‹ Cours de machines (volume 2)Chapitre 52 sur 117 · HMP · texte numérisé non relu

HMP

L'expression du rendement devient ainsi, en fonction du diamèlre :

el, réciproquement, colle du diamètre capable de procurer un rendement donné X sera :

\0rJ V (l-X)H»

Le diamètre nécessaire pour obtenir un rendement donné varie

donc en raison inverse de H». Mais si Ton veut, au contraire, sacrifier une perte de charge définie en valeur absolue, en considc-

AGCUHUUTEURS.

rant (1— X) H comme une donnée spéciale, que l'on au besoin, par une lettre distincte, le diamètre vai raison inverse de Hë.

ÉLÉVATEURS aTSK A CLIQUES

tes — Généralités. — Les accumulateurs ont i taincre les genres de résistances les plus divers. Ils nœuvrer les cornues Bessemer, les portes d'éclus tournants, l'outillage des porls (') et des gares de chei machines à agglomérer la houille, les riveuses('), en poinçonneuses, perceuses, etc. La description spéci férentes applications appartient à la technologie. Non fons ifi, pour rester à un point de vue général, à en Llème de l'élévation des corps pesants.

Nous devons d'abord noter que, dans cet ordre d principe même des élévateurs hydrauliques se prête lie réversibilité. Lorsqu'il s'agit, en etTet, dedescendn alternativement divers fardeaux, on pourra éviter d' en pure perte. le travail de la pesanteur développé pe ccntes. 11 suffira, en intervertissant le jeu de l'appare dans l'accumulateur une provision de liquide, repréi travail, qui restera ainsi disponible pour desélévatioi

Les élévcUeurs ou monte-charges sont ordinain comme la machine à colonne d'eau, sur ta pression si de c« liquide par un organe h mouvement alterna Fërent toutefois d'après une circonstance importante; manœuvre resta arbitraire et intermittente, tandis qi précédente est automatique, et se prolonge d'une mar

•'] Batret. Étude sur les appareils hydrauliques appliqués à la m tiWift des porls (Jnno'» dit travaux publia. ISSO, pa^s 145, I KO, m. 510. 331, 336. — Neudstadl. Emploi de Caau comme MOifi de U fora dam lei dockt, 1S66.

('i G. BitJiird. Les riïeusea pour cliauUiéres de locomotiie» (/ (Ann'M de /b-, décembre 1SS3, p. 3S5]. — G. Riïliard. la Chaudièri outiUagt. \nA; 1886, p. 6M.

3it MOTEURS HYDRAULIQUES.

jusqu'à cp que l'on intervienne volon(ai renient pour le modififiron

l'arrêter. Ces appareils peuvent, du reste, prendre plusieurs aspects

caractéristiques.

Si la puissance hydraulique leur est fournie dans les conditions ordinaires, c'est-à-dire sous la forme d'un bief supérieur, d'où l'eau peut descendre au niveau inférieur en a'incorporant à la machinp, OR obtient les balances hydrauliques. Si l'on emploie, au contraire, l'can en charge sous la pression statique qui résulte de la différenrc

Fig. I6i Uachirc i pislon el t chaîne [coupe verticale).

de niveau des deux biefs, ou avec la tension artificielle fournie par un accumulateur, on peut, en premier lieu, appliquer le piston à soulever le fardeau sur sa tête, comme dans les ascenseurs à tige: ou bien agir, dans un corps de pompe, sur un piston attelé à des chaînes de transmissions (fîg. 164), comme avec les grues hydratiliques. Passons en revue successivement ces divers dispositifs.

48» — Balances hydrauliques. — Sur une poulie supérieure, passe une chaîne portant deux caisses, qui sont construites en bois ou en tâle, et dont le mouvement est guidé verticalement. Les plateaux qui les surmontent sont disposés de manière à recevoir les objets qu'il s'agit d'élever. Ordinairement les matières sont disposées dans des wagonnets, qui sont destinés à faciliter leur cireulation horizontale, et qui constituent un poids mort. Mais ce poids n'interviendra qu'accessoirement, en raison des résistances passives dont il devient l'occasion, si l'on a soin d'équilibrer la montée d'un

wagon plein par la descente d'un wagon vide. Des arrêts ou clichages assujettissent le système pendant le remplacement des wagonnets chargés par des chariots vides, et réciproquement, après chaque course.

