CHAPITRE XLIX
MACHINES A B«lTBIiE EFFET
830 — Généralités. — Bien que rimagination des constructeurs puisse en apparence, pour la composition d*une machine, se mouvoir librement au milieu des innombrables ressources que mettent à leur disposition les organes que nous avons étudiés jusquUci, certains groupements s*élablissent cependant aloi*s spontanément, en raison d'affinités mutuelles, et de relations qui s1mposent à Tarbitraire par la force même des choses.
Plusieui*s de ces organismes présentent un rapport tellement étroit avec l'objet industriel auquel ils sont destinés, qu'il est presque impossible d'en séparer la description des considérations générales qui sont relatives au but poursuivi. En même temps le champ de cette application devient alors tellement vaste, qu'il y faut des traités spéciaux. Tels sont les cas des locomotives^ des machines marines^ ou, dans un domaine plus limité quoique encore très vaste, ceux des locomobiles^ des moteurs d*extraction des mines, ou des machines d'épuisement ('). Nous écarterons ces classes spéciales d'appareils de notre étude, afin de lui conserver le caractère de la mécanique générale.
(') J'ai traité ailleurs ces deux derniers siyets (Haton de la Goupillière. Coun d'exploitation deê mineê^ t. H. p. 132, 378).
390 MACHmES A VAPEUR.
Lors même que l'on reste placé à ce point de vue, le répertoire des ateliers présente certaines machines d'une physionomie tout à fait saisissante, qui les sépare absolument des types ordinaires. Nous les examinerons un peu plus loin. Ce sont les mœhines oscillantes (§ 3), les machines rotatives (§8), les turbines à vapeur (§ 5).
En nous maintenant pour le moment dans la donnée fondamentale du cylindre fixe avec piston doué d'un mouvement alternatif, je rappellerai que nous avons déjà esquissé à cet égard quelques modèles concrets, relatifs à l'emploi des distributions par robinets (') ou par soupapes (*).
Je continuerai ces aperçus dans le domaine des distributions par tiroirs, en décrivant ici brièvement certains exemples classiques, dont le nom seul suffit pour évoquer, dans le souvenir d'un ingénieur expérimenté, un ensemble harmonieux et bien conçu dans ses grandes lignes comme dans le détail de son fonctionnement (').
83f — Machine Farcot. — La machine horizontale constitue un bon moteur d'atelier, de force moyenne. Mais on peut également la pousser aux plus grandes puissances. M. J. Farcot (^) lui a imprimé un caractère de majestueuse simplicité, dans le spécimen qu'il a présenté à l'Exposition universelle de 1889, avec une puissance de mille chevaux (fig. 497, 498).
Le cylindre est unique, afin d'offrir une moindre étendue de
(<) Machines Corliss (n* 798). Wheelock (n* 800), Stoppani [n* 790), Biétrix (n* 796].
C) Machine Sulzer (u* 803), machine Audemar (n* 806), machine de Cornouailles (n* 808).
O Dans ce Traité, où nous nous sommes placé essentiellement au point de vue analytique, en divisant les questions pour accorder successivement à chacune d'elles les développements qu'elle nous paraissait comporter, ces apei'çus, d'un caractère synthétique, ne sauraient tenir qu'une place restreinte, et réclament comme le plus utile complément l'étude directe des ouvrages, de plus en plus nombreux, que Ton publie de nos jours avec de magnifiques albums, en vue de décrire diverses catégories d'industrie, des Expositions universelles, etc. Nous en avons cité ci-dessus un certain nombre (n* 558, note).
(*) Génie civil, t. XYI, p. 140. — Revue industrielle, 16 novembre 1881. — Congrès international de mécanique appliquée de 1889, t. II, p. 52. — Engineering^ 5 janvier
DISCOSITIKS GËXlvHAlX.
parois pour un même volume. La double enveloppe est rapportée, dans le but de prévenir les ruptures que peuvent entraîner des dilatations inégales. Elle est alimentée directement par un tuyau de grande section. Chaque fois que se ferme Tadmission, le courant intercepté se précipite dans cette enceinte en tourbillonnant, de manière à renouveler les contacts. Ce fluide resie d'ailleurs complètement isolé du cylindre. Les fonds eux-mêmes sont enveloppés de vapeur vierge.
