappaient l'autre d'une complète
nullité. C'est ane grande erreur que de croire possible la réintégration d'une langue morte quelconque. Puisque le langage est l'expression de tout l'homme, il faudrait nous rendre toutes les mœurs, tous les préjugés, tous les usages du peuple qui l'a parlée; nous remettre clans la même situation politique, intellectuelle et morale; faire retourner les connaissances à la place où elles se trouvaient; modifier notre manière de penser; changer la religion, la législation, le gouvernement , tout enfin, et cela pour n'avoir que de plats imitateurs d'inimitables modèles.
Note 22, page i34.
On ne saurait trop regretter le collège de Missolonghi, l'école d'enseignement mutuel^ le journal qui paraissiait dans cette ville sous le titre de Chroniques grecques, et l'imprimerie , d'où sortirent quelques ouvrages, entre antres la Constitution du gouvernement provisoire de la Grèce, l'Essai sur l'organisation des différentes provinces, les traductions faites par Polyzoïdès de la Constitution d'Angleterre et de celle des États-Unis. Le collège d'Athènes commençait à fleurir malgré les ravages de la guerre. Une imprimerie et un journal y étaient aussi établis. Une société dite des Amis des Muses y avait été fondée à Athènes pour l'investigation des antiquités, et renouvelée par le comte Capodistrias à Vienne , lors du congrès, pour venir au secours des jeunes Grecs qui cherchaient l'instruction dans les académies d'Europe. Même depuis l'invasion d'Ibrahim, il y a encore dans le Pélo-
l88 NOTES.
ponèse quelques écoles d'enseignement mutuel; une imprimerie et un journal politique à Napoli de Romanie, ainsi que dans Tlle d*Hydra.
FIN DES irOTES.
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ElX MAYTO'N.
Iloy £ev CX6CV0Ç xaepoç, orav x eyco eyoatfxcov, Ait' ai{paç PoyjôoiîjJievoç Ttov gufxsvaiv àvefxcov, Ax'jfxaVTOv ^j/iriea rb ireAayoç toî> ^^ou, Ko! e?ç Toi>ç xoA'nrouç IjiSxcva Ae/x/voç yaXyjv^ou ! Ajjiyyv wov o oTxoç fAOu * \ éx€?vov xa9 Y^pav, 2u|X'ïra/Ça)V (xe rà T€xva fxou, 'ïTEpcTratÇa tyîv orcpa^av SufXTTdcpc^pov 'ç T^ rpdcTreÇav XajjiSxvcov rîiv uye&v, Tr/v ocTraArjv rcov erpccpa x ' à9(oav yjAexcav.
AXA w ^«Tp^ç ! 5 ïi^opa TTOCjjKpilTocTov xal â'erov !
Ù yXoxordrin fxou "KOLZff^ ! rà Teicvot orou x(xQvin Ottc^tocv cri> irpooxotAeo-eç, <n> fx' &pocÇeç x' epAa. T^c t/xvov (jo'J c?A«xpev£ç, fA ' lAAvTVtxV xap5tav, Ilpiç ryiv <pcov/v <too cfjifAAe va fxev' e«ç Ay]9apy/av;
Aj^Stv y^v tV £?>av5pov rîîç ovco rcpjuuxv^eç, T)îV yr/v Ttjv (pûrr^ tcov re^vaiv xa? rrtç y«A(WO<p&ç* AcfiAda r)îv xoAA^r/xvov yewa^av ÈASerfav, ÉAAyf^cov g'iepy/rpjav p^ ixjsyaXo^jyfanf.
ÉôopîfJtaTa X r^ATzrflOL t^<v oroxppova FeveSov, Koj, eujjyjôeiç virep airîîç, ràç AA^ïtscç iirep^STV. . • Kar^nv ç rà iW'iica êroAtxoc 'îtzèCa^ ^i\o\u^iè^y tfi\6^t'^ \k èSéyO ' rj Typpyjv^ot. Tàç Srheiq ràç iro(yîT(xàç, toc «Aotî ttqç, touç xtîWo'jç, O-TTOU 'efxSxAej ô x^'f*^ f*^ ore&eç xa( /Îpoc5uiroiiç, Ta î3a' TrArjV, àAAo^ovov! Traixjc'Auiira irpàç aAAouç, '2 CfxAa }6iv(xç y/wTjo-otv xàt arcvoryjiobç fxeyoAouç.
Evi'ore TrAavcS/xEVoç ç rrîv TrapaQoAaorgtav,
Mhf «X^*" «AAoV <Jt5vTpO<pOV TTOpà TYîV adujji^v ^
OTTorav TrAora iSAc^îra r^iv S'dtAa^yaav va <7x^ouv, Maxdtptoc, IcpoSvaÇa, ôWdOj àpfX€v/Çouv!
IIoTE, TTTyjva 3'otAdcar(7(a, va y /père x £|i/va M^ rà Acuxaç <yaç frr/pDvaç \ tt^ Y ^paç rov AcpiAa •'
ripo yjfjispaiv ir^-^ôo; vscpcov, octto àr/xaiv TrAyîôcopaç E^oyxcofxeva, fÇpej^ay (jj^eâov éÇ^vra wpaç. • • • Merà TrîV ^aîîo-tv t^ç (Spo^f/Ç, èyoo x ' svaç (xou cpt'Aoç, Apya Trepf^aro'ijafjiev ç ro3 iroTafxoiî to xet^oç. Exe? TrocpeTT^prîrajiev, fAgrà cppi>ydtvcov ccAAcov, K €va irapaerjpofjtsvov xopfx^v 5pubç fxeydcAov. Hrpacpelç rore ç ràv cpc^ov (xo'J* eSe, t^v €rrra, 'xfieW Tîiv 5puv, 'TTcoç TTopacpgpsToec ç tyjv iroTafxiotv SiVfjy. Hrov X JTJTrJ'înjxvoipuAAoç, fxe xAcavaç TroAAoïiç Trpcoyjv, Mg T^ (TX(av Tyjç ^pcfercÇs ttïv iiroxaTCo xArfyjv, 2 TO^yç xAdt^ouç ttîç Aty^cpQoyya Trryîvà IxeAaâoÎKJav,
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