L'intérieur de la caisse se remplit d'eau au niveau supérieur (*). En introduisant un poids de liquide qui dépasse légèrement la somme de celui des matières et des résistances passives que Ton peut évaluer environ au dixième de la charge totale, on détermine la mise en mouvement de l'appareil, dont un frein permettra, au besoin, de maîtriser l'accélération et de déterminer l'arrôt en fin de course.

On perd évidemment, sur la hauteur de chute, la portion correspondante au déversement, et la hauteur motrice est seulement égale à la course elle-même. En vue d'opérer ce déversement, un clapet à tige trop longue, disposé dans le fond de la caisse, se trouve soulevé par son arrivée au point le plus bas. Parfois, au contraire, cette soupape est manœuvrée à la main.

Ajoutons que, pour que le poids de la chaîne reste constamment équilibré, malgré son passage continu d'une travée à l'autre pardessus la poulie, on a soin de suspendre, sous les caisses, deux brins additionnels, qui s'affaissent progressivement sur le sol pendant la descente, et se redressent peu à peu, lors de l'ascension de leur cage.

Rien n'oblige d'ailleurs à avoir le bief supérieur exactement au niveau du déchargement des fardeaux, comme semblerait l'exiger l'explication précédente. En réalité, il y a une complète indépendance entre ces deux plans. Il suffit, à cet égard, d'employer, pour les deux cages, des poulies distinctes, dont les rayons soient proportionnels aux courses que l'on doit réaliser respectivement, dans la descente de l'eau et l'ascension des charges; en même temps, bien entendu, l'on consommera des quantités de liquide qui seront, avec le poids de ces dernières, en raison inverse des hauteurs parcourues.

(*} Pour relever le tablier du pont en treillis de Douarnenez, on a employé une cais^ de contrepoids suspendue à des chaînes et remplie de 75 000 kilogrammes d'eau, indépendamment de son propre poids qui était de 8500 kilogrammes (Af^motre* de la Société des ingénieurs civil», octobre 1884, p. 524).

Dans certains cas, le bief supérieur, au lieu d'être alimenté par un cours d'eau naturel, le sera par une machine à vapeur élévatoire. Le système peut alors être assimilé à un accumulateur, dans lequel le moteur à vapeur agit uniformément pour emmagasiner la puissance au point le plus haut, sous la forme d'une provision d'eau, que l'on concentre dans le bief de retenue; tandis que la balance dépense par éclusées, aux instants voulus, cette énergie disponible, en développant, à ce moment, un effort tout différent de celui que la machine thermique exerce d'une manière continue.

Ajoutons enfin qu'il existe également des balances inclinées (*), pour actionner des tractions mécaniques en rampe. Deux wagons à eau sont alors attelés aux extrémités d'une chaîne, passée sur une poulie dont le plan est parallèle à celui de la voie, et que Ton installe à son sommet. Sauf cette circonstance, le fonctionnement s'opère comme pour les monte-charges verticaux.

IS30 — Grues hydrauliques. — Les grues hydrauliques (*) constituent Tune des formes les plus usitées de la classe des élévateurs à chaîne. Le principe de ces derniers reste toujours le môme, quelle que soit la disposition du système de charpente, et celle des poulies de renvoi qui servent à guider la chaîne destinée à mettre en relation le piston récepteur avec le fardeau à élever (fig. 164).

Ces grues consistent en une charpente très simple (fig. 165 à 168), installée de manière à pouvoir tourner sur un pivot, en promenant ses grappins le long d'une circonférence de cercle. La puissance hydraulique est employée, au besoin, à déterminer celte

(*) A la Grand'Coinbe (Gard), à Festiuiog (pays de Ganes), au Giessbach (Suisse).

C'est également une balance hydraulique inclinée qui actionne le chemin de fer funiculaire de Territct à Glion, près de Montreux (lac de Genève). Il sert à racheter une dénivellation de 502 mètres, avec un développement de ()74 mètres, et des pentes qui varient de 30 à 57 %. La poulie a 3",37 de diamètre ; le wagon pèse 7 tonnes, et renferme un égal poids d'eau ; sa vitesse est de 1",60 par seconde. Les frais de premier établissement, indépendamment de l'achat des terrains, se sont élevés à 367,000 francs (Vauthier. Bulletin de la Société vaudoise des ingénieurs et archilectes, juin 1885. — Bulletin du Ministère des travaux publics j novembre 1885, p. 541. — BulUtin de rAfh sociation scientifique de France, janvier 1886, p. 266).