On y a loge les quatre tiroirs de distribution pour diminuer autant que possible l'espace nuisible, qui se trouve par là réduit au centième de la cylindrée. Ces distributeurs fournissent directement l'admission à la partie supérieure du cylindre, et l'échappement en dessous. L'ouverture et la fermeture des tiroirs sont accélérées par l'interposition d'un plateau, qui oscille sous l'empire d'un excentrique unique. On utilise pour le déclenchement le mouvement de retour, aussi bien que l'oscillalion directe; mais le doigt inverse ne frotte pas continuellement. 11 reste soulevé, quand il n'est pas appelé à fournir lui-même la manœuvre. On obtient ainsi des introductions variables de 0 à 80 7o de la course. La distribution est influencée par un régulateur à bras croisés (n° 868). La machine ne peut s'emporter sans fermer d'elle-même toute admission.
La régularité de l'allure est assurée par un volant puissant, de 10 mètres de diamètre et I m. 50 de largeur, dont la jante pèse à elle seule 21 tonnes. Seize bras en tôle rivée, de section elliptique variable, réunissent le tourteau à la circonférence. Une denture règne sur toute la périphérie, pour permettre le démarrage sous l'action d'un treuil-vireur, qui se débraye de lui-môme par le seul fait de rentrée en mouvement de la machine. Ce volant est en fonte nervée, fondu d'un seul jet, et séparé ensuite en quatre morceaux.
Les pièces de transmission sont en acier trcmpo, venues à la forge. Le manneton et les axes ont été emmanchés à la presse hydraulique. Les coussinets, les bagues sont en bronze phosphoreux. Le palier à serrage peut être réglé au vingtième de millimètre. La crosse est à rattrapage de jeu, grâce à un collier conique que
DISPOSITIFS GËNfiAAUX. St)3
l'on peut serrer lui-m6me plus on moins, et qui est plaié entre
la crossetle et le patin, engagé dans une glissière cylindrique du
304 HAGUINES A VAPEUR.
bâti, qui est coulé, d^unc seule pièce et pèse 19 tonnes. Le graissage se fait à Toléomètre Bourdon (n*" 935). Ijis tâles de bielle sont lubrifiées avec Tappareil mobile de Leneveu.
Ce remarquable moteur, composé d'un très petit nombru d'organes compacts, simples et robustes, assure, avec des consommations très satisfaisantes au point de vue de l'économie, un service régulier et de longue durée.
8812 — Machine Porter- Allan. — Cet atelier (*) a été en Amérique le promoteur des machines horizontales à grande vitesse et à double effet, destinées à conduire directement des dvnamos. Ses produits se distinguent par la correction et la pui*eté des lignes, par la simplicité des mouvements. Le bâti a la forme d'une boite creuse, portant à l'avant un palier solidement établi, et à l'arrière le support du cylindre. L'arbre est placé à une faible hauteur. La fixation en porte-à-faux du cylindre à l'arrière de la plaque de fondation assure une liaison parfaite, et permet la dilatation. Le piston massif et très épais est muni de deux segments aux extrémités de sa génératrice. Il est très légèrement ovalisé à la partie supérieure, en vue d'éviter le coincement, en ne permettant pas à cet organe de porter à la fois par deux points à l'extrémité d'un même diamètre. La distribution se fait par quatre tiroirs, dont deux pour l'admission et deux pour l'échappement. Leurs quatre commandes sont gouvernées par une seule came à coulisse. L'influence de cette dernière équivaut à celle d'une série d'excentriques, qui auraient à la fois des courses croissantes et des avances angulaires décroissantes. La variation de détente est fournie par un régulateur Porter (n« 862).
888 — Machine straight-line. — Le professeur Sweet (') a donné ce nom caractéristique (machine ligne droite) à un moteur qu'il s'est attaché à rendre économique, simple, rigide, résistant aux
(*) GusUve Riciiard. La lumière éleclriçue, 15 mars 1884, p. 465.
