CHAPITRE XLVII
80f — Les distributions de vapeur fondées sur Temploi des soupapes (') s'éloignent encore plus que les robinets du mode de fonctionnement des tiroirs. Dans ces deux derniers types, le mouvement de démasquement reste langentiel. Pour les soupapes, au contraire, il s'effectue suivant la normale à la surface qui leur sert de siège.
L'effort à surmonter pour effectuer ce soulèvement est occasionné par la pression dorsale. Avec les tiroirs, la résultante à vaincre est le produit de cette môme force par le coefficient de frottement,
(*) Indépendamment des di»ti'ibutions par soupapes auxquelles nous consacrons dans ce chapitre un examen spécial, je mentionnerai encore les suivantes : AnricE. Bulletin de la Société de l'industrie minérale de Saiut-Étienne, 2* série, t. VIU, p. 303. — VcRGHOFP. Buchetti. />« machines à vapeur actuelles, p. 102. — Collman.x (fig. 474) [Ibidem^ p. 79. — Uhland. Les nouvelles machines à vapeur^ p. 212). — Hartmann Duchetti. Les machines à vapeur actuel les, p. 95. — Lkloxg. — Pboell. Ibidem, p. 102. — Revollikr. Armengaud. Traité des moteurs à vapeur, 1. 1, p. 427. — Socis. Buchetti. i^s machines à vapeur actuelles, p. 102. — Walschaert. Ibidem, p. 102. — Zimmervaiih. Ibidem, p. 01. — Pompe de Chaillot. Armengaud. Traité des moteurs à vapeur , t. H, planches 34, 35. — Machine de Selly Oak. Engineering, 1881, t. I, p. 304. — Compte rendu mensuel des séances de la Société de l'industrie minérale de Saint-Étienne, 7 octobre 1888. — Riedier. Ilevue universelle des mines et de la métallurgie, 2* série, t. XX.
Dans certaines machines mixtes, on associe les soupapes pour radmission, avec des tiroirs pour réchappement (Machine Nolit. Buchetti. Les machines à vapeur actuelles, p. 102).
qui est beaucoup moindre que l'unité. Mais, en revanche, cet obs-
lacle reste permanent, tandis que, dès le premier instant du soulève
ment d'une soupape, ta pression tend k s'équilibrer par-dessous ('}. Le mouvement (angentiel des tiroirs présente l'avantage ,de ba-
(<) RéginéraleuT Bochkolti (Hatiin de U Goupilliire. Court iexploiMim de» minet, 1.11,0*954).
layer les corps étrangers que le hasard aurait pu amener sue ce point,. La soupape au contraire ne fait que les marteler sur place.
La chute de cet organe sur son siège s'accompagne d'un choc assez rude. Dans une matière dépourvue de dureté, cet effet finirait par produire une empreinte plus ou moins inégale, et un défaut d'étanchéité ; tandis que le mouvement tangentiel tend à polir les surfaces. Ajoutons pourtant qu'en employant des aciers de qualité supérieure, on arrive à réaliser des durées de plusieurs années d'un bon service.
Pour amortir l'intensité de la retombée, on a soin d'équilibrer presque complètement les clapets. Mais quand on craint de trop afitiiblir ainsi l'accélération du retour, que l'on redoute une certaine dureté du mécanisme, ou que le mouvement doit avoir lieu dans le sens horizontal, on emploie des contre-galets qui, au moment voulu, contraignent la soupape à regagner son siège.
En vue de couper brusquement la vapeur, on introduit des poids supplémentaires, des ressorts, ou des dash-pots, qui manœuvrent le distributeur avec rapidité au moment où il se trouve déclenché par un jeu de fer {n" 657).
80» — On peut également, pour diminuer le laminage du fluide, avoir retours au principe des ouvertures multiples (n° 659).
Son application se présente notamment dans la soupape de Hombhtper, qui est aujourd'hui d'un usage à peu près constant, sous le nom de soupape à double siège, ou de soupape de Comouailles {').
Le chapeau mobile comprend d'abord {fig. 475) une zone latérale pleine, de forme convexe, qui repose par sa base sur un siège tronc-conique. Son bord supérieur
(') RâDkine. Manuel de la maehint à tapeur. Traduction de G. Richard, p. tS8.
est assemblé à une tige centrale, à l'aide d'un croisillon formé de quatre bras d'une faible largeur, lequel repose sur un disque plein appartenant au siège fixe.
La soupape étant abaissée, le passage se trouve intercepté de toutes parts, latéralement par la joue mobile, et horizontalement par le fond (ixe. Mais, pour le moindre soulèvement, la vapeur va s'introduire par une double voie : 1® entre la base de la soupape et son siège tronc-conique ; 2* entre son bord supérieur et celui du chapeau fixe, en passant entre les bras du croisillon. On aura ainsi^ à égalité de déplacement linéaire, procuré au fluide une section d'écoulement deux fois plus grande qu'avec un clapet ordinaire.