(*) Armengaud. Publication industrielle, XIV, pM6, 17, 18. — tYederick GoAyer. Uydraulic lifting and pressing machinery. — William Annstrong. Transactions ofthe Institution of mechanical Engineers, août 1858. — Lacoste. Génie civil, t. YI, p. 363.

l'olation, et, surtout, à enlever le fardeau, dont l'importance atteint aujourd'hui des cIiifTres gigantesques f). La lige du pistou

(iig. I(i5) soulève une poulie dont la chaîne, amarree au pied fixi;

(') On a insulli^ de» fci'ues hydrauliques dp 00 EonneK ù Breiiipriiavcn. de 80 t Amstenbm.delOOû Wooiwieli, de 1'2U à Auveis (C/ni's ci'viV, 1. V, p. 4W), de l50à Tnulos [Ëdic dei mina et de ta métallurgie. ISRS, p. 17G). La lif^ire 108 représente un projel de grue pour 100 loniies (Frederick Coiyer. tiydrautic lifting and prettiiig

mcchiiitrg. pi. 5).

HOTEORS HYDRAULIQUES.

Fig. tes. — Crue hydraulique lie 40 lonnes (élévation).

le hydraulique de 40 lannci (plan hariiantal).

ACCUNULATEURS.

de la grue, supporte, à son autre extrémité, une poulie mouffléc. La nouvelle chaîne, amarrée également sur le pied, et sollicitée par

Fig. 168, - Gnic hydraulique de IfiO tonnes (clé vu lion).

ci: palan, passe sur un galet supéiicur, et pend verticalement pour supporter le grappin.

S81 — Une seconde catégorie de la classe des élévateurs à chaîne est celle des ascemeurs à chaîne, qui servent à monter, suivant une trajectoire rectiligne, une cage assujtittie par des guidonnages ('}. Nous en distinguerons plusieurs types.

('i Oa guppoie esBeiitivIIi'iiiciil ici une liautcur niudéiiie, telle que celle Jcs luaisuiis

350 MOTEURS UYDBAULIQUES.

Dans Vascenseur à chaîne et à contrepoids ('), un piston â simple clîct {lig. 169) subit l'action <le l'eau motrice, favorisée par ta descente d'un contrepoids moins lounl que le poids mort à élever. Quand l'ascenseur est chargé, on tire une corde qui ouvre un clapet d'alimentation, et le système s'élève. Plus lard, il redescendra en l'élevant le contrepoids, quand on laissera écouler l'eau motrice, dont l'étranglement constitue, au besoin, un frein pour modérer le mouvement (').

d'hibi talion. Sinon. Tod retombe dans li? prublèiiK de l'e:(trBCtion iea mines, avei: loutcles complicD lions (|u'il entraine (Hatoii de la (ioupillièrc. Conri iTexpMlalion det aàtitt. [. II. S'rartie).

(•) Ascenseur de lanBye {Revue înduHtielIr. iS avril 1880, )>. 105). — Ascenseur aniérioiiii * [La Nature, IgTO.p. 3t)). — ^olc de H. Ellin^ii

{Retme indutlritlle. 3 mai 1S83. p. 173).

C) On a insiailé. i Baiiia (Biiïml), un semblablr ascenseur inélroiioliiBin de 5g luétres de Iibuleur. Le pont mOUillique de raccordement présente 46 mètres de longueur. L'ascension àv W passa^i-5 s'eiTecluc eu 3 minutes, au prii de 35 centimes par vofageur [La ISalure, 9 auûl 1884).

Il existe également à ^tockliolm (Gf;, 170) un ascenseur de 35 métrés, consli-uil par le capitaine Knul Lindiiiark, dans le but de mettre en communication le rauboui^ de Sœdermaliii Fig. 169. — Ascenseur i chaîne . uicc la pai'tie basse de la capitale. La jiaisc-

relle métallique, divisée en quatre traiée>, pi-èscnte liO mêti'CB de loiigiieui'. La force niotrice est fouiiiic par une machiue à vapeur qui actioime une presse liydraulique (Ulu*lrirte Zeitung. i»M.— Génie cii-il. L V, p. 218. — La Nature, 2* mai 1884, p. «4. — BulUlm du MiniHire de» traraut publie*, I. XI. p. SOS).