(*) Bucbetti. Les machines à vapeur acluelles à l'Expontion de 1889, p. 00. — Dwelshauvers Dery. Revue universelle des mine$ et de la mélallurgie, i880, p. 356. — Hevue industrulle, 31 mai 1890, p. 209. — The electrical World, t. XIV, p. I3i. — Praklisehe Constructeur, janvier 1888, p. 13.
DISPOSITIFS GÉNÉRAUX. S9.i
\ibrattons et à l'usure, bien équilibré aun plus grandes vitesses (fi^. 499). Les surfaces de fraltcment sont larges et formées d'excci* lents matériaux. L'ajustage très précis est contrôlé à l'aide d'instruments délicats.
Le bâti fondu avec le cylindre présente la forme d'un V reposant sur trois points, de manière à éviter les défauts d'appui. Le cylindre possède une boite à vapeur de chaque cAté, ce qui lui
donne l'aspect d'une caisse carrée. Les tiroirs d'admission et d'échappement se meuvent sur des tables distinctes, venues de fonte d'un seul jet. Chacun d'eux est actionné par un excentrique spécial. Ils sont équilibrés. Le tiroir d'admission est à détente variable. Il en est de même pour l'avance à l'admission. Quant au tiroir d'évacuation, il procure l'avance à l'échappement et la compression fiscs. Le régulateur est logé dans l'un des deux volants que présente la machine pour la symétrie, et qui ne sont autres que les plateaux-manivelles. sufHsamment agrandis pour acquérir un moment d'inerlie capable d'elTectuer la régularisation. Le piston est très long, en vue d'assurer une élanchéité parfaite. Sa garniture
est formée de quatre cercles en fonte. Un manche long vl Ic^gor
- Hnchiiic'-pilon compound de Jean el Pevr
Fig. SOI. — Hachinc-pilon compound de Jean et PcjTuoai) {plan).
en métal doux passe à frottement facile sur la tige. Une partie
DISPOSITIFS GÉ.IÉRAUX. 397
S{ihériquc assure la liberté de son mouvement. On a évité de môme l'emploi du presse -éloupes pour les boilcs k vapeur. La luhrifaetion se fait dans la vapeur elle-même, au moyen d'un compteur h gouttes visibles (n° 955).
884 — Machine-pilon. — La machine veiticale prend souvent la lorme à laquelle on a donné le nom de type'pilon. Les
ligures 487, 488 représentent le moteur ■ com pou nd Marguet- Toulet (') établi dans ce système. On a disposé une plate-lormc pour la visite des parties élevées. Le mouvement vertical est assuré pur un guidage très complet, qui tend k diminuer l'usure. Le b&li est venu d'une seule pièce avec les glissières et le palier principal de l'arbre moteur, qui est à manivelle unique. Le
(') Annengaud. Pubtiealtou iadiulnalU, 1S8S, p. S3f.
S98 IIACBINES A VAfEUft.
condenseur est logé dans un de ses jambages. Sur le socle sont également fixés le cbips de la pompt- k air. et In colonne du régulateur qui actionne une détente Meyer. Les cylindres sont environnés de chemises de \apeur.
Les figures 500, SOI, 502 nous monti'ent la machine-pilon, système compound à cylindres accolés, de Jean e( Peyrusson.
835 — Machine à balancier. — Ce type i-emonte à Walt, dont il porte encore le nom dans l'usage. Ce dernier l'avait amené à un
harmonieux équilibre dont on s'est peu départi (fig. 503 à 507). Cetle machine est souvent critiquée au nom du progrés, et représente le passé vis-à-vis des errements nouveaux. On la trouve chère, lente et encombrante. Toutefois certaines industries, certaines régions géographiques continuent à goûter ce type qui, en raison de ses formes amples et développées, procure une certitude de rendement et une tranquillité d'allures, que ne garantissent pas toujours certaines lenlatives plus modernes.
La figure 505 représente la belle machine qui a été mise par MH. Jean et Peyrusson à l'Exposition de 18Sd. Le balancier exige un point d'appui solide, ordinairement fourni par une forte colonne, ou par un belTroi de colonnes en fonte isolées des murs de l'atclior. Aux chapiteaux se relie un entablement, qui porte les
niïPOSlTlFS GÉNÉRAUX. 599
points d'aliache du parallélogramme de Watt ('). Ces organes
rédaincnt une marche lente, qui procure du reste une grande [■) Haton de la GoupillièiY. TraiU du n
sûreté, avec peu d'usure. Le condenseur est suspendu à la plaque de fondation.
836 — Machine mi-fixe. — On appelle machines 'demC-fixeà
(tig. 508, 509, 510) une classe spéciale de inoicurs qui font corps avec leur générateur de vapeur sur la même plaque de fondation. On évite ainsi pour ce dernier des installations spéciales, coûteuses et encombrantes. Ce type exige peu de fondations. Sa mise en place peut ôti-e effectuée par des monteurs ordinaires.
Disi>osrnFS généraux. 4ni
On peut, dans ces conditions, suivre avec moins de pertes les développements d'une industrie appelée à progresser d'une manière rapide, quoique incertaine au début. A défaut de ce moyen, ses accroissements obligeraient à démolir les installations fixes, et à mettre à la ferraille la machine elle-même, encore utilisable cependant pour quelque autre établissement, si elle ne présentait une connexion trop étroite avec les parties que l'on a dû détruire.
Pig. SOT. - laehine i balancier inKrieur (élivaUanl.
Ce système se recommande encore particulièrement, lorsque des motifs quelconques viennent réclamer de temps en temps le déplacement de la force motrice, suivant les nécessités du moment. On les emploie dans les mines, pour des opérations d'une durée limitée. Elles servent également aux épuisements, à la submersion des vignes phylloxérées, etc.
A la vérité ces avantages se payent la plupart du temps par un supplément de consommations, et une limitation plus étroite de la puissance que permet d'atteindre ce genre de moteurs.
t'ig. N». - Machine mi-Die horii
DISPOSITIFS fiËNElUUX. «03
Une distinction s'est encore établie parmi les machines mi-fixes,
suivant que le moteur et son générateur sont étroitement confon-
Pig. SIO. — Kicbine mi-Dic mrticale de Boulet (vue ponpecUveJ.
dus, en formant sur le bâti un tout inséparable, ou bien que la chaudière reste plus nettement distincte et devient amovible, le cas échéant, en vue de répondre à des besoins spéciaux.
MACHINESI Jk SIMPLE EFFET
837 — Généralités. — Nous avons déjà rencontré le principe du simple effet dans la machine de Cornouailles (n** 808). Mais il s'y associe à deux autres propriétés spéciales : la phase d'équilibre et l'intermittence, qui font de cet appareil un moteur tout à fait à part. Le simple effet a encore été employé, sous une forme plus moderne et de plus en plus répandue, pour des machines continues et exceptionnellement rapides, destinées à la commande directe des dynamos (*).
On trouve à ce système l'avantage de supprimer les chocs que déterminerait le moindre jeu dans les machines à double effet, à chaque changement de sens de l'action motrice. Or cette influence devient particulièrement destructive avec les grandes vitesses.
L'usure est diminuée, attendu que le frottement sous pression s'exerce toujours dans le même sens, ce qui tend à produire plutôt une sorte de polissage que la désorganisation des surfaces.
La bielle devient libre, au lieu d'avoir son articulation emprisonnée. Elle reste néanmoins toujours appuyée pendant le mouvement de retour, pourvu que la force d'inertie ne soit pas trop grande. Une compression suffisante permet au besoin de la contenir en fin de contre-course.