N. Edoux a imaginé, pour fournir aux baigneurs de (Jauleretï un moyen de tiaaspurt facile jusqu'à l'établissement de la Raillèi'e. un système de cinq ascenseurs consécutifs de Ta Jiiétres chacun. On élèverait ainsi des wagons h une hauteur supérieure à celle de leur destination, à laquelle ils accéderaient ensuite en roulant sponlinënicnt sur une faible pente, calculée à cet effet (Haton de la Goupillière. Court ietptoitatùm dtê mine*, t. 1, p. 070]. Us rericndraîent de même au point de départ sur UJLC *oie inclinée {Génie civil. I. n° t. — La Sature, 1881. p, 281).

Kig. 170. — Ascenseur inétrapolitaln de Slocliholiii.

Vatcenteur à chaîne sans fin de Ph.

Mayer {fig. 171) est analogue au système Kœpe employé dans l'extraction des mines ('}. Un câble continu, attaché d'une part au plafond de la cage, et, d'un autre côté, sous son plancher, passe sur une poulie motrice. L'angle d'enroulement qu'il embrasse sur cette dernière, y détermine une adhérence sulTisante (') et, par suite, la transmission, à la chaîne, de la commande exercée sur l'arbre de la poulie par une machine motrice.

Vatcenseur continu de P. llart P) présente une chaîne sans fin analogue aux norias, d destinée à monter à la fois un certain

Cj Uiton de lu Goupjllière (Court d'exploitation da "ioa. t. n. p. 80).

(*] HalOD de la Goupilliiïre {Traité dei ntécanitma, V. «8).

P] BvlUlin du XiniiUrc de» (ratwax pitbtiet. juin 1882, ■S juillet ISS-i, p. 103.

Fig. 171. — Houle-cliarges

553 MOTEURS HÏDRÀULIQIJtlS.

nombre de cages, qui redescendent ensuite sur la seconde travée, mais, bien entendu, sans subir de renversement; chacune d'elles, une fois arrivée au sommet, se transpoite parallèlement à ellemême par l'intervention d'un guidage spécial. La vitesse continue est de O^.SO par seconde, ce qui donne aux passagers un temps suflisant pour l'embarquement et le débarquement.

288 — Les poids soulevés par les élévateurs à chaîne pi'cnnenl. dans certains cas, des proportions exceptionnelles. J'en citerai quelques exemples.

11 existe sur le canal d'Oswego, aux Ëlals-Unis (') un pont de SS^.oO de longueur sur Il^iôOdc large, qu'il est nécessaire d'effacer

de temps en temps, pour laisser un libre parcours à la navigation. Au lieu de recourir, dans ce but, à la solution classique des ponts tournants, on élève le tablier d'une hauteur de S"",?!) et on le ramène en place alternativement. On a eu soin d'cquiUbrer la plus grande

{') GMe tivil. t. V, |i. â.i.7.

partie du travail de la pesanteur, au moyen de contrepoids, de l'Iiaines et de poulies. Une seule cylindi-ée d'eau motrice, d'un mètre cube environ, suffit pour opérer l'ascension, qui dure un quart de minule. Le cylindre est horizontal. Sa tige, munie d'une double

Fig. 173. — l>Dnt-lcvanI de la rue de Crimée (|>resie levante).

i:reinaîllère de part et d'autre, actionne deux pignons, et, par leur iiilermédiairc, des roues dentées qui commandent des crémaillères verticales portées par les tiges de suspension.

lin semblable ouvrage existe à Paris, rue de Crimée (fig. 1 72, i 73) . Substitué à un pont tournant qui ne laissait qu'un passage de

MOTEURS HVDRÂUUQUES.

T-'.SO, il a permis de porter la largeur dela passe à 15 mètres ('). La longueur du tablier est de 20 mètres, sa largeur l'",S5, le poids de la partie mobile 85 tonnes, ta levée i^.ôO (').