(*) Indépendamment des machines à simple effet que nous avons décrites ici, je mentionnerai encore les suivantes :
Anslow. — Bltth. The Sleamahip, 2 septembre 1889, p. 98. — Brown. Revue industrielle, 8 février 1890, p. 53. — Bdrnhah. Scienlific American^ 27 mai^ 1885, p. 108. — Castlg {Revue industrielle, i" décembre 1887, p. 473. — American machiniste 21 mai 1887, p. 7. — The electrical World, 3 août 1889, p. 73). — Chandlbr. Mechanieal progress, novembre 1887, p. 44. — Cowdbet. — Eu rincer et Kleinsch. Chronique industrielle, 31 janvier 1886, p. 54. — Eichersuoff. — Flotd. — Goodfellow et Hatthews. Revue industrielle, 29 juillet 188G, p. 301. — Uead. — Jagomt. Revuê industrielle, 25 juin 1885, p. 254. — Jonson. The Railroad and Engineering Journal, •mai 1880, p. 242. — Jov. — Kaselo^'ski. — Kexnedy. — Kriebel. The electrical World, t. XIV, p. 200. — LowKiE. — Mégï, — Metcalfe. American machinist, 11 février 1888. p. 3. — Richard. Mechanical Progress, 15 août 1885, p. 117. — Rico. — Sellers. — Weloford. Revue industrielle, 2 janvier 1884, p. 1.
888 — Machine Westinghouse. — La machine de Westinghouse (*) comprend deux cylindres moteurs verticaux (fig. 511,512), disposés de part et d'autre d'un cylindre de distribution. Ouverts par en bas, ils sont foncés à la partie supérieure. Mais on ménage dans les fonds des plaques de sûreté, calculées de manière à se briser si, par suite d'une négligence à manœuvrer les purgeurs, la pression vient à dépasser une limite déterminée, qui est ordinairement égale à 14 kilogrammes par centimètre carré. Cette précaution permet de réduire sans crainte l'espace libre.
Les pistons sont très allongés, plus longs même que leur course, d'un quart environ. Ils sont creux, et munis d'un double fond pour éviter les condensations que produirait sans cela le contact permanent de l'atmosphère. Cette forme ingénieuse évite l'emploi de presse-étoupes et de glissières, en même temps qu'elle favorise l'étanchéité. La garniture est formée de quatre segments.
Dn distributeur unique à piston se meut dans le cylindre central. Il est sensible à l'aclion du régulateur, par l'intermédiaire d'un excentrique à calage variable qui agit non seulement sur la délente, mais sur la compression. La vapeur arrive dans un espace annulaire ménagé autour du tiroir à piston, et se rend à la partie supérieure de l'un ou l'autre des deux cylindres moteurs. Ce tiroir parfaitement équilibré est constitué par cinq pièces reliées au moyen d'un boulon qui forme tige. Les lumières sont très larges, et débouchent directement dans le cylindre, ou à l'air libre. Leur section est de 8 7© de celle du piston-moteur pour l'admission, et, pour l'échappement, de 13 7o* L'indépendance de ces deux fonctions, ainsi que la disposition annulaire, permettent de donner aux conduits une aussi grande section sans augmenter la course du tiroir.
Les deux tiges attaquent des manivelles équilibrées et distantes de 180 degrés. On emploie pour leur construction l'acier fondu sous pression. L'axe est excentré, afin que l'obliquité de la bielle influence inégalement les deux courses. De cette manière, en lui
(>) GusUve Richard. La lumière éUclrique, avril 1884, p. 97. — E. Martin. Bulletin technique de la Société deê ancietu Élèves det Écoles d'arts et métiers^ juin 1886 p. 327. — Congrès international de mécanique appliquée de 1889, t. H, p. 123.
406 MACHINES i TAPEUR.
donnant une dimension égale à cinq fois la manivelle, on obtient la même régularité que pour une longueur double qui serait employée dans les conditions ordinaires. Ces bielles creuses, avec nervures, n'ont à résister qu'à la compression. On arrive ainsi
Fig. SU. — Hacbine Westinghoiue k ilmpte effet (coupe longitudiiule).
à réaliser des vitesses vertigineuses dépassant 1000 tours, et atteignant parfois près de 3000 révolutions par minute. Un graissage exceptionnel est pour cela nécessaire. L'arbre et ses coudes, l'excen- Irique et les tètes de bielle (fig. 513) plongent dans un bain d'huile. Telle est cette machine pour laquelle, en faisant un sacrifice du cdté des consommations ('), le constructeur a conçu la pensée
(') Cette macbine exige eatiron 15 kilogrammes de vapeur, par ehetal-lieure.
DISPOSITIFS GÉNÉRAUX. tOT
de racheter ce défaut d'économie par te soia de l'exécution, la précision de l'ajustage et la simplicité du jeu qui, en présence de vitesses aussi exceptionnelles, évitent un entretien et des chaînages dispendieux.
839 — Machine Brolherhood. — Le type Brotherhood(') s'est
Fig. Slî. — ïichinc Westinghanse 1 simple eSel. Pirlie mobile (vue perspccUn).
beaucoup répandu dés son apparition, et a été incessamment perfectionné par son auteur (fîg. 513, 51 4).
Il comprend trois cylindres disposés suivant des rayons espacés de i20 degrés. La vapeur est admise au fond de ces corps de pompe, et s'échappe par le centre dans l'atmosphère. Les fractions motrices des diverses courses se superposent en partie, puis-
(') Peler BrotherbooJ'ii Works. iii-4°. — Buchctii. La machlntt à vapeur aclaellet, p. 154. — Uirsch, La mécanique générale à FExpoiition de 1878, p. 265. — Guïtate Richaril. Ui Ltanière électrique, avril, mai 1884. — IHiland. Let nouvelle* machinet à uapettr, p. IIS. — Correy. Bulletin de la Société induttrielle de Rouen, 1818. — Meurgey. Compte rendu mentutl dee liance* de la Société dt t'indutlrie minAvU de Saiat-Étienne, fénier 1877, p. 3S. — Ànaalei indutlrielUi, 1883, t. I. p. 59. — Revue iaduitrielle, 39 octobre 18SS, p. 434. — La Nature, Ï8 janvier 1888.
M8 NACBINES A VAPEUR.
que le jeu d'une cylindrée dure pendant un demi-tour. On obtient ainsi un moment de tonion remarquablement constant, avec une détente d'environ moitié, et une compression élevée.
Le tiroir unique est équilibré. Il est conduit par une sorle de tournevis, dont les bras sont pris dans la cloison qui sépare la chambre d'admission de celle d'échappement, avec un jeu suffisant pour assurer au tiroir un rodage parfait. Le régulateur agit sur la
valve d'admission. Dans les machines puissantes, on remplace également le distributeur unique par trois tiroirs à piston creux. On i-éalise par là des ouvertures plus promptes et mieux dégagées aux grandes délentes. De petits orifices supplémentaires permettent une introduction directe de vapeur pour le démarrage, 'quand aucune des trois lumières ne se trouve démasquée.
Les bielles, construites en acier, n'agissent jamais que par compression. Il suffit par suite de les appuyer sur la portée de l'arbre à l'aide de butées cylindriques en bronze, reliées par des frottes en acier. On obtient une allure très stable, même au régime de 2 000 tours, destiné à la conduite des dynamos. Les consomma-
DISPOSITIFS G£NËflAlIX. 409
lions sont élevées et sensiblement égales à celles de l'exemple précédent
840 — Machine Willan». — La central valve Engine de H. William Willans (*) a beaucoup occupé l'altention par ellemême, ainsi que pour les expériences dont elle a été l'objet de la part de son auteur (6g. 495).
Elle appartient au type compound à trois cylindres disposés verticalement en tandem, avec réservoir intermédiaire et faible détente.
Fig. SU. — Miehiiu Brotherliood (coups).
Une même tige actionnée par un excentrique les traverse de part en part; portant h la Tois les pistons récepteurs et les distributeurs. Un amortisseur permet d'équilibrer le mouvement alternatif par une compression d'air, qui reste invariable pour une même vitesse, quelle que soit la puissance développée par le moteur; condition que l'on ne réaliserait pas de même par la phase de compression de vapeur. La tension est de 10 kilogrammes.