On a établi sur la Tamise, entre les docks de Londres et ceux du commerce ('), un appareil d'embarquement destiné à racheter la difTérence

Fig. 176, — Sleimer-ïlévileur Simon!

de niveau qui existe entre le quai et

Cj GMe eitU, I. ¥11. 2 mai 1885 ; t. Tlll. p. 1 cl iS. — La .Vfliure, 1885, S' semestre, p. 105.

(*) Uii pnyct de pont siir la Tamise ïienl de iïcevoir la sanclion du l'griemeiit. I^ tracée ccri- Ii-ale sera formée d'un pool-levant, pouf permettre le passage des navires {Génie civil, t. Vil. p. iî'r. t. ÏIII, p. 130).

',') Ànnalet det travaux publio, 1880, p. tiôi.

les bacs à vapeur (fig. 174). Le service des bateaux amène, à chaque quart d'heure, d'un bord à l'autre, jusqu'à douze voitures à deux chevaux. Une plate-forme de 21", 35 sur 10", 70 les reçoit, cl prend un mouvement ascensionnel, sous l'empire de quatre presses hydrauliques attelées aux chaînes de suspension. L'ascension est de 7 mètres sur Tune des rives, et de 7", 90 sur le bord opposé. Sa durée ne dépasse pas 2 minutes. Celle de la traversée du fleuve , qui présente près de 500 mètres de largeur, est de 4 minutes.

Dans le steamer-élévateur Simons, le tablier du pont est mobile, et peut être élevé par rapport à la coque dans diverses situations (lig. 175, 176), de manière à permettre l'embarquement et le dé^ barquement à niveau, quel que soit l'état de la marée.

*33 — Ascenseurs à lige. — Les élévateurs les plus simples en principe sont ceux dans lesquels le piston soulève directement le poids, qui fait alors corps avec lui.

Nous rencontrons d'abord cette donnée, sur une échelle réduite, dans le marteau-pilon hydraulique, La tige du piston, traversant le fond inférieur du cylindre, porte, à son extrémité, le mouton qu elle soulève. Un déclanchement manœuvré à la main détermine la chute de ce dernier. Ces appareils présentent, sur les marteauxpilons à vapeur, cet avantage, qu'ils peuvent maintenir le mouton soulevé pendant une durée quelconque sans aucune déperdition d'énergie, tandis que, avec ces derniers, le rayonnement et la conductibilité déterminent une perte de vapeur proportionnelle au temps.

Les basculeurs hydrauliques sont analogues. Ils soulèvent de biais le plateau, en y déterminant une inclinaison destinée à produire le glissement du chargement au dehors, ou le roulement des véhicules qui le renferment (*).

S584 — Lorsque la hauteur à parcourir, et, par suite, la longueur de la tige prennent une grande importance , l'appareil reçoit le

(') Hatoii de la Goupilliùre. Cours dexploilalion des mines, t. II, \u ij5 et 72.

355 MOTEURS H\DRÂlLIQUES.

nom d'ascenseur à lige (^). Sous sa forme la plus habituelle, il présente, sur le sommet de cette dernière, une cabine dans laquelle se placent les personnes qui veulent se faire monter à un étage supérieur. La tige plonge, à travers un presse-étoupes, dans un cylinditî moteur établi à Tintérieur d'un puits spécial, dont la profondeur est égale à la longueur de cette tige, et, par suite, à celle de la course. Un clapet d'admission introduit Teau motrice et détermine l'ascension. Un robinet de fuite permet la décharge de ce liquide et la descente du système.

Pour n'avoir à dépenser que la quantité d'eau nécessaire à lelévation du poids utile, on équilibre le poids mort à l'aide d'un lourd contrepoids et de chaînes de suspension passant sur des poulies. On calcule ces chaînes de manière que la variation produite par leur passage d'un côté à l'autre de la poulie compense l'augmentation de poids que subit la tige, en raison du principe d'Archimède, au fur et à mesure de son émersion hors du bain liquide. En vue de la rupture possible de ces chaînes, laquelle entraînerait la chute de tout le système, on dispose un frein hydraulique (n** 76), destiné à modérer la force vive de cette descente. Il reste également à obvier à l'éventualité de la rupture de la tige elle-même, qui provoquerait la chute du contrepoids, en môme temps que l'écrasement de la cabine à la partie supérieure; et enfin à la possibilité de la sortie du piston élévateur hors du cylindre, inévitablement suivie de son déversement.

M. Heurtebize a tourné d'une manière ingénieuse ces diverses difficultés (*). Il écarte la possibilité de la rupture des chaînes par la suppression pure et simple de ces organes, en établissant une relation hydraulique entre les contrepoids et l'élévateur. Il éloigne le danger de la rupture de la tige en doublant cette pièce, qu'il constitue d'un noyau central et d'une enveloppe concentrique, assemblée avec elle de distance en distance. Il prévient enfin la sortie, en perçant une série de trous datis la partie inférieure de celle

[*) EUington. Ascenseurs hydrauliques (Revue itidi^trielle^ 5 mai 1882, p. 173). — On hydraulic lifls for passengers and goods {Proceedings of ihe Institution ofmeehanical Engineers, janvier 1882, p. 119). — llydraulic raachinery, by I*rofessor l*err> {Scientific Amei'ican supplément^ 6 janvier 1885, p. 5835).

(*) U. Mainy (Génie civil, t. IV, p. 368}.

enveloppe. Si cette travée à clairesvoies commence à sortir du presseétoupes, l'eau motrice se répand au dehors, en supprimant la tension et le pouvoir élévaloire.

Par la suppression des chaînes, M. Heurtebiie se prive du moyen de régularisation dont nous avons parlé, et qui est réclamé par l'in- (luence du principe d'Archimèdc.

Pour en tenir lieu, cet inventeur forme le contrepoids d'un plongeur A {fig. -177, 178), qui peut sortir d'un cylindre B ou y rentrer alternativement. Celte capacité est mise en communication, parla tubulure C , avec le cylindre D , d'où émerge la tige E de l'ascenseur. Dne certaine quantité d'eau, toujours la même, va et vient de l'un h l'autre de ces deux cylindres, le contrepoids descendant lorsque l'ascenseur monte, et réciproquement. Leurs poids sont égaux pour l'instant précis où ce dernier se trouve au milieu de sa course, il devient donc trop faible quand la cabine s'élève au-dessus de ce point, fl trop fort si elle s'abaisse au-dessous. Hais la tète du plongeur K s'articule avec les tiges E, E' de deux ryUndres à rotule, dont les pistons reçoivent en permanence la pression de l'eau en charge. Ces corps de pompe prennent la position lioiitontalc pour le milieu de lu

FiR. ITT. — AKCDseur t tigt H«artcbiie

course, au moment où Téquilibrc a lieu de lui-même. En deçà et

Fig. 178. — Ascenseur à tige Heurtebize (appareil compensateur).

au delà, ils s'inclinent dans deux sens contraires au-dessus et au-

ACCnHtlUTEDRS. 359

dessous de l'horizontale. Les composantes verticales de l'action qu'ils exercent sur le plongeur changent donc de sens à cet instant moyen ; et leur valeur absolue, nulle au milieu de la course, va en croissant jusqu'aux extrémités, de manière à contre-balancer l'influence opposée que nous venons de signaler.

L'eau motrice à dépenser pour l'élévation des fardeaux accomplit son travail dans six corps de pompe latéraux F, F', F", ... On accouple deux à deux, pour la symétrie, ceux qui sont diamétralement opposés. Ces divers groupes reçoivent le liquide à travers des clapets, calculés de telle manière qu'ils se ferment pour une vitesse délermiaéc, croissante de l'un à l'autre de ces couples. 11 s'ensuit que, si le fardeau à élever est trop faible, le système prend une certaine accélération. L'eau se lance alors, et ferme un nombre de clapets d'autant plus grand que l'insuffisance est plus marquée. Dès lors les cylindres qui leur correspondent ne se remplissent pas, et l'on ne dépense, d'après cet artifice, qu'un volume sensiblement proportionnel au travail à produire.

Une fois que l'eau a rempli ces cylindres, en déterminant la descente du plongeur A, le refoulement du matelas liquide à travers la tubulure C, et l'ascension de la tige E, il s'agit, inversement, d'effectuer la descente, A cet effet, un distribuleur manœuvre un tiroir à coquille analogue à celui des machines à vapeur, lequel supprime la communication avec l'eau en charge, et l'ouvre avec le canal de fuite. La commande s'effectue à la main, suivantles besoins de la manœuvre.