(') Sinigagli* [Traité dtt machina à vapeur. TraduclioD de Billy, p. 3Ï9. — Revue ginérate det tcienctê para et appliquent, 15 nui ISOO, p. M3). — Gustave Riebard. La LumOre iUetrigiu, 35 avril 11184, p. 175: tO mars ISSe, p. 530; 9 tnari 18)19, p. 450. — RevHt univenriU de* mitui et de la mélallurgie. 1S89, p. 00. — Cougri* inlemationet de mécanigue appliquée de 1880, t. Il, p. 109.
L'exécution atteint un haut degré de perfection. La marche est silencieuse, régulière, très douce. Les diagrammes sont beaux, avec des départs de détente nettement accusés. Cette machine fait convenablement 400 tours, et peut aller à 700: ce qui constitue une allure rapide, quoique moins excessive que les précédentes. Aussi la consommation est-elle plus satisfaisante. Elle ne dépasse pas 12 kilogrammes de vapeur par cheval-heure. On Ta même abaissée au-dessous de 9 kilogrammes. La machine est sans condensation ni double enveloppe. Chaque cylindre est muni d'une soupape de sûreté, en vue des coups d'eau.
841 — Machines à pistons conjugués. — Nous avons déjà rencontré (') divers exemples de moteurs associés de telle sorte que chacun d'eux soit chargé de fournir la commande de l'autre; ce qui établit entre eux un lien plus étroit que l'accouplement ordinaire de machines dont chacune forme un tout complet, à tel point que l'on peut, théoriquement tout au moins, marcher avec une seule d'entre elles, si l'autre se trouve momcnlanément entravée.
On a été plus loin dans cette voie, et l'on a construit, soit à simple, soit à double effet, des machines à plusieurs pistons conjugués, dont chacun conduit Tautre directement, de telle sorte que le même organe joue à la fois le rôle de récepteur et de distributeur. Tels sont par exemple le moteur Clough à trois cylindres, et la machine-tombeau de Hicks à quatre cylindres (').
La machine Bonjour (') comprend un premier piston allongé suivant ses génératrices, dont l'intérieur est aménagé de manière à constituer un autre cylindre perpendiculaire au premier. Dn second piston s'y meut de son côté. Il se trouve donc animé dans l'espace de deux mouvements rectangulaires, dont on dispose de manière à faire décrire un cercle par l'un de ses points, que l'on prendra pour bouton de la manivelle. On arrive ainsi, avec très peu d'organes, à réaliser des vitesses de 800 tours.
(') Locomotive à distribution elliptique (n« 761); locomotive Belpaire (n<' 739): machine Higginson (n<* 821] ; pompe Worthington, etc.
(*) Spineux. De la distribution de la vapeur par tiroirs^ p. 107.
C) Compte rendu metuuel dei séancei de la Société de tinduttrie minérale de Saint-Etienne, 1888, p. 200.
DISPOSITIFS GÉNËRAUX. 411
La machine West(^) possède six pistons parallèles, qui viennent solliciter l'un après l'autre, aux sommets successifs d'un hexagone régulier, un disque susceptible d'un mouvement conique. On en détermine par là le mouvement de relation, qu'un engrenage d'angle transmet à l'arbre moteur.
Le moteur Bûrgin ne possède qu'un seul cylindre, ouvert aux deux bouts. On y engage deux pistons, qui sont articulés respectivement à des manivelles diamétralement opposées. L'un d'eux s'y relie directement, à la manière ordinaire; l'autre, au moyen d'un cadre qui contourne le cylindre. La vapeur est admise dans l'intervalle compris entre les pistons, et y accomplit ses fonctions, corrélativement avec les variations cinématiques que subit ce volume en raison des liaisons.
Ces combinaisons sont ingénieuses. Mais il est permis de penser que de telles voies sont un peu stériles, et que l'on y poursuit une simplicité plus apparente que réelle. On doit redouter d'imposer à l'ensemble un caractère un peu précaire, par la suppression, laborieusement obtenue, de quelque organe classique, dont l'économie cesse, dans de telles conditions, de constituer un avantage.