Fig. 179. — DocV dottunt (tiéiition).

t3S — Comme pour les élévateurs à chaîne, on est arrivé à manœuvrer, au moyen des appareils à tige, des poids énormes.

HOTEUIIS H1DBAUU0UES.

MM. Clark et Stanfield (') ont disposé un ascenseur destiné à remoDler è un niveau supérieur un train entier de chemin de fer.

M. Eads (*j a proposé, pour la traversée de l'isthme de Tehuantepec, un chemin de fer sans courbes, dont le tracé forme une ligne lirisée. On installerait, aux divers sommets de cette dernière, des plaques tournantes flottantes. Cette voie serait parcourue par d'immenses trucs portant les navires, soulevés hors de l'eau à l'aide

Fig. ISI. — Atcenseur-écluse des FantinelleB (coup« Innsvorule;.

dépistons hydrauliques {fig. 179), ou de docks flottants. On les y calerait avec d'autres pistons, manœuvrant, à l'aide de joints

0 fVedei-icii Coljer. Hydraulic lifting and preuing machintry, planche 71. — «■«"ijfc i»»ierican luppUmmt. 24 mars 1883, p, 178.

n CftiK civil. 11, 102 ; V, 321 ; VI, 183. — Colver. Hydra»tic lifting and preuing iwAmmi, jilanclie2*. ~ Scientipe American tupplemeni, 3* mars 1883, p. 178.

562 MOTEURS inDRAULIQUES.

universels, des plaques garnies de caoutchouc, pour soutenir avec précision les diverses parties de la coque.

286 — On a enfin créé récemment une application très remarquable des ascenseurs à tige et à presse hydraulique, pour remplacer les écluses ordinaires (n** 237), en vue de diminuer la dépense d'eau et d'accélérer le trajet.

Des sas mobiles sont établis en prolongement des deux biefs (fig. 180, 181). Ils sont munis, ainsi que les biefs eux-mêmes, de portes à joints de caoutchouc , que l'on ouvre quand on veut permettre aux bateaux d'entrer et de sortir, et que Ton i^eferme pour rendre aux sas leur indépendance. Ces derniers sont supportés par les tiges do deux énormes presses hydrauliques, dont la construction a présenté les plus grandes difficultés. On met ces presses en communication l'une avec l'autre, et on leur donne des courses égales à la différence de hauteur des biefs. Une valve permet d'ailleurs d'intercepter cette communication, de manière à arrêter à volonté le mouvement.

Les deux sas étant de construction identique, présenteront le même poids, s'ils sont remplis d'une môme hauteur d'eau. Il sera, pour cela, indifférent qu'ils contiennent ou non un bateau, quel que soit le poids de ce dernier. En effet, d'après le principe d'Archimède, le poids du corps flottant est égal à celui de l'eau supprimée par sa présence. Les deux systèmes s'équilibrent donc (*),et, théoriquement, le travail de la pesanteur se trouve compensé, dans les deux mouvements inverses qu'ils prennent lorsque le liquide qui remplit les presses, vient à passer de l'une dans l'autre. Il suffit, d'après cela, de donner une surcharge convenable à celui des deux sas qui se trouve actuellement à la partie supérieure, pour provoquer sa descente, et, par cela même, l'ascension du système conjugué. Le mouvement est d'ailleurs modéré à l'aide de la valve régulatrice qui permet la communication des deux corps de pompe.

(*) A l'écluse de Taunton, en Angleterre, les deux sas s'équilibrent à Taide declialnes passées sur des poulies, en raison de la faible hauteur qu'il s'agit de racheter. M. Seiter avait également proposé l'emploi de quatre gazomètres, destinés à soutenir 1p poids du système sur de l'air comprimé. Mais on s'est arrêté définitivement à celui des ascenseurs directs (La NtUure, 7 juillet 1880, p. 91. — Génie civile t. IV, p. 400).

Ce dispositif a été employé pour la première fois, en 1883, par MM. Edwin Clark et Duer à Anderton, sur le canal de la Weaver ('), et depuis lors aux Fontinettes, sur le canal de Neufossé (*). Les principaux éléments de ces deux remarquables créations sont résumés dans le tableau suivant.

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